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Carpe diem

20 Jan

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter un magnifique roman pour adolescents mais qui peut tout à fait être lu par des adultes. Merci aux éditions Syros pour leur confiance renouvelée.

21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

21-printemps-comme-un-million-d-anneesLa meilleure amie de Victor, Juliette, ne tient pas en place. Toujours prête à partir à l’aventure, on ne sait jamais si elle sera encore là le lendemain. Elle vit sa vie à cent à l’heure, bien décidée à en cueillir les fruits avant qu’ils ne soient trop mûrs. Bien souvent, elle se brûle les ailes mais Victor n’est jamais bien loin pour lui venir en aide. Juliette vit dans l’instant, elle n’a plus trop le choix depuis qu’elle sait. Elle veut juste profiter au maximum de tout ce que la vie peut lui offrir. C’est son histoire et ses multiples aventures que Victor raconte à un groupe de jeunes filles qui ont connu Juliette à l’hôpital et qui la prennent pour un exemple.

J’ai été très touchée par ce roman d’une grande maturité. La jeune auteure dépeint des personnages à la fois entiers et tout en nuances, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Le thème de la maladie est abordé avec beaucoup de pudeur et de finesse. En effet, grâce au choix narratif – l’histoire de Juliette racontée par son meilleur ami – ce n’est pas la mort qui est placée au centre de l’histoire mais la vie car Victor devra avancer, continuer à tracer son propre chemin, quoiqu’il arrive. Ainsi, ce n’est jamais larmoyant. Au contraire, il se dégage de cette histoire un puissant souffle de vie. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green, vous serez conquis par ce roman qui traite de la puissance de l’amitié, l’importance de profiter de la vie, l’entrée dans le monde des adultes et la perte d’un être cher. Gros coup de cœur pour ce récit qui vient tout juste de paraître.

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Malaise au collège

23 Fév

Je remercie très chaleureusement les éditions Le Muscadier pour l’envoi de ses dernières parutions. Je commence mes lectures par ce court roman jeunesse évoquant le sujet sensible de la phobie scolaire.

Phobie, Fanny Vandermeersch

9791090685789-754x1024Sophia vient de rentrer en 6ème. Brillante, elle a toujours obtenu d’excellentes notes sans efforts. Mais son arrivée au collège va bientôt se révéler un véritable calvaire. Ses meilleures amies la délaissent peu à peu pour se lier à des filles plus « populaires » ; son esprit étant préoccupé, ses notes baissent, malgré un travail soutenu ; le moindre contrôle et le simple fait d’aller en classe devient une source d’angoisse intense… Bientôt, elle ne parvient plus à se rendre au collège. Plusieurs mois vont passer avant qu’elle n’ose mettre des mots sur son mal-être et que son entourage décèle qu’elle souffre de phobie scolaire.

Je vais être très franche. Lorsque j’ai découvert ce roman, j’étais vraiment sur la réserve. A cause du titre. A cause de ce symptôme auquel on a donné le nom de « phobie scolaire » alors que l’école n’est pas, à mon sens, le véritable centre du problème. Heureusement, ce livre rédigé par une collègue de français et qui se clôt par une annexe très bien renseignée montre à quel point ce trouble que développent de nombreux adolescents ne résulte pas tant d’un problème avec l’école que de divers facteurs dont le harcèlement et les problèmes familiaux. L’école n’est que le lieu où se manifeste le malaise et qui agit comme un révélateur des maux de l’adolescent. Comme dans toute problématique, le meilleur moyen de trouver une solution reste la parole. Et c’est là que les adultes ont un rôle à jouer dans l’attention qu’ils portent aux enfants et surtout en faisant en sorte que ceux-ci puissent venir se confier sans crainte d’être jugés. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, adolescents, parents, professeurs, afin de mieux déceler et prendre en compte ce trouble qui demeure encore tabou.

Super-héros !

3 Jan

Bonjour à tous ! Avant de commencer cette première chronique de l’année, je tiens à vous souhaiter tous mes vœux de bonheur pour 2017 et surtout de belles lectures !

Je reviens donc, comme promis, avec une nouveauté young adult que je vous propose en avant-première grâce aux éditions Syros.

Power Club – L’apprentissage, Alain Gagnol 

004532557Pour ses 17 ans, Anna reçoit le cadeau rêvé par les adolescents du monde entier : son billet d’entrée pour le très sélect Power Club. Nous sommes en 2038 et toute la planète a les yeux rivés sur les exploits quotidiens des jeunes super-héros dont les performances physiques ont été décuplées grâce à l’introduction de boosters dans leur organisme. Une fois ces minuscules machines biotechnologiques inoculées,  le corps humain devient invincible et surtout peut défier les lois de la gravité. Armés de ces superpouvoirs, la petite équipe d’adolescents ultra-priviligiés se met au service des citoyens pour assurer leur sécurité.  Anna devrait donc sauter de joie en découvrant le cadeau que ses parents – extrêmement riches – lui ont offert… mais ce n’est pas franchement le cas. Parce qu’elle trouve que cette bande de héros friqués sont atrocement frimeurs mais surtout qu’ils ont davantage l’ambition de faire le plus de publicité possible à leurs sponsors qu’à réellement tenter de punir les criminels. Mais évidemment, après tous les sacrifices réalisés par ses parents pour lui offrir cette opportunité unique, impossible de se défiler. Elle part donc à New-York afin de signer son contrat avec le Power Club…

Autant vous le dire franchement, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de me lancer dans cette lecture. En effet, je ne suis vraiment pas fan des comics et de lire les péripéties de bonhommes en collants cogner des méchants. Mais étrangement, j’ai été très positivement surprise par ce roman punchy et surtout intelligent. L’auteur ne se contente pas de narrer les exploits de ses héros surboostés, loin s’en faut. Les scènes de combat sont même reléguées au second plan. Dans ce premier opus de cette trilogie, le focus est mis sur la jeune protagoniste, Anna. Une adolescente bien dans ses baskets et dans son époque, totalement banale – si ce n’est qu’elle est ultra-riche -, qui aime passer du temps à papoter et à rire avec sa meilleure amie Lisa. Nous allons donc découvrir les coulisses de la multinationale la plus importante de tous les temps à travers le regard de cette jeune fille un peu naïve mais qui compte bien ne pas se laisser influencer par l’univers dans lequel elle vient de pénétrer et garder les pieds sur terre malgré son pouvoir de voler. D’entrée, Anna va s’apercevoir que ce monde clinquant n’est pas tout rose et que de nombreux secrets se cachent derrière les murs du luxueux building du club. Tiraillée entre son envie de profiter de ses superpouvoirs et son désir de rester honnête et fidèle à ses valeurs, Anna va bientôt se retrouver confrontée à un dilemme. Je n’en dirai pas davantage mais Alain Gagnol parvient très habilement à traiter de sujets d’actualité concernant directement les adolescents à savoir les problèmes de l’immédiateté, de l’image, des médias et d’une société d’hyper-consommation dans laquelle l’argent et le nombre de followers tiennent lieu de valeurs fondamentales. De quoi réfléchir tout en se divertissant car il n’y a aucun temps mort dans ce roman de 500 pages qui se dévore en quelques jours. Même les parents prendront plaisir à le lire ! Alors pour découvrir le premier opus de cette série addictive, rendez-vous le 5 janvier pour sa sortie en librairies !

Embrigadée par Daesh

15 Août

Merci aux éditions Syros pour l’envoi de ce roman choc en avant-première qui peut et devrait, dans le contexte actuel, être lu par tous.

Et mes yeux se sont fermés, Patrick Bard

9782748520590Maëlle a 16 ans et vit chez sa mère avec sa petite sœur. Avec son père, les relations sont plutôt tendues. Douée dans les matières littéraires, elle ne comprend pas grand chose jusqu’à ce qu’un camarade de classe se charge de l’aider. Rebelle dans l’âme, détestant les injustices, elle rêve de faire de l’humanitaire. Une adolescente apparemment bien dans sa peau, qui n’a pas la langue dans sa poche. Mais peu à peu, la jeune fille va changer…

Maëlle passe en effet de plus en plus de temps sur le net, sur Facebook en particulier où elle passe des journées à discuter avec d’autres jeunes filles. Bientôt, elle modifie sa façon de s’habiller, ne se rend plus en cours de sport, quitte son petit ami… Sans le savoir, elle est en train de tomber dans les mailles du filet des intégristes de Daesh qui lui font miroiter qu’en rejoignant leur groupe, qu’en adoptant leurs règles, qu’en se mariant avec l’un des leurs, elle pourra sauver les enfants syriens du massacre. En quelques semaines, la vie de Maëlle va totalement basculer : l’adolescente décide de changer de prénom et de partir faire le jihad. Dans son entourage, personne n’a rien vu venir ou, plutôt, tous ont refusé de voir et de croire l’impossible…

Autant vous prévenir d’emblée, on ne ressort pas indemne d’une telle lecture et c’est tant mieux. C’est la preuve que l’auteur, Patrick Bard, photojournaliste et grand voyageur, a accompli avec brio l’objectif qu’il s’est fixé. Disséquer, au travers d’un roman, les mécanismes complexes qui peuvent pousser une jeune fille à rejoindre Daesh alors que rien ne la relie de près ou de loin avec les islamistes radicaux. Page après page, on sent que l’auteur a effectué un travail de recherches très poussé. Rien n’est laissé au hasard. De la toile d’araignée qui se tisse via les réseaux sociaux aux des vidéos de propagande ressemblant à des clips musicaux avant les images de décapitations, le romancier décortique avec minutie tout le process qui amènent les jeunes occidentaux à partir en Syrie. C’est d’ailleurs après les attentats de Charlie Hebdo et parce que le fils d’une amie a été embrigadé en quelques semaines que Patrick Bard s’est décidé à écrire sur le sujet. Il a également volontairement choisi un personnage féminin car on ne parle pas souvent des jeunes filles dans les médias alors qu’elles sont nombreuses à partir. Très peu reviennent. Elles ne participent que très rarement aux combats mais vivent dans des conditions effroyables après avoir été mariées et fécondées – je choisis volontairement ce dernier mot – pour assurer la descendance des combattants. Elles sont victimes de manipulations, de rapt mental dignes des plus puissants mouvements sectaires.

Voilà pour ce qui concerne le fond. Pour ce qui est de la forme, là aussi l’auteur frappe fort en choisissant la forme du roman choral qui donne à voir les points de vue de l’entourage de la jeune fille. Chaque chapitre correspond à un personnage. Les plus proches reviennent évidemment plus souvent et évoquent la transformation de Maëlle qui se coupe peu à peu de son environnement. Je trouve que cette technique dramaturgique convient parfaitement pour transcrire à la fois l’évolution de l’adolescente et l’incompréhension et l’impuissance des personnes qui l’entourent. Nul besoin d’en dire plus, je vous laisse découvrir par vous-même ce roman coup de poing. Un vrai coup de cœur. A lire aussi bien par les adolescents que par les adultes. A partir du 25 août dans vos librairies.

« Et si c’était niais ? »

16 Jan

On continue dans les lectures pour le CDI !

Tugdual, Anne plichota et Cendrine Wolf

A Chicago, c’est la panique ! On vient de retrouver deux corps sans vie dans un hôtel. Particularité : les papiers d’identité son formels, ils s’agissait de jeunes gens. Pourtant, leurs corps morts ont l’aspect de vieillards…

Tugdual, un jeune adulte de 18 ans, ainsi que son frère Mortimer (17 ans) et sa soeur Zoé (16 ans) ne forment pas une famille comme les autres. Ils ont été les cibles d’une cruelle malédiction. Où qu’ils se rendent, toutes les personnes qu’ils croisent sont irrémédiablement attirées par eux. Cette attraction ne serait pas si grave si elle n’était pas mortelle…

Les adolescents sont donc obligés de vivre cachés loin du monde. Jusqu’au jour où le sorcier Abakoum qui leur sert de père leur offre des bracelets qui contrent les effets du poison. Enfin, ils vont pouvoir connaître les joies du lycée, à moins que ce ne soit que le début de nouveaux problèmes.

J’attendais beaucoup de ce roman rédigé à deux mains par les auteures d’Oksa Pollock, qui s’arrache au CDI. Eh bien j’ai été plus que déçue ! J’ai d’ailleurs arrêté ma lecture au premier tiers du pavé ne souhaitant pas m’infliger davantage de niaiseries. J’ai cru relire le début de Twilight ! Du grand n’importe quoi ! Pourtant, le début était plutôt prometteur avec les meurtres étranges et l’enquête. Mais passé les trente premières pages, on dévie sur ces pauvres ados beaux à s’en damner qui souffrent de faire tomber toutes les filles qu’ils croisent dans leurs lacs à cause de phéromones hyper-puissantes ! L’arrivée au lycée n’est qu’une succession de clichés et topoï de l’adolescent maudit et l’on retrouve presque les mêmes mots que chez Stephenie Meyer. Et pourtant, nos collégiens adorent ! L’explication de ce phénomène est simple : les auteures accumulent tous les thèmes qui les mettent en émois (beaux garçons, belles jeunes filles, attirance physique, amour, danger,mystère, magie…), saupoudrent tout cela de quelques pseudo-interrogations métaphysiques sur la vie et la mort, sur la différence et secouent le tout. Un seul mot d’ordre : si vous avez plus de 15 ans, passez votre chemin !!