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Vers l’infini et l’au-delà !

24 Avr

Attention, chaud devant ! Amateurs de science-fiction/fantasy et de loufoquerie, ce roman fleuve est fait pour vous ! Il vient tout juste de sortir aux éditions Aux Diable Vauvert que je remercie pour leur confiance renouvelée.

Théâtre des Dieux, Matt Suddain

couv-suddain-thecc81acc82tre-des-dieux-pl1site-2Pas simple de résumer un livre de plus de 700 pages et encore moins celui-ci qui n’est vraiment pas commun.

Vous tenez entre vos mains le journal d’un grand voyageur interstellaire, M. Francisco Fabrigas. Cet écrit volumineux, qui conte les exploits de son auteur, a été retrouvé et publié par Blacklist Publishing, une maison d’édition sauvant de l’oubli les oeuvres perdues ou censurées. C’est Matt Suddain, un employé-éditeur de la maison, qui a mis la main sur cette fantastique histoire et vous la rapporte présentement.

Cette histoire, la voici. Il s’agit donc de celle de M. Francisco Fabrigas, explorateur, philosophe, physicien et hérétique de son état, qui embarque à bord d’un vaisseau spatial aux allures de navire pour un voyage terrible vers une autre dimension. Avec lui, l’accompagnent, entre autres, : un jeune capitaine, un brave garçon garçon sourd, une petite fille aveugle mais très perspicace, une botaniste sensuelle. Tout ce beau monde est poursuivi par le Pape de l’Univers, un magnétiseur coquet et une pieuvre géante…

Moult complots sombres et obscurs, cultes démoniaques, traversées de jungles meurtrières, pagaille quantique, naissance de la Création et mort du Temps : voici tout ce qui vous attend et bien davantage encore dans cette fresque spatio-fantastique. Laissez-vous entraîner derrière le voile de la réalité pour découvrir les mystères les plus secrets – et déjantés – du cosmos…

Difficile de faire plus court ou plus simple. Vous l’aurez compris, vous vous trouvez devant un véritable OVNI littéraire, une pièce rare, fabuleusement mise en page dans une édition reliée sous jaquette, agrémentée d’affiches d’époque. L’auteur, qui signe ici son premier roman, maîtrise en tout point l’art de la mise  en abîme, c’est-à-dire du roman dans le roman, et nous entraîne avec brio dans un univers totalement décalé mais d’une richesse incroyable, aussi historique que littéraire. On retrouve ici tout ce qui fait la force des plus grands romans d’aventure de Jules Verne et de Stevenson corrélé à la puissance imaginative de la science-fiction de ce roman se déroulant dans un moyen-âge spatial futuriste. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour satirique. Alors, si vous n’avez pas peur de vivre une expérience littéraire hors du commun, si vous aimez les textes innovants, légèrement hallucinés, ne manquez sous aucun prétexte cette magnifique épopée à la croisée des genres.

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.

La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

La bibliothèque infernale

12 Août

Un tout petit Murakami, parce que ça faisait longtemps !

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami

9782714459558Un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale pour rendre des livres. Souhaitant en emprunter d’autres, la dame à l’accueil – qu’il n’a jamais vue – lui dit de descendre les escalier, puis de tourner à droite et de continuer tout droit pour se rendre à la salle 107. L’enfant s’exécute. Arrivé au bon endroit, un vieillard l’accueille. Dès lors, plus rien ne va se dérouler normalement…

Cette nouvelle de Murakami bascule très vite dans un univers aussi étrange qu’inquiétant. Ici, l’onirisme devient cauchemardesque. Le lecteur se perd dans les dédales de cette terrifiante bibliothèque labyrinthique et se retrouve emprisonné aux côtés du jeune narrateur, d’un homme-mouton et d’une magnifique petite fille. Sans être la meilleure oeuvre du japonais, cette nouvelle cristallise plusieurs thèmes récurrents de l’auteur (enfermement, solitude, quête de soi…) tout en dévoilant un aspect poético-fantastique bien plus sombre qu’à l’habitude. Le tout est très joliment et psychédéliquement illustré par Kat Menschik.

Faërique !

10 Août

Je reviens de vacances avec une nouveauté, fraîchement parue hier et récompensée par le Prix de l’Imaginaire 2016.

Edewenn, le monde des Faës, Charline Rose

10247.6_bandeauEdwenn, jeune femme rousse au tempérament aussi flamboyant que sa chevelure, vit dans un petit village au milieu des bois avec son frère qui l’a élevée après la disparition de leur père. Edwenn n’est pas comme les autres filles de son âge. Indépendante, elle refuse de se marier, préférant perfectionner ses aptitudes pour la chasse. Un jour, un être mystérieux, apparemment traqué et en mauvaise posture fait son apparition dans la forêt. Edwenn décide de lui venir en aide. La créature, Kadvael, a une apparence humaine mais dégage une beauté et une aura quasi surnaturelles. Il s’agit en fait d’un Faë traqué par des Chimères qui vient de franchir le voile magique qui sépare le monde des humains de la Féerie…

Bien vite, Edwenn va se retrouver mêlée à une histoire qui la dépasse et se voir propulsée dans un monde en tous points merveilleux. Recueillie dans la cité d’Alwena par le roi Jezekael, frère du prince Kadvael, la jeune humaine va découvrir un univers magique, d’une beauté à couper le souffle. Malheureusement, le côté enchanteresque du royaume va rapidement prendre des allures de cauchemar. La cité est attaquée par Camall, roi des Chimères. Ce dernier vient d’assassiner sa propre fille après avoir découvert qu’elle entretenait une liaison coupable avec Kadvael. Il a d’ailleurs finalement réussi à kidnapper ce dernier afin de le se venger en lui faisant subir un traitement des plus horribles. Mais Jezekael refuse de voir son ennemi réduire son royaume en poussières et compte bien retrouver son frère. Entre temps, le Faë et l’humaine ne cessent de se rapprocher malgré la désapprobation de la cour et l’ombre des Chimères qui se fait de jour en jour plus terrifiante…

Pour un premier roman, Charline Rose réussit à créer un univers d’une richesse incroyable. Les descriptions sont merveilleusement travaillées, permettant de projeter pleinement le lecteur dans le monde de la Féerie. L’intrigue, quant à elle, ne demeure pas en reste. Les personnages richement dépeints entretiennent des liens complexes qui seront à l’origine de nombreuses péripéties. Au-delà de banales histoires d’amours interdites et de vengeances, le roman donne à réfléchir sur la question de la différence et de l’intégration, sur la possibilité ou non de vivre en paix avec des personnes qui ne nous ressemblent pas forcément. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une oeuvre seulement psychologique. L’action est au rendez-vous et les scènes de combat sont relatées avec tant de précisions que l’on s’imagine presque au milieu des personnages. La fin du roman reste ouverte laissant la forte probabilité d’une suite que j’attends avec impatience !

Je remercie vivement France Loisirs et sa collection Nouvelle Plume pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première. Si vous aussi êtes amateur de fantasy et souhaitez pénétrer dans le monde fantastique de la Féerie aux côtés d’Edwenn, le roman vous est offert pour tout nouvel abonnement.Header-priximaginaire2016

 

Naissance d’un papillon

20 Mar

Je remercie mes parents pour m’avoir prêté ce livre.

Les ailes d’émeraude, Alexiane de Lys

les-ailes-d-emeraude-tome-1-574746Alors qu’elle n’est encore qu’une petite fille, Cassiopée est victime d’un terrible accident de voiture dans lequel sa mère trouve la mort. Seule au monde, elle se retrouve dans un orphelinat. Bien qu’elle se sente heureuse auprès des autres enfants qui constituent sa famille, la jeune femme doit quitter les lieux à ses 18 ans, comme le stipule le règlement. Mais dès sa sortie, elle sent que quelque chose cloche. Elle a la désagréable impression d’être suivie…

Très vite, sa vie va basculer. De dangereux hommes sont à sa poursuite tandis qu’après être entrée en contact avec une mystérieuse plante Cassiopée se retrouve tout à coup métamorphosée. D’immenses ailes couleur d’émeraude lui poussent dans le dos et sa vue s’améliore considérablement. Sous le choc de cette étrange transformation, elle fait la connaissance du beau mais ténébreux Gabriel qui va lui révéler sa véritable identité. La jeune femme appartient au peuple des Myrnes, une communauté dotée d’étonnants pouvoirs sensoriels.Secouée par cette découverte, notre héroïne est pourtant loin d’être au bout de ses surprises…

Pour un premier roman et pour une auteure si jeune (19 ans), voilà qui est très prometteur. Alexiane de Lys parvient avec brio à prendre son lecteur par la main et à l’emmener dans un univers fantastique parfaitement décrit. La jeune femme maîtrise très bien l’art du rebondissement et du suspens. Il n’y a aucun temps mort dans ce roman pourtant très long (700 pages !). Ce qui fait l’attrait de l’histoire, c’est qu’elle n’est pas seulement un divertissement fantastique. Le livre se veut également quête personnelle – Cassiopée va découvrir qui elle est réellement, percer les mystères de son passé -, roman d’aventure voire thriller et éducation sentimentale pour la jeune fille qui va découvrir à la fois les charmes et les complications de l’amour. Si ce roman également plein d’humour me semble davantage destiné à un public adolescent, les adultes y trouveront leur compte et passeront un agréable moment de lecture. Seuls petits bémols à mon goût : des petits ressorts narratifs qui reviennent un peu trop souvent pour relancer l’histoire et qui finissent par lasser et quelques coquilles passées à la trappe lors de la relecture. A part ça, rien à redire, Alexiane de Lys nous offre ici un premier roman de qualité. J’ai appris que la suite est désormais disponible, j’ai hâte de la lire !

Métamorphose

7 Mar

Un peu de littérature jeunesse fournie par mon ancienne collègue.

Animale – La malédiction de Boucle d’Or, Victor Dixen

106715918_oBlonde, une magnifique jeune femme de 17 ans dotée d’une extraordinaire chevelure dorée, a passé sa vie dans un couvent. Pensionnaire depuis son plus jeune âge, recueillie par les ursulines, elle est la risée de ses consœurs issues de familles très aisées et notamment de Bérénice qui ne cesse de se moquer de sa maladresse et de son aspect maladif. Le fait est que la pauvre Blonde est affublée de lunettes aux verres teintés et qu’elle est obligée de rester à l’abri de la lumière après des malaises à répétitions dès son plus jeune âge. Mais un jour, la jeune fille va pouvoir révéler toute sa beauté en pausant pour le séduisant Gaspard, un apprenti tailleur de pierre venant rénover une statue au couvent. Les deux jeunes gens tombent immédiatement sous le charme l’un de l’autre…

Dans le même temps, Blonde a reçu la visite dans sa chambre, en pleine nuit, d’un homme inconnu qui lui a fourni un dossier d’enquête qui semble la concerner. Il évoque un épisode marquant de la vie de Gabrielle de Brances. 17 ans plus tôt, la jeune femme relate un événement incroyable à savoir comment elle s’est égarée dans une forêt avant de se retrouver enfermée dans une chaumière au fond des bois, séquestrée par des créatures à peine humaines…

J’avoue que j’étais un peu réticente avant d’entreprendre la lecture de cette réécriture du célèbre conte Les Trois Ours de Robert Southey plus communément connu sous le titre de Boucle d’Or. Mais j’ai très vite été happée par la narration au rythme soutenu qui ne laisse pas au lecteur un instant d’ennui. J’ai aussi apprécié le fait qu’il y ait un véritable travail de recherche historique effectué pour insérer le conte dans la période pour le moins chamboulée des guerres napoléoniennes mais également dans la mythologie des pays nordiques ainsi que dans les secrets du Vatican.

A la fois conte fantastique et roman d’amour et d’aventure, Animale réussit le coup double de divertir le lecteur tout en livrant une réflexion sur les questions d’humanité et d’animalité. La Belle et la Bête ne pourraient bien se révéler être qu’une seule et même personne et l’amour ne saurait se contenter de s’en tenir aux apparences.  Un roman palpitant qui a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2014

L’autre-monde

4 Mar

Je me remets à mes lectures pour le comité du collège sinon je vais me faire taper sur les doigts à la rentrée !

La Quête d’Ewilan – D’un monde à l’autre – tome 1, Pierre Bottero

Camille est une adolescente extraordinaire ! Pas seulement parce qu’elle possède de magnifiques yeux violets, ni même parce qu’elle est capable de résoudre n’importe quel problème mathématique en moins de temps qu’il n’en faut pour l’énoncer, non, Camille détient le pouvoir de dessiner mentalement une scène et de la voir se réaliser sous ses yeux mais aussi et surtout celui de passer de notre monde à l’Autre Monde.

Mais Camille – alias Ewilan -, n’a pas toujours eu conscience de ses pouvoirs. Elle vient même seulement de les découvrir à sa plus grande surprise. D’ailleurs, ces dons apparaissent de manière plutôt aléatoire, à son insu presque, mais toujours au bon moment, quand un camion est sur le point de l’écraser ou des monstres sortis tout droit de l’Autre Monde sur le point de la dévorer. Un jour, sans le vouloir, elle bascule de l’autre côté, entraînant avec elle son meilleur ami, Salim. Dans cet univers parallèle qui ressemble au Moyen âge, Camille va se voir révéler sa véritable identité. Elle est en réalité une dessinatrice hos-pair, fille d’Elicia et Altan Gil’ Sayan qui ont disparu en tentant de déjouer le complot des monstrueux Ts’liche contre l’Empire de Gwendalavir. Elle va aussi apprendre qu’elle a un frère nommé Akiro, que lui aussi a été envoyé dans le monde réel et adopté par une autre famille. Pour tenter de sauver l’Empire, délivrer le peuple et sauver ses vrais parents, elle doit absolument le retrouver et le convaincre de venir l’aider. Une mission qui s’annonce bien difficile…

Voilà le premier tome d’une saga jeunesse bien prometteur. Pierre Bottero dresse un décor peaufiné, très inspiré de l’univers de l’heroic fantasy. Les personnages sont eux aussi bien dessinés. Les deux protagonistes sont chacun à leur manière totalement délaissés par leurs parents et livrés à eux-mêmes – Camille a été adoptée par les horribles Duciel, couple d’infects bourgeois uniquement intéressés par les apparences, qui non seulement ne semble lui prêter aucune attention mais la détestent ; Salim, lui, appartient à une famille populaire si nombreuse que sa mère ne remarque jamais sa présence ou son absence. Le thème de la précocité intellectuelle est lui aussi très bien abordé car on voit à quel point la jeune fille préfère ne pas trop afficher sa surdouance afin de ne pas être exclue par le groupe (que ce soit les élèves ou les professeurs). Si elle semble en souffrir au départ, elle apprend vite à se servir à bon escient de son intelligence remarquable. Le lecteur est d’emblée plongé dans l’univers fantastique et le passage d’un monde à l’autre ce qui peut être un peu déstabilisant je pense pour de jeunes lecteurs fragiles. Mais au bout de quelques pages, tout s’éclaire et l’on est véritablement happé par l’intrigue qui présente de nombreux rebondissements. Ce premier tome se clôt d’ailleurs en laissant entrevoir un suite non dénuée d’embûches. Je recommande donc ce livre aux amateurs du genre : vous passerez un très bon moment !

Conte cruel

27 Fév

Je poursuis dans mes lecture en partenariat avec la bibliothèque de la Nièvre pour notre comité de lecture du collège.

Le Passage du Diable, Anne Fine

Depuis sa plus tendre enfance, Daniel Cunningham se croit atteint d’un mal incurable. Sa mère l’a toujours tenu à l’abri des regards, confiné dans une chambre minuscule, ne lui faisant prendre l’air que très occasionnellement, assis dans un fauteuil. Pour éviter de s’ennuyer, Daniel dévore les livres d’aventure et s’amuse parfois avec la magnifique maison de poupée de sa mère. Coupé du monde, il n’en est pas moins malheureux, persuadé que l’amour plus qu’exclusif et étouffant de sa mère est parfaitement normal. Mais un jour, des voisins qui ont découvert son existence et deviné sa réclusion décident d’agir.

Alors que sa mère est envoyée à l’asile, Daniel est recueilli par le bon Dr Marlow et sa famille. A leur côté, il va comprendre qu’il est un petit garçon en parfaite santé et va découvrir le monde réel. Mais l’absence de sa mère et les soupçons de maltraitance à son égard lui pèsent.

Afin de le divertir, le Dr Marlow lui rapporte la maison de poupée et les figurines qui vont avec. Bientôt, les enfants vont s’apercevoir que les jouets renferment de nombreux secrets et surtout qu’ils ne sont pas si inoffensifs qu’ils en ont l’air…

Voilà encore une œuvre de littérature jeunesse passionnante mais qui n’est toutefois pas à mettre entre toutes les mains. En effet, le sujet de départ avec la mère toxique qui finit à l’asile (et se pend sous les yeux de son fils !!) me semble assez difficile à supporter pour des adolescents de moins de 13-14 ans. Ensuite, l’histoire bascule dans le fantastique avec de le topos de la poupée qui s’anime (des images de Chucky me sont venues à l’esprit en lisant) et la situation de Daniel va bien vite tourner au cauchemar. Très sincèrement, je me suis laissée happer par l’écriture et surtout le thème au départ. Jusqu’au trois quart du roman, j’aurais pu parler de franche réussite et de coup de cœur. Mais la fin selon moi est un peu manquée. Comme si l’auteur avait voulu trop en faire, en ajouter dans le cauchemardesque qui finirait presque par tourner au guignol. C’est dommage car le sujet du lourd secret familial est très bien traité. Après, il ne s’agit que de mon ressenti. Ce roman fantastique/d’horreur, n’en reste pas moins une lecture de grande qualité. Mais une fois encore, il doit être destiné à un public averti et sans doute faire l’objet d’une discussion avec un adulte car certaines scènes s’avèrent assez troublantes pour ne pas dire choquantes.

L’homme invisible

18 Fév

Une (grosse) pépite qui dormait dans les rayons du CDI…

L’éclipse, Robert Cormier

Depuis qu’il est tout petit, Paul Moreaux est intrigué par une photo de famille réalisée avant la Première Guerre mondiale. La raison de sa curiosité ? Son oncle Adélard avait subitement disparu au moment du cliché alors qu’il était présent dans le groupe quelques secondes plus tôt. Lorsque l’enfant interroge ses parents, il obtient inexorablement la même réponse : chaque famille a ses mystères et ton oncle adorait faire des farces. Oui mais voilà, le jeune Paul est persuadé qu’une autre explication à cette disparition existe.

En 1929, une crise économique sans précédent ravage les Etats-Unis. Paul a 13 ans et, avec son regard d’adolescent, en constate les ravages dans la petite communauté d’ouvriers canadiens émigrés. L’usine de peignes dans laquelle travaille son père est en grande difficulté, les ouvriers se mettent en grève et sont prêts à en découdre physiquement. Dans le même temps, le Klux Klux Klan (société secrète raciste) tente de convertir de nouveaux adeptes dans la ville.

Dans ce contexte difficile, Paul  – en proie à ses premiers émois amoureux qui vont de paire avec les bouleversements physiologiques de son âge – se rend compte qu’il possède un étrange pouvoir. Il découvre qu’il est capable de devenir invisible à volonté, de s’éclipser totalement. Alors qu’il pourrait se réjouir de ce formidable pouvoir, il s’en inquiète. En effet, s’il pourrait le mettre à profit pour une bonne cause, il n’y verrait pas d’inconvénient, mais devenir invisible peut aussi permettre de faire le mal, d’assouvir ses fantasmes, les meilleurs comme les pires et peut-être même de tuer…

Voilà un excellent roman. Non seulement de par son intrigue passionnante, fantastique dans tous les sens du terme, mais de par une structure narrative complexe, faite de récits enchâssés et de mises en abîme (roman dans le roman). Je reviens à l’intrigue dans un premier temps. Si le phénomène de l’éclipse occupe la majeure partie du roman, l’auteur dresse une toile de fond historique très bien documentée et accessible à un jeune public qui découvrira un aspect de l’Histoire américaine qu’il n’aura peut-être qu’entrevue en cours. la question de l’invisibilité quant à elle renvoie à de nombreux questionnements métaphysiques, notamment les questions du bien et du mal et de la liberté. Ce pouvoir rend-il plus libre celui qui le possède ? Lui donne-t-il tous les droits sur les autres ? Comment être certain qu’une action que l’on croit bonne sur le coup n’est pas en réalité très néfaste ? Des interrogations parmi d’autres que les personnages et le lecteur devront se poser.

J’en reviens à la narration cette fois. J’ai littéralement été bluffée. le plus difficile est ici de tenir ma langue afin de ne pas ôter le plaisir procuré par ce livre gigogne. Je ne donnerai qu’un indice, le titre du livre peut prendre plusieurs signification et renvoie également à la narration. L’auteur réalise donc un véritable tour de force, d’autant plus qu’il s’agit d’une oeuvre jeunesse, genre qui laisse rarement entrevoir d’aussi passionnantes et remarquables prouesses techniques en matière de construction. Un véritable coup de coeur (pas seulement destiné aux jeunes lecteurs donc). J’espère que de courageux élèves seront assez curieux pour dépasser la peur d’affronter près de 500 pages et une couverture un peu défraîchie… le livre en vaut la chandelle !