Tag Archives: Histoire

Club des cinq

1 Juil

Les vacances approchent à grands pas ! Voici donc une bonne occasion pour vous faire découvrir un roman jeunesse, histoire d’occuper vos chères têtes blondes pendant les longs après-midis caniculaires. Merci aux éditions Privat pour cette découverte.

Pastelle et le club de la Violette – Le mystère de la fleur d’or, Marie-Constance Mallard

9782708963603_1_75Pastelle n’est pas tout à fait une adolescente comme les autres. Depuis son plus jeune âge, elle possède un don qui lui a été transmis par sa mère : concocter de savantes potions à l’aide de toutes les plantes existantes. A douze ans, elle maîtrise déjà tout son art qui lui permet, avec ses quatre amis et fidèles protecteurs Cassian, Amaury, Aubin et Antonin, de résoudre bien des énigmes. A eux cinq, ils forment le club de la Violette et œuvrent pour le bien, dans la droite ligne de leurs parents avant eux. Justement, un mystère assombrit l’esprit du père de Cassian, maire de Toulouse. Alors que la fête de la Violette doit se dérouler dans les prochains jours, le premier prix, une Violette d’or de grande valeur, vient d’être dérobé au sein même de l’Hôtel de Ville. Qui a bien pu dérober la statuette et comment la retrouver avant le concours ? Voilà les deux questions que devront résoudre la bande d’amis qui ne vont pas tarder à se lancer dans une exaltante chasse au trésor qui ne sera pas sans risque. En effet, l’ennemi surveille leurs moindres faits et gestes…

L’auteure, jusqu’ici habituée à la rédaction d’albums pour enfants, livre ici son premier roman jeunesse avec les aventures de la jeune Pastelle et de ses amis. Il s’agit donc du premier opus de ce qui sera sans doute appelé à devenir une série. Ce roman mêle astucieusement magie, aventure et histoire. Les rebondissements sont nombreux, les héros sont attachants avec leurs qualités mais aussi leurs défauts et les jeunes lecteurs n’auront pas de mal à s’identifier à eux. On retrouve un petit côté Harry Potter avec les pouvoirs de la jeune Pastelle mais dans une version beaucoup plus réaliste. J’ai apprécié l’énorme travail de recherche historique de l’auteure qui dresse une toile de fond très précise à son intrigue. La ville de Toulouse est également à l’honneur dans ce roman, qui n’est pas sans rappeler les aventures du club des cinq de notre enfance mais dans une version beaucoup plus moderne et attrayante grâce notamment à cette pointe de magie savamment distillée. Un roman jeunesse distrayant et intelligent, qui plaira aux très bons lecteurs à partir de 9 ans et mais que je conseillerais à partir de la 6ème.

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La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

La fille au sang chaud

9 Avr

Une lecture pour mon ancien collège. Allez d’ailleurs jetez un œil sur le super blog très fourni en nouveautés littérature jeunesse Les lectures d’Arsène

Margot d’Anvers, Jean-Claude Van Rijckeghem et Pat Van Beirs

9782874230851Alors qu’elle n’a que cinq ans, la jeune Margot est abandonnée par sa mère au foyer des orphelines d’Anvers. La petite grandit dans un univers où il lui faut se débrouiller seule. Malgré quelques amies, elle ne peut compter que sur elle-même. Alors que toutes ces dernières sont placées comme servantes dans de riches familles, Margot refuse ce destin tout tracé. Depuis son plus jeune âge, elle est en effet persuadée que sa véritable vie n’est pas celle-ci. En elle coule du sang espagnol. A 15 ans, elle quitte l’orphelinat pour travailler auprès d’un apothicaire qui parcourt les foires avec une troupe de voleurs professionnel. Qu’importe. Margot est prête à tout pour partir en Espagne et tenter de retrouver son père, un célèbre duc. Mais un jour, elle est prise la main dans le sac et se retrouve dans une terrible posture…

D’une densité et d’une richesse extrême, ce roman d’aventure, d’amour et d’espionnage saura séduire les très bons lecteurs amateurs d’Histoire. En effet, les auteurs livrent ici un ouvrage très documenté sur l’invasion des Pays-Bas par l’Espagne, sur la vie dans ces deux pays à la fin du 16ème siècle et sur la découverte du Nouveau Monde. On plonge véritablement dans cette époque qui semble revivre sous nos yeux. Seul petit bémol, le livre a les défauts de ses qualités, on a parfois la sensation de lire un livre d’Histoire.

Du point de vue de l’action, rien à redire. Les aventures de Margot sont palpitantes et tous les personnages sont peints avec finesse et possèdent des caractères très nuancés. Alors que l’on croit pouvoir compter sur quelqu’un, voilà qu’un retournement de situation s’opère et nous dévoile le vrai visage de la personne. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir et c’est cela qui est vraiment intéressant car comme dans la vraie vie, il faut apprendre à se fier aux bonnes personnes qui ne sont pas toujours celles que l’on croit.

Je conseille ce livre à partir de la 5ème pour les excellents lecteurs amateurs d’Histoire et pour tous ceux qui ne redoutent pas les lectures longues (plus de 500 pages tout de même !) Coup de cœur inattendu en ce qui me concerne !

La pensée en danger

7 Fév

Je voulais lire ce livre depuis avoir dévoré Et Nietzsche a pleuré, d’autant qu’une amie me l’avait fortement conseillé.

Le problème Spinoza, Irvin Yalom

51qiavl6cgl-_sx363_bo1204203200_Quel rapport existe-t-il entre le célèbre philosophe, un juif excommunié et un des plus grands idéologues nazis ? C’est ce que vous apprendrez en lisant ce roman palpitant.

L’auteur va effectivement mêler deux récits. Le premier se déroule à Amsterdam, au milieu du XVIIème siècle. Celui qui deviendra le célèbre philosophe, Bento Spinoza, n’est pour l’instant qu’un commerçant au bord de la faillite qui passe le plus clair de son temps à réfléchir quant à sa vision du monde et de la religion. Selon lui, entre autres, c’est l’homme qui a créé un Dieu à son image et non le contraire, la religion n’est donc que supercherie. Forcément, les instances religieuses juives ne partagent pas cette vision et prononcent l’excommunication de Spinoza qui va être contraint à ne plus pouvoir adresser la parole à un seul juif, même à sa soeur et son frère.

Le second récit se passe au début du XXème siècle. Le jeune Alfred Rosenberg, alors au lycée, se fait élire délégué de classe en prônant des idées antisémites et en accusant le chef d’établissement d’être un juif. Alerté par les faits, ce dernier tente de comprendre pourquoi le jeune homme déteste ainsi cette communauté. Devant le refus de Rosenberg de changer d’avis, et après avoir appris que son auteur préféré est Goethe, le chef d’établissement demande à Alfred de traduire tous les passages de l’autobiographie du célèbre écrivain dans lesquels il fait référence à Spinoza, qu’il vénère. Evidemment, Rosenberg ne comprend pas comment un représentant de la pure race allemande ait pu se prendre d’admiration pour un juif… Mais cet épisode d’adolescence va profondément marquer celui qui deviendra l’une des têtes pensantes du système nazi.

Irvin Yalom mêle avec brio romance et faits réels dans cet ouvrage passionnant. Comme dans son précédent opus, il se sert de ses capacités de psychanalyste pour tenter de pénétrer les âmes de Spinoza et Rosenberg. Les personnages secondaires mis en face de ces deux personnalités sont parfaitement fictifs mais permettent grâce à des dialogues très pertinents de sonder les pensées les plus profondes du philosophe et du nazi, notamment les conversations entre Alfred et son ami psychiatre Friedrich qui tente de débusquer ce qui a bien pu rendre cet homme aussi radical dans ses idées antisémites. Je trouve particulièrement intéressant de rassemblant au sein d’un même roman deux êtres semblant aussi antithétiques sans que cela ne paraisse le moins du monde artificiel. En outre, le travail considérable de recherches à la fois historiques et philosophiques est à saluer. Et pour ceux qui penseraient que ce genre de roman qui évoque en grande partie les concepts philosophiques de Spinoza serait ennuyeux, pas le moins du monde. Les chapitres assez courts alternent les deux récits ce qui apporte beaucoup de rythme. En outre, le lecteur est vite happé par les deux histoires et surtout s’interroge sur ce « problème Spinoza » tout au long du roman, problème qui le tiendra en haleine jusqu’au bout. Franchement, c’est aussi palpitant qu’un roman policier. Coup de cœur !