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Winnie au pays de la sagesse

8 Mai

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Synchronique pour m’avoir permis de découvrir l’ouvrage que je vais vous présenter aujourd’hui.

Le Tao de Winnie, Benjamin Hoff

TaoWinnie Synchronique 001.JPGWinnie, mon ami Winnie ! Petit ourson, au regard polisson… Pour beaucoup ces quelques mots renvoient tout de suite au générique d’un dessin animé qui a bercé notre enfance : l’histoire d’une bande d’amis (animaux) qui se lient d’amitié avec un humain, Jean-Christophe.

Aujourd’hui, dans le livre que je vais vous présenter, il n’est pas question d’une nouvelle aventure de nos amis…quoique…ils sont au cœur (ou presque) de cet ouvrage. En effet, dans Le TAO de WINNIE, notre ourson, toujours friand de miel, et ses amis, nous présente les grands principes du TAO. Cela prend la forme d’une discussion entre notre héros et l’auteur, Benjamin HOFF (écrivain américain), qui est également le narrateur du livre.

Mais avant d’aller plus loin, qu’est-ce que le Tao ?

Remontant au IV e siècle avant JC., venant d’Asie, le Tao est un « principe transcendant et immanent d’où procède toute vie, qui est à l’origine de plusieurs religions, entre autres du taoïsme et du confucianisme. Il s’agit de vivre « naturellement » à un double point de vue : il faut adapter sa vie aux saisons, mais aussi suivre le tao, c’est-à-dire le droit chemin, en accord avec la loi divine de la nature. » (Doeblin, 1947).

Son fondateur est Lao Tseu et le texte de référence de cette philosophie – ou art de vivre – est le Tao te king, le Livre de la Voie et de la Vertu.

Cet ouvrage pourrait ressembler à une vulgarisation du livre de Lao Tseu mais en fait, c’est plus que cela. En effet, Winnie est un symbole parmi d’autres, de l’Occident ou plutôt des sociétés occidentales. Croiser cela apparaît surréaliste : une bande d’animaux candides, symbole d’une culture occidentale rencontrant une approche philosophique d’Orient…

TaoWinnie Synchronique 010.JPGEt pourtant, Benjamin HOFF arrive pleinement à marier ces deux univers, donnant par la même occasion au Tao une dimension universelle et accessible. En effet, prenant appui sur les aventures de Winnie, le narrateur aborde les grands enseignements de Lao Tseu ; ainsi, à travers les péripéties et anecdotes de Winnie, Porcinet, Cocolapin, Bourriquet, Maître Hibou et l’incontournable Tigrou, nous découvrons les grands principes issus du Tao comme le « Bloc de Bois Brut », « Nature Intérieure » …

Le tout se lit avec clarté, facilement. Il est vrai que ceux qui sont déjà initiés au Tao ou qui ne sont pas passionnés par les aventures de notre ours au T-Shirt rouge pourraient regretter la multiplication des références au personnage créé par Alan Alexander Milne.

Synchronique éditions a eu la riche idée de faire traduire et publier cet ouvrage, parsemé de jolis dessins de Winnie et de sa bande (réalisés par E.H. SHEPARD).625f66d10c9f2f92ea61aafc213b6ee5

Je les remercie de m’avoir fait découvrir cette œuvre originale, accessible et destinée aux grands enfants que nous sommes. Que vous soyez amoureux du plus célèbre des oursons ou que vous cherchiez une approche atypique du Tao, nul doute que vous prendrez plaisir à parcourir ces quelques 190 pages.

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Censuré

15 Déc

Un livre qui avait fait grand bruit à sa sortie au début des années 2000. Je suis tombée dessus dans les rayons de la bibliothèque et me suis laissée tenter.

Les bonbons chinois, Mian Mian

1507-1A 15 ans, Xiao Hong est une adolescente sans histoire. Mais le suicide de sa meilleure amie va bouleverser son existence. Elle quitte sa famille et Shanghai pour une ville du sud où elle erre de bars en bars. Elle finit par faire la rencontre du séduisant Saining, un guitariste de deux ans son aîné. Elle tombe immédiatement sous le charme et pénètre dans le monde de la nuit qui lui était jusque-là inconnu. Malheureusement, Saining ne va pas tarder à goûter à l’héroïne tandis que Xiao va se mettre à boire de plus en plus. Jour après jour, les substances chimiques vont les séparer et la jeune Xiao va totalement se perdre dans cette Chine en totale mutation au milieu des années 90.

Ce texte brutal, brut dépeint une jeunesse chinoise en perte de repères. On découvre que comme dans toutes les grandes villes du monde, l’argent, le sexe et la drogue sont omniprésents et font des ravages. On imagine bien que la censure n’allait pas laisser passer le livre de Mian Mian aisément. Le roman a été interdit à sa sortie en Chine en 2000.

Si j’ai apprécié le côté quasi naturaliste, et même reportage de cette oeuvre en bonne part autobiographique, j’avoue avoir été déstabilisée par la narration polyphonique voire cacophonique à quelques moments. Si la narratrice principale est Xiao Hong – double de Mian Mian -, d’autres personnages viennent prendre le relais dont parfois quelques-uns dont on n’a jamais entendu parlé auparavant et qui n’ont souvent qu’un rapport assez lointain avec le personnage principal. Hormis ces quelques passages durant lesquels il faut s’accrocher, ou plutôt par lesquels il faut se laisser porter en tentant de garder les yeux ouvert, invitation à la découverte de la cruauté du monde de la nuit en Chine (prostitution, trafic d’êtres humains…), difficilement soutenable parfois, j’ai apprécié ce roman qui offre une vraie vision de la jeunesse chinoise, qui sort des images lisses diffusées par le Parti.