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Gossip mums

5 Juin

Me voici de retour avec un livre décapant sur les dessous très chics de la maternité dans l’Upper East Side. Je remercie l’agence Anne et Arnaud ainsi que les Editions Globe  pour cette savoureuse découverte.

Les Primates de Park Avenue, Wednesday Martin

martin_wednesday_lesprimatesdeparkavenue_couverture_web-200x300Wednesday est anthropologue. Originaire du Midwest, elle s’installe dans l’Upper East Side – le quartier le plus huppé de Manhattan – alors qu’elle vient de mettre au monde son premier enfant. Ce qui ressemblerait à un privilège pour beaucoup va cependant bien vite tourner au cauchemar. Dans ce microcosme hyper privilégié, Wednesday est considérée comme un intrus par les femmes au foyer richissimes, surdiplômées et très influentes qu’elle va être amenée à rencontrer en emmenant son jeune fils à la maternelle. Outre ses difficultés à nouer des liens avec ses congénères, notre jeune scientifique va se trouver confronter à toutes les difficultés extrêmes que rencontrent les mères de l’Upper East Side : l’inscription des enfants dans les meilleures écoles, la quête d’un appartement bien situé, l’obligation de conserver un corps mince sans aucune imperfection après plusieurs grossesses… Pour faire face à l’hostilité du milieu, Wednesday choisit d’observer le milieu dans lequel elle est obligée d’évoluer avec son regard d’anthropologue. Elle va ainsi consigner puis analyser, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection. Parviendra-t-elle à s’acclimater ? Je vous le laisserai découvrir par vous-même.

En attendant, voici mon avis sur ce livre qui mélange autobiographie et analyse sociologique satirique. Je suis véritablement tombée sous le charme de cet ouvrage à la fois intelligent, drôle, parfois cruel, tout en étant extrêmement touchant. Wednesday nous entraîne dans son quotidien de femme, de mère et nous donne à voir l’extrême difficulté de ce dernier rôle dans un des quartier les plus huppés de la planète où tout ne semble être que compétition. Difficile de croire que des femmes puissent faire montre d’une telle violence entre elles dans le but de favoriser au maximum leur progéniture. Pourtant, tout est réel. Mais il ne s’agit pas d’un simple témoignage ou tranche de vie. Ce livre est un traité aussi érudit que mordant, qui permet à la fois de s’enrichir intellectuellement et de rire face à des comportements que l’on jugera absurdes de l’extérieur mais qui on une réelle signification. La fin du livre est particulièrement bouleversante et tranche ainsi avec le début qui nous montre un univers très froid et hostile de prime abord. Le ton général est très enlevé et enjoué, ce qui fait de cette réflexion sur la maternité et sur la vie des femmes de Manhattan une lecture pétillante. Un très joli coup de cœur pour moi !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un petit extrait :

« S’il existe un endroit où l’enfance et la maternité ont évolué de façon flagrante, c’est bien l’Upper East Side de Manhattan. Au sein de cette niche où le relâchement des pressions de compétition interspécifique est extrême, au sein d’une culture hautement compétitive, avoir une progéniture « qui réussit » est gage de statut social, les enfants étant des miroirs de nos propres aspirations. Les soutenir et travailler d’arrache-pied pour eux est devenu une véritable profession. Ici, la maternité est une carrière semée d’embûches et de coups-bas, où les enjeux sont colossaux. L’activité y est stressante et anxiogène précisément parce que c’est aux mères qu’incombe la réussite ou l’échec de cette entreprise, dont dépendra la réussite ou l’échec de leur progéniture. Et donc des leurs. Un circuit d’une fluidité remarquable et, comme j’allais l’apprendre, quasi inexorable. »

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.