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L’arbre de vie

Bonjour à tous ! Pour terminer ce mois de janvier, je vous présente un roman jeunesse mais qui peut s’adresser vraiment à tous les publics. Il vient de paraître aux éditions Flammarion Jeunesse.

Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko

et-le-desert-disparaitraA une époque indéterminée mais qu’on soupçonne proche de la nôtre, la jeune Samaa grandit au sein d’une petite communauté au milieu du désert. Elle vit seule avec sa mère depuis que son père est mort à la « chasse ». Son unique horizon est le désert. Le sable a, en effet, dévoré la quasi totalité de la surface de la Terre. Le seul moyen de survie pour son peuple est de « chasser » les derniers arbres pour les vendre à la ville et gagner de quoi subsister : bouteilles d’oxygène, eau gélifiée, barres protéinées… Samaa rêve de devenir une chasseuse, comme son ami Solas et son père avant elle. Mais cette fonction est réservée aux hommes, plus résistants en forts pour transporter les troncs. Un jour pourtant, elle désobéit et suit les chasseurs en cachette. Mais le danger menace de toutes parts dans cet univers inhospitalier. Elle fait une mauvaise chute et tout au fond d’une trouée, contre un arbre gigantesque. Alors qu’elle est blessée et que ses réserves de nourriture s’amoindrissent de jour en jour et que tous ses efforts pour sortir de la cavité demeurent vain, l’adolescente va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croyait jusqu’à présent est faux. Au fond, peut-être que la vieille femme au ban de la tribu avait raison. Peut-être que les arbres sont sources de vie…

Voilà un petit moment que je voulais lire ce roman et je n’ai pas été déçue. Je l’ai littéralement dévoré, happée par l’histoire de cette jeune fille luttant pour sa survie et celle de l’arbre qui l’abrite au fond de son trou. On pourrait craindre l’ennui – la majeur partie du texte est consacrée à la survie de Samaa dans la trouée – mais il n’en est rien. Ce roman m’a fait l’effet d’une respiration, calme par moments, haletante à d’autres. L’écriture est fluide, poétique et violente à la fois. Et surtout, cette histoire, simple en apparence, fait beaucoup réfléchir sur différents sujets. La préservation de la nature est le thème central. En filigrane, l’autrice invite à lutter contre la déforestation qui accroît la désertification, amplifie le réchauffement climatique, tue de nombreuses espèces végétales mais aussi animales. L’autre thème majeur est celui de la transmission intergénérationnelle. Les anciens ont beaucoup à transmettre aux plus jeunes et ces-derniers doivent les écouter avec attention afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Enfin, ce que j’ai apprécié dans ce roman d’anticipation qui est destiné aux jeunes adolescents, c’est qu’il est porteur d’espoir et que les enfants peuvent être pleinement acteurs du changement en portant leurs convictions même si certains adultes autour d’eux sont réfractaires à leur message. On ne peut pas faire plus d’actualité. Un joli coup de cœur pour terminer ce premier mois de l’année. Et mention spéciale aussi pour la fabrication de ce livre réalisé de la façon la plus écologique possible avec des résidus de bois certifiés PEFC avec une couverture non pelliculée et une encre végétale.

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De l’autre côté de la rivière

Aujourd’hui, je m’adresse aux parents de jeunes enfants ou aux professeurs de maternelle avec la réécriture moderne d’un célèbre conte qui sortira en librairie le 17 octobre aux éditions Syros.

Boucle Rousse et les trois ours, Debora Di Gillio et Fabienne Morel, illustrations Rémi Saillard

thumbnail (1)Voilà des décennies que les Ours et les Renards ne se parlent plus et se détestent même carrément. Pour quelle raison ? Cela fait tellement longtemps qu’ils n’en savent plus rien. La seule chose qu’ils savent, c’est qu’ils ne s’aiment pas. Mais Boucle Rousse, une jolie petite renarde, est amoureuse de Petit Ours à qui elle envoie des baisers tous les soirs par dessus la rivière qui les sépare. Un jour, alors que tous les Ours partent manifester pour la sauvegarde des abeilles, la petite renarde décide de traverser la rivière à la nage malgré l’interdiction. Dès son arrivée sur l’autre rive, elle se rend chez Petit Ours et découvre son univers…

Les autrices et conteuses nous offrent ici une très jolie réécriture du célèbre conte de Boucle d’Or de Robert Southey. L’humour est omniprésent et les plus jeunes apprécieront les illustrations très colorées (mon petit lecteur de un an aime beaucoup). Le disque avec la lecture en musique est une réussite également et il est très plaisant d’écouter les intonations italiennes d’une des autrices. Avec beaucoup de fantaisie, vous pourrez aborder avec vos enfants des thèmes comme l’écologie, l’acceptation de la différence, la liberté et la paix. Pour les plus petits, cet album est parfait pour l’apprentissage des différentes tailles (petit, moyen, grand) et vous pourrez même les initier à la langue italienne.

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Quand la nature se déchaine

Je poursuis ma découvert de l’excellente collection Rester Vivant aux éditions du Muscadier que je remercie encore pour leur confiance.

Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

le-reveil-de-zagapoi-9791090685970_0Un groupe de jeunes scientifiques est recruté pour tester un nouvel insecticide, le GENIBE, en Guyane, au fond de la forêt amazonienne. Le produit est censé éradiquer les moustiques, porteurs de maladies, qui pullulent dans cette zone. L’expérience, classée « secret défense », pourrait permettre de sauver des milliers de vies humaines si elle s’avérait concluante.

Malheureusement, très vite, les chercheurs se rendent compte que la mission tourne mal. D’étranges mutations de la faune et de la flore ne tardent pas à apparaître. En outre, le bouleversement provoqué par les Autres – les êtres humains – va réveiller Zagapoï, l’esprit de la jungle. Dès lors, l’expédition se transforme en un véritable cauchemar…

Voici un beau roman d’aventures qui mêle action, suspens, jolies descriptions de la faune et la flore amazonienne et réflexion sur l’impact de l’homme sur son environnement. Le livre amènera le jeune lecteur à se poser des questions d’éthique, entre autres : Peut-on, au nom de la science, effectuer des expériences qui peuvent être dangereuses pour l’environnement ?  ou Doit-on fermer les yeux et renoncer à ses principes pour gagner plus d’argent ? J’ai bien aimé l’alternance de points de vue entre les animaux – les Habitants – et les hommes. L’auteur décrit avec une remarquable précision l’environnement local ce qui permet de bien se plonger dans l’intrigue. La fin est assez angoissante, mais ça, je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même !

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Mad Max

Bonjour à tous ! Désolée pour l’attente mais un emploi du temps chargé ces dernières semaines ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour lire. Mais ça y est, je suis de retour, et préparez-vous à découvrir pas mal de nouveautés.

Water Knife, Paolo Bacigalupi

water2bknife2bvfDans un futur que l’on imagine plus proche qu’on ne le souhaiterait, l’eau est devenue denrée rare et une véritable guerre fait rage entre les états du sud des Etats-Unis autour du fleuve du Colorado. Dans un univers asséché par un soleil de plomb, Le Nevada, l’Arizona et la Californie se livrent à une lutte sans pitié pour l’or bleu. Dans ce monde aux allures d’apocalypse, Angel Velasquez, à la fois détective, espion et tueur employé par Catherine Case, la présidente de la Southern Nevada Water Authority, est chargé de « couper l’eau » aux états voisins afin d’assurer la survie des arcologies (architectures écologiques) de Las Vegas. Alors qu’il doit se rendre à dans une Phoenix réduite à l’état de cendres pour récupérer des droits très anciens sur l’eau, Angel fait la rencontre de Lucy Monroe, une journaliste acharnée qui tente de montrer au monde entier le désastre en train de se produire, et de la jeune Maria, une jeune texane qui rêve de fuir vers le Nord. Au milieu de ce chaos, Angel va bientôt découvrir qu’il ne pourra compter que sur lui-même pour mettre la main sur les fameux documents.

Voilà une belle découverte que ce thriller SF dont j’imagine très bien une adaptation cinématographique tant Bacigalupi dépeint avec une extrême précision et un réalisme glaçant – ou devrais-je dire brûlant –  les états du sud des Etats-Unis dévastés par la sécheresse, en proie à une sanglante guerre de l’eau. Et c’est sans doute en cela que réside le coup de maître de l’auteur. A l’heure où gagne le réchauffement climatique, la vision de cette apocalypse caniculaire, d’un monde où l’eau se fait si rare nous paraît plus que jamais une représentation plus que crédible de notre futur et confère ainsi au lecteur la sensation véritablement oppressante de connaître un jour ce terrifiant désastre. Dystopie très bien ficelée, ce roman d’anticipation donne à réfléchir sur l’impact que chacun peut avoir sur l’environnement. Coup de cœur !

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Et après viendra la Douceur…

Si vous chercher un roman intelligent pour vos ados en cette rentrée, c’est ici que ça se passe ! Merci à Syros pour cette avant-première.

Macha ou l’évasion, Jérôme Leroy

IMG_20160829_175655Macha-des-Oyats a 107 ans et vit dans un arbre depuis de longues années. Après le monde de la Fin, elle s’est réfugiée dans une ZAD (Zone à Défendre) forestière où elle vit en harmonie avec la nature et les autres habitants de la communauté. Désormais, la loi du chacun pour soi a disparu pour faire place au partage entre tous.

Un jour, trois adolescents viennent lui rendre visite pour lui demander de les suivre dans leur ZAD afin de leur raconter ses souvenirs du monde de la Fin. Après beaucoup d’hésitations, la vieille dame accepte de faire le trajet et de se remémorer l’une des plus affreuses période de sa vie… Ainsi, les générations futures du monde la Douceur éviteront peut-être de retomber dans la violence, le repli identitaire et la course au profit qui régentaient le monde de la fin.

Voilà un roman d’anticipation porteur d’espoir ce qui est très rare. Une utopie à laquelle on se prend à rêver. Effectivement, les écrivains dressent souvent un tableau plus que sombre du futur. Jérôme Leroy décide donc d’entraîner ses lecteurs dans un univers apaisé après la période de grande tourmente que nous connaissons actuellement. L’auteur profite du retour en pensées de l’héroïne sur sa jeunesse pour dénoncer les grandes problématiques de notre monde actuel : crise économique, problèmes écologiques, terrorisme, montée des partis politiques extrémistes… Le lecteur adolescent se laissera facilement convaincre par l’histoire de Macha, jeune fille rebelle en lutte contre un beau-père raciste et pervers-narcissique. Éprise de liberté, elle n’hésitera pas à fuir la prison dorée dans laquelle il souhaite l’enfermer, préférant partir défendre ses convictions dans une ZAD.

On ne s’ennuie donc pas une seconde dans ce roman qui mêle actualité et anticipation. Le regard distancié de Macha sur son adolescence et le monde dans lequel elle vivait – le nôtre donc – permet de délivrer une parole pleine de sagesse et surtout apporter l’espoir d’un monde meilleur dans le pessimisme ambiant et la vision encore plus sombre du futur que nous offrent la plupart des romanciers depuis des décennies. Sorti tout récemment le 25 août, à découvrir dans toutes les bonnes librairies !