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Faërique !

10 Août

Je reviens de vacances avec une nouveauté, fraîchement parue hier et récompensée par le Prix de l’Imaginaire 2016.

Edewenn, le monde des Faës, Charline Rose

10247.6_bandeauEdwenn, jeune femme rousse au tempérament aussi flamboyant que sa chevelure, vit dans un petit village au milieu des bois avec son frère qui l’a élevée après la disparition de leur père. Edwenn n’est pas comme les autres filles de son âge. Indépendante, elle refuse de se marier, préférant perfectionner ses aptitudes pour la chasse. Un jour, un être mystérieux, apparemment traqué et en mauvaise posture fait son apparition dans la forêt. Edwenn décide de lui venir en aide. La créature, Kadvael, a une apparence humaine mais dégage une beauté et une aura quasi surnaturelles. Il s’agit en fait d’un Faë traqué par des Chimères qui vient de franchir le voile magique qui sépare le monde des humains de la Féerie…

Bien vite, Edwenn va se retrouver mêlée à une histoire qui la dépasse et se voir propulsée dans un monde en tous points merveilleux. Recueillie dans la cité d’Alwena par le roi Jezekael, frère du prince Kadvael, la jeune humaine va découvrir un univers magique, d’une beauté à couper le souffle. Malheureusement, le côté enchanteresque du royaume va rapidement prendre des allures de cauchemar. La cité est attaquée par Camall, roi des Chimères. Ce dernier vient d’assassiner sa propre fille après avoir découvert qu’elle entretenait une liaison coupable avec Kadvael. Il a d’ailleurs finalement réussi à kidnapper ce dernier afin de le se venger en lui faisant subir un traitement des plus horribles. Mais Jezekael refuse de voir son ennemi réduire son royaume en poussières et compte bien retrouver son frère. Entre temps, le Faë et l’humaine ne cessent de se rapprocher malgré la désapprobation de la cour et l’ombre des Chimères qui se fait de jour en jour plus terrifiante…

Pour un premier roman, Charline Rose réussit à créer un univers d’une richesse incroyable. Les descriptions sont merveilleusement travaillées, permettant de projeter pleinement le lecteur dans le monde de la Féerie. L’intrigue, quant à elle, ne demeure pas en reste. Les personnages richement dépeints entretiennent des liens complexes qui seront à l’origine de nombreuses péripéties. Au-delà de banales histoires d’amours interdites et de vengeances, le roman donne à réfléchir sur la question de la différence et de l’intégration, sur la possibilité ou non de vivre en paix avec des personnes qui ne nous ressemblent pas forcément. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une oeuvre seulement psychologique. L’action est au rendez-vous et les scènes de combat sont relatées avec tant de précisions que l’on s’imagine presque au milieu des personnages. La fin du roman reste ouverte laissant la forte probabilité d’une suite que j’attends avec impatience !

Je remercie vivement France Loisirs et sa collection Nouvelle Plume pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première. Si vous aussi êtes amateur de fantasy et souhaitez pénétrer dans le monde fantastique de la Féerie aux côtés d’Edwenn, le roman vous est offert pour tout nouvel abonnement.Header-priximaginaire2016

 

« La Belle au Bois Dormant »

12 Avr

Merci encore à ma collègue et amie documentaliste qui m’a fait parvenir ce livre.

Carabosse – La légende des cinq Royaumes, Michel Honaker

Alors qu’il revient d’un rude combat contre les Dongles, le prince Florestan, accompagné de son fidèle fou et conseiller le nain Trublion, décide de se reposer une nuit dans la demeure du comte Vituperi qui lui offre l’hospitalité. Il va alors faire la connaissance de ses filles, la ténébreuse et sensuelle Cara, qui aurait été la beauté incarnée si elle n’avait pas été affublée d’une horrible bosse dans le dos, et la magnifique et douce Léonore. Le jeune prince tombe immédiatement sous le charme de cette dernière. Il propose au comte et à ses filles de venir passer quelques jours en sa compagnie à Bois-Dormant. Le comte décline l’invitation tout comme Cara, folle de rage et de jalousie envers Florestan et Léonore. Concluant un pacte avec les forces obscures, elle qui se passionnait pour les potions devient une véritable fée maléfique. Avec ses nouveaux pouvoirs, elle jure de se venger : le fruit de l’amour du prince et de la princesse mourra le jour de ses dix-huit ans. Heureusement, la bonne fée Lilas, marraine de la jeune Aurore détourne le sort. La jeune femme ne mourra pas mais tombera dans un sommeil profond que seul le baiser d’un prince à l’amour pur pourra interrompre.

A vrai dire, je craignais un peu la lecture de ce texte à sa réception. De nombreuses réécritures du conte de Perrault existent déjà et j’avais peur que celle-ci ne soit adaptée à la sauce Twilight. Hé bien je me suis trompée et ai été agréablement surprise par ce conte aux allures de roman d’aventures que j’ai dévoré en deux jours à peine. La première partie est totalement nouvelle. L’auteur dresse le portrait des personnages en insistant sur celui de Cara qui deviendra Carabosse. Il explique comment le jeune femme a basculé du côté obscur de la force si je puis m’exprimer ainsi. Si l’explication est un peu simpliste (en gros, le mal se nourrit du mal : rejetée et moquée à cause de sa difformité, le jeune femme va vouloir se venger), elle a au moins le mérite d’être bien traitée et devra inviter à la réflexion des plus jeunes sur la question de la différence. La seconde partie du texte constitue la véritable réécriture du conte originel. Les principaux éléments sont conservés mais largement développés et la fin est modernisée. L’auteur apporte en effet une petite réflexion féministe sur le droit à aimer l’être que l’on choisit et pas celui qui a été désigné pour vous, même si cette personne ne correspond pas aux « critères » exigés par la famille.

Je pense que les adolescents (à partir de la 6ème pour les bons lecteurs) apprécieront ce roman dont l’intrigue leur est familière. Tout le monde y trouvera son compte car l’action est très présente tout au long du livre et laisse peu de temps-morts. Le petit côté heroic fantasy est appréciable dans la mesure où l’on ne tombe pas dans l’excès. Le tout est bien évidemment saupoudré d’une bonne dose d’amour et de magie et forme un ensemble agréablement divertissant.

L’autre-monde

4 Mar

Je me remets à mes lectures pour le comité du collège sinon je vais me faire taper sur les doigts à la rentrée !

La Quête d’Ewilan – D’un monde à l’autre – tome 1, Pierre Bottero

Camille est une adolescente extraordinaire ! Pas seulement parce qu’elle possède de magnifiques yeux violets, ni même parce qu’elle est capable de résoudre n’importe quel problème mathématique en moins de temps qu’il n’en faut pour l’énoncer, non, Camille détient le pouvoir de dessiner mentalement une scène et de la voir se réaliser sous ses yeux mais aussi et surtout celui de passer de notre monde à l’Autre Monde.

Mais Camille – alias Ewilan -, n’a pas toujours eu conscience de ses pouvoirs. Elle vient même seulement de les découvrir à sa plus grande surprise. D’ailleurs, ces dons apparaissent de manière plutôt aléatoire, à son insu presque, mais toujours au bon moment, quand un camion est sur le point de l’écraser ou des monstres sortis tout droit de l’Autre Monde sur le point de la dévorer. Un jour, sans le vouloir, elle bascule de l’autre côté, entraînant avec elle son meilleur ami, Salim. Dans cet univers parallèle qui ressemble au Moyen âge, Camille va se voir révéler sa véritable identité. Elle est en réalité une dessinatrice hos-pair, fille d’Elicia et Altan Gil’ Sayan qui ont disparu en tentant de déjouer le complot des monstrueux Ts’liche contre l’Empire de Gwendalavir. Elle va aussi apprendre qu’elle a un frère nommé Akiro, que lui aussi a été envoyé dans le monde réel et adopté par une autre famille. Pour tenter de sauver l’Empire, délivrer le peuple et sauver ses vrais parents, elle doit absolument le retrouver et le convaincre de venir l’aider. Une mission qui s’annonce bien difficile…

Voilà le premier tome d’une saga jeunesse bien prometteur. Pierre Bottero dresse un décor peaufiné, très inspiré de l’univers de l’heroic fantasy. Les personnages sont eux aussi bien dessinés. Les deux protagonistes sont chacun à leur manière totalement délaissés par leurs parents et livrés à eux-mêmes – Camille a été adoptée par les horribles Duciel, couple d’infects bourgeois uniquement intéressés par les apparences, qui non seulement ne semble lui prêter aucune attention mais la détestent ; Salim, lui, appartient à une famille populaire si nombreuse que sa mère ne remarque jamais sa présence ou son absence. Le thème de la précocité intellectuelle est lui aussi très bien abordé car on voit à quel point la jeune fille préfère ne pas trop afficher sa surdouance afin de ne pas être exclue par le groupe (que ce soit les élèves ou les professeurs). Si elle semble en souffrir au départ, elle apprend vite à se servir à bon escient de son intelligence remarquable. Le lecteur est d’emblée plongé dans l’univers fantastique et le passage d’un monde à l’autre ce qui peut être un peu déstabilisant je pense pour de jeunes lecteurs fragiles. Mais au bout de quelques pages, tout s’éclaire et l’on est véritablement happé par l’intrigue qui présente de nombreux rebondissements. Ce premier tome se clôt d’ailleurs en laissant entrevoir un suite non dénuée d’embûches. Je recommande donc ce livre aux amateurs du genre : vous passerez un très bon moment !

Histoire à faire peur…

20 Fév

J’ai emprunté ce livre au CDI sur les conseils avisés de mon amie Carolivre !

L’Apprenti Epouvanteur – Tome 1, Joseph Delaney

Thomas Ward va avoir 13 ans et est le septième fils d’un septième fils. Dans la société aux apparences médiévales dans laquelle il vit, cela signifie qu’il peut envisager une carrière bien particulière, celle d’Epouvanteur. Pour Tom, voilà une belle opportunité d’échapper aux pénibles travaux de la ferme tenue par son père. Mais d’un autre côté, il redoute ce métier pour le moins étrange. Effectivement, il aura pour tâche de protéger les villages de créatures plus maléfiques les unes que les autres et devra ainsi affronter sorcières, gobelins, goules et autres démons. En outre, il devra faire face à la solitude puisque en raison de leurs fonctions, les Epouvanteurs, craints de la population, vivent en retrait de la société pour effectuer leur mission indispensable mais ingrate.

Le roman débute alors que le maître Epouvanteur vient s’assurer que Tom est bien le septième fils d’un septième fils, condition sine qua non pour exercer le métier. Après une discussion avec ses parents, il emmène l’enfant avec lui pour qu’il effectue un apprentissage à ses côtés. Très vite, on sent que Tom est partagé entre désir d’apprendre et terreur de se retrouver nez-à-nez avec une créatures monstrueuses. L’enfant, outre ses peurs, devra aussi apprendre à mener une vie d’errance difficile dans les forêts humides et sinistres de cette Angleterre légendaire.

Un jour, alors qu’il est malmené par une bande d’enfants, une jeune fille, Alice, lui vient en aide. Pour la remercier, il va lui promettre de l’aider en cas de besoin. Cette promesse va se révéler lourde de conséquences. En effet, bien malgré lui, il va délivrer une redoutable sorcière, la Mère Malkin, qui compte bien se venger de ses années d’emprisonnement…

J’ai adoré ce roman de littérature jeunesse qui sait s’adresser tout aussi bien aux adolescents qu’aux adultes en appliquant des codes relevant aussi bien de la littérature horrifique que de l’heroic fantasy avec ces paysages sinistres d’une Angleterre de légende. Les personnages sont très bien dessinés. Les enfants pourront se reconnaître dans ce héros en proie au doute, qui ne sait pas trop quoi faire de son avenir et qui est partagé entre volonté de ne pas faire de peine à ses parents et mener l’existence qu’il souhaite. S’il y a évidemment des bons et des mauvais, on est loin de tomber dans la caricature avec la présence de personnalités complexes telle la jeune Alice dont le coeur balance entre les forces du mal et du bien.

Dès qu’on ouvre ce roman initiatique, on pense bien évidemment à Harry Potter, mais je trouve ce premier tome beaucoup plus sombre que le premier opus de J.K. Rowling. Certaines scènes particulièrement angoissantes et sanguinolentes sont dignes de films d’épouvante. Le tout écrit dans une langue soignée. J’ai hâte de lire la suite !

Magique !

21 Oct

J’ai testé – et approuvé ! – une nouveauté du CDI.

Oksa Pollock – L’Inespérée – tome 1, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Oksa Pollock a 13 ans. Elle vient d’emménager à Londres où son père, Pavel Pollock, a décidé d’ouvrir un restaurant avec son fidèle associé Pierre Bellanger. Alors qu’elle fait sa rentrée dans un lycée français, elle ne rêve que d’une chose : se retrouver dans la même classe de 4ème que son meilleur ami, Gus, le fils de Pierre. La chance est du côté des deux ados fous de joie d’être ensemble. Mais ce bonheur ne sera qu’éphémère. En effet, leur prof de maths-science, le détestable M. McGraw, semble avoir décidé de leur pourrir l’existence. Et dans les couloirs, une grosse brute de 3ème les a choisi comme souffre-douleur.

Mais les choses ne sont pas si noires dans la vie d’Oksa. A la maison, elle peut compter sur ses parents et son extravagante grand-mère, la pétulante Dragomira, pour lui remonter le moral. Et puis, ces derniers temps, il se passe des choses bizarres : une partie de son bureau a étonnamment pris feu et des objets semblent se déplacer sans qu’elle ne les touche ! Dans le même temps, une étrange étoile vient se tatouer sur son ventre. Terrifiée, elle cache cette découverte…

Bientôt, Oksa comprend qu’elle est dotée de pouvoirs magiques. Mais ce qui la stupéfait le plus, c’est qu’elle n’est pas la seule : sa grand-mère, son père et une bonne partie de sa famille le sont aussi ! Pendant des années, tout son entourage lui a menti. A peine remise de ces découvertes, sa grand-mère lui révèle toute la vérité concernant ses origines : la famille Pollock vient d’Edéfia, un monde invisible, caché, dont on a perdu l’entrée. Oksa est une Gracieuse, c’est-à-dire qu’elle appartient en quelque sorte à la famille royale (comme sa grand-mère). Elle est leur Inespérée, leur seul espoir de pouvoir un jour regagner Edéfia…

Forcément, à partir de là, la vie d’Oksa va se trouver totalement bouleversée ! Elle va devoir conjuguer sa vie de collégienne ordinaire et sa vie de magicienne « élue » soit jongler entre devoirs de maths et cours de granokologie et de volticalage (en français courant : lancer des sorts à l’aide d’une sorte de baguette magique et voler dans les airs). Ses pouvoirs sont immenses : elle peut déplacer des objets à distance, créer des tempêtes, s’envoler ou marcher sur les murs, envoyer les gens valser à l’autre bout d’une pièce sans les toucher… mais ils lui seront bien plus que nécessaires pour affronter le terrible complot qui la menace…

J’ai littéralement dévoré ce roman ! Et je n’ai apparemment pas été la seule puisque après avoir été auto-édité, ce livre a connu un tel succès auprès des jeunes lecteurs que ses auteures ont pu publier chez un vrai éditeur. Un vrai conte de fée pour elles donc ! Certes, ça rappelle grandement Harry Potter, magie, bestioles farfelues et enfant « marqué » obligent. Mais le roman réussit à s’en détacher avec l’histoire de la quête pour retrouver le pays perdu et surtout son côté délirant, façon famille Foldingue (grâce aux Foldingots justement, des créatures bizarres qui ont une façon de s’exprimer des plus étonnantes). La seule chose qui m’a perturbé est la débauche de néologismes, certes nécessaires pour créer un univers, mais parfois si envahissants que le texte en devient confus. Mais je pense que les jeunes lecteurs ne se focaliseront pas sur ce genre de détails, au contraire !  J’attends donc de lire la suite avec impatience, car le premier tome se clôt sur un suspens insoutenable !