Nouvelles

Femmes fatales

Bonjour ! Aujourd’hui je vous présente un petit recueil de nouvelles paru aux éditions L’Echappée Belle.

Le nœud du pendu, Valéry Molet

Les trois nouvelles de ce recueil ont pour thème l’amour et plus particulièrement ses complications et les ruptures qui s’en suivent. Le narrateur de chacune des nouvelles pourrait être le même homme. Intelligent, sûr de lui, assez blasé du monde qui l’entoure, ne ressentant pas spécialement d’affection pour celle qui partage sa vie. Mais ces trois nouvelles sont diverses dans leur chute, dans la façon dont chacune des femmes réagit à cet homme qui partage leur vie. Si j’ai beaucoup apprécié la première nouvelle éponyme, ma préférée est sans conteste la deuxième qui présente une chute succulente après un huis-clos acide mettant en scène le narrateur et sa femme dans une voiture, partant en week-end. Je n’en dis pas davantage car chacun des textes ne comportant qu’une dizaine de pages, je préfère vous laisser le plaisir de les savourer par vous-même. En tout cas, j’ai été convaincue par le style de l’auteur qui maîtrise bien l’exercice délicat de la nouvelle en ménageant parfaitement l’attente jusqu’au point final.

« Je n’aime pas la vie. J’en avais le pressentiment depuis longtemps mais une représentation théâtrale – cela aurait pu être une fête foraine – me confirma ce fait indéniable que me femme m’avait si souvent reproché. »

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La couleur de l’amour

La rentrée littéraire approche et je peux vous dire que ça commence très fort avec ce premier roman qui sort ce 20 août aux éditions Au Diable Vauvert.

La fille du chasse-neige, Fabrice Capizzano

Tom, jeune musicien, quitte Paris pour retourner vivre dans la maison familiale. Sa mère, qui vient de faire un AVC, est à l’hôpital. Il partage donc ses journées avec son père, un homme colérique, avec lequel il n’a jamais réussi à communiquer. Depuis l’hiver, Tom ne pense qu’à la fille qu’il a vu dans le chasse-neige et qui lui a littéralement retourné le cœur. Il fait bientôt sa connaissance. Marie est apicultrice. Les deux jeunes gens ne mettent pas longtemps à se rendre compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Dans le même temps, la carrière de Tom prend une nouvelle dimension grâce à l’intervention de son inénarrable producteur, Franck. A mesure que les tournées s’allongent, le manque de Marie rend le jeune homme malade…

« Je sens les gens. Malgré mon daltonisme je vois leur couleur, parce que c’est une histoire de fond. […] Je vois la haine sur la poitrine des gens, elle est noire, ronde, elle tourne dans le sens inverse de son entourage, elle les consume par frottement. […] Malgré le fait que je lise ça depuis tout le temps, je ne sais pas me protéger de ce que je sens. Toutes ces choses me pénètrent comme une petite cuillère dans une mousse à la fraise, avec facilité et délectation. Je ne suis pas assez costaud pour supporter ça. Lire cette palette m’use minutieusement, me tue à petit feu, me fait vieillir trop vite, je ne sais pas quoi en faire à part m’en jouer ».

Pour commencer, je crois que je viens de lire l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature post-moderne. Une histoire d’une rare intensité, celle d’un amour d’une violente beauté qui vous prend aux tripes jusqu’à la dernière page. Mais cette histoire ne posséderait pas cette puissance sans l’incroyable vitalité et poésie du style de Fabrice Capizzano qui joue sur le langage et fait s’envoler les mots multicolores dans une musicalité qui donne presque le tournis. Hors des protagonistes, les personnages secondaires viennent renforcer la vivacité de la peinture, du père aux colères homériques à la douce sagesse de la mère et de la sœur, du frère consumé au manager survolté. Un roman qui balance le portrait d’une société perdue qui ne prend plus le temps de rien et surtout pas celui de vivre. Je ne peux que vous inviter à vous laisser emporter par le rythme de ce livre qui a été pour moi un véritable coup de foudre.

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Coming out

Et voilà, les grandes vacances sont arrivées et il va falloir trouver des occupations aux enfants, petits et grands. Pour vos ados, voici un bon roman qui traite d’un sujet assez tabou, qui vient de paraître aux éditions Syros. De quoi aussi laisser place à la discussion en famille.

Autobiographie d’une licorne, Maïté Bernard

autobiographie-d-une-licorneLa vie de Carmen, 16 ans, n’est pas des plus simples. Sa mère est décédée lorsqu’elle était bébé et son père a confié sa garde à ses parents. Elle a donc grandi entouré par son Papi et sa Mami qui lui ont apporté tout ce dont elle avait besoin. Mais voilà, son grand-père vient de mourir et l’ouverture du testament est un choc. Il a eu un enfant avec une autre femme. Se retrouver avec un oncle qui a 9 ans, voilà qui n’est pas commun. Surtout que comme sa grand-mère, Carmen ne s’est jamais douté de l’adultère. Et puis il y a encore quelque chose qui est compliqué dans la vie de la lycéenne. Elle est autant attirée par les filles que par les garçons et être bi dans une campagne comme la sienne, ce n’est pas évident. Pour l’instant, personne n’est au courant. Elle est déjà sortie avec un garçon mais encore jamais avec une fille. Elle cherche désespérément sa licorne, « ce truc inatteignable » qui n’est pas censé exister.

« Ceci n’est pas l’histoire d’un coming out, OK ? Enfin si, vous me verrez faire mon coming out, et plusieurs fois, à plusieurs personnes, mais ce n’est pas une histoire qui raconte comment une ado sensible et timide en vient à affirmer sa sexualité et sa personnalité et à découvrir qu’en osant être elle-même le monde s’ouvre à elle. Et ce n’est pas non plus une histoire d’amour. Il y aura des histoires et il y aura de l’amour, mais… Attendez, je suis déjà en train de m’embrouiller ».

Je ressors très agréablement surprise par ce roman qui aborde un sujet qui reste malheureusement assez tabou d’une façon claire et naturelle. Par le biais de son personnage principale très attachant, l’autrice explore les relations amoureuses, les questionnements qui en découlent et la notion de différence qui n’est pas toujours facile à vivre surtout lorsque l’on est un adolescent en pleine formation. Les jeunes lecteurs seront tout de suite happés par le roman car Carmen s’adresse directement à eux, de manière sincère et très cash. La façon de s’exprimer du personnage est très naturelle tout comme celle dont elle agit, pas toujours de façon rationnelle ni mesurée, ce qui fait son charme et permet de s’identifier facilement. Outre la question de la bisexualité, le roman s’attarde sur la révélation du secret de famille, la double vie du grand-père qui va avoir des répercussions qui vont dépasser le cadre familial. L’histoire est au final assez complexe mais la tonalité bourrée d’humour permet de passer un excellent moment de lecture. Je suis sûre que même les parents apprécieront ! A retrouver depuis le 11 juin dans vos librairies.

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Tous pour un !

Je vous apporte un peu de légèreté pour aborder cet été 2020 avec le sourire grâce à ce roman récemment paru chez Robert Laffont.

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

9782221247112oriAude vient de passer la quarantaine lorsque sa vie bien rangée bascule. Voilà des années qu’elle est mariée à Xavier avec lequel elle est associée. Trop concentrés sur leur réussite professionnelle, ils n’ont jamais pris le temps d’avoir un enfant, et leur couple a traversé les années, bercé par la routine. Un jour, en rentrant récupérer un dossier chez eux, Aude surprend son mari au lit avec une jeune collègue. Dévastée, elle perd toute estime d’elle-même. L’errance qui suit cette découverte la conduit au parc des Buttes-Chaumont. C’est là qu’elle découvre une adolescente sur le point de sauter d’un pont. Deux jeunes hommes assistent aussi à la scène. Alexandre qui doit choisir entre l’amour de sa vie, Dimitri, ou son père qui réprouve son attirance pour les hommes, et Nicolas qui s’inquiète que son frère ait annulé leur rendez-vous. Afin de sauver Charlène, ils vont lui promettre de l’aider à accomplir sa quête. Ces quatre-là ne se connaissent pas encore mais s’apprêtent à vivre une grande aventure ensemble et nul doute que leur vie en sera profondément bouleversée…

« Alexandre, Aude et Charlène remontaient côte à côte l’allée de la Cascade et Nicolas, à la traîne, fermait la marche. S’être engagé dans une telle promesse était une folie. […] Existait-il une autre option ? Ils s’étaient trouvés là par hasard, unis par la seule nécessité d’empêcher à tout prix cette gamine de sauter. Il soupira. Peut-être que cette rencontre étrange et improbable n’était en fait pas un hasard… »

Dès les premières pages, Claire Norton entraîne son lecteur dans cette folle aventure qui va réunir des êtres que, a priori, tout semble opposer. Les personnages sont attachants avec leurs qualités, leurs tocs et leurs défauts, chacun portant les blessures d’un passé plus ou moins proche. Les pages se tournent s’en qu’on l’on y prenne garde tant le rythme est soutenu aussi bien grâce aux rebondissements de l’intrigue qu’à l’humour et à la narration pluri-focale qui permet de nous donner à chaque instant le point de vue de tous les protagonistes. L’autrice nous offre donc un vrai roman choral qui porte haut les valeurs de l’amitié. Mais davantage que cela, ce livre nous montre que rien n’est jamais totalement écrit dans la vie, que même lorsque pense que l’on est incapable de changer, englué dans un quotidien certes monotone mais rassurant, on peut choisir de sortir du moule et de mener son existence telle qu’on la souhaite vraiment.  Seuls bémols pour moi, des dialogues peut-être parfois un peu trop écrits et un dénouement auquel je m’attendais dès le deuxième chapitre mais qui ne pas empêcher de profiter de la lecture. Vous l’aurez compris, tous les codes du roman feel good sont réunis pour que vous passiez un moment agréable. Si vous cherchez un roman pour vous détendre cet été, celui-ci sera parfait !

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Vamos a la playa !

Bonjour ! Le soleil n’est plus très au rendez-vous ses derniers mais je vais essayer de le faire revenir avec le roman du jour ! Aujourd’hui, je vous propose une lecture rafraîchissante qui vous conduira jusqu’au Brésil… A découvrir chez Hugo Roman.

Tropical Palace, Alicia Werner

41bqe18zxpl._sy346_Jill est chef de réception d’un palace parisien, le Royal Breteuil. C’est le poste dont elle a toujours rêvé et l’obtenir à 28 ans à peine était inespéré. Oui mais voilà, depuis qu’elle occupe cette fonction, sa vie personnelle est quasiment réduite à néant. A peine le temps de retrouver ses copines pour dîner une fois par semaines et de se rendre aux répétitions de son groupe de rock. Niveau sentimental, c’est le désert. Jusque là, elle s’en accommodait car elle s’éclatait au boulot, mais depuis quelques temps, le moral n’est plus vraiment là. Les caprices aussi démesurés qu’incessants des riches clients de l’hôtel commencent à plus que l’agacer et le manque de considération de ses supérieurs ne vient pas arranger les choses. La crise mystique de sa mère, aussi amusante soit-elle, n’est pas là non plus pour la rassurer sur l’avenir. Il est grand temps pour elle de faire un break ! Ce sera bientôt chose faite grâce à ses copines Emma et Nour qui vont organiser un petit voyage au Brésil entre amie. De quoi déconnecter et, pourquoi pas, trouver l’amour…

« Il m’a fallu tenir compagnie à la Devallon-Bailly jusqu’à son coucher. Son mari s’est absenté seulement pendant le temps d’un dîner d’affaires mais, visiblement, la perspective de rester seule pendant trois heures a paru insurmontable à la Suissesse. […] Après l’avoir laissée étendue sur son lit en pyjama de soie crème, un masque de nuit sur les yeux, ses chiens endormis de part et d’autre de son oreiller, j’ai enfin eu le droit de retourner aux miettes de ma vie privée. »

Je me suis totalement laissée porter par ce roman qui tient ses promesses : nous divertir et nous donner le sourire. On s’attache très rapidement à la protagoniste, une jeune parisienne déjà au bout du rouleau malgré son jeune âge. En quête de sens dans sa vie professionnelle aussi bien que dans sa vie personnelle, Jill est une jeune femme comme les autres et c’est pour cela que l’on peut s’identifier facilement à elle. Nous avons ici tous les ingrédients du roman feel good avec la volonté de changer de vie, de la romance, de l’humour, une dose de développement personnel, le dépaysement dans un endroit paradisiaque et des chapitres très courts qui permettent une lecture fluide. Une chose est sûre, le cocktail fonctionne à merveille et nul doute que ce roman trouvera sa place dans votre sac de plage cet été !

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Le gang des retraités

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous présente un roman « feel good », histoire de vous donner le moral pour attaquer, je l’espère, la dernière ligne droite du confinement. Merci à Cécile pour ce cadeau. Ce roman est paru en début d’année chez Fayard.

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

41jvqmk4irl._sx314_bo1204203200_Marceline et son mari Anatole ont emménagé impasse des Colibris il y a plus de soixante ans. Ils avaient tout juste vingt ans et la vie devant eux. Leur existence s’est écoulée aux côtés de celle de leurs voisins. Des joies et des peines, des enfants qui naissent, jouent ensemble puis s’en vont, parfois sans plus donner de nouvelles. Les six derniers habitants de l’impasse ont plus de quatre-vingt ans. Proches dans leur jeunesse, ils se sont peu à peu séparés, au fur que les haies et les broutilles poussaient entre les habitations. Mais les octogénaires vont bientôt devoir se rapprocher. En effet, le maire de la commune – qui est né et a grandi dans l’impasse – veut faire raser les maisons pour construire une nouvelle école. Pas questions pour nos retraités de se faire éjecter. Ils sont bien décidés à mener la guerre pour terminer leurs jours tranquillement chez eux. Ni une ni deux, malgré de vieilles dissensions, le groupe des Octogéniaux est formé et prêt à passer à l’attaque.

« […] chacun a dû réfléchir à un moyen efficace de faire céder la mairie. Les membres du groupe étant des personnes mesurées et raisonnables, les idées le sont tout autant. Gustave propose une petite grève de la faim. Joséphine veut juste monter en haut d’une grue. Rosalie envisage tout simplement de séquestrer le maire. Marius, sensible, préfère enlever les enfants du maire. Je me tourne vers Anatole en quête de réconfort. L’œil pétillant, mon cher époux propose d’investir le plateau d’une émission télévisée en direct. J’ajoute mentalement du cyanure à la liste des courses. Rosalie, qui a manifestement confondu son rouge à lèvres avec sa brosse à dents, me demande si j’ai une idée. Tous les regards convergent vers moi. Je songe à proposer un suicide collectif, mais ils sont capables d’approuver. »

C’est la première fois que je lis cette autrice et je n’ai pas été déçue. Je ne suis pas une grande adepte de littérature « feel good » mais de temps en temps, quand c’est bien écrit, c’est plaisant. Et en ces temps anxiogènes, ce livre tombait à pic. J’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai dévoré ce roman en moins de trois jours ce qui est un véritable exploit pour moi ! Les personnages sont attachants et la construction narrative efficace avec l’alternance entre des chapitres narrant le temps présent et ceux revenant sur le passé de la narratrice, Marceline. Au fur et à mesure, on comprend comment les liens se sont faits puis défaits entre ces voisins et comment la protagoniste est passée d’une jeune fille timide et soumise à son époux à une femme épanouie n’ayant pas sa langue dans sa poche. Outre le récit d’un combat pour faire respecter le souvenir de chacun, ce roman est celui d’une grande histoire d’amour entre la narratrice et son mari. Émotion et humour cohabitent parfaitement et Grimaldi prouve que le temps qui passe n’est pas forcément signe de déclin. Ce livre est une ode à l’amitié et à la vie. Si vous recherchez une lecture douce qui vous donne le sourire, n’hésitez pas !

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« L’émotion au bord des lèvres »

Bonjour à tous, j’espère que vous prenez le temps de lire pendant ce confinement. Aujourd’hui, je vous présente un roman qui parle d’amour et de haut potentiel. Ce livre est paru chez AlterPublishing.

La surprise du surdoué, Pascal-Henri Poiget

51ustf7fwul._sx326_bo1204203200_Le narrateur, la cinquantaine, tombe amoureux très souvent, éperdument. Pour un soir, une semaine, plusieurs mois ou années, l’intensité est la même jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien et qu’il passe à la conquête suivante. Pourtant, notre homme n’a rien d’un don Juan. Depuis son enfance, il agit de la sorte avec tout ce qui l’intéresse. Il se lance à corps perdu dans un centre d’intérêt – piano, escrime… – puis une fois le but fixé atteint, il passe à autre chose. Sans regret. Il en va donc de même avec ses compagnes avec lesquelles il conserve souvent de bons rapports une fois l’idylle terminée. Une histoire en particulier le marquera, celle qu’il entretiendra avec une chanteuse d’opéra dont il pense qu’elle est comme lui, surdouée. Parce qu’elle est là la grande particularité de ce protagoniste touche-à-tout, il est ce que l’on appelle un adulte à haut potentiel. Cela ne veut pas dire qu’il est meilleur que le commun des mortel, simplement différent, en décalage constant, à la fois trop rationnel et trop sensible. Alors quand deux êtres un peu trop en tout se rencontrent, le cocktail peut être explosif…

« […] mon cerveau fonctionne en permanence. Toujours. Tout le temps. Vite, très vite. Trop vite. J’ai longtemps voulu arrêter, ralentir, modérer cette machine infernale, ce maelstrom incessant. Ces pensées en ébullition, qui se cognent et s’entrecognent. Mais j’y ai renoncé. […] Comme si cela ne suffisait pas, non seulement le cerveau turbine à trois cents à l’heure, mais le plus difficile à gérer est l’hypersensibilité, cette émotion au bord des lèvres. Qui vous fait éclater en sanglots. Qui vous anéantit au quart de tour. Qui vous amène à tout faire basculer en une demi seconde. […] Trop forte, trop vive, trop envahissante. Trop, trop, trop. »

J’ai choisi de retranscrire ce passage parce que je trouve qu’il résume à la fois toute la question de la douance ainsi que celle des rapports amoureux du protagoniste. Tout va trop vite dans sa tête, et ses émotions sont trop intenses. Pas facile à vivre. Pour quiconque observerait la chose de l’extérieure, il se dirait que le narrateur est inconstant, incapable de se fixer voire dénoué de sentiment. Mais il n’en est rien. Il tombe réellement amoureux à chaque fois, avec fulgurance. Et ses sentiments peuvent s’interrompre avec la même fulgurance. Si ce roman ne m’a pas convaincu dans tous ses aspects – les chansons et poèmes m’ont semblé de trop (mais vous l’aurez compris, cela fait partie du personnage) -, je l’ai néanmoins apprécié car de nombreux éléments ont résonné en moi, notamment le fameux passage ci-dessus. On aurait pu craindre un texte lourd, trop sérieux mais il n’en est rien. Ce roman est léger au bon sens du terme. Il invite à profiter de la vie à fond, à saisir l’instant. Et il permet aussi d’expliquer de manière claire les mécanismes de pensée des personnes à haut potentiel.

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Nouveau contrat

Aujourd’hui, je casse mes habitudes littéraires en vous présentant une romance adolescente. Je remercie les éditions Panini Books pour l’envoi de ce livre et du joli coffret qui allait avec. Certains connaissent peut-être la version cinématographique sortie sur Netflix.

P.S. Je t’aime toujours, Jenny Han

413dbwegqrl._sx307_bo1204203200_Lara Jean aime toujours Peter et ce dernier n’est pas insensible à son charme. Les jeunes lycéens décident de sortir ensemble en établissant un contrat dont l’une des principales règles est de ne pas briser le cœur de l’autre. Rapidement, l’idylle se complique lorsqu’une vidéo de Lara Jean en train d’embrasser Peter dans un jacuzzi est postée sur les réseaux sociaux. Les rumeurs vont bon train et la jeune fille est totalement déstabilisée. Elle soupçonne son ancienne meilleure amie, Geneviève, l’ex-petite-amie de Peter d’avoir voulu se venger. Ce dernier reste d’ailleurs étrangement très proche d’elle ce qui suscite la jalousie de Lara Jean. Alors que le couple commence à s’éloigner, John fait son apparition dans la vie de Lara. Très attentionné, au contraire de Peter, il pourrait bien venir semer la zizanie…

« L’idée que c’est honteux d’être une femme qui apprécie le sexe mais qu’un homme qui a la même conduite doit être applaudi est bien trop ancrée dans notre société […]. Je veux dire, tous les commentaires traitent Lara Jean de salope, mais personne ne dit rien de Peter, alors qu’il est là, avec elle. C’est un préjugé injuste et ridicule. »

N’ayant pas Netflix, je n’avais jamais entendu parlé de cette trilogie dont le premier tome est entré dans la liste des best-sellers du New-York Times. J’avais envie de tenter l’expérience de lire une romance, de changer mes habitudes pour me plonger dans quelque chose de plus léger. En fait, je ne pensais pas du tout accrocher et laisser tomber au bout de quelques chapitres. Eh bien non ! Je me suis même surprise à enchaîner les chapitres au plus vite. Alors oui, clairement, c’est guimauve – il y en avait d’ailleurs dans le petit coffret de présentation -, ce n’est pas de la grande littérature, ça ne donne pas vraiment à réfléchir mais ce n’est clairement pas le but recherché. On reste assez dans les stéréotypes de genres avec les filles qui se crêpent le chignon pour les garçons, la lycéenne qui prépare de bons petits gâteaux en attendant que son petit copain vienne la chercher devant chez elle avec sa belle voiture… Bref, c’est bien cliché. Il y a néanmoins une petite réflexion sur la différence de regard porté sur les hommes et les femmes (cf: l’extrait ci-dessus) et le fait que ces dernières doivent pouvoir faire comme bon leur semble mais dans l’ensemble le rôle de la fille consiste surtout à plaire au garçon. Cela mis à part, les intrigues amoureuses fonctionnent bien, les rebondissements s’enchaînent et le livre se lit rapidement. Je conserve donc un avis plutôt positif sur ce livre et on va dire que ça aura été mon petit plaisir coupable de l’année !

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L’amour toujours !

Bonjour et bon dimanche ! Aujourd’hui, je vous présente un très joli album pour enfants paru aux éditions Gautier Languereau.

Je t’aimerai toujours, quoi qu’il arrive…, Debi Gliori

61cttrc26pl._sx443_bo1204203200_Petit Renard est en colère. Rien ne va et il dit que personne ne l’aime. Sauf que ce n’est pas vrai. Sa maman ne cesse de lui répéter qu’elle l’aimera toujours, quoi qu’il arrive…

« Ecoute ma chanson, l’amour ne meurt jamais.             Quoi qu’il arrive, je t’aimerai. »

Voilà un très joli album destiné normalement aux 3-6 ans mais mon petit lecteur de 15 mois l’apprécie déjà beaucoup. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui permet de rassurer les petits quant à l’amour qu’on leur porte et qu’on leur portera malgré les changements, que ce soient des changements d’humeur, de physique ou les bouleversements de la vie comme l’éloignement ou même la mort. Ce dernier sujet est vraiment abordé en filigrane à la fin du livre, de façon très poétique pour pouvoir en discuter avec les plus jeunes. Les illustrations sont vraiment très jolies, à la fois douces et colorées. Un petit coup de cœur pour ce livre à lire avec son enfant blotti contre soi.

 

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Toutes les femmes de sa vie

C’est d’un premier roman paru il y a deux mois aux éditions de La Martinière dont je vais vous parler aujourd’hui.

Dis, quand reviendras-tu ? Madeleine de Place

142002_couverture_hres_0En 1965, Louise, une très jeune adolescente, est emmenée de force au couvent par sa mère. Une fille-mère ferait tache dans la famille et le secret devra être bien gardé. Alors que Louise imagine déjà sa vie avec son bébé, elle ne réalise pas que sa mère en a décidé autrement. Ainsi, quelques jours après la naissance, la toute jeune maman se voit séparée de son enfant.

Esther et son mari – qui l’a quittée sans plus jamais donner de nouvelles -, les parents adoptifs de Gabriel, ont toujours gardé le secret quant à sa naissance. Mais à dix-huit, le jeune homme vient de percer un des mystères de sa véritable origine. Il s’enfuit de chez lui, laissant sa mère désespérée. Quelques années plus tard, il se mariera avec Laurence, une amie d’enfance avec laquelle il aura deux filles. Cependant, l’homme n’arrive pas à s’attacher vraiment Il est incapable d’aimer vraiment et de recevoir de l’amour. Il ne fait confiance à personne. Son union avec Laurence est un échec. Il dépérit jusqu’au jour où il rencontre la pimpante Margaux lors d’un entretien professionnel.

Autant vous le dire tout de suite : j’ai adoré ce livre et j’ai été scotchée par le travail narratif de Madeleine de Place, surtout pour un premier roman. Chaque chapitre correspond à la vision qu’un personnage féminin se fait du protagoniste masculin qui, lui, n’aura jamais la parole ! C’est grâce à ces femmes que nous allons essayer de percer le mystère et de rassembler toutes les pièces du puzzle de la vie de Gabriel. Mère biologique, infirmière, mère adoptive, grand-mère, femme, amante, demi-sœur, fille… Toutes ces voix viennent viennent dévoiler une facette de l’existence de l’homme, tel un kaléidoscope. L’écriture est vraiment maîtrisée, chaque caractère parfaitement dessiné – mention spéciale pour Mamita, la grand-mère si adorablement détestable. Le roman est vivant et l’intrigue si bien ficelée que l’on n’a pas envie de quitter les personnages avant d’avoir obtenu toutes les réponses, comme dans un bon polar. De petites touches d’humour parsèment cette histoire qui dans le fond est assez tragique mais qui, finalement, donne envie de croquer l’existence à pleines dents ! Un vrai coup de cœur !