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Amour, toujours ?

12 Nov

Entre deux romans noirs, voici un livre dont le thème est bien plus léger. Parlons donc un peu d’amour plutôt que de meurtres en ces temps moroses.

J’ai bien dit l’amour, Danièle Sastre

004427433La narratrice, auteure, évoque, dans une première partie de son livre, sa réflexion sur ce qu’est l’amour après soixante ans. Quel genre de relation peut-on entretenir à cet âge de la vie ? Peut-on encore rencontrer l’amour ? Que va-t-il arriver ? Autant de questions auxquelles la narratrice essaie d’apporter des réponses. Au fil de ses interrogations, lui reviennent les souvenirs de ses amours passées et des livres qui ont jalonné sa vie, des livres qui ont eu un impact sur les personnes qui ont partagé sa vie de près ou de loin. Puis, l’écrivain veut attaquer son roman, quitter l’emploi du « je » pour accorder du temps aux autres personnages, mais les souvenirs amoureux refont surface, aboutissant au récit d’un voyage effectué dans sa jeunesse avec un amant. Enfin, nous quittons Danièle pour Félix, la soixantaine passée, qui évoque sa relation actuelle avec une trentenaire et sa crainte permanente de se retrouver seul du jour au lendemain.

J’ai lu ce livre en fil rouge, en parallèle avec ma lecture du moment – un polar dont je vous donnerai bientôt des nouvelles ! – car, après l’avoir commencé comme n’importe quel roman, je me suis aperçue qu’il s’agissait bien davantage d’une méditation sur le sujet de l’amour après 60 ans. On retrouve donc ici une démarche quasi philosophique – en tout état de cause, l’auteure est philosophe – avec une réflexion portant aussi bien sur le sentiment amoureux que sur notre évolution en tant qu’individu et notre rapport aux autres à chaque étape de notre vie.

J’ai apprécié le style de l’auteure, fait de petites touches qui finissent par composer à la manière d’un impressionniste en tableau que chacun peut admirer avec son propre regard. Pas forcément facile d’accès pour ce qui pourrait apparaître comme décousu, j’ai pour ma part savouré ce récit entre roman, autobiographie et essai. Un grand merci à Danièle Sastre et aux éditions L’Harmattan pour ce joli moment de lecture.

 

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Amour toujours

15 Mai

Je remercie une nouvelle fois très chaleureusement l’amie qui m’a offert ce livre.

Les oubliés du dimanche, Valérie Perrin

9782226317155-jJustine, 21 ans, est aide-soignante aux Hortensias, la maison de retraite de la petite ville de Bourgogne où elle a été élevée, avec son cousin Jules, par ses grands-parents. Les parents (leurs pères étaient jumeaux) de Justine et Jules sont décédés dans un accident de voiture alors que les cousins étaient en bas-âges.

Justine aime son métier et la compagnie des personnes âgées, peut-être parce qu’elle a grandi chez son pépé et sa mémé. Aux Hortensias, une patiente occupe davantage son attention que les autres. Il s’agit d’Hélène Hel, une ancienne couturière devenue patronne de bistrot, qui avait toujours rêvé d’apprendre à lire. Justine a décidé d’écrire la vie de la vieille dame dans un cahier afin que son petit fils Roman – dont la jeune femme est secrètement amoureuse – puisse mieux connaître la vie fascinante de sa grand-mère.

Dans le même temps, un étrange corbeau sévit à la maison de retraite. Des appels anonymes sont passés depuis la chambre d’un patient. L’auteur de ces coups de fil appelle les familles des personnes qui ne reçoivent jamais de visite pour leur faire part du décès de leur aïeul. Evidemment, personne n’est mort mais les familles viennent au grand complet à la maison de retraite pensant faire leurs adieux. La surprise est grande des deux côtés à l’arrivée : pour les enfants qui n’y comprennent rien et surtout pour les personnes âgées, ravies de ces visites inattendues.

Encore un roman que j’ai adoré ! Pourtant, l’idée de me retrouver plongée dans une maison de retraite pendant 400 pages n’avait pas spécialement de quoi m’enchanter. Et pourtant, j’ai véritablement été absorbée par ce roman très bien construit, qui mêle trois intrigues qui s’entrecroisent. Le récit enchâssé de la vie d’Hélène vient très opportunément s’intercaler dans l’histoire principale et conduit le lecteur avant et après guerre dans une histoire d’amour passionnante (et pourtant, je ne suis pas particulièrement fan du genre !). Quant au récit cadre, le mystère du corbeau va entraîner Justine bien au-delà de qu’elle aurait pu imaginer puisqu’elle va remonter jusqu’au décès accidentel de ses parents et lever le voile sur un secret de famille plus que glaçant. En outre, tout en se plongeant dans l’histoire de la vieille dame, la jeune aide-soignante va peu à peu se découvrir et s’interroger sur le sens qu’elle veut donner à sa vie.

Je ne me suis pas ennuyée un seul instant avec ce roman subtile, traitant d’un sujet pourtant pas très attirant de prime abord. Les personnages sont très bien dépeints et gagnent en épaisseur et en complexité à mesure que l’on avance. A aucun moment l’intrigue ne tombe dans le sentimentalisme et c’est ce qui fait la force et le charme de ce roman d’amours complexes, que ce soit au passé comme au présent. A découvrir ! Coup de cœur !