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Ado’ptée

C’est avec plaisir que je découvre avec vous la maison d’édition jeunesse Slalom que je ne connaissais pas jusqu’à présent et qui m’a fait la gentillesse de me confier une de leurs nouveautés.

Aurore, Jérémie Kisling

9782375540480oriAurore est une ado de 15 ans tout ce qu’il y a de plus ado. Pas très à l’aise dans son corps, les émotions à vif mais bien entourée par ses parents et sa petite sœur. Elle mène sa petite vie tout à fait normalement jusqu’au jour où elle surprend une discussion entre ses parents et comprend qu’elle a été adoptée. Le monde semble alors s’écrouler autour d’elle. Ses repères volent en éclats et en veut à l’univers entier, et surtout à ses « faux » parents. C’est alors qu’elle va croiser le chemin de Sliman, un jeune migrant. A ses côtés, elle va partir en quête de ses racines…

Voilà un roman qui se dévore ! Le rythme est soutenu et la fraîcheur de l’écriture ravira les jeunes adolescent auxquels le livre s’adresse. Entre journal intime, roman d’aventure et roman d’apprentissage, l’histoire ne manque pas d’humour avec les apartés d’Aurore, directement adressés au lecteur et les nombreux jeux de langage qui parsèment le texte : « Bon, allez, c’est la fin des cours, vous me suivez ? On rentre à la maison. Mais traînez pas trop, je mords de faim. (Un autre de mes penchants, c’est de jouer avec les mots. Si ça vous embêtes, vous me dites, mais bon, c’est mon livre un peu quand même). » L’auteur, qui est à la base chanteur-auteur-compositeur (et qui a d’ailleurs spécialement composé une chanson pour Aurore, à écouter grâce à un QR Code à la fin du livre), parvient grâce à son style original et à ses personnages attachants à délivrer plusieurs messages sur la quête d’identité, le regard de l’autre, la différence, l’acceptation de soi et le lien familial. Je suis certaine que ce livre saura séduire les jeunes collégiens. Et pour info, la jolie couverture colorée est de Zep, le célèbre papa de Titeuf !

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Tasmania

Aujourd’hui, je vous présente, grâce à l’agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux éditions Les Escales, le dernier roman de Karen Viggers, l’auteure du best-seller La Mémoire des embruns.

Le bruissement des feuilles, Karen Viggers

le-bruiement-des-feuillesLéon, jeune garde forestier, vient de s’installer dans une petite ville de Tasmanie. Mais pour lui, difficile de faire sa place dans cet endroit où la plupart des hommes est bûcheron. Bien qu’il fasse des efforts pour s’intégrer en prêtant main forte à l’équipe de footie , ses coéquipiers ne cessent de le chambrer et il demeure au ban de la société locale. Les rares personnes à se montrer agréables avec lui sont son très jeune voisin, Max, un gamin d’une dizaine d’années pas très bien dans ses baskets; Miki, la serveuse du fast-food, enfermée la plupart du temps par son frère Kurt; et la vétérinaire qui a sauvé la chienne du jeune Max. De temps en temps, il passe rendre visite à son grand-père à la maison de retraite et tente d’apprendre à mieux le connaître. Une vie assez morne s’offre à Léon, chargé essentiellement de ramasser les poubelles et nettoyer les toilettes de la forêt, jusqu’au jour un des plus vieux arbres et les aigles de la forêt sont menacés par le travail des bûcherons. Miki et Léon vont se rencontrer et essayer de préserver ce coin de nature des méfaits des hommes.

S’il fallait résumer ce roman en un mot, je dirais : manichéen. Les personnages sont soit bons soit mauvais, rares sont les exceptions. Les bûcherons sont des brutes qui ne supportent pas les amis de la nature qu’ils accusent de les empêcher de travailler. Ils sont tous plus ou moins alcooliques, aiment se cogner dessus lors des matchs le week-end, et maltraitent leur femme à divers degrés. L’autre grand méchant, c’est Kurt, le grand frère de Miki. S’il lui a sauvé la vie quelques années plus tôt lors de l’incendie qui a ravagé la ferme où ils avaient grandi et tué leurs parents, il la garde enfermée dans le restaurant où il en fait son esclave. Du côté des « gentils » nous avons donc Léon, toujours prêts à aider son prochains même si ce dernier veut sa peau; Miki, en quête de liberté grâce aux quelques livres qu’elle possède et à ceux que lui prêtera la dame de l’office de tourisme et Max, seul véritable ami de Léon au début, qui se fait persécuter par Jaden, le fils du policier. Pour faire bref, on trouve les méchants oppresseurs et les gentils oppressés. J’ai du coup eu beaucoup de mal à me détacher de cette approche simpliste des personnages. Alors certes, chaque personnage principal est finement travaillé dans sa psychologie mais ils manquent de nuances, d’un peu de noirceur pour les uns et d’humanité pour les autres. Et même si je ne suis pas féministe, l’image donnée de la femme est assez triste : au foyer, à s’occuper des enfants, à supporter des maris odieux, à leur servir des bières et surtout à avoir le droit de se taire ! Alors malgré le message adressé par le biais de Miki qui est de se libérer du joug de son frère, représentatif des autres hommes, l’ensemble me laisse tout de même un goût assez amer.

Néanmoins, ce roman est agréable à lire et nous plonge au cœur des somptueuses forêts de Tasmanie. Les adeptes d’histoires humaines se déroulant à l’autre bout du monde et les amoureux de la nature seront sans doute ravis. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis assez mitigée. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

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Le grand secret

C’est avec grand plaisir que je vous présente aujourd’hui ce deuxième tome des Chroniques d’Ataraxia que j’attendais impatiemment depuis ma lecture du premier, L’Odyssée d’Amos. Je remercie donc chaleureusement les éditions Tohu Bohu et Thierry Maugenest pour m’avoir fait parvenir cette suite dédicacée.

La forteresse du Tehama – Chroniques d’Ataraxia, Tome 2, Thierry Maugenest

couv-ataraxia-t2-la-forteresse-de-tehamaDans ce deuxième tome, nous retrouvons la farouche Ezéa d’Eraan et son compagnon Amos de Slima. Si ce dernier s’est remis de son combat contre Naxès, trois ans plus tôt, il reste néanmoins méfiant. Il appréhende en effet continuellement de perdre celle qu’il aime tant. Bientôt néanmoins, il devra accepter de laisser Ezéa se réaliser dans sa quête d’absolu. La jeune femme souhaite trouver des personnes qui, selon la légende, auraient des pouvoirs mentaux fabuleux qui pourraient l’aider à développer au mieux ses capacités. Elle ne se doute pas que le vieil archiviste Lœnim de Laan et son disciple Ysmäl de Kelm sont également à la recherche de la légendaire forteresse qui protégerait l’un des plus grand secrets d’Ataraxia.

Ce deuxième tome n’a rien à envier au premier. Quelques rappels à l’aventure initiale nous permettent de nous renouer contact facilement avec l’univers ataraxien. Les descriptions de la planète sont toujours extrêmement détaillées ce qui nous plonge aisément dans l’atmosphère de cette société utopiste. Au-delà de l’intrigue, de cette quête existentielle qui pousse chacun des personnages à se dépasser pour se réaliser pleinement, nous pouvons faire une lecture spirituelle de ce roman qui vient proposer une réflexion sur l’être humain, sur ce qui est essentiel ou non à son existence, sur les valeurs de respect d’autrui, d’accueil, du voyage comme apprentissage, du renoncement à la possession matérielle et de liberté. Et dans notre époque où tout va toujours plus vite, où le matérialisme règne, il est bon de se rappeler ce qui fait notre essence, de prendre le temps de se recentrer sur ce qui est vraiment important et prendre pleinement conscience de l’instant présent. Un grand coup de cœur ! Et toujours magnifiquement illustré, dans une très belle édition.

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A la lisière

Je poursuis dans mes lectures de littérature jeunesse et je remercie encore les éditions Syros qui me permettent de vous présenter cette jolie nouveauté.

Les yeux d’Aireine, Dominique Brisson

9782748526141Dans une époque indéterminée que l’on imagine proche, Aireine et sa meilleure amie Eli veulent profiter pleinement de leur adolescence et vivre le plus intensément possible. Seulement, un jour, le monde qui les entoure se détraque. Des milliers de coccinelles envahissent le ciel qui prend une teinte étrange. Bientôt, des adultes disparaissent sans laisser de trace, sans que personne n’en comprenne la raison. Des groupes d’aveugles commencent à déambuler dans les rues. Alors que l’univers d’Aireine semble se désagréger lentement sans qu’elle ne puisse agir, elle tombe amoureuse d’Aël, un jeune homme énigmatique. Mais très vite, tout s’écroule autour de la jeune fille.

Plusieurs décennies plus tard, son arrière-petite-fille, Achelle, qui souffre d’une sévère amnésie depuis sa plus tendre enfance hérite du journal dans lequel Aireine a consigné tous les événements étranges auxquels elle a dû faire face. La jeune fille fera tout pour découvrir la vérité et ne rien oublier de cet obscur passé.

Entre rêve et réalité, ce roman nous entraîne aux frontières du fantastique. En effet, jusqu’au bout du roman, impossible de démêler vraiment le vrai du faux. Il pose la question philosophique de ce qu’est la réalité, qui peut être perçue différemment selon les personnes. Outre cet aspect que j’ai particulièrement apprécié, il s’agit d’un récit sur la mémoire et les secrets de famille ainsi que sur la difficulté du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Ce moment de tous les possibles où les choix peuvent déterminer le futur. Ce roman singulier, qui vire parfois au cauchemar, amène à se poser de multiples questions sur le monde qui nous entoure et sur ce que nous en percevons ou voulons en percevoir. A découvrir à partir de 15 ans.

 

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Carpe diem

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter un magnifique roman pour adolescents mais qui peut tout à fait être lu par des adultes. Merci aux éditions Syros pour leur confiance renouvelée.

21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

21-printemps-comme-un-million-d-anneesLa meilleure amie de Victor, Juliette, ne tient pas en place. Toujours prête à partir à l’aventure, on ne sait jamais si elle sera encore là le lendemain. Elle vit sa vie à cent à l’heure, bien décidée à en cueillir les fruits avant qu’ils ne soient trop mûrs. Bien souvent, elle se brûle les ailes mais Victor n’est jamais bien loin pour lui venir en aide. Juliette vit dans l’instant, elle n’a plus trop le choix depuis qu’elle sait. Elle veut juste profiter au maximum de tout ce que la vie peut lui offrir. C’est son histoire et ses multiples aventures que Victor raconte à un groupe de jeunes filles qui ont connu Juliette à l’hôpital et qui la prennent pour un exemple.

J’ai été très touchée par ce roman d’une grande maturité. La jeune auteure dépeint des personnages à la fois entiers et tout en nuances, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Le thème de la maladie est abordé avec beaucoup de pudeur et de finesse. En effet, grâce au choix narratif – l’histoire de Juliette racontée par son meilleur ami – ce n’est pas la mort qui est placée au centre de l’histoire mais la vie car Victor devra avancer, continuer à tracer son propre chemin, quoiqu’il arrive. Ainsi, ce n’est jamais larmoyant. Au contraire, il se dégage de cette histoire un puissant souffle de vie. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green, vous serez conquis par ce roman qui traite de la puissance de l’amitié, l’importance de profiter de la vie, l’entrée dans le monde des adultes et la perte d’un être cher. Gros coup de cœur pour ce récit qui vient tout juste de paraître.

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Sous contrôle

C’est mercredi et je vous propose de découvrir une nouveauté jeunesse.

Kaplan, Sébastien Gendron

9782748524826Dans un avenir proche, une dictature – le Cushinberg – et une démocratie hyper-contrôlée – Leeton – se côtoient. Kaplan, tueur professionnel de la police politique de la dictature est envoyé en mission suicide afin d’affaiblir Leeton. Tout ne va cependant pas se passer comme prévu. Après une entrée fracassante dans la ville-état, il est réceptionné par Rimbolt, un adolescent peu ordinaire qui semble très mature pour son âge. Au fur et à mesure de son séjour dans la cité, Kaplan a l’étrange impression de ne pas en être totalement étranger…

Complots, manipulations, mensonges sont les ingrédients de ce roman politique très bien mené, qui présente des rebondissements jusqu’à la dernière page. L’auteur donne à réfléchir non seulement sur les systèmes autoritaires mais aussi sur l’obéissance parfois aveugle aux ordres d’une hiérarchie dans laquelle on ne se reconnait pas forcément. Derrière la face sombre de ce roman d’espionnage se cache une relation amicale naissante inattendue et l’évolution de Rimbolt qui gagne en maturité au fur et à mesure de l’avancée du récit. Attention, s’il s’agit bien d’un roman jeunesse, je ne le conseillerais pas avant 13 ou 14 ans et pour des bons lecteurs car l’intrigue est assez complexe. Les adultes prendront d’ailleurs plaisir à le lire. Encore une fois, les éditions Syros propose une littérature de qualité, qui donne à réfléchir tout en étant passionnante.

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« Heureux qui comme Ulysse… »

C’est la rentrée ! J’en profite pour vous présenter un roman qui traite essentiellement de l’enfance et donc de l’école. On ne saurait faire plus d’actualité ! Merci aux éditions Bergame pour leur confiance renouvelée, qui m’ont fait le plaisir de m’envoyer cette nouveauté.

L’improbable Ulysse – Tome 1, L’Enfance, William Bocq

9782372861724Une bien étrange scène de crime s’offre au commissaire.  Apparemment, tout porte à croire qu’il y a eu un acte de violence dans l’atelier du célèbre peintre Ulysse Blanchard car de nombreux tableaux sont éparpillés dans l’atelier et l’artiste est introuvable. Sauf qu’aucun indice ne prouve l’enlèvement, le meurtre ou le suicide. L’enquêteur, perplexe, tente de trouver des pistes, notamment dans la vie sentimentale tortueuse du peintre…

En parallèle de l’enquête qui n’est en fait ici que très secondaire, la narration porte sur la vie du disparu, de sa naissance au début de l’âge adulte. Fils d’un gendarme et d’une institutrice vivant dans un petit village non loin d’Annecy, le jeune Ulysse doit se confronter au monde qui l’entoure. Avec ses copains d’enfance, il vivra de nombreuses aventures plus ou moins périlleuses et connaîtra ses premiers émois tout en menant ses études à bien.

Dans ce premier tome, William Bocq se consacre donc à la prime jeunesse du héros disparu qui devient paradoxalement le personnage principal du roman. On assiste à l’évolution du personnage dans un récit qui s’apparente davantage à un roman d’apprentissage qu’à un polar. On sourit à l’évocation des bêtises enfantines et on prend plaisir à voir évoluer le héros, à le suivre dans ses choix comme dans ses incertitudes. L’auteur parvient donc à dessiner un portrait très complet de son personnage et de son proche entourage. Je reste par contre sur ma fin concernant la partie enquête qui ne progresse quasiment pas dans ce tome. Hâte donc de découvrir la suite !