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Enfer nocturne

28 Mai

Comme je vous l’ai dit dans ma précédente chronique, je n’ai eu que très peu de temps ces dernières semaines pour rédiger mes chroniques ! Du coup, j’ai pris pas mal de retard ! Retard accru pour le roman que je vais vous présenter aujourd’hui car il s’était manifestement perdu en chemin ! Je remercie donc les éditions De Saxus pour l’envoi de ce roman sorti le 1er mars dernier. Il s’agit du tout premier titre de ces jeunes éditions à qui je souhaite toute la réussite qu’elles méritent !

Les Limbes, Olivier Bal

119420362L’intrigue débute en pleine guerre du Vietnam, en 1970. James Hawkins, un jeune américain jusque là sans histoire vient d’être recruté. Alors qu’il n’est sur le front que depuis quelques semaines, survivant comme il peut à l’enfer quotidien, il reçoit une balle en pleine tête. Contre toute attente, il réchappe à ses blessures et se réveille, quelques semaines plus tard dans un hôpital de Saïgon. Mais dès lors, sa vie a basculé. Il semble habité pas un étrange pouvoir qui le terrorise. Dès qu’il s’endort, il pénètre dans les rêves d’inconnus… Un an plus tard, alors qu’il est rentré au pays, il est contraint de gagner une base militaire secrète aux confins de l’Alaska. La CIA a besoin de lui pour mener à bien le projet Limbes sous la direction du professeur Kleiner. Le vieil homme mène des recherches sur les rêves depuis bien longtemps et le voilà sur le point de pouvoir concrétiser son souhait le plus profond : contrôler les songes d’autrui, les manipuler mais aussi découvrir cet univers encore trop peu connu que sont nos propres rêves. Malheureusement, les choses ne se passeront pas tout à fait comme prévu…

Pour une première publication, les éditions De Saxus tapent fort avec ce thriller aussi haletant que terrifiant. L’auteur nous entraîne dans un univers en vase clos (claustrophobes, s’abstenir !) qu’est la base secrète en Alaska. Si j’avoue avoir été sceptique au début de ma lecture – n’étant que très peu adepte de romans historiques ou évoquant les guerres, je n’étais pas forcément emballée après les premières pages concernant le Vietnam -, j’ai été agréablement surprise que l’intrigue prenne un tout autre chemin que celui dans lequel elle semblait lancée initialement. Mais une fois l’histoire principale lancée, impossible de m’arrêter de tourner les pages ! L’univers cauchemardesque mis en place par l’auteur est excellent et le côté gore à la « Walking Dead » à la fin du roman ravira les amateurs du genre. Si vous n’avez pas froid aux yeux, n’hésitez pas à vous procurer ce roman de toute urgence. Coup de cœur !

 

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Conte cruel

27 Fév

Je poursuis dans mes lecture en partenariat avec la bibliothèque de la Nièvre pour notre comité de lecture du collège.

Le Passage du Diable, Anne Fine

Depuis sa plus tendre enfance, Daniel Cunningham se croit atteint d’un mal incurable. Sa mère l’a toujours tenu à l’abri des regards, confiné dans une chambre minuscule, ne lui faisant prendre l’air que très occasionnellement, assis dans un fauteuil. Pour éviter de s’ennuyer, Daniel dévore les livres d’aventure et s’amuse parfois avec la magnifique maison de poupée de sa mère. Coupé du monde, il n’en est pas moins malheureux, persuadé que l’amour plus qu’exclusif et étouffant de sa mère est parfaitement normal. Mais un jour, des voisins qui ont découvert son existence et deviné sa réclusion décident d’agir.

Alors que sa mère est envoyée à l’asile, Daniel est recueilli par le bon Dr Marlow et sa famille. A leur côté, il va comprendre qu’il est un petit garçon en parfaite santé et va découvrir le monde réel. Mais l’absence de sa mère et les soupçons de maltraitance à son égard lui pèsent.

Afin de le divertir, le Dr Marlow lui rapporte la maison de poupée et les figurines qui vont avec. Bientôt, les enfants vont s’apercevoir que les jouets renferment de nombreux secrets et surtout qu’ils ne sont pas si inoffensifs qu’ils en ont l’air…

Voilà encore une œuvre de littérature jeunesse passionnante mais qui n’est toutefois pas à mettre entre toutes les mains. En effet, le sujet de départ avec la mère toxique qui finit à l’asile (et se pend sous les yeux de son fils !!) me semble assez difficile à supporter pour des adolescents de moins de 13-14 ans. Ensuite, l’histoire bascule dans le fantastique avec de le topos de la poupée qui s’anime (des images de Chucky me sont venues à l’esprit en lisant) et la situation de Daniel va bien vite tourner au cauchemar. Très sincèrement, je me suis laissée happer par l’écriture et surtout le thème au départ. Jusqu’au trois quart du roman, j’aurais pu parler de franche réussite et de coup de cœur. Mais la fin selon moi est un peu manquée. Comme si l’auteur avait voulu trop en faire, en ajouter dans le cauchemardesque qui finirait presque par tourner au guignol. C’est dommage car le sujet du lourd secret familial est très bien traité. Après, il ne s’agit que de mon ressenti. Ce roman fantastique/d’horreur, n’en reste pas moins une lecture de grande qualité. Mais une fois encore, il doit être destiné à un public averti et sans doute faire l’objet d’une discussion avec un adulte car certaines scènes s’avèrent assez troublantes pour ne pas dire choquantes.

L’heure du crime

12 Août

Je tiens tout d’abord à remercier Southeast Jones et les éditions La Madolière pour m’avoir fait parvenir ce recueil de nouvelles au format numérique.

Morts Dents Lames – Hommage à la violence, éditions La Madolière

Chers lecteurs, il n’est pas dans mes habitudes de vous mettre en garde contre mes chroniques mais celle-ci risque d’être particulièrement sanglante. Ames sensibles, passez votre chemin, les autres – je sais que je compte parmi mes habitués des pervers-sadiques qui ne s’ignorent pas – suivez-moi dans les confins de l’horreur…

Vous l’aurez compris – tout est dit dans le très beau titre de l’ouvrage -, Morts Dents Lames est une anthologie de nouvelles horrifiques, toutes plus sanglantes et dérangeantes les unes que les autres autres. Le thème est parfaitement respecté et l’ensemble est très homogène, les nouvelles coulent les unes à la suite des autres comme le sang jaillit des nombreuses victimes. Si l’ouvrage n’est pas forcément très long (19 nouvelles, d’une longueur à peu près équivalente pour chacun à savoir entre 10 et vingt pages), j’avoue ne pas l’avoir lu très rapidement et avoir ressenti le besoin de reprendre mes esprits entre deux textes… peut-être aussi pour me délecter plus longtemps de ce plaisir presque défendu…

Toutes ces histoires ont donc un point commun : la mort. Et violente si possible. Mais bourreaux et victimes ne sont pas toujours ceux qu’on croit ! Si quelques-unes des nouvelles se placent d’emblée dans des univers un peu parallèles voire fantastiques ou à des époques lointaines – « Anatomie, une histoire de l’âme » d’Olivier Caruso; « Le sang des cailles » de Mathieur Rivero, « Adelphe Ambroisie » de Vincent de Roche-Clermont – la plupart met en scène des personnages du quotidien, des adolescents paumés, au vieux biker, en passant par le gentil couple de banlieue sans histoire au médecin légiste un peu trop professionnel…

Comme à mon habitude lorsqu’il s’agit de recueil, je ne vais pas faire une analyse détaillée de chaque nouvelle mais seulement m’attarder sur celles qui m’ont le plus touchée.

La première nouvelle, « Anatomie, une histoire de l’âme » d’Olivier Caruso est, selon moi, l’une des plus aboutie de l’anthologie. Le style de l’auteur est très fluide, l’écriture délicate, presque poétique. J’ai aimé l’irruption du fantastique à la fin qui permet d’adoucir le côté sanguinolent. L’histoire se passe à une époque indéterminée mais qui ressemble au Moyen-âge. Un professeur d’anatomie tente de prouver l’existence de l’âme comme élément physique du corps. Mais un spectateur vient mettre en cause ses dires. Aidé de sa fille, le professeur va organiser une représentation qui devrait lui clouer le bec. Mais la leçon tourne au drame…

« Le sang des cailles » de Mathieur Rivero se passe dans l’Egypte Antique. Un embaumeur est chargé de s’occuper du corps de son frère. Il va enfin en profiter pour se venger de ce dernier… Le texte est très bien écrit et renseigné. On découvre, au fur et à mesure de l’histoire, le mécanisme qui a poussé le personnage à la vengeance.

« Les petits crayons rouges » de Nolween Eawy. Trois enfants font office de souffre-douleur pour leurs parents dégénérés avant qu’ils de se retourner contre eux… Un texte poignant, très sombre, rude mais bien mené.

« Adelphe Ambroisie » de Vincent de Roche-Clermont. Décidément, on va croire que j’ai un faible pour les récits à tendance historique (alors qu’en vérité, je déteste cela !). Nous voilà au temps de l’Inquisition, un jeune garçon est recruté comme accompagnateur de l’Inquisiteur avant de devenir bourreau. Il prend un plaisir sexuel pervers et malsain à exécuter les victimes – soi-disant inverties. Si j’avoue que l’aspect sexuel est un peu trop développé à mon goût, j’ai trouvé l’histoire vraiment bien ficelée et très bien écrite. On se met tout à fait dans l’ambiance.

« Sous sa peau » de Pénélope Labruyère. Il s’agit du texte de la fondatrice des éditions de la Madolière. Dans la postface, elle explique qu’elle s’est livrée au jugement des autres auteurs avant d’inclure son récit. Heureusement, il a été retenu ! L’histoire de ce médecin légiste envoyé sur une scène de crime particulièrement gore vient clore le recueil avec brio. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé pendu et quasiment intégralement écorché dans une cabane au milieu des bois. Le cas va virer à l’obcession pour le spécialiste de la mort. J’ai adoré la manière dont est construite la nouvelle qui alterne et mêle de façon presque indissociée le récit du légiste et celui du meurtrier en train d’exécuter sa victime. Je trouve cette technique très bien sentie, elle donne du rythme au récit.

En conclusion, cette anthologie n’est pas à mettre entre toutes les mains. Bien que je ne sois pas franchement friande du genre, j’ai été plutôt agréablement surprise par ce recueil. Evidemment, tous les textes ne se valent pas à mon sens, certains m’ont laissée quelque peu perplexe – je n’ai pas tout compris – et j’en ai trouvé d’autres un peu trop caricaturaux et trash – quoique très divertissants au final, et après tout, n’est-ce pas ce qu’on attend aussi d’une lecture ? – mais dans l’ensemble, le sujet est très bien maîtrisé. A découvrir donc pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux !

A découvrir ici ma chronique consacrée au roman Les Résidents d’Amelith Deslandes, paru également aux éditions La Madolière

Hôtel hanté

5 Août

Voilà un livre que je voulais lire depuis longtemps. Je suis tombée dessus en furetant dans les rayons de la médiathèque Jean Jaurès de Nevers.

Shining – L’enfant Lumière, Stephen King

Jack Torrance vient de se faire licencier de son poste d’enseignant après avoir frappé un élève. Afin de subvenir aux besoins de sa femme Wendy et de son fils Danny, il décide de postuler comme gardien de l’hôtel Overlook. Sa mission : maintenir le bâtiment isolé dans les montagnes du Colorado en état pendant sa fermeture hivernale. Jack compte bien profiter de cette isolement pour renouer avec sa femme – le couple est en crise depuis le jour où Jack, ivre, a cassé le bras de son fils – et terminer l’écriture d’une pièce de théâtre.

Toute la petite famille part donc s’installer dans l’hôtel. Mais dès les premiers temps, l’isolement est difficile à gérer. D’autant que Jack apprend que l’établissement a été le théâtre de nombreuses morts violentes. Bientôt, la folie le gagne. Dans le même temps, Danny, qui possède des dons de médium, a le sentiment qu’un horrible danger plane sur sa famille. Capable de voir dans le passé comme dans l’avenir, il est le témoin de scènes particulièrement horrifiques et a conscience qu’aucun membre de sa famille ne ressortira indemne de ce palace qui semble possédé et qui cherche à tout prix à en faire de nouveaux occupants pour l’éternité…

J’avais adoré l’excellente adaptation de Stanley Kubrick avec un Jack Nicholson fou furieux, terrifiant à souhait. Le roman de Stephen King est encore plus horrifique. On sent dès le départ que la famille court à la catastrophe avec un Jack Torrence violent, en sevrage alcoolique, et un Danny clairvoyant qui sait, grâce à de violents états de transe, que tous vont se jeter dans la gueule du loup, du monstre TROMAL qui veut les réduire à néant.

Le maître de l’épouvante maîtrise l’art du huis-clôt angoissant à la perfection : hôtel loin de tout, isolé dans la neige, terrain de meurtres plus violents les uns que les autres (dès le début, l’employeur de jack lui révèle qu’un précédent gardien, devenu fou, avait sauvagement massacré sa femme et ses deux filles avant de se donner la mort, et met en garde Jack). J’ai aussi apprécié l’ambiguïté des personnages plus présente que dans le film. A un moment, on ne sait plus réellement en qui faire confiance, ce qui augmente d’autant l’intensité dramatique. On sent également que King a mis beaucoup de lui, de ses propres névroses dans le personnage de Torrance (alcoolisme, problèmes de rapports au père, peur de la page blanche)… Bref, je n’ai vraiment pas été déçue et ai dévoré ce pavé de 570 pages en poche en trois jours à peine. Une fois commencé, on ne peut plus s’en défaire ! Pas pour les âmes sensibles par contre !

J’ai hâte de lire la suite des aventures de Danny dans Doctor Sleep, le dernier opus de King.

Histoire à faire peur…

20 Fév

J’ai emprunté ce livre au CDI sur les conseils avisés de mon amie Carolivre !

L’Apprenti Epouvanteur – Tome 1, Joseph Delaney

Thomas Ward va avoir 13 ans et est le septième fils d’un septième fils. Dans la société aux apparences médiévales dans laquelle il vit, cela signifie qu’il peut envisager une carrière bien particulière, celle d’Epouvanteur. Pour Tom, voilà une belle opportunité d’échapper aux pénibles travaux de la ferme tenue par son père. Mais d’un autre côté, il redoute ce métier pour le moins étrange. Effectivement, il aura pour tâche de protéger les villages de créatures plus maléfiques les unes que les autres et devra ainsi affronter sorcières, gobelins, goules et autres démons. En outre, il devra faire face à la solitude puisque en raison de leurs fonctions, les Epouvanteurs, craints de la population, vivent en retrait de la société pour effectuer leur mission indispensable mais ingrate.

Le roman débute alors que le maître Epouvanteur vient s’assurer que Tom est bien le septième fils d’un septième fils, condition sine qua non pour exercer le métier. Après une discussion avec ses parents, il emmène l’enfant avec lui pour qu’il effectue un apprentissage à ses côtés. Très vite, on sent que Tom est partagé entre désir d’apprendre et terreur de se retrouver nez-à-nez avec une créatures monstrueuses. L’enfant, outre ses peurs, devra aussi apprendre à mener une vie d’errance difficile dans les forêts humides et sinistres de cette Angleterre légendaire.

Un jour, alors qu’il est malmené par une bande d’enfants, une jeune fille, Alice, lui vient en aide. Pour la remercier, il va lui promettre de l’aider en cas de besoin. Cette promesse va se révéler lourde de conséquences. En effet, bien malgré lui, il va délivrer une redoutable sorcière, la Mère Malkin, qui compte bien se venger de ses années d’emprisonnement…

J’ai adoré ce roman de littérature jeunesse qui sait s’adresser tout aussi bien aux adolescents qu’aux adultes en appliquant des codes relevant aussi bien de la littérature horrifique que de l’heroic fantasy avec ces paysages sinistres d’une Angleterre de légende. Les personnages sont très bien dessinés. Les enfants pourront se reconnaître dans ce héros en proie au doute, qui ne sait pas trop quoi faire de son avenir et qui est partagé entre volonté de ne pas faire de peine à ses parents et mener l’existence qu’il souhaite. S’il y a évidemment des bons et des mauvais, on est loin de tomber dans la caricature avec la présence de personnalités complexes telle la jeune Alice dont le coeur balance entre les forces du mal et du bien.

Dès qu’on ouvre ce roman initiatique, on pense bien évidemment à Harry Potter, mais je trouve ce premier tome beaucoup plus sombre que le premier opus de J.K. Rowling. Certaines scènes particulièrement angoissantes et sanguinolentes sont dignes de films d’épouvante. Le tout écrit dans une langue soignée. J’ai hâte de lire la suite !