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Tout pour la danse

19 Jan

Une BD prêtée par la Bibliothèque de la Nièvre dans le cadre de notre partenariat avec le CDI.

Polina, Bastien Vivès

La petite Polina est très stressée. Elle doit passer un test important pour entrer au pensionnat de la très sélecte Académie de danse. Malgré son manque de souplesse, le célèbre professeur Bojinski la recrute sur le champ, décelant en elle un très grand potentiel.

Les années passent, Polina consacre la plus grande partie de son temps à danser et à souffrir des remarques de son professeur plus que perfectionniste. Mais comme la danse est tout pour elle, elle serre les dents, réprime ses émotions, continue à s’accrocher et parvient à participer à un ballet. Elle est alors repérée par la directrice du Théâtre qui veut l’intégrer à sa troupe. Mais il sera bien difficile à la jeune femme de quitter son mentor et son enseignement très classique et formaté pour une danse plus contemporaine où le corps doit avant tout traduire des émotions…

Le sujet traité par cette bande dessinée m’intéressait. J’ai été assez vite happée par la lecture et les dessins – ou plutôt les esquisses – en noir et blanc. Pourtant, plus je tournais les pages, plus je restais sur ma faim. J’ai vite compris pourquoi. L’auteur ne va pas au fond des choses et c’est dommage. On reste en permanence à la lisière des personnages, on ne parvient jamais à déceler leurs émotions (d’accord, on voit bien que Polina a l’air de souffrir, qu’elle semble parfois perdue, mais ça ne va pas plus loin). Je pense que ce manque de profondeur tient au fait que les années passent très vite. Malgré un nombre de pages conséquent (206), les dessins laissent peu de place au texte. Alors oui, on parvient à suivre l’évolution et l’émancipation de la jeune femme mais il manque un peu de texte à mon goût pour que la BD soit totalement réussie. Je pense néanmoins qu’elle plaira beaucoup aux amateurs de danse.

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Un corps pour deux

23 Déc

J’ai emprunté ce livre dans le rayon mangas de la médiathèque en pensant qu’il se lisait comme un vrai manga… et bien non, il se lit à l’occidentale !

Un ciel radieux, Jirô Taniguchi

Une nuit, Takuya Onodéra, un jeune motard de 17 ans, est violemment percuté par une voiture. Le conducteur, Kazuhiro Kubota, père de famille surmené par son travail décède très rapidement. Takuya, lui, s’en sort miraculeusement après quelques jours de coma.

Mais au réveil, Takuya, ne se souvient de rien et ne semble plus le même pour sa famille. Et pour cause, il est frappé d’une étrange amnésie. La conscience de Kasuhiro Kubota a pris place dans le corps du jeune homme. Mort physiquement, Kubota veut saisir cette chance qu’il lui est donnée de vivre encore dans le corps d’un autre pour faire comprendre à sa femme et à sa fille combien il regrette de les avoir délaissées pour son travail.

Mais le temps lui est compté. Takuya retrouve ses souvenirs peu à peu tandis que l’esprit de Kubota semble partir vers d’autres rives. Ce dernier doit donc absolument reprendre contact avec sa famille avant de mourir complètement. La cohabitation des deux âmes dans le corps de Takuya s’avère de de plus en plus difficile.

Ce manga en noir et blanc, qui se lit donc comme une BD traditionnelle, m’a vraiment plus alors que je ne suis pas une fan du genre. Les dessins sont soignés et l’histoire intéressante et émouvante. La dualité des esprits dans le même corps est bien rendue dans les dessins, grâce à un dédoublement des personnages, l’un semblant effacé derrière l’autre ou des bulles différentes, ce qui permet de bien toujours savoir qui s’exprime.

L’auteur, Jirô Taniguchi dessine depuis 1970 et a reçu de nombreux prix notamment l’Alph’Art du meilleur scénario au Festival d’Angoulème 2003 pour le premier volume de Quartier lointain. J’espère donc découvrir d’autres de ces oeuvres après cette bonne surprise.