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La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

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« Huis-clos »

6 Avr

Dimanche dernier, j’ai eu la chance d’effectuer une partie du trajet du retour du salon du livre de Montaigu en compagnie d’Yves Grevet, un grand monsieur de la littérature jeunesse française, dont je n’avais pourtant jamais lu les livres (mea culpa !) Je rattrape donc mon retard grâce à ma charmante collègue et amie documentaliste qui m’a fait parvenir le premier tome d’une trilogie qui a remporté un vif succès auprès des lecteurs et de la critique.

Méto – La maison – tome 1, Yves Grevet

Méto, un jeune adolescent, se voit confier par un César la grande responsabilité d’initier Crassus, un petit nouveau, aux règles drastiques de la Maison – par exemple : compter jusqu’à 120 avant de se saisir de ses couverts pour manger et laisser cinquante secondes entre chaque bouchée. Pendant un mois, notre héros devra surveiller son protégé afin qu’il ne commette aucun impair. Si tel était le cas, c’est Méto qui en subirait les terribles conséquences…

Soixante-quatre enfants – uniquement des garçons – occupent la Maison. Ils sont coupés du monde, ne sortant jamais de la Maison elle-même construite sur une île, placés sous le joug de chefs tyranniques appelés les César. Les enfants sont regroupés selon leur âge en différentes couleurs. Lorsqu’ils atteignent une quinzaine d’années, ils disparaissent mystérieusement et sont remplacés par des plus petits. Mais que leur arrive-t-il ensuite ? Voilà la question cruciale que chaque membre de la communauté se pose. Méto, qui n’a jamais eu froid aux yeux ni peur de transgresser les interdits, compte bien résoudre ce problème…

Voilà un best-seller qui mérite amplement son succès ! Dès les premières pages, le lecteur est happé par cette inquiétante maison – qui est le second protagoniste de l’histoire, et qui m’a d’ailleurs rappelé le sinistre hôtel de Shining de Stephen King – qui emprisonne nos jeunes héros. Au fil des pages, l’atmosphère de ce huis-clos dystopique s’accroît tant que l’on craint voir étouffer les personnages sous nos yeux si ce n’est sur un plan physique d’un point de vue symbolique (poids des règles, poids du secret, vie en communauté non désirée…)

Cet univers concentrationnaire dans lequel chaque activité est minutée, programmée à l’extrême, où n’est strictement jamais laissée la possibilité de s’exprimer librement (des traîtres se cachent même parmi les enfants) évoque bien évidemment le régime nazi. Il m’a également fait penser au livre d’Orwell, 1984, une dystopie également, dans lequel l’auteur décrit une nation entièrement soumise à Big Brother dans laquelle la liberté individuelle n’existe plus et où l’Histoire est réécrite en fonction de la politique menée par le dictateur (ici on réécrit les souvenirs des enfants).

Les jeunes lecteurs seront à mon avis vite absorbés par cet univers très bien mis en place (les sports de combat – assez violents – sont d’un très grand réalisme) et accrocheront facilement à l’intrigue en s’identifiant au personnage principal. La quête identitaire est elle aussi – bien que sous-jacente – au centre de l’oeuvre puisque aucun des enfants ne se rappelle ce qu’a été son existence avant d’arriver dans la Maison (qui pourrait d’ailleurs évoquer le ventre d’une mère d’un point de vue psychanalytique mais je ne vais pas me lancer dans une analyse si complexe ici).

Deux autres tomes font suite à ce premier opus, L’île et Le monde, qui laisse le lecteur sur un suspens insoutenable ! Et si la question principale des enfants est de savoir ce qu’il y a après la Maison (vous le découvrirez dans ce premier tome) la mienne est : pourquoi cette Maison et où sont les femmes ??? (sans allusion aucune à Patrick Juvet !)

Petit message personnel : Muriel, commande la suite immédiatement !! Et Nox aussi !

Rancoeurs

22 Jan

Un des livres gentiment mis à disposition par ma chef d’établissement en salle des profs.

Impardonnables, Philippe Djian

Francis, la soixantaine, est un écrivain à succès qui n’a pas été épargné par la vie. Sa femme et l’une de ses deux filles ont péri sous ses yeux dans l’explosion de leur voiture. Des années après, malgré un remariage avec Judith, agent immobilier, et son déménagement sur la côte basque, il ne parvient toujours pas à effacer les terribles images de son esprit. D’autant que la soudaine disparition de sa fille Alice, actrice en vogue, ex-junkie mère de jumelles, va raviver la douleur de plaies loin d’être refermées et mettre à mal l’équilibre précaire qu’il était parvenu à construire.

Ce roman psychologique, aux fausses allures de huis-clos, plonge le lecteur dans un univers oppressant. Dès le départ, la disparition inexpliquée de la fille bouleverse le père et c’est bien normal. Mais l’obsession et les efforts qu’il mène pour la retrouver vont vite gagner du terrain dans sa vie amoureuse. Bientôt, il soupçonne sa femme de le tromper et s’engouffre plus ou moins dans la paranoïa. Dans le même temps, les souvenirs refont surface et s’insinuent de manière confuse dans la narration. On se perd parfois entre les différentes époques mais c’est justement en cela que le roman est réussi puisque l’auteur parvient à nous projeter dans l’esprit quelque peu malade du personnage principal. Non pas qu’il soit fou – à bien y regarder, il est sans doute celui qui a le plus les pieds sur terre avec Judith – mais il s’agit de l’esprit d’un homme en perte de repères, qui doute de tous ceux qui l’entourent parce qu’il doute d’abord de lui, qui refuse de pardonner à ses proches parce qu’il ne parvient pas lui-même à se pardonner. le roman a fait l’objet d’une adaptation cinématographique par André Téchiné avec André Dussollier, Carole Bouquet et Mélanie Thierry. J’avoue que je suis assez curieuse de savoir ce que ça donne.