Tag Archives: autisme

Walking-dead

27 Mai

Je continue mon aventure dans un futur proche où la planète n’a plus rien à voir avec celle que vous connaissez actuellement. Malheureusement, vu ce que nous en faisons actuellement, il se pourrait malheureusement que la fiction devienne réalité. Merci à Syros pour cette découverte.

Lou après tout – Le grand effondrement, Jérôme Leroy

cvt_lou-apres-tout-tome-1-le-grand-effondrement_8599Avant la Grande Panne, en juin 2040, Guillaume était un adolescent presque comme les autres. Il découvrait l’amour avec Charlotte, son amie de toujours, avec laquelle il essayait tant bien que mal de concevoir un avenir commun. Mais la société dans laquelle ils vivaient se délitait tellement autour d’eux qu’il leur était bien difficile de se projeter bien loin. En effet, la pollution est devenue telle à cause du réchauffement climatique qu’il sera bientôt impossible de circuler en ville sans porter un masque en permanence. Les différents pays du monde tombent aux mains de partis nationalistes qui prônent le repli sur soi et instaurent des gouvernements dictatoriaux. Pour essayer de s’échapper de la tristesse ambiante, les gens se réfugient de plus en plus dans le monde virtuel grâce aux écrans-feuilles et aux lunettes de réalité augmentée et/ou absorbent chaque jour un peu plus de pilules censées leur faire voir la vie en rose… Mais bientôt, une terrible épidémie éclate. Ceux qui prenaient ces médicaments miracles deviennent incontrôlables et ne meurent plus que s’ils reçoivent une balle dans la tête, quant aux jeunes cyber-autistes, ils deviennent de plus en plus violents… Jusqu’à la panne d’électricité mondiale qui va plonger le monde dans le noir et le chaos. C’est à ce moment que Guillaume rencontrera Lou, une gamine d’environ 4 ou 5 ans, avec laquelle il va tenter de survivre pendant une dizaine d’années…

Voilà un petit moment que je ne m’étais pas laissée autant happer par un roman. En effet, presque impossible de lâcher celui-ci des mains une fois qu’on l’a commencé. Au début, j’avoue que j’étais un peu perplexe car j’avais l’impression d’être devant un épisode de la série « Walkind-dead » avec les deux protagonistes, Lou (environ 15 ans) et Guillaume (environ 30 ans), occupés à dégommer des espèces de zombies. Mais c’est plus que ça. D’abord, il y a les sentiments complexes tissés entre ces deux-là. Guillaume qui voit Lou comme sa petite sœur mais qui lui rappelle terriblement Charlotte, son amour perdu. Et puis Lou, qui grandit, qui le considère désormais avec un regard de femme. Mais la partie la plus intéressante à mon sens, c’est le retour en arrière sur le monde avant la Grande Panne. Terriblement réaliste. A en frémir d’angoisse. Si finement décrit que l’on s’y projette sans mal car tous les faits concordent avec notre société actuelle. La fin du roman est particulièrement haletante car l’on suit heure par heure les derniers jours de notre monde et les premières heures post-apocalyptiques.

Je pourrais encore développer tant j’ai adoré ce roman « young adult ». Le début prometteur de cette trilogie va rendre addict les ados amateurs du genre (et leurs parents qui le liront peut-être en cachette !). Ce livre n’est pas un simple divertissement mais une réflexion profonde sur l’évolution de notre société. Et si l’on veut changer quelque chose avant d’en arriver là, il faut le faire maintenant ! Coup de cœur !

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Au-delà des murs

17 Fév

Une fois n’est pas coutume, je viens vous parler de mon tout premier roman : Cris invisibles.

Pas évident de parler de son propre roman. Impossible d’être objectif. Et trop modeste et réaliste pour vous dire que c’est un excellent roman. Alors je vais faire simple et retranscrire la quatrième de couverture que j’ai rédigé.

Cris invisibles – Autiste et hyperactive, l’histoire de deux enfants hors du commun, Laurine Mondon

cris-invisibles-autiste-et-hyperactive-lhistoire-de-deux-enfants-hors-du-communAlors qu’il devrait s’amuser avec les enfants de son âge, Pierre préfère observer les papillons et rester seul. Sa mère aimerait le voir rire comme les autres mais c’est impossible. Le jeune garçon présente des troubles autistiques et ne peut pas communiquer.

Mathilde, jeune institutrice accablée par des névroses qui l’empêchent de trouver le sommeil, ne sait plus comment gérer Annabelle, une des ses élèves. L’enfant, véritable tornade, est tourmentée au point de rendre sa vie et celle de ses proches infernale.

Trois existences enfermées derrière des murs de silence, d’angoisse et de non-dits, trois destins qui vont se croiser… Parviendront-ils à casser les barreaux de leur propre prison et à vivre enfin pleinement ? Leur sensibilité exacerbée et leurs différences pourront-elles les aider à s’épanouir ?

Dans ce premier roman, j’ai choisi d’aborder des thèmes qui me sont chers. L’autisme – qui reste encore méconnu du grand public et peu traité dans la littérature -, mais encore les rapports mère-enfant et les problèmes de communication au sein de la structure familiale. Pour cela, j’ai décidé de croiser trois destins : celui de Pierre, enfant autiste, d’Annabelle, enfant hyperactive et de Mathilde, institutrice névrosée. J’ai aussi focalisé mon attention sur les mères des deux enfants en insistant sur leur force de caractère.

La chronologie n’est pas linéaire, surtout au départ, les analepses permettant d’éclairer la situation présente des personnages.

Si le roman peut apparaître comme sombre au début, la fin est volontairement lumineuse, afin de montrer au lecteur que si l’on parvient à briser les murs de sa propre prison, une vie meilleure est possible.

En espérant que ce premier roman saura vous séduire… Il est en prévente sur le site des Editions Kawa à ce lien. il sera très prochainement disponible sur Amazon puis dans toutes les librairies sur commande. N’hésitez pas à me laisser des messages pour de plus amples informations.

Super-héros !

8 Jan

Trouvé dans le rayon nouveautés de la bibliothèque. Intriguée par le titre à rallonge. Et pas déçue – loin de là – par ce roman.

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom L’Éclair et a sauvé le monde, Paul Vacca

104565012Thomas Leclerc, collégien dans une petite ville de banlieue parisienne, en plein cœur des années 60, n’est pas un petit garçon comme les autres. Autiste, il est incapable de ressentir ni de manifester la moindre émotion alors qu’il résout les problèmes mathématiques les plus complexes plus vite que quiconque. Alors que les autres enfants de son âge joue ensemble dans la cour de récré, lui, toujours positionné au même endroit se pose des questions existentielles quant au fonctionnement du monde, à la manière de se faire des amis ou à la méthode à adopter pour sourire.

Un jour, alors qu’il se rend à un énième rendez-vous médical et qu’il doit patienter dans la salle d’attente, il découvre un comic book dans la pile des revues. Intrigué puis captivé par ces histoires de super-héros, tous différents de l’ensemble de la population lamba, étrangers comme lui dans une société qui n’est pas faite pour eux, condamnés comme lui à la solitude, Thomas réalise que lui aussi pourrait bien avoir son rôle à jouer dans la bonne marche de l’univers. Le jeune garçon va alors s’inventer une vie de super-héros, celle de Tom L’Éclair, allant chaque jour à la découverte du monde, de ce monde qui l’entoure depuis tant d’années sans qu’il n’interagisse avec lui (ses parents, les collégiens, sa ville), afin de trouver des missions extraordinaires (sauver un chien par exemple), dignes de son nouveau statut et de sauver son univers.

Ce roman de Paul Vacca est magique. C’est simple, dès les premières lignes, je me suis dit : « Voilà le roman que j’aurais voulu écrire ! ». Mais un autre l’a fait, et vraiment très bien fait. L’auteur nous plonge dans la tête et l’univers de ce petit garçon différent, à la fois surprotégé et incompris par sa maman qui l’aime pourtant plus que tout au monde. A travers le regard de Tom s’ouvre un monde magique que malheureusement beaucoup d’adultes ont perdu de vue, on monde dans lequel tout est possible, pour peu que l’on y croie. Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est que tout en abordant des sujets parfois très sensibles (hors autisme qui l’est déjà suffisamment) – disparition d’une fillette, problèmes de couple, tentative de suicide… – la tonalité reste toujours emprunte d’humour. Et sous-couvert d’un texte léger et facile d’accès – de jeunes collégiens peuvent le lire et le comprendre sans problème – se dévoile une émotion permanente ainsi qu’une vision très subtile et poétique de la vie. Le rôle de super-héros que le petit Tom s’est inventé va ainsi non seulement lui permettre de grandir et d’apprendre à se lier et à communiquer avec le monde qui l’entoure, mais aussi permettre à tous les lecteurs de ce que je qualifierais presque de fable philosophique d’ouvrir davantage leurs yeux et leur cœur sur ce qui les entoure. Énorme coup de cœur !

Au « vert paradis des amours enfantines »

18 Avr

Voilà longtemps que je voulais relire ce roman que j’avais découvert alors que je devais à peine être âgée d’une dizaine d’années…

Quand j’avais 5 ans, je m’ai tué, Howard Buten

Gil a huit ans. C’est un petit garçon très mur pour son âge et très intelligent. Il a d’ailleurs remporté plusieurs prix d’orthographe. Mais Gil est enfermé à la Résidence Home d’Enfants les Pâquerettes, une structure psychiatrique infantile fermée. Pourquoi ? Pour ce qu’il a fait à sa petite copine Jessica. Que lui a-t-il donc fait ? Tout est sous-entendu jusqu’aux dernières pages qui révèlent qu’il ne lui a pas fait grand chose…

Gil est donc enfermé aux Pâquerettes et voudrait bien en sortir pour retourner chez ses parents dont on lui interdit la visite. Il voudrait bien aussi pouvoir lire les lettres que son amie Jessica avait promis de lui envoyer. Mais le Dr Nevele – psychiatre aussi insensible qu’intraitable – décrète qu’il souffre de « troubles du comportement schizoïdes » qu’il ne lui accordera pas la moindre permission tant qu’il refusera de se confier à lui. Leurs entretiens se terminent inlassablement par une crise de l’enfant qui se voit vite entraver par une terrible ceinture de contention – seul moyen apparemment trouvé par le médecin pour calmer son jeune patient…

Heureusement, Gil parvient à s’échapper de la Résidence en pensées. Il nous raconte donc son histoire d’amour avec Jessica en parallèle de ses récits à propos de l’internement. Il raconte donc comment il a rencontré la petite fille, comment il joue au super-héros avec son copains, comment il est tombé amoureux et surtout comment les adultes sont stupides.

Et la voilà toute la force de Howard Buten – à la fois clown et spécialiste des enfants autistiques – : réussir avec brio à se glisser dans la peau de ce petit garçon, à adopter son langage et son mode de penser, à nous faire partager ses rêves, ses questionnements, ses peurs et ses joies. On peut aisément reconnaître l’auteur dans le personnage de Rudyard Walton, un médecin un peu excentrique qui calque son comportement sur celui de ses patients autistes pour mieux pénétrer leur univers et les guérir et deviendra la seule source de réconfort de Gil aux Pâquerettes. Mais Evidemment, comme les adultes ne comprennent rien à rien – et que le Dr Nevele en est leur pire représentant – le pauvre Rudyard sera vite renvoyé du centre…

Pour conclure, ce roman ne peut laisser indifférent un lecteur qui ressort bouleversé par cette histoire d’amour à la fois tendre, drôle, ironique et tragique; un roman qui invite les adultes à retrouver leur âme d’enfant, à retrouver ce regard poétique sur la vie et à se débarrasser une bonne fois pour toute des préjugés et des conventions vis-à-vis des enfants. Une pépite qui a été adaptée en 1994 par Jean-Claude Sussfeld.

Allez, un petit extrait pour le plaisir ! Début du chapitre II :

« Je suis à la Résidence Home d’Enfants les Pâquerettes.

Je suis ici à cause de ce que j’ai fait à Jessica. Je saigne encore du nez mais ça fait pas mal, mais j’ai la figure noire et bleue sur la joue. Ca fait mal. J’ai honte.

Quand je suis arrivé ici, la première personne que j’ai rencontrée c’était Mme Cochrane. Elle est venue me voir au comptoir où j’étais avec mon papa et ma maman. Tout le mon s’est serré la main sauf moi. Mais elles étaient dans mes poches mes mains. Et elles étaient fermées, c’étaient des poings. Mme Cochrane m’a emmené. Elle est moche. Elle est à dégobiller de la regarder et elle porte un pantalon malgré qu’elle est vieille. Elle me parle tout doucement comme si je dormais. Mais je dors pas. »