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Censuré

15 Déc

Un livre qui avait fait grand bruit à sa sortie au début des années 2000. Je suis tombée dessus dans les rayons de la bibliothèque et me suis laissée tenter.

Les bonbons chinois, Mian Mian

1507-1A 15 ans, Xiao Hong est une adolescente sans histoire. Mais le suicide de sa meilleure amie va bouleverser son existence. Elle quitte sa famille et Shanghai pour une ville du sud où elle erre de bars en bars. Elle finit par faire la rencontre du séduisant Saining, un guitariste de deux ans son aîné. Elle tombe immédiatement sous le charme et pénètre dans le monde de la nuit qui lui était jusque-là inconnu. Malheureusement, Saining ne va pas tarder à goûter à l’héroïne tandis que Xiao va se mettre à boire de plus en plus. Jour après jour, les substances chimiques vont les séparer et la jeune Xiao va totalement se perdre dans cette Chine en totale mutation au milieu des années 90.

Ce texte brutal, brut dépeint une jeunesse chinoise en perte de repères. On découvre que comme dans toutes les grandes villes du monde, l’argent, le sexe et la drogue sont omniprésents et font des ravages. On imagine bien que la censure n’allait pas laisser passer le livre de Mian Mian aisément. Le roman a été interdit à sa sortie en Chine en 2000.

Si j’ai apprécié le côté quasi naturaliste, et même reportage de cette oeuvre en bonne part autobiographique, j’avoue avoir été déstabilisée par la narration polyphonique voire cacophonique à quelques moments. Si la narratrice principale est Xiao Hong – double de Mian Mian -, d’autres personnages viennent prendre le relais dont parfois quelques-uns dont on n’a jamais entendu parlé auparavant et qui n’ont souvent qu’un rapport assez lointain avec le personnage principal. Hormis ces quelques passages durant lesquels il faut s’accrocher, ou plutôt par lesquels il faut se laisser porter en tentant de garder les yeux ouvert, invitation à la découverte de la cruauté du monde de la nuit en Chine (prostitution, trafic d’êtres humains…), difficilement soutenable parfois, j’ai apprécié ce roman qui offre une vraie vision de la jeunesse chinoise, qui sort des images lisses diffusées par le Parti.

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Faites de beaux rêves !

13 Nov

Je m’intéresse depuis longtemps à la psychanalyse mais je dois avouer que je n’avais pas lu Freud depuis la Terminale… j’ai donc profité de ma récente inscription à la Médiathèque de mon département pour emprunter ce classique.

Sur le rêve, Sigmund Freud

J’irai vite pour cet article. Déjà, parce que le texte est court (environ 70 pages). Surtout, parce qu’il est assez technique, voire compliqué et indigeste pour les non-initiés (pour ma part, je suis dans l’entre-deux… le fait de suivre une psychanalyse a beaucoup simplifié ma lecture même si certains points restent obscurs !)

Pour faire simple, selon Freud, tout le monde rêve : les enfants, les adultes, les fous, les sains d’esprit… tout le monde ! Jusque là, tout va bien. Freud distingue 3 grands types de rêves : les rêves censés et compréhensibles, les rêves cohérents mais déconcertants et enfin les rêves qui apparaissent comme incohérents, confus ou absurdes. Ce sont les enfants surtout qui réalisent des rêves du premier type, dans lesquels le contenu manifeste (ce dont on se souvient, ce que l’on peut raconter du rêve) et le contenu latent (ce qu’on peut interpréter, ce qui est caché derrière le contenu manifeste) coïncident. Ce sont en règle générale des rêves dans lesquels s’accomplissent un désir inassouvi dans la réalité.

Pour les deux autres catégories, un travail du rêve plus ou moins important s’effectue pendant le sommeil. Ce travail va opérer une censure du contenu latent et le transformer de telle sorte qu’il apparaisse supportable au rêveur dans son contenu manifeste. Oups, je sens que ça ne devient plus très clair, et pourtant, je ne peux pas faire plus simple…

Voilà pour les base.Selon Freud, le rêve sert le plus souvent à satisfaire l’accomplissement d’un désir et à protéger le sommeil. Pour ma part, j’émets des réserve sur ces points. Effectivement, il n’est pas rare de faire ce que Freud nomme des rêves d’angoisse (appartenant aux 2ème et 3 ème catégories), appelés communément cauchemars. Dans ce cas, le rêveur se réveille. Freud indique, que dans ce cas, le travail du rêve n’est pas effectué et le contenu latent apparaissant directement de manière violente, sans protection, seul le réveil peut interrompre le danger. Bref, l’analyse des rêves permet  un accès plus ou moins direct à l’inconscient, et permettra aux névrosés de comprendre l’origine de leurs névroses, et peut-être de les atténuer.

Dans cet opuscule, Freud ne donne pas vraiment de clés pour analyser ses rêves. Il faut sans doute voir ça dans son essai Sur l’analyse des rêves. Si certains symboles sont quasi-universels, d’autres sont très personnels et, de toute façon, chaque interprétation ne peut être qu’individuelle. J’espère avoir éclairé votre lanterne !