Tag Archives: 2nde guerre mondiale

Retour au bercail

10 Sep

Encore un exemplaire du CDI que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir pendant les vacances.

Les enfants de la lune, Fabrice Colin

1942. Paris est occupée par les Allemands. Le jeune Adrien Berthelot, 13 ans, vit chez sa grand-mère et tente d’améliorer le quotidien par diverses combines. Deux jours avant Noël, il intercepte un message destiné à son grand-père décédé voilà 10 ans. Le courrier est aussi bref qu’étrange : « Aux temps maudits de l’Exode, vous avez aidé les nôtres. Une fois encore, nous faisons appel à vous… » Signé : Leydamoon du peuple Annwyn.

Adrien, très intrigué par la lettre, décide de se rendre au rendez-vous fixé par l’expéditeur. Quelle ne sera pas sa stupeur en découvrant trois êtres de sa taille, ressemblant à des elfes. Leur chef, Leydamoon, lui explique qu’ils sont de la famille des fées, qu’ils vivent depuis des siècles aux côtés des humains dont ils se nourrissaient des rêves. Mais depuis la 1ère Guerre Mondiale, les hommes rêvent de moins en moins et la situation s’aggrave avec la montée du nazisme. La plupart du peuple Annwyn a regagné son monde d’origine. Mais les portes magiques se sont refermées avant que les derniers ne puissent partir. Le grand-père d’Adrien avait conçu une machine leur permettant de rentrer chez eux mais les Siths – les ennemis des Annwyns qui ont pactisé avec les nazis et qui veulent envoyer sur la ville des ptésoriens (dinosaures volants) – l’ont tué avant que ses projets n’aboutissent. Leydamoon vient donc demander à Adrien son aide pour terminer l’oeuvre de son grand-père. Le jeune garçon va accepter et devoir affronter les terribles Siths et les nazis pour sauver ses compagnons.

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire. Pourtant, ça partait bien. L’irruption du fantastique dans l’ambiance du Paris occupé était plutôt bien réussie. Mais plus on avance dans le texte et plus l’histoire devient abracadabrantesque, le summum étant atteint lors d’une chasse aux fantômes au cimetière du Père Lachaise qui se rapproche d’un épisode de Ghostbuster. J’ai eu bien du mal à me motiver pour terminer ce livre où les scènes d’affrontements entre les bons et les méchants s’enchaînent parfois sans véritables liens. Peut-être que l’association des nazis à des démons permettra aux élèves les plus faibles de mieux comprendre cette période de l’Histoire (même si j’ai plus peur que certains ne pensent que les dinosaures vivaient encore à cette époque…)

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Tours et détours d’une vie

6 Fév

Voilà un livre que je possédais depuis des années mais que je n’avais jamais ouvert. Je l »ai retrouvé il y a peu dans un carton !

La musique d’une vie, Andreï Makine

Jusqu’à très récemment, je ne connaissais absolument pas cet auteur russe vivant en France après avoir demandé l’asile politique en 1987. Je l’ai en fait découvert cet été en préparant mes cours de 3ème, car de nombreux extraits de son roman autobiographique Le Testament Français sont présents dans les nouveaux manuels.

Ce court roman raconte la vie d’Alexeï Berg. Promis à un brillant avenir de pianiste, le jeune Alexeï a 17 ans lorsqu’est annoncé son premier concert à Moscou le 24 mai 1941. Depuis des années, il vivait dans la terreur avec sa famille. Enfin, il va donc pouvoir goûter pleinement à la vie d’artiste qui lui est promise. Or, par un brusque revers du destin, ce concert n’aura pas lieu.

Alexeï doit quitter la ville au plus vite et personne ne doit le reconnaître. Ses parents ont été envoyés au goulag et il ne veut pas finir de la même manière. Il s’enfuit donc, vole l’identité d’un soldat mort au combat et devient donc soldat à son tour. On suivra donc sa vie sur les champs de bataille, au contact de la mort et de la misère mais aussi de l’amour mêlé à la peur de se faire démasquer. On verra ensuite comment il deviendra chauffeur d’un général et s’éprendra de sa fille inaccessible.

J’ai bien aimé ce court roman même si je dois avouer que j’ai eu du mal à entrer dedans. La mise en route de l’histoire d’Alexeï est longue à venir. Elle fait suite à la longue description d’un hall de gare et des passagers d’un train pour Moscou qui a plus de 12h de retard. Le narrateur, en pleine réflexion philosophique sur le peuple russe, après avoir passé la nuit près du pianiste, va se retrouver dans le train à côté d’Alexeï et retranscrire ensuite son histoire à la troisième personne. Ce livre, qui ne donne quasiment aucune indication temporelle, ne permettra pas d’en apprendre beaucoup sur l’histoire russe. Tout juste savons-nous que les soldats sont envoyés au combat pendant la 2nde Guerre mondiale et que les intellectuels sont envoyés au goulag ce qui rappelle les heures sombres du communisme. Toutefois, il met en avant des valeurs universelles comme la volonté de vivre et l’amour de manière tout à fait accessible et agréable à lire.