Tag Archives: anorexie

Psy-show !

2 Avr

Beaucoup de retard dans mes chroniques… Mea Culpa ! Les journées sont trop remplies !

Encore un grand merci aux éditions Tohu-Bohu qui me permettent de vous faire découvrir le roman du jour.

La fin des idoles, Nicolas Gaudemet

9782376220275_1_75Dans un futur extrêmement proche, une nouvelle chaîne de télévision cherche à augmenter son audience sous peine de disparaître. Lyne Paradis, neuroscientifique, propose un nouveau programme de téléréalité dans lequel les participants sont prêts à tout pour accéder à la « gloire » médiatique. La starlette Paloma, caricature de la bimbo siliconée, ira jusqu’à se faire tatouer une horreur pour s’attirer les cotes du public. Mais bientôt, cette émission qui déchaîne les passions touche à sa fin et Paloma retombe dans l’anonymat le plus total en proie à une violente dépression qui la plonge dans l’enfer des troubles alimentaires. Un célèbre psychanalyste, Gerhard Lebenstrie, fervent détracteur des neurosciences lui propose alors son aide…

Voilà pour résumer de façon très brève ce roman d’une incroyable richesse qui nous plonge dans la critique acerbe de notre société hypermédiatisée. L’auteur maîtrise son sujet à la perfection et le fait de mettre en scène des personnalités de notre quotidien médiatique offre une vision très réaliste. Si le côté stéréotypé pourrait éventuellement déplaire à certains, ce n’a pas été mon cas car on sent tout de suite où l’auteur veut nous conduire. Amatrice éclairée de psychologie, psychanalyse et neurosciences, je n’ai pas boudé mon plaisir à assister au combat entre les différents partis et apprécié les références parfois pointues. En filigrane, le roman s’attarde sur le problème des troubles alimentaires qui me tient particulièrement à cœur. J’avoue que pour le coup, la question est un peu raccourcie car elle est réduite ou presque au problème de la médiatisation des corps toujours plus maigres, mais comme cela cadre parfaitement au reste du sujet, ce n’est pas un problème. Ce roman est un véritable « page-turner », une fois commencé, difficile de s’arrêter ! Pour un livre qui traite en partie de l’addiction, c’est presque un comble ! Je ne peux que recommander La fin des idoles, en librairies depuis début mars. Coup de cœur !

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Retour parmi les vivants

30 Mar

Je remercie Julie pour sa confiance et l’envoi de son ouvrage.

Faim de vivre, Julie Martin

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_132216Je n’ai pas l’habitude de vous présenter des témoignages mais une fois n’est pas coutume.

Dans ce petit livre coup de poing, la jeune femme nous présente sa descente dans l’enfer de l’anorexie : les hospitalisations, les hallucinations dues à son poids extrêmement faible.

Mais plus qu’un simple témoignage, Julie apporte une lueur d’espoir. Aujourd’hui, la jeune a retrouvé sens à sa vie en s’investissant dans le bénévolat. La fin de son livre tente d’apporter des explications pour les personnes touchées de près ou de loin par ces troubles et tord le cou à certaines idées reçues. Il ne s’agit pas simplement d’une histoire de poids, de nourriture. Non. Il s’agit de l’histoire d’une vie. La reconstruction est longue, semée d’embûches mais elle est possible. Julie en est la preuve.

Je vous invite à suivre l’auteure sur sa page Facebook : Faim de vivre  et à vous procurer son ouvrage à ce lien s’il vous intéresse : Edilivre

Au-delà des murs

2 Mai

Je remercie plus que chaleureusement l’amie qui m’a prêté ce livre et ai une pensée toute particulière pour elle

Bianca, Loulou Robert

9782260029410Bianca a 16 ans. Elle vient de faire une tentative de suicide après plusieurs mois d’anorexie. Suite à son acte, elle se retrouve à l’unité psychiatrique pour adolescents dans l’hôpital de sa ville, Les Primevères. Dans cet univers en dehors du monde, l’adolescente va devoir se reconstruire et trouver ses repères aux côtés d’autres jeunes complètement perdus. Trouver un semblant d’équilibre lors de journées se ressemblant toutes, rythmées par les pesées, les prises de sang, les repas insipides, quelques cours, quelques sorties à la piscine ou au club d’équitation. Un monde cloisonné duquel elle ne pourra sortir durant des mois. Un monde où l’on côtoie une violence quotidienne qu’on ne devrait pas côtoyer à 16 ans : histoires d’inceste, de violences parentales, de suicide, de drogues, de mort.

Bianca a 16 ans et a la vie devant elle. Pourtant, elle s’est laissée mourir à petit feu avant de vouloir un jour s’ouvrir les veines. Bianca a été envoyée chez les « fous » mais elle est persuadée que ce sont les gens qui sont à l’extérieur avec leur petite vie parfaitement huilée en apparence qui sont les véritables fous. Bianca a 16 ans et refuse cette vie étriquée. Elle a 16 ans, et dans cet environnement si particulier qu’est l’hôpital psychiatrique, elle va enfin naître et découvrir l’amour. Pour la première fois de sa vie, après des mois d’enfermement, Bianca va ressentir les choses et vivre.

Livre coup de poing et très poignant que ce roman de Loulou Robert, mannequin de 22 ans, qui nous offre une plongée plus que réaliste dans les affres de l’adolescence et le monde de l’hôpital psychiatrique. Jamais larmoyant, dans un style sans fioriture mais d’une fulgurance incroyable, l’auteure, par le biais de sa narratrice, emporte le lecteur au cœur des couloirs sombres de cette unité pour adolescents, dans ce monde quasi carcéral recelant un nombre de si jeunes vies détruites qu’il faut reconstruire. On pourrait croire à un livre sombre. Il n’en est rien. Derrière l’horreur des situations se dissimule un combat acharné pour la vie. Tout le monde, hélas, n’en réchappera pas. Les violences subies et le mal être qui en résulte auront parfois raison de ceux qui se cachent derrière ces murs et ces barreaux. Et pour l’avoir vécu, je peux vous assurer que tout ce qui est raconté ici relate parfaitement la réalité. Mais si certains n’en réchappent pas, d’autres réussissent à franchir le cap. Et c’est avant tout le message porté par cette œuvre et qu’il faut retenir. Gros coup de cœur !

Au nom du père

20 Oct

Voilà plus d’un an et demi que je voulais lire ce témoignage mais que je préférais m’abstenir afin de ne pas influencer l’écriture du mien et surtout de peur de me sentir ridicule à côté de la philosophe Michela Marzano. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’étais « contentée » de la lecture – très intéressante par ailleurs – de sa Philosophie du corps il y a quelques mois.

Légère comme un papillon, Michela Marzano

La philosophe Michela Marzano évoque avec délicatesse et pudeur ses années d’anorexie. Au-delà des symptômes physiques – partie émergée de l’iceberg – elle nous livre les raisons qui l’ont conduite à annihiler son corps, à se rêver pur esprit, âme parfaite.

J’ai littéralement « dévoré » ce livre si je puis m’exprimer ainsi. Non seulement en raison du thème traité qui m’est cher mais surtout pour la qualité de l’écriture et de la réflexion sur l’humain, sur les liens qui nous relient au passé et nous empêchent – parfois – d’imprimer notre marque dans le présent.

Je ne peux qu’être admirative devant le courage, la force dont à fait preuve l’auteur en se dévoilant à ce point. Si j’ai choisi pour ma part d’évoquer surtout les symptômes dans mon récit – pas parce que je n’ai pas réfléchi sur les causes profondes mais parce que traiter du fond aurait révélé une intimité que je n’étais pas tout à fait prête à partager (d’ailleurs, ce qui peut choquer et paraître impudique dans mon ouvrage ne l’est en aucun cas pour moi car pratiquement tout ce dont je traite n’est encore une fois que symptôme même si je laisse transparaître des bribes d’explications) – Michela Marzano a choisi de raconter les tenants et aboutissants de sa maladie. Elle nous raconte donc ce père, qu’elle idéalise autant qu’elle craint, à qui elle ne veut surtout pas déplaire, à qui elle eut renvoyer l’image de fille modèle, parfaite. Cette quête de perfection qui va pousser la jeune femme à entreprendre des études de philosophie et à réussir brillamment son concours d’entrée à Normale Sup et sa thèse de doctorat. Cette quête de perfection qui va la pousser à ne plus se nourrir, en pensant que devenir aussi légère qu’un papillon la fera devenir plus libre – justement sans doute pour échapper à ce père tout-puissant à ses yeux en face duquel elle ne parvient à trouver les mots. Mais ce témoignage n’est pas le récit d’une maladie mais d’une guérison ou plutôt d’un chemin vers la vie, vers la liberté et la parole retrouvée avec le départ pour la France dont elle a dû apprendre la langue et lâcher prise, ce fameux lâcher prise, clé de la guérison de ce mal du contrôle.

Comme je l’ai dit auparavant, autant que le fond, c’est la forme que j’ai appréciée, avec une écriture fragmentaire, par bribes, qui permet l’évocation du passé pour expliquer le présent, un passé étouffant qui empêche de vivre même quand, après plusieurs années d’analyse, on croit finir par en comprendre chaque parcelle mais qui continue inconsciemment à nous hanter et à nous ramener à l’état d’enfant sans défense. Michela a sans doute, après de longues années, réussi à se libérer de son père, de son passé et appris à dire oui à la vie. Je ne peux que la féliciter pour cela et pour ce message d’espoir qu’elle apporte à toutes celles et ceux qui souffrent de ces maux – anorexiques ou pas. Quand je regarde mon texte, je me sens minuscule par rapport à cette grande dame (même si je suis persuadée qu’elle ne voudrait pas que je me dévalorise) et me rend compte combien il me reste de chemin à faire, dans l’écriture comme dans la vie.

Le Combat d’une vie

24 Mai

Samedi dernier, je rencontrais pour la première fois l’auteure de ce livre après avoir rédigé un article à distance avec elle le mois dernier (à découvrir ici). Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous faire découvrir son message que je partage dans une large mesure.

L’âme en éveil, le corps en sursis, Sabrina Palumbo

Sabrina a 17 ans lorsqu’elle sombre dans l’anorexie à la suite d’un simple régime destiné à améliorer ses performances sportives. Pourtant, la jeune fille avait tout pour réussir : brillante à l’école, sportive de haut niveau, famille aimante… rien ne laissait présager qu’elle pourrait se laisser engloutir par ce fléau dévastateur qu’est l’anorexie.

Alors que Sabrina maigrit à vue d’oeil et que ses performances sportives diminuent, personne dans son entourage ne semble prendre conscience de ses troubles et de sa souffrance. Il faut dire que la jeune fille, déjà engluée dans la maladie, se montre aussi euphorique que manipulatrice et reste bien loin encore de se sentir malade.

Evidemment, une fois la maladie diagnostiquée, les repas en famille deviennent rapidement source de conflit et les rapports familiaux se dégradent d’autant plus rapidement qu’après une période d’anorexie restrictive, la malade plonge dans l’anorexie-boulimie et passe son temps à vider les placards remplis par sa mère.

Bien entendu, le corps ne peut survivre très longtemps à ce rythme : crises, vomissements, restriction totale, activités sportives intenses. Bientôt, Sabrina devient trop faible physiquement pour affronter le quotidien. L’hospitalisation devient nécessaire, vitale…

Je ne vais pas réécrire le livre et préfère vous laisser le soin de découvrir le long processus de guérison de l’auteure. Ce que j’ai apprécié d’abord, c’est qu’au-delà du simple témoignage, Sabrina apporte une véritable réflexion sur la maladie à tel point que ce livre pourrait, d’un certain point de vue, tout aussi bien être considéré comme un essai médical. L’auteure explique dans un langage clair tous les mécanismes de l’anorexie-boulimie d’autant plus précisément qu’elle les a vécus de l’intérieur.

Ensuite, l’ouvrage offre également une réflexion intéressante sur la prise en charge médicale de cette maladie trop peu connue dans le milieu hospitalier. On ne peut être qu’effrayés de découvrir qu’au 21 ème siècle, en France, on en soit encore à enfermer les anorexiques et à les sangler dans une cellule avec une sonde naso-gastrique pour seule compagnie ! Des méthodes que je trouve vraiment inhumaines, dignes d’un autre temps (celui de Charcot !). Bien sûr, il est nécessaire de sauver le corps décharné des patientes qui arrivent à l’hôpital dans un état de dénutrition tel qu’il en va de leur vie et de les réalimenter dans un premier temps. Mais une fois le danger vital écarté, il est nécessaire de traiter le fond du problème, à savoir l’esprit, et non pas se contenter de regonfler le corps à coup de kilos qui ne seront pas acceptés par le patient et très vite perdus dans la sortie de l’hôpital. J’évoque d’ailleurs aussi ce problème dans mon livre. Il faut donc repenser la prise en charge en envisager de soigner non seulement le corps mais aussi et surtout l’esprit. Ne pas soigner seulement le symptôme mais la cause. Ne pas se contenter de la partie émergées de l’iceberg.

Sabrina livre donc un témoignage poignant, tout en s’interrogeant sur les processus qui l’ont amenée à se détruire. Elle livre ses réflexions par petites touches, à la façon d’un peintre impressionniste. Désormais, elle souhaite mettre à profit son expérience, transformer en positif cette sombre période de sa vie et sa colère. Pour ce faire, elle a fondé en mars dernier l’association Sabrinatca92 pour aider les patients et leurs proches mais aussi effectuer un travail de prévention et créer un réseau de soignants afin de prendre en charge globalement les patients. Je lui souhaite bien sûr toute la réussite qu’elle mérite dans son combat et espère que ses « Anges » veilleront encore sur elle très longtemps !

 

Cri du coeur

19 Avr

Un livre dont j’avais longtemps repoussé la lecture… parce que je savais qu’elle me bouleverserait… je ne m’étais pas trompée…

Lettres à l’absente, Patrick Poivre d’Arvor

L’absente du titre, c’est Solenn, la fille du célèbre journaliste. Atteinte d’anorexie mentale, elle a 16 ans et vient d’être internée au Kremlin-Bicêtre en ce début d’automne 1992. Son père, fou de douleur et désespérément impuissant face à la maladie de sa fille, décide de tenir son journal pendant les longs mois d’hospitalisation qui le tiennent à distance de celle qu’il aime le plus au monde.

L’absente est en réalité plus que présente dans la vie de son père qui ne cesse de penser à elle alors qu’il doit arpenter la planète pour couvrir l’actualité. Elle se fait encore plus présente lorsqu’il part pour la Somalie la veille de son internement. Somalie en guerre où chaque enfant décharné lui rappelle le corps de celle qu’il a surnommée sa petite Somalienne…

On ne ressort pas indemne de ce genre de lecture, surtout lorsque l’on a soi-même été à la place de Solenn. Surtout lorsque l’on a tenté, en vain, de savoir ce qu’ont pu ressentir son père, ses parents tenus à distances par les autorités médicales, tenus à distance par la maladie… Surtout lorsque l’on sait que Solenn, ne supportant plus de vivre, mit fin à ses jours à peine plus de deux ans après l’écriture de ce livre, alors qu’elle venait tout juste de fêter ses dix-neuf ans. Sans doute le nœud du problème réside-t-il en partie dans cette phrase-chapitre : « On n’a pas le droit d’aimer sa fille comme ça. »

Ce texte bouleversant n’en demeure pas moins l’une des plus belles déclaration d’amour d’un père à sa fille, à cette petite fille malade de la vie qu’il n’a pas pu retenir…

L’extrait qui suit m’a particulièrement touchée. Je le dédie à mes parents :

« Nous faisions semblant de ne rien voir. Nous brûlions d’aborder le sujet puisque cette table nous était devenue hostile et que tout dialogue était miné… Elle pressentait tout cela, la petite mule têtue; elle fronçait le sourcil quand les mots glissaient vers la zone dangereuse. En un millième de seconde, nous devenions indécents. La faute avait repassé la ligne et se retrouvait dans notre camp. Il nous restait toute la nuit pour vivre avec et nous laisser dissoudre. Mangés par elle. […] C’est ainsi que Solenn, qui ne mangeait plus, a fini par nous manger. »

La Maison de Solenn ou Maison des adolescents, établissement hospitalier destiné à prévenir mais aussi à soigner les maladies liées à l’adolescence comme la dépression et l’anorexie, a ouvert ses portes en 2004. Plus d’informations ici.

 

Anima sana in corpore sano

22 Déc

J’ai bien plus qu’un corps en commun avec cette philosophe…

La philosophie du corps, Michela Marzano

Je vous vois d’ici hausser les sourcils et pousser un grand soupir devant le titre du livre du jour… philosophie ! C’est pour changer de la psychanalyse les amis ! Je vous rassure, l’oeuvre publiée chez Que sais-je ? est très accessible.

Les termes « philosophie » et « corps » peuvent paraître d’emblée antagonistes puisque les philosophes ont toujours préféré s’occuper de l’âme plutôt que de la corporéité synonyme bien souvent de fardeau et de finitude. Mais quoiqu’on fasse, le corps reste l’objet par lequel nous sommes rattachés au monde et c’est la première chose que l’on offre à voir de nous aux autres. Voilà pourquoi poser la question du corps d’un point de vue philosophique semble au final parfaitement approprié.

Dans une première partie, Marzano expose les théories platoniciennes selon lesquelles le corps serait une prison pour l’âme. Pour Descartes, il existe également une dualité de l’âme et du corps. Il voit d’ailleurs ce dernier comme une machine mais cherche à comprendre comment l’âme et le corps peuvent interagir et l’expliquera par l’existence de la glande pinéale , lieu privilégié où l’âme peut exercer ses fonctions. Mais comme le souligne justement Mazano, le problème n’est pas vraiment résolu : « car si la glande est corporelle, comment l’âme immatérielle peut-elle agir sur elle? » Ce premier chapitre théorique est suivi de chapitres qui collent à des questions d’actualité sur le corps, la maîtrise recherchée par le biais des régimes, de la chirurgie esthétique ou la volonté de le faire disparaître derrière les écrans d’ordinateurs.

Dans la deuxième partie, on découvre la théorie de monisme de Spinoza qui ne fait plus de l’âme et du corps deux substances différentes mais qui en fait deux parties d’un ensemble unique : « L’Ame et le Corps sont un seul et même individu qui est conçu tantôt sous l’attribut de la Pensée, tantôt sous celui de l’Etendue » (L’Ethique). Donc l’individu est à la fois âme et corps, la dualité cartésienne est résolue avec Spinoza. Par la suite, Nietzsche pensera que le corps est premier donc qu’il ne peut y avoir d’existence sans corps. Du coup, plus rien ne sert de vouloir distinguer âme et corps puisque cette dualité n’a aucun sens. Suivent des questionnements concrets très intéressants sur la maladie et les greffes. Comment accepter comme étant soi un morceau d’autrui ?

Je ne vais pas faire un résumé exhaustif de l’oeuvre qui comporte 5 parties. Par la suite, la philosophe s’interroge sur la place de la culture et la différence des sexes, sur la réduction de l’homme à sa matérialité, à un corps sans âme comme le prônera le marquis de Sade et finira par poser la question de la sexualité.

En conclusion, impossible de penser sans son corps puisque que « chacun est son corps, tout en l’ayant. Chacun a son corps, tout en l’étant. » Et bien que ce corps nous rappelle constamment notre finitude et puisse nous sembler parfois un fardeau, c’est par lui que notre expérience au monde et aux autres se réalise.

J’ai vraiment apprécié ce petit opuscule assez accessible. On ne s’étonnera pas que la philosophe italienne ait consacré une bonne partie de sa carrière à la question de la corporéité puisqu’elle a souffert d’anorexie, symptôme qui met le corps en première ligne. Elle a d’ailleurs publié un témoignage à ce sujet, Légère comme un papillon.