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L’homme invisible

18 Fév

Une (grosse) pépite qui dormait dans les rayons du CDI…

L’éclipse, Robert Cormier

Depuis qu’il est tout petit, Paul Moreaux est intrigué par une photo de famille réalisée avant la Première Guerre mondiale. La raison de sa curiosité ? Son oncle Adélard avait subitement disparu au moment du cliché alors qu’il était présent dans le groupe quelques secondes plus tôt. Lorsque l’enfant interroge ses parents, il obtient inexorablement la même réponse : chaque famille a ses mystères et ton oncle adorait faire des farces. Oui mais voilà, le jeune Paul est persuadé qu’une autre explication à cette disparition existe.

En 1929, une crise économique sans précédent ravage les Etats-Unis. Paul a 13 ans et, avec son regard d’adolescent, en constate les ravages dans la petite communauté d’ouvriers canadiens émigrés. L’usine de peignes dans laquelle travaille son père est en grande difficulté, les ouvriers se mettent en grève et sont prêts à en découdre physiquement. Dans le même temps, le Klux Klux Klan (société secrète raciste) tente de convertir de nouveaux adeptes dans la ville.

Dans ce contexte difficile, Paul  – en proie à ses premiers émois amoureux qui vont de paire avec les bouleversements physiologiques de son âge – se rend compte qu’il possède un étrange pouvoir. Il découvre qu’il est capable de devenir invisible à volonté, de s’éclipser totalement. Alors qu’il pourrait se réjouir de ce formidable pouvoir, il s’en inquiète. En effet, s’il pourrait le mettre à profit pour une bonne cause, il n’y verrait pas d’inconvénient, mais devenir invisible peut aussi permettre de faire le mal, d’assouvir ses fantasmes, les meilleurs comme les pires et peut-être même de tuer…

Voilà un excellent roman. Non seulement de par son intrigue passionnante, fantastique dans tous les sens du terme, mais de par une structure narrative complexe, faite de récits enchâssés et de mises en abîme (roman dans le roman). Je reviens à l’intrigue dans un premier temps. Si le phénomène de l’éclipse occupe la majeure partie du roman, l’auteur dresse une toile de fond historique très bien documentée et accessible à un jeune public qui découvrira un aspect de l’Histoire américaine qu’il n’aura peut-être qu’entrevue en cours. la question de l’invisibilité quant à elle renvoie à de nombreux questionnements métaphysiques, notamment les questions du bien et du mal et de la liberté. Ce pouvoir rend-il plus libre celui qui le possède ? Lui donne-t-il tous les droits sur les autres ? Comment être certain qu’une action que l’on croit bonne sur le coup n’est pas en réalité très néfaste ? Des interrogations parmi d’autres que les personnages et le lecteur devront se poser.

J’en reviens à la narration cette fois. J’ai littéralement été bluffée. le plus difficile est ici de tenir ma langue afin de ne pas ôter le plaisir procuré par ce livre gigogne. Je ne donnerai qu’un indice, le titre du livre peut prendre plusieurs signification et renvoie également à la narration. L’auteur réalise donc un véritable tour de force, d’autant plus qu’il s’agit d’une oeuvre jeunesse, genre qui laisse rarement entrevoir d’aussi passionnantes et remarquables prouesses techniques en matière de construction. Un véritable coup de coeur (pas seulement destiné aux jeunes lecteurs donc). J’espère que de courageux élèves seront assez curieux pour dépasser la peur d’affronter près de 500 pages et une couverture un peu défraîchie… le livre en vaut la chandelle !

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Maison hantée…

29 Mai

Je remercie Southeast Jones des Artistes Fous Associés pour m’avoir fait découvrir le roman dont je vais vous parler aujourd’hui ainsi que les éditions La Madolière. J’ai d’autres ouvrages dans ma liseuse issus des ces éditions. Je n’aurai pas le temps de les lire tout de suite malheureusement mais je tenterai de le faire en août.

Les Résidents, Amelith Deslandes

Un baron excentrique, Von Würssels, collectionneur d’antiquités hors de prix, fait appel à la jeune Naëlle afin de lui confier une mission de la plus haute importance. Cette dernière vient au rendez-vous accompagnée de sa jeune soeur, Auna, une fillette surdouée, qui s’empare d’un objet sans que personne ne s’en aperçoive…

La mission de Naëlle est la suivante : trouver l’emplacement et se rendre dans la mystérieuse Maison Gigogne, perdue dans un village rayé de la carte après la guerre, afin de récupérer l’objet du désir de Von Würssels. Pour découvrir l’emplacement de la Maison, elle devra d’abord rencontrer le terrifiant Hannevek, un psychopathe enfermé dans une cellule du service psychiatrique de l’hôpital après avoir assassiné sa femme et ses deux filles dans des conditions atroces…

Pendant ce temps, un mécanisme semble s’être enclenché, sorte de compte à rebours dont on ne sait quelle sera l’issue…

En parallèle, Missy enquête sur une série de meurtres barbares : de nombreuses femmes ont été retrouvées affreusement mutilées sans que le tueur n’ait laissé aucun indice…

J’avoue avoir été sérieusement décontenancée par ce court roman labyrinthique à la trame narrative particulièrement complexe. Les intrigues se nouent, s’entrelacent, s’emboîtent les unes dans les autres à la manière de cette épouvantable Maison Gigogne dans laquelle s’enfoncera Naëlle dans les dernières pages du roman. Des créatures terrifiantes surgissent de toutes parts sans que l’on ne comprennent vraiment d’où elles viennent si ce n’est peut-être d’un autre espace-temps que le nôtre. J’ai ressenti un réel malaise à la lecture de quelques chapitres dans lesquels des personnages – dont je ne suis pas véritablement parvenue à découvrir l’identité – discourent sur des problèmes ésotériques et jouent aux cadavres exquis (le résultat de ce jeu aura une répercussion sur la trame narrative centrale) en tenant en laisse des humains nus… Amelith Deslandes convie donc ses lecteurs dans son univers, un monde sombre peuplé de créatures étranges, à l’atmosphère très lovecraftienne, et, à la manière de sa Maison Gigogne, ne les en laisse pas ressortir, en tout cas pas de manière indemne… A découvrir !

Le lutin amoureux

5 Avr

Je remercie vivement Julie pour m’avoir offert ce petit livre en souvenir de nos années au lycée Charles Nodier.

Trilby ou le lutin d’Argail, Charles Nodier

J’irai vite puisqu’il s’agit d’un conte. Trilby est un lutin facétieux mais bienfaisant, vivant en Ecosse. Il accomplit des tâches diverses dans le foyer d’un couple de pêcheurs et se consume d’amour pour la belle Jeannie, la femme du pêcheur Dougal. Cette dernière confie à son mari l’attirance du petit lutin à son égard. Dougal, jaloux et énervé par les tours du farfadet, demande au vieux Ronald, moine de Balva, de venir procéder à l’exorcisme de sa chaumière.

Une fois chassé, Trilby va continuer à hanter le couple Dougal. Le mari ne ramène plus aucun poisson et Jeannie rongée par le chagrin, rêve du lutin sous les traits de John Mac-Farlane, un chef de clan maudit.

Je n’en dis pas plus. Est-ce que Trilby sera finalement réintégré au foyer ? Jeannie parviendra-t-elle à à oublier le lutin ou finira-t-elle par vivre son amour au grand jour ? Je vous le laisse découvrir…

Ce conte romantico-fantastique d’une cinquantaine de pages se lit rapidement. Toutefois, j’ai eu bien du mal à me plonger dans cette histoire de diable amoureux (alors que j’étais très enthousiaste de découvrir enfin cet auteur dont j’ai si souvent entendu parler mais que je n’avais jamais lu). Je n’ai absolument pas goûté aux élans lyriques de Nodier, à cette débauche de descriptions du milieu naturel et des sentiments de Jeannie qui ne cesse de se morfondre. En bref, j’ai été déçue par ce texte trop bucolique dont j’attendais sans doute beaucoup (notamment au niveau du fantastique).

Au coeur de la nuit

12 Fév

Après l’écoute du très documenté et passionnant tryptique de Pop-en-stock sur Choq.fm consacré à Lovecraft, et n’ayant jamais lu cet auteur dont le nom m’était pourtant familier, je me suis décidée pour un court roman (ou une longue nouvelle…) afin de pénétrer en douceur dans l’univers de ce maître de l’angoisse.

Celui qui chuchotait dans les ténèbres, Howard Phillips Lovecraft

Albert Wilmarth, professeur de littérature passionné de légendes et particulièrement du folklore de Nouvelle-Angleterre, découvre dans les journaux de nombreux articles concernant l’apparition de créatures étranges dans les cours d’eaux en crue après de terribles inondations dans le Vermont. S’il minimise les témoignages des paysans sans doute baignés dans la superstition depuis leur plus tendre enfance et qu’il continue à faire preuve de scepticisme après des discussions passionnées avec ses amis, il va finalement revoir ses positions et s’intéresser de près au problème après la parution d’articles de Henry Akeley, scientifique reconnu dans le Vermont.

Commence alors une correspondance entre les deux hommes. Bien vite, les lettres de Akeley effraient notre professeur par la précision des détails rapportés (des empreintes de pas de crabes géants, des voix inquiétantes, la découverte d’une pierre noire gravée de hiéroglyphes…) et l’apparition de plus en plus fréquentes de créatures venues, semble-t-il, d’un autre monde pour l’exterminer. Le vieux scientifique, reclus au fin fond des bois, invite notre professeur à le rejoindre pour constater les preuves de ces affirmations de lui-même. Ce dernier, bien que terrifié à l’idée de ce qu’il va trouver, ne peut refuser la proposition…

Le ton est donné. Dès le départ, on pénètre dans un univers fantastique avec l’intrusion d’éléments surnaturels dans un contexte réaliste, selon la définition qu’en donnera quelques dizaines d’années plus tard Todorov. Tout contribue à rendre l’atmosphère angoissante : la maison isolée dans des bois obscurs, loin de tout, des bruits, des voix inquiétantes, les empreintes de pas étranges, les témoignages d’apparitions de créatures mystérieuses, le tout enrobé de folklore et arrosé de pluie. Le lecteur est très vite happé dans cet univers hostile et sent monter son angoisse en même temps que celle du protagoniste (plutôt pragmatique au départ) auquel il s’identifie facilement. Si j’avoue toutefois avoir été quelque peu désarçonnée au départ par les références à des légendes et à un imaginaire lovecraftien que je ne connais pas ou très peu (certains noms ont fait tilt dans mon petit cerveau grâce à l’émission de radio !), j’ai vraiment dévoré ce court texte qui me donne envie de découvrir davantage cet auteur. J’ai d’ailleurs trouvé Démons et Merveilles dans ma bibliothèque, nul doute que je ne tarderai pas à m’y plonger !

Etranges nouvelles

9 Déc

On entend beaucoup parler de Stephen King ces derniers temps à l’occasion de la sortie de son nouveau roman Doctor Sleep. N’ayant jamais lu cet auteur, je me suis dit que je trouverais peut-être Shining à la médiathèque mais non. Je me suis rabattue sur ce livre, attirée par le titre.

Juste avant le crépuscule, Stephen King

Dès l’ouverture du livre, je suis un peu déçue… Je m’attendais à un roman et je tombe sur un recueil de nouvelles. Soit. Mais quand l’auteur explique dans sa préface qu’il a commencé sa carrière en tant que nouvelliste je me dis que mon choix était peut-être judicieux…

Ce recueil comporte 13 nouvelles. Je n’en ai lu que 6. Pourquoi ? Parce que je n’ai absolument pas accroché au style. Pourtant, les thèmes des histoires, pour la plupart fantastiques, m’ont plu : deux jeunes amants qui découvrent qu’ils sont morts, une jeune femme qui se met à la course à pied après la mort de sa fille et qui se fait poursuivre par un fou-furieux, un trentenaire qui décide de faire du vélo d’appartement après avoir reçu des analyses sanguines plus que mauvaises et qui tombe dans une psychose paranoïaque… C’est sûr, c’est bien du King et pour ça, je ne suis pas déçue !

Par contre, un je ne sais quoi dans l’écriture a fait que je n’ai pas été transportée dans son monde. A moins que je n’aie pas eu la tête à me plonger dans la lecture ce week-end… Pour tout dire, j’ai trouvé cela vulgaire. Je suis pourtant habituée à lire des oeuvres bien plus outrancières, mais là, j’ai eu l’impression d’une surenchère de vulgarité. Comme si c’était nécessaire pour plaire à la masse. Voilà l’effet que ça m’a fait et j’avoue que ça a occulté le fond.

Enfin, je ne crois pas que je resterai sur cette mauvaise impression. Un livre ne résumant en aucun cas une oeuvre. j’ai toujours envie de lire Shining, et Doctor Sleep si le premier ouvrage me plaît !

Magique !

21 Oct

J’ai testé – et approuvé ! – une nouveauté du CDI.

Oksa Pollock – L’Inespérée – tome 1, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Oksa Pollock a 13 ans. Elle vient d’emménager à Londres où son père, Pavel Pollock, a décidé d’ouvrir un restaurant avec son fidèle associé Pierre Bellanger. Alors qu’elle fait sa rentrée dans un lycée français, elle ne rêve que d’une chose : se retrouver dans la même classe de 4ème que son meilleur ami, Gus, le fils de Pierre. La chance est du côté des deux ados fous de joie d’être ensemble. Mais ce bonheur ne sera qu’éphémère. En effet, leur prof de maths-science, le détestable M. McGraw, semble avoir décidé de leur pourrir l’existence. Et dans les couloirs, une grosse brute de 3ème les a choisi comme souffre-douleur.

Mais les choses ne sont pas si noires dans la vie d’Oksa. A la maison, elle peut compter sur ses parents et son extravagante grand-mère, la pétulante Dragomira, pour lui remonter le moral. Et puis, ces derniers temps, il se passe des choses bizarres : une partie de son bureau a étonnamment pris feu et des objets semblent se déplacer sans qu’elle ne les touche ! Dans le même temps, une étrange étoile vient se tatouer sur son ventre. Terrifiée, elle cache cette découverte…

Bientôt, Oksa comprend qu’elle est dotée de pouvoirs magiques. Mais ce qui la stupéfait le plus, c’est qu’elle n’est pas la seule : sa grand-mère, son père et une bonne partie de sa famille le sont aussi ! Pendant des années, tout son entourage lui a menti. A peine remise de ces découvertes, sa grand-mère lui révèle toute la vérité concernant ses origines : la famille Pollock vient d’Edéfia, un monde invisible, caché, dont on a perdu l’entrée. Oksa est une Gracieuse, c’est-à-dire qu’elle appartient en quelque sorte à la famille royale (comme sa grand-mère). Elle est leur Inespérée, leur seul espoir de pouvoir un jour regagner Edéfia…

Forcément, à partir de là, la vie d’Oksa va se trouver totalement bouleversée ! Elle va devoir conjuguer sa vie de collégienne ordinaire et sa vie de magicienne « élue » soit jongler entre devoirs de maths et cours de granokologie et de volticalage (en français courant : lancer des sorts à l’aide d’une sorte de baguette magique et voler dans les airs). Ses pouvoirs sont immenses : elle peut déplacer des objets à distance, créer des tempêtes, s’envoler ou marcher sur les murs, envoyer les gens valser à l’autre bout d’une pièce sans les toucher… mais ils lui seront bien plus que nécessaires pour affronter le terrible complot qui la menace…

J’ai littéralement dévoré ce roman ! Et je n’ai apparemment pas été la seule puisque après avoir été auto-édité, ce livre a connu un tel succès auprès des jeunes lecteurs que ses auteures ont pu publier chez un vrai éditeur. Un vrai conte de fée pour elles donc ! Certes, ça rappelle grandement Harry Potter, magie, bestioles farfelues et enfant « marqué » obligent. Mais le roman réussit à s’en détacher avec l’histoire de la quête pour retrouver le pays perdu et surtout son côté délirant, façon famille Foldingue (grâce aux Foldingots justement, des créatures bizarres qui ont une façon de s’exprimer des plus étonnantes). La seule chose qui m’a perturbé est la débauche de néologismes, certes nécessaires pour créer un univers, mais parfois si envahissants que le texte en devient confus. Mais je pense que les jeunes lecteurs ne se focaliseront pas sur ce genre de détails, au contraire !  J’attends donc de lire la suite avec impatience, car le premier tome se clôt sur un suspens insoutenable !

L’attrape nigaud !

24 Sep

Voilà des années que je voulais lire ce court texte. L’ayant enfin sous la main, je me suis jetée à l’eau, et je dois bien l’avouer, un peu noyée…

La Chasse au Snark, Lewis Carroll

La Chasse au Snark est un court texte, écrit en vers. Il s’agit, selon l’auteur, d’un « Délire en huit épisodes ou crises », et le mot « délire » n’est pas exagéré.

La Chasse au Snark est donc le récit de l’aventure folle-dingue d’un garçon d’étage, d’un marchand de bonnet, d’un avocat, d’un courtier, d’un banquier, d’un marqueur de billard, d’un boulanger et d’un castor – et j’en oublie sans doute ! – qui partent à la recherche d’un animal fantastique : le fameux Snark ! Leur plus grande crainte : tomber seulement sur un Boujeum…

Voilà pour le synopsis. A vrai dire, je n’ai pas compris grand chose à ce texte et je ne sais même pas s’il y a véritablement quelque chose à comprendre… Pas sûre qu’il y ait un sens caché d’ailleurs. En fait, je me suis seulement laissée porter par le délire de Lewis Carroll, la beauté de l’écriture et la vivacité de ce texte. Les vers et les strophes s’enchaînent à une allure remarquable. J’avais presque l’impression d’être en train de courir après le texte que je lisais !

Vous l’aurez compris, ce long poème est totalement absurde. On y retrouve ce qui a fait le succès d’Alice au Pays des Merveilles : des personnages fantasques, le mélange d’animaux et d’humains, les mots-valises… Une lecture peu commune et rafraîchissante !

Retour au bercail

10 Sep

Encore un exemplaire du CDI que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir pendant les vacances.

Les enfants de la lune, Fabrice Colin

1942. Paris est occupée par les Allemands. Le jeune Adrien Berthelot, 13 ans, vit chez sa grand-mère et tente d’améliorer le quotidien par diverses combines. Deux jours avant Noël, il intercepte un message destiné à son grand-père décédé voilà 10 ans. Le courrier est aussi bref qu’étrange : « Aux temps maudits de l’Exode, vous avez aidé les nôtres. Une fois encore, nous faisons appel à vous… » Signé : Leydamoon du peuple Annwyn.

Adrien, très intrigué par la lettre, décide de se rendre au rendez-vous fixé par l’expéditeur. Quelle ne sera pas sa stupeur en découvrant trois êtres de sa taille, ressemblant à des elfes. Leur chef, Leydamoon, lui explique qu’ils sont de la famille des fées, qu’ils vivent depuis des siècles aux côtés des humains dont ils se nourrissaient des rêves. Mais depuis la 1ère Guerre Mondiale, les hommes rêvent de moins en moins et la situation s’aggrave avec la montée du nazisme. La plupart du peuple Annwyn a regagné son monde d’origine. Mais les portes magiques se sont refermées avant que les derniers ne puissent partir. Le grand-père d’Adrien avait conçu une machine leur permettant de rentrer chez eux mais les Siths – les ennemis des Annwyns qui ont pactisé avec les nazis et qui veulent envoyer sur la ville des ptésoriens (dinosaures volants) – l’ont tué avant que ses projets n’aboutissent. Leydamoon vient donc demander à Adrien son aide pour terminer l’oeuvre de son grand-père. Le jeune garçon va accepter et devoir affronter les terribles Siths et les nazis pour sauver ses compagnons.

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire. Pourtant, ça partait bien. L’irruption du fantastique dans l’ambiance du Paris occupé était plutôt bien réussie. Mais plus on avance dans le texte et plus l’histoire devient abracadabrantesque, le summum étant atteint lors d’une chasse aux fantômes au cimetière du Père Lachaise qui se rapproche d’un épisode de Ghostbuster. J’ai eu bien du mal à me motiver pour terminer ce livre où les scènes d’affrontements entre les bons et les méchants s’enchaînent parfois sans véritables liens. Peut-être que l’association des nazis à des démons permettra aux élèves les plus faibles de mieux comprendre cette période de l’Histoire (même si j’ai plus peur que certains ne pensent que les dinosaures vivaient encore à cette époque…)

Morts-vivants

28 Août

Encore un des livres « piqués » au CDI.

L’Etrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman

Par une sombre nuit, un personnage encore plus sombre se glisse dans la demeure de la famille Dorian. Il assassine froidement le père, la mère et leur petite fille. Afin de terminer son travail en beauté et proprement, le Jack – car c’est ainsi que se nomme ce célèbre égorgeur de Londres – s’apprête à enfoncer sa lame dans le corps du bébé. Sauf qu’il ne transperce pas un bébé mais un ours en peluche. Très vite, il part à la recherche de l’enfant… en vain.

Le bébé, sentant le danger, a quitté tant bien que mal son berceau et est sorti de la maison en rampant. Il arrive jusqu’au cimetière près de sa maison. Là-bas, les fantômes comprenant qu’il est en danger décident de le protéger. Il va être alors recueilli puis adopté par les charmants époux Owens, morts depuis plusieurs décennies… L’enfant – baptisé Nobody et surnommé Bod – va grandir au milieu des spectres, sous l’œil bienveillant de son tuteur Silas, ni vivant ni mort. Les fantômes se font une joie de lui enseigner toutes leurs connaissances : écriture, histoire, poésie mais aussi effacement, épouvante et autres sortilèges.

La vie de Bod aurait pu s’écouler tranquillement au cimetière s’il n’avait pas voulu en sortir pour découvrir le monde des vivants, son monde. Mais à l’extérieur, le garçon court de grands dangers, le Jack est toujours à sa recherche et compte bien terminer enfin sa sinistre entreprise…

Entre conte fantastico-gothique et roman d’apprentissage, L’Etrange vie de Nobody Owens plaira sans doute aux jeunes adolescents amateurs d’histoires de fantômes et autres sorcières. On suit avec plaisir l’évolution du personnage, son passage de l’enfance à l’adolescence, la période de rébellion qui l’accompagne, la découverte du sentiment amoureux porteur de joie et de déceptions. J’ai particulièrement apprécié le moment où Bod veut absolument se rendre au collège pour apprendre comme tout le monde. Alors qu’il fait tout pour passer inaperçu, il se retrouve confronté à un problème de racket et vient en aide aux 6ème en ridiculisant la brute qui les tourmentait, d’abord par des paroles intelligentes, puis par ses pouvoirs particuliers. De peur que le collège tout entier ne le prenne pour une bête de foire, il est obligé d’arrêter sa scolarité, malheureux. J’ai surtout aimé l’échange suivant, entre Bod et l’amie du persécuteur de 6ème, qui fait bien réfléchir : « – T’es bizarre, lui dit-elle. T’as pas d’amis. – Je ne suis pas venu ici pour me faire des amis, répondit Bod avec sincérité. Je suis venu pour apprendre. […] – Tu sais que c’est complètement bizarre, ça? personne ne vient à l’école pour apprendre. Enfin quoi, on vient parce qu’on est obligé. » L’auteur, Neil Gaiman, a mis une vingtaine d’années à écrire ce roman inspiré par son fils qui aimait se balader en tricycle entre les pierres tombales. Il a reçu de nombreux prix. Une belle découverte !

L’empire des loups

12 Août

Merci à mes parents pour m’avoir prêté ce livre.

Le Général Enfer, Alec Covin

En préambule, je dois signaler que ce roman est le troisième tome de La Trilogie des Loups. Il vient donc à la suite des Loups de Fenryder et d’Etats primitifs. J’avoue tout de suite ne pas avoir lu les deux premiers tomes. Cela n’a en rien perturbé ma lecture, ce tome se lit très bien indépendamment des deux autres. Par contre, il m’a réellement donné envie de les lire !

Toute l’histoire se fonde sur la naissance d’une société secrète lors de la guerre de Sécession. Le général Fenryder – ou général Enfer – perd la partie contre Lincoln et se retrouve lynché par les soldats. Mais – miracle de surnaturel – il survit et devient même immortel, doté d’une puissance fantastique. Abrité dans le Vent-Fort, sorte de sarcophage protecteur qui lui permet de se régénérer, rien ne peut lui arriver. Il entreprend alors de créer un groupe autour de lui, les Loups de Fenryder, et n’a plus qu’une idée en tête : gouverner et faire régner la terreur sur les Etats-Unis. Presque 150 ans plus tard, il prépare donc avec ses loups la Grande nuit, opération au cours de laquelle le président Obama et son vice-président devraient être assassinés…

Alors que Fenryder et ses hommes dotés eux-aussi de pouvoirs surnaturels se préparent, un petit groupe tente d’avertir les autorités et veut mettre à terme à l’existence du général. Mais le rapport de force est inégal. Sarah, une journaliste afro-américaine; Tim, un détective borgne et Forrest, un peintre génial, ont déjà eu affaire aux loups 5 ans plus tôt. Leur confrontation s’était soldée par un massacre commis par Fenryder mais qui leur a été imputé. Du coup, Sarah et Tim, échappant aux mains du FBI, sont partis en cavale chacun de leur côté et Forrest – moins chanceux – a été arrêté et incarcéré à Rikers Island.

Fenryder et ses loups – capables de lire dans les pensées – ne veulent qu’aucun grain de sable ne viennent perturber leurs sombres projets. Le général lance son plus fidèle associé, William Hasty, aux trousses de ses ennemis. Après avoir atrocement massacré les proches du groupe dans sa traque, il n’a qu’une envie, les livrer à son maître pour les voir mourir dans d’atroces souffrances.

Notre trio quant à lui est bientôt complété par un associé bien particulier – Joe Koil – un Loup repentis de Fenryder. Mais pourront-ils vraiment lui faire confiance ?

Ce thriller fantastique m’a vraiment passionnée et tenue en haleine jusqu’aux dernières pages. Bien sûr, dès le départ, on se doute que l’auteur ne fera pas mourir Barack Obama. Mais le roman est vraiment bien mené, la psychologie des personnages plutôt approfondie et pas manichéenne. Il est difficile de savoir en qui on peut avoir confiance dans l’histoire. Le tout est « agrémenté » de massacres ultra-violents, particulièrement gores, mais bien mis en scène. Je le déconseille donc aux âmes sensibles. Pour les autres, amateurs du genre, vous devriez être conquis !