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Poète maudit

13 Avr

Je poursuis dans mes lectures à distance pour le CDI.

C’était mon oncle, Yves Grevet

Depuis peu, Noé vit à la campagne avec ses parents. Un jour, le commissariat appelle et lui annonce le décès d’un certain Armand Petit. Noé, qui n’en a jamais entendu parler, pense à une erreur. Mais son père lui apprend qu’il s’agissait de son frère aîné, SDF depuis quinze ans.

A l’occasion des fêtes de Noël, Noé se rend une semaine chez sa grand-mère à Clermont-Ferrand. Dans sa valise, il a apporté les recueils de poèmes de son oncle Armand que lui a confiés son père. Le jeune garçon est bien décidé de mettre à profit ces quelques jours de vacances en ville pour découvrir ce que fut la vie de son oncle. Comment un homme si cultivé, passionné de voyage et de poésie a-t-il pu se retrouver à la rue, alcoolique, délaissé par sa famille ?

Yves Grevet, l’auteur de Méto, traite avec délicatesse le thème de la marginalité. Grâce à un texte simple et efficace, les jeunes lecteurs (à partir de  ans) découvriront que la vie peut parfois prendre bien des détours et entraîner bien bas n’importe quel être humain, surtout peut-être les plus sensibles et que si l’amour peut rendre invincible, la perte de ce dernier peut totalement détruire un homme. Le texte donne aussi une vraie leçon de solidarité et de respect de la personne. Mais ce que j’ai préféré – là, c’est mon côté amoureuse des mots qui parle -, ce sont tous les extraits de poèmes cités au fil du texte. Des textes magnifiques de Verlaine, Rimbaud, Eluard, Char, Supervielle, Vian et j’en passe. Une excellente initiation à la poésie. Et puis un texte qui cite Boris Vian ne peut être que bon ! (d’accord, je ne suis pas objective sur ce point !)

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Au revoir bonheur

7 Fév

J’ai enfin lu ce best-seller grâce au tri effectué dans la réserve du CDI il y a peu.

Bonjour Tristesse, Françoise Sagan

Françoise Sagan n’a que 18 ans, en 1954, lorsqu’elle publie ce court roman qui se verra couronné de succès en très peu de temps. Le titre fait référence à un poème d’Eluard, mis en exergue dans le livre.

Cécile a 17 ans. Elle passe des vacances avec son père, Raymond, dans une villa louée pour deux mois sur la Côte d’Azur. Raymond, veuf depuis 15 ans, a emmené avec eux sa jeune et jolie maîtresse, Elsa. Tout se passe pour le mieux : Cécile passe ses journées à se faire bronzer sur la plage et s’éprend de Cyril, un charmant voisin de dix ans son aîné.

Au bout d’une semaine d’un bonheur sans ombre, le père de Cécile lui annonce qu’il a invité Anne Larsen à venir se reposer dans la villa. Cette dernière était une amie de sa femme chez qui il avait envoyé sa fille deux ans plus tôt à sa sortie de pension. Cécile ne voit pas d’un très bon oeil l’arrivée de Anne bien qu’elle lui voue une profonde admiration. Selon elle, dès qu’elle arrivera, les vraies vacances seront terminées.

Rapidement, les relations entre les personnages vont évoluer : Raymond va délaisser la jeune Elsa pour la superbe Anne. Cette dernière s’immisce de plus en plus dans la vie de Cécile, surtout à partir du moment où le père lui apprend qu’il va l’épouser. Anne interdit à Cécile de voir Cyril et l’oblige à passer ses après-midi à réviser sa philosophie pour le bac. L’adolescente ne le supporte pas et elle va alors tout mettre en oeuvre pour se débarrasser de sa future belle-mère.

Bonjour Tristesse est un roman tragique, dans lequel la confusion des sentiments ravage tout sur son passage. Cécile, en apparence si fragile dans son corps d’adolescente trop maigre, va se révéler comme une véritable perverse manipulatrice. Et même si elle ressent parfois une certaine gène, voire de la honte pour son comportement, elle ne tire pas moins les ficelles d’un piège visant à rompre le bonheur entre son père et Anne. Le roman est construit de telle sorte que le lecteur attend jusqu’au bout, jusqu’à l’avant-dernier chapitre le dénouement, laissant ainsi le suspens augmenter de pages en pages presque à la manière d’un thriller.