Tag Archives: afghanistan

Le genre en question

23 Sep

Encore un petit nouveau au CDI !

Bacha Posh, Charlotte Erlih

Farrukh, 15 ans, a un rêve dans la vie : se qualifier pour l’épreuve d’aviron aux prochains Jeux Olympiques. Mais lorsque l’on vit à Kaboul (Afghanistan) et que l’on s’entraîne avec du matériel plus vieux que soi, les espoirs sont minces. Plus minces encore lorsque son terrible secret est sur le point d’être révélé…

Parce que Farrukh n’est pas un ado comme les autres. C’est une « bacha posh », une fille élevée comme un garçon par sa famille qui n’a pas eu de fils. Mais voilà, avec la puberté, la jeune fille doit reprendre la place qui est la sienne : celle de la parfaite femme d’intérieure, cachée derrière sa burka… Bien entendu, son équipe n’est pas au courant de la supercherie et tous les membres la prennent pour un garçon depuis toujours, même son meilleur ami Sohrab, avec qui Farrukh partage tout.

Pour l’adolescente, pas question de renoncer à ses rêves et à la liberté. Après s’être laissée mourir à petit feu face aux horribles conventions sociales afghanes, elle va se rebeller.

J’ai adoré ! Voilà un texte puissant, très bien écrit. Il relate le quotidien terrible de ces fillettes qu’on fait passer pour des garçons, auxquelles on laisse goûter à la liberté avant de la leur reprendre à la puberté. Peut-être un peu manichéen ou caricatural dans le sens où tous les garçons afghans sont présentés comme des machos en puissance, dénigrant les femmes, ce roman a le mérite d’aborder un sujet sensible et de présenter une culture que nos adolescents européens connaissent peu. Ils pourront donc découvrir le clivage ou plutôt le fossé entre la vie d’un homme et celle d’une femme en Afghanistan, mais aussi s’interroger sur la fameuse question du genre qui fait tant polémique actuellement. Vit-on différemment dans la peau d’une fille ou d’un garçon ? Ressent-on les mêmes choses ? En filigrane, le texte pose aussi la question délicate à cet âge de l’homosexualité. Très franchement, je n’ai pas été déçue et le livre et son auteur méritent bien les prix NRP 2013 et Sésame 2014 qui leur ont été attribués.

Publicités

Blessures de guerre

24 Fév

J’ai été interpellée par le titre dans les rayons de la médiathèque…

Le revolver de Lacan, Jean-François Rouzières

Le roman est divisé en 3 « carnets » : celui du soldat d’abord, puis celui du patient et enfin celui du chasseur. Le soldat, le patient et le chasseur sont en fait un seul et même homme, Gabriel, jeune trentenaire.

Commençons par le carnet du soldat. Gabriel raconte sa vie au front en Afghanistan, en tant que lieutenant dans une unité d’élite. Là-bas, il surmonte les moments difficiles accompagné par ses camarades de combat : Nadja, Capa et Le Géant. Entre deux attaques, il pense à sa mère et à Mathilde, l’amour de sa vie mais l’épouse d’un autre.

Carnet du patient ensuite. Gabriel est de retour de la guerre. Complètement cassé, il n’est plus que l’ombre de lui-même et ne parvient plus à parler. Sa mère est morte juste avant qu’il ne rentre. Nadja est morte aussi. Sous ses yeux. A Paris, il erre dans les rues et tombe un jour sur la plaque d’un psychanalyste au nom étrange : Monte-Cristo. Il entre et entreprend une analyse avec l’étrange personnage, détenteur du revolver chargé de Lacan, sans doute plus fou que ses patients. Une relation complexe se noue entre les deux hommes.

Pendant ce temps, Gabriel cherche toujours à se rapprocher de Mathilde. Mais celle-ci tantôt s’éloigne, tantôt fait un pas vers lui.

Carnet du chasseur. Gabriel reprend les études de médecine abandonnées pour partir sur le front. Il veut devenir psychiatre. Il fait la connaissance d’un vieillard, qui a servi en Algérie.

Voilà pour le fond. Pour la forme, des phrases très courtes, incisives, filant comme des balles de tirs ennemis. A vrai dire, je n’ai pas vraiment accroché. J’ai trouvé la première partie trop froide malgré moult détails sur les sentiments du personnages principal. J’ai apprécié davantage le deuxième carnet avec le récit des séances d’analyse. Toutefois, il est bien difficile de croire à ces séances tant elles sont surréalistes, le psy relevant davantage d’un psychopathe que d’un psychanalyste. Enfin, je n’ai pas franchement compris l’intérêt du dernier carnet…

Un avis plutôt négatif donc pour ce roman dont le titre et la 4ème de couverture m’avaient pourtant semblé attractifs…