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Vers l’infini et l’au-delà !

24 Avr

Attention, chaud devant ! Amateurs de science-fiction/fantasy et de loufoquerie, ce roman fleuve est fait pour vous ! Il vient tout juste de sortir aux éditions Aux Diable Vauvert que je remercie pour leur confiance renouvelée.

Théâtre des Dieux, Matt Suddain

couv-suddain-thecc81acc82tre-des-dieux-pl1site-2Pas simple de résumer un livre de plus de 700 pages et encore moins celui-ci qui n’est vraiment pas commun.

Vous tenez entre vos mains le journal d’un grand voyageur interstellaire, M. Francisco Fabrigas. Cet écrit volumineux, qui conte les exploits de son auteur, a été retrouvé et publié par Blacklist Publishing, une maison d’édition sauvant de l’oubli les oeuvres perdues ou censurées. C’est Matt Suddain, un employé-éditeur de la maison, qui a mis la main sur cette fantastique histoire et vous la rapporte présentement.

Cette histoire, la voici. Il s’agit donc de celle de M. Francisco Fabrigas, explorateur, philosophe, physicien et hérétique de son état, qui embarque à bord d’un vaisseau spatial aux allures de navire pour un voyage terrible vers une autre dimension. Avec lui, l’accompagnent, entre autres, : un jeune capitaine, un brave garçon garçon sourd, une petite fille aveugle mais très perspicace, une botaniste sensuelle. Tout ce beau monde est poursuivi par le Pape de l’Univers, un magnétiseur coquet et une pieuvre géante…

Moult complots sombres et obscurs, cultes démoniaques, traversées de jungles meurtrières, pagaille quantique, naissance de la Création et mort du Temps : voici tout ce qui vous attend et bien davantage encore dans cette fresque spatio-fantastique. Laissez-vous entraîner derrière le voile de la réalité pour découvrir les mystères les plus secrets – et déjantés – du cosmos…

Difficile de faire plus court ou plus simple. Vous l’aurez compris, vous vous trouvez devant un véritable OVNI littéraire, une pièce rare, fabuleusement mise en page dans une édition reliée sous jaquette, agrémentée d’affiches d’époque. L’auteur, qui signe ici son premier roman, maîtrise en tout point l’art de la mise  en abîme, c’est-à-dire du roman dans le roman, et nous entraîne avec brio dans un univers totalement décalé mais d’une richesse incroyable, aussi historique que littéraire. On retrouve ici tout ce qui fait la force des plus grands romans d’aventure de Jules Verne et de Stevenson corrélé à la puissance imaginative de la science-fiction de ce roman se déroulant dans un moyen-âge spatial futuriste. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour satirique. Alors, si vous n’avez pas peur de vivre une expérience littéraire hors du commun, si vous aimez les textes innovants, légèrement hallucinés, ne manquez sous aucun prétexte cette magnifique épopée à la croisée des genres.

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La fille au sang chaud

9 Avr

Une lecture pour mon ancien collège. Allez d’ailleurs jetez un œil sur le super blog très fourni en nouveautés littérature jeunesse Les lectures d’Arsène

Margot d’Anvers, Jean-Claude Van Rijckeghem et Pat Van Beirs

9782874230851Alors qu’elle n’a que cinq ans, la jeune Margot est abandonnée par sa mère au foyer des orphelines d’Anvers. La petite grandit dans un univers où il lui faut se débrouiller seule. Malgré quelques amies, elle ne peut compter que sur elle-même. Alors que toutes ces dernières sont placées comme servantes dans de riches familles, Margot refuse ce destin tout tracé. Depuis son plus jeune âge, elle est en effet persuadée que sa véritable vie n’est pas celle-ci. En elle coule du sang espagnol. A 15 ans, elle quitte l’orphelinat pour travailler auprès d’un apothicaire qui parcourt les foires avec une troupe de voleurs professionnel. Qu’importe. Margot est prête à tout pour partir en Espagne et tenter de retrouver son père, un célèbre duc. Mais un jour, elle est prise la main dans le sac et se retrouve dans une terrible posture…

D’une densité et d’une richesse extrême, ce roman d’aventure, d’amour et d’espionnage saura séduire les très bons lecteurs amateurs d’Histoire. En effet, les auteurs livrent ici un ouvrage très documenté sur l’invasion des Pays-Bas par l’Espagne, sur la vie dans ces deux pays à la fin du 16ème siècle et sur la découverte du Nouveau Monde. On plonge véritablement dans cette époque qui semble revivre sous nos yeux. Seul petit bémol, le livre a les défauts de ses qualités, on a parfois la sensation de lire un livre d’Histoire.

Du point de vue de l’action, rien à redire. Les aventures de Margot sont palpitantes et tous les personnages sont peints avec finesse et possèdent des caractères très nuancés. Alors que l’on croit pouvoir compter sur quelqu’un, voilà qu’un retournement de situation s’opère et nous dévoile le vrai visage de la personne. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir et c’est cela qui est vraiment intéressant car comme dans la vraie vie, il faut apprendre à se fier aux bonnes personnes qui ne sont pas toujours celles que l’on croit.

Je conseille ce livre à partir de la 5ème pour les excellents lecteurs amateurs d’Histoire et pour tous ceux qui ne redoutent pas les lectures longues (plus de 500 pages tout de même !) Coup de cœur inattendu en ce qui me concerne !

La petite brodeuse

11 Fév

Dernière chronique avant un temps de pause. Je déménage donc je ne vais guère avoir loisir de lire et je serai privée d’internet pendant une petite quinzaine de jours. En attendant, je vous laisse avec un peu de littérature jeunesse.

L’Élue, Loïs Lowry

9782070538768La mère de Kira vient de mourir d’une maladie inconnue. La jeune fille, déjà orpheline de père, se retrouve confrontée à elle-même dans un environnement hostile. En effet, elle vit dans un village peuplé par des rustres qui ne supportent pas les personnes handicapées, inutiles à la société. Or, Kira est boiteuse et le village veut la chasser. Un procès est organisé, mais en raison de ses dons de brodeuse, le Conseil des Seigneurs décide de la prendre en charge dans son palais afin qu’elle restaure la merveilleuse robe du Chanteur, sur laquelle est inscrite toute l’histoire de son peuple. Rassurée au départ, Kira va bien vite se poser des questions quant aux véritables motivations des Seigneurs et devra aussi faire preuve de courage pour apprendre à réaliser les teintures qui lui permettront de colorer ses fils, techniques que sa mère n’a pas eu le temps de lui enseigner avant sa mort…

Uchronie dystopique, ce roman de Loïs Lowry se situe dans une époque archaïque et violente, un monde dans lequel les enfants sont traités et parqués comme du bétail, où le savoir est détenu par quelques privilégiés, où il est totalement interdit aux femmes d’apprendre à lire et où le handicap, vu comme une tare si horrible car ceux qui en souffrent ne peuvent pas travailler et deviennent un fardeau pour la société, est synonyme de mort dès la naissance. L’auteure pose ici selon moi les jalons de ce qui devrait composer une petite série car la fin de texte nous laisse réellement sur notre faim. Les personnages principaux comme secondaires sont peints avec beaucoup de précisions et plus nous avançons dans la lecture plus nous nous rendons compte que tout n’est pas aussi manichéen qu’il n’y paraît. Mais si le mystère devient de plus en plus opaque (nous obtenons quelques réponses à la fin, je vous rassure !), l’intrigue tarde à se mettre en place à mon goût et le tout manque un peu de piquant. L’univers est parfaitement décrit, la façon de parler des gens du peuple et surtout du petit Matt, le meilleur ami de Kira, vient apporter une bonne touche de réalisme à ce monde qui pourrait s’apparenter au Moyen-âge. Toutefois, je trouve qu’il manque un peu d’actions et c’est seulement lors des toutes dernières pages que la véritable aventure semble sur le point de commencer. Un peu frustrant ! J’attends donc de connaître la suite, si suite il y a ! Le tout forme néanmoins un bien joli roman d’apprentissage, à la fois sombre et féerique, qui permettra aux jeunes adolescents de réfléchir sur l’importance du savoir, de l’enseignement pour détenir un moyen de réflexion et de pouvoir alors que le manque de culture ne produit que violence et rejet de l’autre.

Diabolique machination

11 Juin

Après des semaines d’absence et malheureusement une impossibilité totale de m’adonner à la lecture, je reviens avec le tout dernier roman d’Yves Grevet paru chez Syros le mois dernier.

Celle qui sentait venir l’orage, Yves Grevet

A la toute fin du XIXème siècle, en Italie, la jeune Frida, 15 ans, vient de subir une épreuve terrible. Ses parents viennent d’être pendus, accusés de meurtres horribles dans la région. La jeune fille, recherchée par la population comme « la fille des démons », est contrainte de quitter les lieux au plus vite en diligence, grimée pour ne pas être reconnue. Des proches ont organisé son départ. Elle est censée trouver refuge chez le docteur Grüber, à Bologne.

Alors qu’on semble lui réserver un accueil plutôt chaleureux, Frida, encore terrassée par la mort de ses parents, reste sur la défensive. Et grand bien lui en prend. Le docteur se comporte de façon de plus en plus étrange, l’examinant beaucoup trop méticuleusement. Bientôt, l’adolescente se sent constamment épiée et à l’impression de devenir une espèce de cobaye servant à démontrer les thèses pour le moins odieuses du médecin. La seule chance de lui échapper sera de prendre la fuite une nouvelle fois… encore faudrait-il en avoir la possibilité !

L’auteur de Méto signe ici un excellent roman d’aventure, très bien documenté sur la médecine de l’époque. J’ai vraiment apprécié tout le développement sur la physiognomonie avec les thèses selon lesquelles l’aspect physique d’une personne révélerait sa nature profonde. L’auteur s’est inspiré du savant Cesare Lombroso qui affirmait que les traits du visage pouvait permettre à coup sûr de débusquer les criminels. Ce sont sur ces thèses profondément erronées que se sont appuyés les projets eugénistes du XXème siècle. Je trouve qu’elles font malheureusement écho à l’actualité puisqu’il n’y a pas si longtemps, certains scientifiques disaient pouvoir prédire dès le plus jeune âge qu’un enfant aurait plus ou moins de potentiel et pourrait être plus ou moins agressif… Voilà qui donne à réfléchir.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est menée tambour battant par une héroïne à laquelle on s’attache très vite. Frida n’a pas été épargnée par la vie. Sujette à la discrimination dès son plus jeune âge parce que ses parents vivent en marge de la communauté, cette solitaire, dont ceux dont elle pense qu’ils sont des proches vont abuser, va devoir s’ouvrir et faire confiance à des inconnus pour réaliser son projet : réhabiliter la mémoire et l’honneur de ses parents dont elle sait pertinemment l’innocence. Il lui faudra bien du courage et de l’acharnement pour parvenir à son but sans y laisser sa vie et surtout conserver sa dignité devant ceux qui la voient elle et sa famille comme des tueurs-nés. Voici donc une héroïne avec ses forces et ses faiblesses qui la rendent très humaine – j’ai bien aimé les séances de déguisements, notamment celle de la transformation en garçon, pas évidente pour une adolescence en pleine quête d’identité, qui laissent transparaître habilement les émotions de la jeune fille.

Pour conclure, je conseille ce roman à partir de 13-14 ans mais les adultes y prendront également plaisir. Si l’héroïne est une fille, les garçons y trouveront totalement leur compte tant l’intrigue est bien menée et les sujets de réflexion vastes. Coup de cœur !

L’attrape nigaud !

24 Sep

Voilà des années que je voulais lire ce court texte. L’ayant enfin sous la main, je me suis jetée à l’eau, et je dois bien l’avouer, un peu noyée…

La Chasse au Snark, Lewis Carroll

La Chasse au Snark est un court texte, écrit en vers. Il s’agit, selon l’auteur, d’un « Délire en huit épisodes ou crises », et le mot « délire » n’est pas exagéré.

La Chasse au Snark est donc le récit de l’aventure folle-dingue d’un garçon d’étage, d’un marchand de bonnet, d’un avocat, d’un courtier, d’un banquier, d’un marqueur de billard, d’un boulanger et d’un castor – et j’en oublie sans doute ! – qui partent à la recherche d’un animal fantastique : le fameux Snark ! Leur plus grande crainte : tomber seulement sur un Boujeum…

Voilà pour le synopsis. A vrai dire, je n’ai pas compris grand chose à ce texte et je ne sais même pas s’il y a véritablement quelque chose à comprendre… Pas sûre qu’il y ait un sens caché d’ailleurs. En fait, je me suis seulement laissée porter par le délire de Lewis Carroll, la beauté de l’écriture et la vivacité de ce texte. Les vers et les strophes s’enchaînent à une allure remarquable. J’avais presque l’impression d’être en train de courir après le texte que je lisais !

Vous l’aurez compris, ce long poème est totalement absurde. On y retrouve ce qui a fait le succès d’Alice au Pays des Merveilles : des personnages fantasques, le mélange d’animaux et d’humains, les mots-valises… Une lecture peu commune et rafraîchissante !

Aventure délirante

24 Jan

J’ai de nouveau suivi les conseils de mes élèves en matière de lecture; sans grande illusion cette fois-ci… et j’ai eu bien raison. Voilà une lecture qui ne restera pas longtemps gravée dans ma mémoire !

One Piece – A l’aube d’une grande aventure, Eiichiro Oda

A vrai dire, je n’avais jamais lu de manga avant celui-ci. J’avais bien essayé, il y a quelques années, mais je m’étais arrêtée au bout de trois pages, épuisée par la pauvreté des textes et le style des dessins. J’en aurais bien fait de même pour celui-ci mais la curiosité professionnelle et l’envie d’essayer de monter un cours avec une lecture qui plaît aux élèves m’ont poussée  à terminer le tome 1 de cette série. Résultat : lecture totalement inexploitable en cours…

Le jeune héros, Luffy, n’a qu’un seul rêve depuis son plus jeune âge : devenir le seigneur des pirates. Il voue un véritable culte au capitaine Shanks, le capitaine d’un navire pirate. Un beau jour, le jeune Luffy mange par mégarde un « fruit du démon » que le capitaine conservait dans son butin. A partir de ce moment, il va acquérir un pouvoir extraordinaire : son corps devient totalement élastique ! En contre partie, Luffy ne pourra plus jamais nager… Mais qu’à cela ne tienne, il décide  de ne pas renoncer à son rêve !

Dix années passent. Luffy prend la mer seul à bord d’un canot pour devenir seigneur  des pirates et retrouver le « One Piece », un fabuleux trésor. Alors qu’il parcourt les mers à la recherche d’un équipage, Luffy croise la route d’un bateau pirate. Il vient à bout des méchants à force de nombreux coups de poings élastiques et délivre l’homme à tout faire, Kobby, qui souhaite entrer dans la marine mais va avant tout devenir son ami. Ce dernier lui parle de « Zorro le chasseur du pirate », dont l’ambition est de devenir le plus grand manieur de sabres au monde, mais qui, pour l’instant, est fait prisonnier par des militaires pour d’injustes raisons. Après avoir convaincu Zorro de faire partie de son équipage, Luffy le délivre une fois encore grâce à ses coups de poings élastiques. Le périple continue ainsi de suite. Les méchants sont à chaque fois terrassés par les super coups de poings du héros… à peu près toutes les deux pages !

Vous l’aurez compris, je ne suis absolument pas fan de ce livre. Si les dessins sont assez soignés dans leur genre, les textes n’ont pas grand intérêt, tout comme l’intrigue : des bagarres toutes les deux-trois pages, une nouvelle rencontre, de nouveau des bagarres… Et dire qu’il existe déjà plus de 70 tomes…!