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Anonyme

22 Sep

Je vous présente aujourd’hui un roman atypique paru récemment aux éditions L’esprit du temps.

Pseudocryme, Philipe Brenot

pseudocrymeLe narrateur, Philip Brontë, est le descendant de Brandwell, le frère des célèbres Charlotte et Emilie Brontë. Écrivain lui-même, l’homme était devenu fou suite aux succès de Jane Eyre et des Hauts de Hurlevent. Notre narrateur, Philip, s’est naturellement destiné à l’écriture. Malheureusement, il vient de s’apercevoir qu’un livre vient d’être publié sous son nom. Or, il n’est pas l’auteur de ce livre ! Quelqu’un s’est emparé de son identité. Le voilà donc dépossédé de son nom en pleine crise existentielle. Le seul moyen pour lui de renaître à lui-même : prendre un pseudonyme. Il en rêve depuis sa plus tendre enfance, supportant difficilement les quolibets liés à son véritable nom. En outre, il est bien résolu à se débarrasser de l’importun qui lui a subtilisé son identité…

Pseudocryme n’est pas un livre comme les autres. En effet, Philipe Brenot nous offre à la fois un thriller psychologique, une réflexion sur l’identité proche de la psychanalyse et un essai sur l’utilisation des pseudonymes dans la littérature. J’ai aimé le jeu de chat et de la souris entre le narrateur et l’autre personnage dont je ne veux pas trahir l’identité ici. Le texte est très intelligemment mené, un peu loufoque et surtout fort bien documenté. J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce court roman qui fait voyager autant dans les rues parisiennes que dans l’histoire de la littérature. Une jolie surprise.

 

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Je communique donc je suis

11 Déc

Je casse le rythme des nouveautés avec ce livre débusqué cet été au cours d’un vide grenier. Pour tout vous dire, les livres sont ma seule et unique motivation lorsque que je fréquente ce genre de manifestations…

Une vie à se dire, Jacques Salomé

518w9j4eapl-_sx195_Pour le propos du roman, ça va être du rapide ! -autant vous prévenir vu que ce n’est pas franchement dans mes habitudes.

Une mère de famille, Anne, après avoir assisté à de nombreuses conférences et lu plusieurs livres, décide d’introduire, au sein de son environnement relationnel, la méthode ESPERE (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle) du psychosociologue Jacques Salomé. Nous suivons donc son quotidien, celui de ses trois enfants, de son époux et du groupe de femmes et d’hommes qui viennent partager leur expérience avec elle qui tentent de se former à un nouveau style de communication, fondé sur la bienveillance et la responsabilisation afin de remplacer notre langage souvent basé sur l’agressivité et la mauvaise foi.

A la lecture de ce court résumé, vous penserez sans doute comme moi : il a un sacré culot ce Jacques Salomé pour faire la pub de ses bouquins et de ses conférences dans un roman ! C’est certain. Mais à sa décharge, moi qui ne lit que très rarement des ouvrages de développement personnel j’ai bien accroché à cette méthode expliquée sous forme romancée. Si pas mal de discours sont totalement irréalistes – notamment ceux tenus par les enfants  qui s’expriment comme des chiens savants et qui ne sont que des J. Salomé version miniaturisée – le texte est globalement agréable à lire d’autant plus qu’il est bourré d’humour et que l’auteur ne manque pas d’autodérision. Une manière efficace d’illustrer de façon concrète et attrayante cette méthode que le spécialiste enseigne depuis des années. A vrai dire, j’ai eu la sensation de me retrouver comme un scientifique qui regarde ses rats de laboratoire derrière une vitre et constate les évolutions de ses spécimens. Ce livre permet aussi de nous rendre compte à quel point notre façon de communiquer possède une incidence sur notre relation non seulement aux autres mais à nous-mêmes. Mieux parler, c’est aussi mieux se comprendre. Je vous laisse méditer.

Faites de beaux rêves !

13 Nov

Je m’intéresse depuis longtemps à la psychanalyse mais je dois avouer que je n’avais pas lu Freud depuis la Terminale… j’ai donc profité de ma récente inscription à la Médiathèque de mon département pour emprunter ce classique.

Sur le rêve, Sigmund Freud

J’irai vite pour cet article. Déjà, parce que le texte est court (environ 70 pages). Surtout, parce qu’il est assez technique, voire compliqué et indigeste pour les non-initiés (pour ma part, je suis dans l’entre-deux… le fait de suivre une psychanalyse a beaucoup simplifié ma lecture même si certains points restent obscurs !)

Pour faire simple, selon Freud, tout le monde rêve : les enfants, les adultes, les fous, les sains d’esprit… tout le monde ! Jusque là, tout va bien. Freud distingue 3 grands types de rêves : les rêves censés et compréhensibles, les rêves cohérents mais déconcertants et enfin les rêves qui apparaissent comme incohérents, confus ou absurdes. Ce sont les enfants surtout qui réalisent des rêves du premier type, dans lesquels le contenu manifeste (ce dont on se souvient, ce que l’on peut raconter du rêve) et le contenu latent (ce qu’on peut interpréter, ce qui est caché derrière le contenu manifeste) coïncident. Ce sont en règle générale des rêves dans lesquels s’accomplissent un désir inassouvi dans la réalité.

Pour les deux autres catégories, un travail du rêve plus ou moins important s’effectue pendant le sommeil. Ce travail va opérer une censure du contenu latent et le transformer de telle sorte qu’il apparaisse supportable au rêveur dans son contenu manifeste. Oups, je sens que ça ne devient plus très clair, et pourtant, je ne peux pas faire plus simple…

Voilà pour les base.Selon Freud, le rêve sert le plus souvent à satisfaire l’accomplissement d’un désir et à protéger le sommeil. Pour ma part, j’émets des réserve sur ces points. Effectivement, il n’est pas rare de faire ce que Freud nomme des rêves d’angoisse (appartenant aux 2ème et 3 ème catégories), appelés communément cauchemars. Dans ce cas, le rêveur se réveille. Freud indique, que dans ce cas, le travail du rêve n’est pas effectué et le contenu latent apparaissant directement de manière violente, sans protection, seul le réveil peut interrompre le danger. Bref, l’analyse des rêves permet  un accès plus ou moins direct à l’inconscient, et permettra aux névrosés de comprendre l’origine de leurs névroses, et peut-être de les atténuer.

Dans cet opuscule, Freud ne donne pas vraiment de clés pour analyser ses rêves. Il faut sans doute voir ça dans son essai Sur l’analyse des rêves. Si certains symboles sont quasi-universels, d’autres sont très personnels et, de toute façon, chaque interprétation ne peut être qu’individuelle. J’espère avoir éclairé votre lanterne !