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La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

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De l’autre côté

17 Oct

Je remercie Nicolas Le Bault pour m’avoir fait parvenir et dédicacé son ouvrage.

La Fille Miroir, Nicolas Le Bault

la-fille-miroir-16-reseau-tu-dois-01b-768x970Hygiène est un garçon amoureux de son cousin Pierre qui le persécute. Hygiène est également une fille, souffre-douleur de sa cousine Léna qui refuse de la voir approcher trop près de Pierre. Hygiène, tantôt garçon tantôt fille est un être hybride, androgyne, en quête identitaire, qui va quitter un univers quasi paradisiaque pour se retrouver projeté(e) dans un monde sordide et cruel. En quête aussi d’un amour qui risque de se révéler fatal…

Je vais être honnête. Pas simple de rédiger une chronique à propos de ce que j’appellerais un livre-concept, de ce conte cruel graphique, de cette oeuvre plastique littéraire faite de collages de photos, d’aquarelles et de textes manuscrits. 03Une oeuvre placée sous le signe du morcellement, non seulement celui de la petite fille coupée en morceaux dont on ne sait si les membres retrouvés à ses côtés sont bien les siens, non seulement de celui du personnage principal, Hygiène Rose, écartelé(e) entre son statut de garçon et son statut de fille mais également dans sa forme mêlant texte écrit de différentes couleurs et images à la fois dessinées et photographiées. Un objet totalement hybride en corrélation parfaite avec le sujet traité qui entraîne le lecteur dans un monde cauchemardesque et pervers. Un univers dans lequel Hygiène, telle l’Alice de Carroll courant derrière le lapin blanc et tombant dans le terrier, poursuit un cerf dont la tête sera bientôt coupée référence (?) à la manie de la dame de cœur pour les décapitations.d7409a3012801d6f4694798de013a1f1 Un ouvrage hors du commun donc, une véritable expérience artistique.

Conte cruel

27 Fév

Je poursuis dans mes lecture en partenariat avec la bibliothèque de la Nièvre pour notre comité de lecture du collège.

Le Passage du Diable, Anne Fine

Depuis sa plus tendre enfance, Daniel Cunningham se croit atteint d’un mal incurable. Sa mère l’a toujours tenu à l’abri des regards, confiné dans une chambre minuscule, ne lui faisant prendre l’air que très occasionnellement, assis dans un fauteuil. Pour éviter de s’ennuyer, Daniel dévore les livres d’aventure et s’amuse parfois avec la magnifique maison de poupée de sa mère. Coupé du monde, il n’en est pas moins malheureux, persuadé que l’amour plus qu’exclusif et étouffant de sa mère est parfaitement normal. Mais un jour, des voisins qui ont découvert son existence et deviné sa réclusion décident d’agir.

Alors que sa mère est envoyée à l’asile, Daniel est recueilli par le bon Dr Marlow et sa famille. A leur côté, il va comprendre qu’il est un petit garçon en parfaite santé et va découvrir le monde réel. Mais l’absence de sa mère et les soupçons de maltraitance à son égard lui pèsent.

Afin de le divertir, le Dr Marlow lui rapporte la maison de poupée et les figurines qui vont avec. Bientôt, les enfants vont s’apercevoir que les jouets renferment de nombreux secrets et surtout qu’ils ne sont pas si inoffensifs qu’ils en ont l’air…

Voilà encore une œuvre de littérature jeunesse passionnante mais qui n’est toutefois pas à mettre entre toutes les mains. En effet, le sujet de départ avec la mère toxique qui finit à l’asile (et se pend sous les yeux de son fils !!) me semble assez difficile à supporter pour des adolescents de moins de 13-14 ans. Ensuite, l’histoire bascule dans le fantastique avec de le topos de la poupée qui s’anime (des images de Chucky me sont venues à l’esprit en lisant) et la situation de Daniel va bien vite tourner au cauchemar. Très sincèrement, je me suis laissée happer par l’écriture et surtout le thème au départ. Jusqu’au trois quart du roman, j’aurais pu parler de franche réussite et de coup de cœur. Mais la fin selon moi est un peu manquée. Comme si l’auteur avait voulu trop en faire, en ajouter dans le cauchemardesque qui finirait presque par tourner au guignol. C’est dommage car le sujet du lourd secret familial est très bien traité. Après, il ne s’agit que de mon ressenti. Ce roman fantastique/d’horreur, n’en reste pas moins une lecture de grande qualité. Mais une fois encore, il doit être destiné à un public averti et sans doute faire l’objet d’une discussion avec un adulte car certaines scènes s’avèrent assez troublantes pour ne pas dire choquantes.

A faire froid (polaire) dans le dos…

27 Déc

Je vous livre ici ce qui sera sans doute ma dernière chronique de l’année 2014 puisque je vais m’attaquer par la suite à un mastodonte qui devrait m’occuper pendant plusieurs jours voire semaines.

40 jours de nuit, Michelle Paver

Janvier 1937. Une expédition scientifique se prépare depuis l’Angleterre. Son objectif : étudier la biologie, la géologie, la dynamique des glaces et effectuer des relevés météorologiques dans le Haut-Arctique. Le jeune et démuni Jack Miller accepte de se joindre à l’équipe afin de s’occuper des transmissions radio. Dès le départ, rien ne va. Alors que cinq hommes devaient prendre le large, le médecin est contraint de rester en Angleterre. Seuls Algie Carlisle, Hugo Charteris-Black et Austus Balfour embarquent pour la Norvège avec Jack. Pendant le trajet, Hugo – chef de l’expédition – se casse une jambe. Il ne pourra donc pas accompagner ses camarades jusqu’au camp de Gruhuken.

Jack, Algie et Gus finissent par accoster au campement en compagnie d’une meute de huskies. Si les trois comparses sont fort occupés les premiers temps, une appréhension mêlée d’angoisse commence à s’emparer d’eux dans cet endroit si reculé du monde. L’atmosphère particulière du soleil de minuit et les légendes terrifiantes évoquées à mi-mots par les marins qui les ont conduits jusque là n’arrangent en rien la situation. D’ailleurs, Jack est certain d’avoir aperçu un homme pour le moins étrange rôder auprès du camp. Quelques temps après leur arrivée, Gus tombe malade et doit impérativement être conduit à l’hôpital. Algie est chargé de le raccompagner. Dès lors, Jack va devoir rester seul afin de mener la mission à bien.

Très vite, l’hiver gagne du terrain et les jours raccourcissent jusqu’à disparaître totalement pour laisser place à une nuit sans fin, oppressante. Jack tente tant bien que mal de conserver une routine mais rapidement, d’horribles visions viennent le hanter et l’angoisse le gagne. Il pourrait quitter le camp. Mais il ne veut pas trahir la confiance de son ami. Il se sent capable de rester, d’affronter la nuit, la neige et l’ombre étrange qui rôde. La question est de savoir jusqu’à quand ?

Voilà un roman qui mêle à merveille aventure et suspens. L’auteur parvient à transcrire à merveille l’atmosphère du Grand Nord – certains passages m’ont rappelé les romans de Jack London – tout en distillant un savant dosage de fantastique qui vient s’insinuer au fil des pages à mesure que la neige et la nuit s’épaississent, créant ainsi une ambiance plus qu’angoissante. Ce sentiment est renforcé par la technique narrative du journal de bord qui nous permet de suivre de l’intérieur les réflexions et les craintes du personnage principal qui se retrouve livré à lui-même dans un univers plus qu’hostile. On finit par assister à un huis-clos en solitaire et à ciel ouvert parfaitement terrorisant qui n’est pas sans me rappeler Shining de Stephen King. Folie ou fantôme ? Je vous le laisse découvrir par vous-même. Une très bonne lecture pour passer le temps en cas de tempête de neige !

L’heure du crime

12 Août

Je tiens tout d’abord à remercier Southeast Jones et les éditions La Madolière pour m’avoir fait parvenir ce recueil de nouvelles au format numérique.

Morts Dents Lames – Hommage à la violence, éditions La Madolière

Chers lecteurs, il n’est pas dans mes habitudes de vous mettre en garde contre mes chroniques mais celle-ci risque d’être particulièrement sanglante. Ames sensibles, passez votre chemin, les autres – je sais que je compte parmi mes habitués des pervers-sadiques qui ne s’ignorent pas – suivez-moi dans les confins de l’horreur…

Vous l’aurez compris – tout est dit dans le très beau titre de l’ouvrage -, Morts Dents Lames est une anthologie de nouvelles horrifiques, toutes plus sanglantes et dérangeantes les unes que les autres autres. Le thème est parfaitement respecté et l’ensemble est très homogène, les nouvelles coulent les unes à la suite des autres comme le sang jaillit des nombreuses victimes. Si l’ouvrage n’est pas forcément très long (19 nouvelles, d’une longueur à peu près équivalente pour chacun à savoir entre 10 et vingt pages), j’avoue ne pas l’avoir lu très rapidement et avoir ressenti le besoin de reprendre mes esprits entre deux textes… peut-être aussi pour me délecter plus longtemps de ce plaisir presque défendu…

Toutes ces histoires ont donc un point commun : la mort. Et violente si possible. Mais bourreaux et victimes ne sont pas toujours ceux qu’on croit ! Si quelques-unes des nouvelles se placent d’emblée dans des univers un peu parallèles voire fantastiques ou à des époques lointaines – « Anatomie, une histoire de l’âme » d’Olivier Caruso; « Le sang des cailles » de Mathieur Rivero, « Adelphe Ambroisie » de Vincent de Roche-Clermont – la plupart met en scène des personnages du quotidien, des adolescents paumés, au vieux biker, en passant par le gentil couple de banlieue sans histoire au médecin légiste un peu trop professionnel…

Comme à mon habitude lorsqu’il s’agit de recueil, je ne vais pas faire une analyse détaillée de chaque nouvelle mais seulement m’attarder sur celles qui m’ont le plus touchée.

La première nouvelle, « Anatomie, une histoire de l’âme » d’Olivier Caruso est, selon moi, l’une des plus aboutie de l’anthologie. Le style de l’auteur est très fluide, l’écriture délicate, presque poétique. J’ai aimé l’irruption du fantastique à la fin qui permet d’adoucir le côté sanguinolent. L’histoire se passe à une époque indéterminée mais qui ressemble au Moyen-âge. Un professeur d’anatomie tente de prouver l’existence de l’âme comme élément physique du corps. Mais un spectateur vient mettre en cause ses dires. Aidé de sa fille, le professeur va organiser une représentation qui devrait lui clouer le bec. Mais la leçon tourne au drame…

« Le sang des cailles » de Mathieur Rivero se passe dans l’Egypte Antique. Un embaumeur est chargé de s’occuper du corps de son frère. Il va enfin en profiter pour se venger de ce dernier… Le texte est très bien écrit et renseigné. On découvre, au fur et à mesure de l’histoire, le mécanisme qui a poussé le personnage à la vengeance.

« Les petits crayons rouges » de Nolween Eawy. Trois enfants font office de souffre-douleur pour leurs parents dégénérés avant qu’ils de se retourner contre eux… Un texte poignant, très sombre, rude mais bien mené.

« Adelphe Ambroisie » de Vincent de Roche-Clermont. Décidément, on va croire que j’ai un faible pour les récits à tendance historique (alors qu’en vérité, je déteste cela !). Nous voilà au temps de l’Inquisition, un jeune garçon est recruté comme accompagnateur de l’Inquisiteur avant de devenir bourreau. Il prend un plaisir sexuel pervers et malsain à exécuter les victimes – soi-disant inverties. Si j’avoue que l’aspect sexuel est un peu trop développé à mon goût, j’ai trouvé l’histoire vraiment bien ficelée et très bien écrite. On se met tout à fait dans l’ambiance.

« Sous sa peau » de Pénélope Labruyère. Il s’agit du texte de la fondatrice des éditions de la Madolière. Dans la postface, elle explique qu’elle s’est livrée au jugement des autres auteurs avant d’inclure son récit. Heureusement, il a été retenu ! L’histoire de ce médecin légiste envoyé sur une scène de crime particulièrement gore vient clore le recueil avec brio. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé pendu et quasiment intégralement écorché dans une cabane au milieu des bois. Le cas va virer à l’obcession pour le spécialiste de la mort. J’ai adoré la manière dont est construite la nouvelle qui alterne et mêle de façon presque indissociée le récit du légiste et celui du meurtrier en train d’exécuter sa victime. Je trouve cette technique très bien sentie, elle donne du rythme au récit.

En conclusion, cette anthologie n’est pas à mettre entre toutes les mains. Bien que je ne sois pas franchement friande du genre, j’ai été plutôt agréablement surprise par ce recueil. Evidemment, tous les textes ne se valent pas à mon sens, certains m’ont laissée quelque peu perplexe – je n’ai pas tout compris – et j’en ai trouvé d’autres un peu trop caricaturaux et trash – quoique très divertissants au final, et après tout, n’est-ce pas ce qu’on attend aussi d’une lecture ? – mais dans l’ensemble, le sujet est très bien maîtrisé. A découvrir donc pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux !

A découvrir ici ma chronique consacrée au roman Les Résidents d’Amelith Deslandes, paru également aux éditions La Madolière

Hôtel hanté

5 Août

Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps. Je suis tombée dessus en furetant dans les rayons de la médiathèque Jean Jaurès de Nevers.

Shining – L’enfant Lumière, Stephen King

Jack Torrance vient de se faire licencier de son poste d’enseignant après avoir frappé un élève. Afin de subvenir aux besoins de sa femme Wendy et de son fils Danny, il décide de postuler comme gardien de l’hôtel Overlook. Sa mission : maintenir le bâtiment isolé dans les montagnes du Colorado en état pendant sa fermeture hivernale. Jack compte bien profiter de cette isolement pour renouer avec sa femme – le couple est en crise depuis le jour où Jack, ivre, a cassé le bras de son fils – et terminer l’écriture d’une pièce de théâtre.

Toute la petite famille part donc s’installer dans l’hôtel. Mais dès les premiers temps, l’isolement est difficile à gérer. D’autant que Jack apprend que l’établissement a été le théâtre de nombreuses morts violentes. Bientôt, la folie le gagne. Dans le même temps, Danny, qui possède des dons de médium, a le sentiment qu’un horrible danger plane sur sa famille. Capable de voir dans le passé comme dans l’avenir, il est le témoin de scènes particulièrement horrifiques et a conscience qu’aucun membre de sa famille ne ressortira indemne de ce palace qui semble possédé et qui cherche à tout prix à en faire de nouveaux occupants pour l’éternité…

J’avais adoré l’excellente adaptation de Stanley Kubrick avec un Jack Nicholson fou furieux, terrifiant à souhait. Le roman de Stephen King est encore plus horrifique. On sent dès le départ que la famille court à la catastrophe avec un Jack Torrence violent, en sevrage alcoolique, et un Danny clairvoyant qui sait, grâce à de violents états de transe, que tous vont se jeter dans la gueule du loup, du monstre TROMAL qui veut les réduire à néant.

Le maître de l’épouvante maîtrise l’art du huis-clôt angoissant à la perfection : hôtel loin de tout, isolé dans la neige, terrain de meurtres plus violents les uns que les autres (dès le début, l’employeur de jack lui révèle qu’un précédent gardien, devenu fou, avait sauvagement massacré sa femme et ses deux filles avant de se donner la mort, et met en garde Jack). J’ai aussi apprécié l’ambiguïté des personnages plus présente que dans le film. A un moment, on ne sait plus réellement en qui faire confiance, ce qui augmente d’autant l’intensité dramatique. On sent également que King a mis beaucoup de lui, de ses propres névroses dans le personnage de Torrance (alcoolisme, problèmes de rapports au père, peur de la page blanche)… Bref, je n’ai vraiment pas été déçue et ai dévoré ce pavé de 570 pages en poche en trois jours à peine. Une fois commencé, on ne peut plus s’en défaire ! Pas pour les âmes sensibles par contre !

J’ai hâte de lire la suite des aventures de Danny dans Doctor Sleep, le dernier opus de King.