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A la recherche des truites perdues

20 Nov

Bonsoir à tous ! Aujourd’hui, je vous emmène dans le Montana avec un récit loufoque mais profond paru aux éditions L’Age d’homme.

La disparition des arcs-en-ciel, Antonio Albanese

img_4142Ernesto Pirroni, journaliste indépendant suisse, est à la recherche d’un sujet qui fera mouche pour renflouer ses finances. Un peu par hasard, il s’envole pour le Montana où les truites arcs-en-ciel ont manifestement déserté les cours d’eaux. Afin de comprendre la cause de cette disparition, il va arpenter l’état et rencontrer une multitude d’autochtones qu’il interrogera afin de trouver une éventuelle réponse. Entre les amateurs de rodéo, une hippie déboussolée, un universitaire parano, un taxidermiste sceptique et tout un tas d’autres personnages haut en couleur, pas simple pour notre ami de rester concentré sur sa quête.

Voilà ce que l’on peut appeler un roman hors du commun. Sous prétexte d’une enquête abracadabrantesque sur la disparition des truites arcs-en-ciel, l’auteur se lance dans une réflexion sur le sentiment d’appartenance à une terre, l’extermination des indiens, la colonisation, l’immigration, le patriotisme. A l’heure où Trump – et de nombreux autres dirigeants – prône la préférence nationale, le repli sur soi et la fermeture des frontières, l’auteur réfléchit sur la notion d’ancrage, le besoin de se raccrocher à un espace déterminé pour affirmer son identité. Les récits enchâssés – qui s’accumulent au fur et à mesure que notre journaliste se convainc de la vanité de son enquête – viennent témoigner de la crise identitaire d’un pays multiculturel et de la recherche d’idéal qui dépasse la question des frontières. Le roman est bourré d’humour et d’ironie, l’auteur aime à se moquer de l’Amérique profonde mais aussi de son personnage qui, loin de son pays, se raccroche à des réflexes identitaires pour se rassurer dans des situations embarrassantes. Un livre très intelligent, riche en références – les connaisseurs apprécieront de voir cités Georges Bataille et Richard Brautignan. Vous aurez compris, j’ai adoré voyager dans le Montana !

 

De l’autre côté de la rivière

7 Oct

Aujourd’hui, je m’adresse aux parents de jeunes enfants ou aux professeurs de maternelle avec la réécriture moderne d’un célèbre conte qui sortira en librairie le 17 octobre aux éditions Syros.

Boucle Rousse et les trois ours, Debora Di Gillio et Fabienne Morel, illustrations Rémi Saillard

thumbnail (1)Voilà des décennies que les Ours et les Renards ne se parlent plus et se détestent même carrément. Pour quelle raison ? Cela fait tellement longtemps qu’ils n’en savent plus rien. La seule chose qu’ils savent, c’est qu’ils ne s’aiment pas. Mais Boucle Rousse, une jolie petite renarde, est amoureuse de Petit Ours à qui elle envoie des baisers tous les soirs par dessus la rivière qui les sépare. Un jour, alors que tous les Ours partent manifester pour la sauvegarde des abeilles, la petite renarde décide de traverser la rivière à la nage malgré l’interdiction. Dès son arrivée sur l’autre rive, elle se rend chez Petit Ours et découvre son univers…

Les autrices et conteuses nous offrent ici une très jolie réécriture du célèbre conte de Boucle d’Or de Robert Southey. L’humour est omniprésent et les plus jeunes apprécieront les illustrations très colorées (mon petit lecteur de un an aime beaucoup). Le disque avec la lecture en musique est une réussite également et il est très plaisant d’écouter les intonations italiennes d’une des autrices. Avec beaucoup de fantaisie, vous pourrez aborder avec vos enfants des thèmes comme l’écologie, l’acceptation de la différence, la liberté et la paix. Pour les plus petits, cet album est parfait pour l’apprentissage des différentes tailles (petit, moyen, grand) et vous pourrez même les initier à la langue italienne.

Ado’ptée

12 Sep

C’est avec plaisir que je découvre avec vous la maison d’édition jeunesse Slalom que je ne connaissais pas jusqu’à présent et qui m’a fait la gentillesse de me confier une de leurs nouveautés.

Aurore, Jérémie Kisling

9782375540480oriAurore est une ado de 15 ans tout ce qu’il y a de plus ado. Pas très à l’aise dans son corps, les émotions à vif mais bien entourée par ses parents et sa petite sœur. Elle mène sa petite vie tout à fait normalement jusqu’au jour où elle surprend une discussion entre ses parents et comprend qu’elle a été adoptée. Le monde semble alors s’écrouler autour d’elle. Ses repères volent en éclats et en veut à l’univers entier, et surtout à ses « faux » parents. C’est alors qu’elle va croiser le chemin de Sliman, un jeune migrant. A ses côtés, elle va partir en quête de ses racines…

Voilà un roman qui se dévore ! Le rythme est soutenu et la fraîcheur de l’écriture ravira les jeunes adolescent auxquels le livre s’adresse. Entre journal intime, roman d’aventure et roman d’apprentissage, l’histoire ne manque pas d’humour avec les apartés d’Aurore, directement adressés au lecteur et les nombreux jeux de langage qui parsèment le texte : « Bon, allez, c’est la fin des cours, vous me suivez ? On rentre à la maison. Mais traînez pas trop, je mords de faim. (Un autre de mes penchants, c’est de jouer avec les mots. Si ça vous embêtes, vous me dites, mais bon, c’est mon livre un peu quand même). » L’auteur, qui est à la base chanteur-auteur-compositeur (et qui a d’ailleurs spécialement composé une chanson pour Aurore, à écouter grâce à un QR Code à la fin du livre), parvient grâce à son style original et à ses personnages attachants à délivrer plusieurs messages sur la quête d’identité, le regard de l’autre, la différence, l’acceptation de soi et le lien familial. Je suis certaine que ce livre saura séduire les jeunes collégiens. Et pour info, la jolie couverture colorée est de Zep, le célèbre papa de Titeuf !

Hold-up littéraire

31 Août

Envie d’une lecture qui vous booste pour affronter la rentrée avec le sourire ? Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui est fait pour vous ! Dans toutes les bonnes librairies depuis la semaine dernière aux éditions Au Diable Vauvert.

Feel Good, Thomas Gunzig

thomas-gunzig-feel-goodAlice, vendeuse dans un magasin de chaussures, a toujours été « tout juste ». Jamais tout à fait pauvre, mais toujours précaire. Après la fermeture du magasin, la quarantaine passée, elle peine à retrouver du travail. La voilà à enchaîner des jobs de plus en plus avilissants et peu rémunérés. Épuisée de devoir compter chaque centime et surtout terrifiée à l’idée de se retrouver à la rue avec son fils, elle cherche désespérément un moyen de se mettre à l’abri financièrement pour quelques temps. Lui vient une idée complètement folle : enlever un bébé de riches devant une crèche aux services hors de prix pour réclamer une rançon. Mais pas de chance. Rien ne marche comme elle l’avait escompté. Personne ne réclamant l’enfant, elle se retrouve avec un bébé sur les bras, et donc une source supplémentaires de dépenses…

Le hasard met Alice sur la route de Tom, un écrivain médiocre, au chômage, récemment quitté par sa femme qui a rencontré un chirurgien. Le romancier propose à Alice d’écrire un roman à partir de son histoire de kidnapping et de partager les droits d’auteur. Mais celle-ci n’est pas convaincue de la réussite de l’entreprise et lui propose une meilleure solution : avec son aide, elle écrira un feel good utilisant toutes les ficelles qui font recette de nos jours; un best-seller qui ferait l’unanimité et se vendrait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, qui les éloignerait pour toujours de la précarité…

Avec Feel good, Thomas Gunzig a, sans conteste, réalisé son « hold-up » littéraire. Tout à la fois pastiche de ces romans grand public qui remportent un franc succès, critique de la société et mise en abyme de l’écriture du roman lui-même, l’ouvrage est une véritable réussite. Impossible de ne pas sourire voir rire devant les situations rocambolesques dans lesquelles se mettent les personnages. Le tempo est parfait, l’humour omniprésent et on s’attache très vite aux deux personnages principaux, des gens normaux, qui galèrent mais qui refusent de se laisser complètement couler. J’ai adoré la critique du monde éditorial et littéraire, parfaitement juste (en connaissance de cause, j’y ai été confrontée). En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande adepte des romans feel good. Mais ce livre-ci, avec son histoire de roman dans le roman, son humour et son intelligence compte parmi les ouvrages qui m’ont le plus mis de bonne humeur. Sans conteste mon plus gros coup de cœur du mois d’août et le livre qu’il vous faut pour affronter la rentrée avec le sourire !

Sans voix

25 Août

La rentrée littéraire 2019 s’annonce excellente. Je ne cache en tout cas pas mon plaisir de vous faire découvrir ce jeune et talentueux auteur mexicain. Parution de ce roman aux éditions Les Escales ce 29 août.

Les Mutations, Jorge Comensal

cvt_les-mutations_8163Ramón, cinquante ans, est un avocat reconnu et respecté. Un jour, alors qu’il fête la victoire d’un procès avec un client, il est pris d’une violente douleur à la bouche et ne peut quasiment plus parler. Bientôt, il apprend qu’il souffre d’une forme rare de cancer. La seule solution qui s’offre à lui est l’amputation de la langue. Plus qu’un attribut essentiel à la communication, Ramón va perdre son outil de travail et, avec lui, une partie de sa virilité. Afin qu’il ne sombre pas totalement dans la dépression, sa femme le convainc de prendre rendez-vous avec Teresa, une psychanalyste spécialisée dans les patients atteints de cancers et grande amatrice de cannabis thérapeutique. Sa femme de ménage, quant à elle, lui offre un perroquet pour lui tenir compagnie. L’ex-avocat se lie très vite à cet animal peu banal qui hurle des grossièretés à longueur de temps. Pendant ce temps, Aldama, le médecin en charge du cas de Ramón, est persuadé d’atteindre une renommée internationale s’il parvient à mener à bien ses recherches quant à ce cancer atypique.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman qui mêle savamment comédie et tragédie. En tant que grande amatrice d’humour noir, je ne pas été déçue, notamment par les interventions de Ramón, qui ne peu plus s’exprimer autrement par écrit ou en pensées. Pensées qui, n’étant plus passées au filtre du langage, deviennent de plus en plus tranchantes. J’ai apprécié l’effet révélateur de cette tumeur, de cette cellule infiniment petit qui va chambouler non seulement la vie du protagoniste mais aussi celle de son entourage et de ses soignants. Une fois sa capacité langagière perdue, le masque du langage disparu, Ramón va se trouver complètement bouleversé et se rapprocher comme jamais de celui qu’il est véritablement. L’écriture rythmée, vivante et moderne nous éloigne totalement du pathos. Aucune froideur non plus, les personnages sont attachants et drôles même dans la douleur. L’auteur parvient donc avec ce qui semble être une facilité déconcertante à traiter d’un sujet grave avec un humour décapant. J’adore le coup du perroquet grossier qui résume bien souvent ce que pense notre protagoniste. Alors oui, il faut aimer le côté cynique. Mais pour ma part j’adore ça ! Certains diront sans doute que rire du cancer n’est pas approprié, que ce n’est pas respecter ceux qui en souffrent et en meurent. Ce n’est pas le cas. En accompagnant notre avocat dans sa maladie, l’auteur nous offre surtout une réflexion sur la vie et l’importance d’en profiter sans se la gâcher par un quotidien souvent absurde. Coup de cœur de la rentrée !

Les femmes, les vieux et les robots d’abord !

26 Mai

Cette chronique et la suivante vont être consacrées à un futur que l’on imagine proche. Dans des styles tout à fait différents. Il s’agit d’un pur hasard, mais en même temps, pour vous qui me suivez depuis un moment, vous savez que je suis friande de de dystopies. Voici tout d’abord la version BD.

Mamma m’I.A., Anne-Caroline Paucot et Olivier Pelletier

mamma-m-ia-bienvenue-dans-la-realite-augmentee-220x300Cette bande dessinée est constituée de huit petites histoires abordant des thèmes centraux du monde de demain. L’humour, omniprésent, permet d’interroger sur la question de l’Intelligence Artificielle. Est-elle bénéfique ou au contraire nous promet-elle un avenir cadenassé ? Parmi les sujets traités : les relations amoureuses, la santé, la parité hommes-femmes, les personnes âgées, les études, les robots…

J’ai particulièrement apprécié la première historiette qui permet de voir la ville « en beau » grâce à des lunettes de réalité augmentée qui deviennent presque une drogue tant l’univers qui nous entoure à toutes les raisons de nous rendre maussade. Très drôle aussi l’histoire sur l’hypocondrie suscitée par nos objets connectés qui permettent de vérifier à chaque seconde si nous sommes en bonne santé. Et si nous vivions plus tard dans une société où les robots nous piquaient nos emplois, où les vieux faisaient régner la terreur, et où, pire, les femmes prenaient le pouvoir ?! Autant de sujets qu’abordent avec humour l’auteure Anne-Caroline Paucot et l’illustrateur Olivier Pelletier. Une bande dessinée fine, tout en ironie et en décalage qui posent des questions réalistes sur le monde de demain. A mettre d’urgence dans les mains de vos ados geeks ! Merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions Massot pour cette découverte.

Chacun cherche son chien

3 Mai

Pour bien terminer la semaine ou commencer le week-end – au choix – je vous propose aujourd’hui un roman qui a du chien paru il y a tout juste un mois aux éditions Le Tripode.

Le chien de Madame Halberstadt, Stéphane Carlier

cvt_le-chien-de-madame-halberstadt_207Baptiste, trentenaire, est un écrivain un peu paumé. Son dernier roman ne se vend pas et sa petite amie, Maxine, vient de le quitter pour son chirurgien-dentiste. Ses seules occupations de la journée consistent à vérifier le classement de son roman dans les ventes Amazon – plus de 475 000ème – et à aller espionner son ex mener une vie apparemment idyllique dans la villa de son nouveau chéri. Au RSA, sans espoir de tirer quelconque bénéfice de son livre, notre écrivain déprime sérieusement. Pour ajouter une nouvelle couche à ses problèmes, sa voisine de palier, Madame Halberstadt, vient lui demander un service : garder son chien, un carlin dénommé Croquette, quelques jours, le temps de son opération de la cataracte. Autant dire que Baptiste n’est pas réjoui à l’idée de s’occuper du toutou obèse et à moitié asthmatique. Contre toute attente, Croquette va changer la vie de Baptiste.

Pour faire court, j’ai adoré ce roman ! On se plaît à suivre le quotidien de ce antihéros attachant, à sourire à son autodérision et à sa malchance. L’écriture de Stéphane Carlier est légère ce qui ne rend pas pour autant son roman simpliste. L’humour est omniprésent et rend bien compte de la précarité de l’écrivain (hélas, tout les auteurs n’ont pas la chance de voir leurs romans se vendre comme des petits pains !). Ce roman donne envie de croquer la vie à pleines dents, de croire que tout est possible, de se dire qu’une rencontre peut totalement bouleverser notre existence. Il se lit avec le sourire aux lèvres du début à la fin et l’on parvient à la dernière page sans s’en rendre compte et presque à regret tant on passe un bon moment. Le roman parfait pour entamer ce moi de mai avec enthousiasme. Coup de cœur printanier !

La galette des lutins

13 Jan

Avant de commencer, mes meilleurs voeux livresques pour cette année 2019 ! Et mea culpa pour l’absence mais mon petit Jules très éveillé ne me laisse que très peu de temps pour lire et encore moins pour rédiger les chroniques ! Mais promis, je vais me rattraper !!

Et je reprends du service avec un auteur qui me tient à coeur et que je remercie vivement pour sa confiance renouvelée, j’ai nommé Renaud Marhic alias Le petit reporter de l’imaginaire.

Les Lutins urbains – Korrigans et Grosse Galette, tome 5, Renaud Marhic

les-lutins-urbains-tome-5-korrigans-et-grosse-galette-9782373730579_0-1Rien ne va plus à l’Université d’Onirie, la BRO (Brigade de Répression de l’Onirisme) vient de trouver le moyen de chasser tous nos amis lutins. Heureusement, le Professeur B. a de la ressource et part avec ses lutins urbains en Bretagne, afin de demander l’aide du Professeur Le Brac, lutinologue à Carnac. Bientôt, ils découvrent l’existence d’un talisman, la Grosse Galette, qui leur permettrait de mettre en déroute leurs persécuteurs.

Pendant ce temps, le jeune policier Gustave Flicman pensait se reposer tranquillement et se remettre de ses précédentes aventures (découvrez-les ici) en passant ses vacances en Bretagne. Evidemment, il ne va pas tarder à se retrouver mêler à l’affaire. De mystères en magie, les folles péripéties des lutins urbains et de leurs cousins bretons les Korrigans ne font que commencer !

Qu’ajouter de plus si ce n’est que comme pour tous les tomes précédents, j’ai pris plaisir à découvrir de nouvelles lutineries toujours pleines d’humour et de dérision. Plaisir décuplé encore par le fait de retrouver nos héros en Bretagne, une région que j’apprécie particulièrement*Psiiiiit. C’est toujours aussi bien écrit et l’auteur vient même faire un petit coucou sur ses terres, mais chut ! Je ne veux pas risquer de tout spoiler non plus ! Vous l’avez compris, vous vous devez de procurer à vos enfants très rapidement ce cinquième tome des Lutins urbains. Et pour le faire, c’est ici.

*Psiiiiit ! Renaud, ne m’en voulez pas, j’utilise votre fameux Psiiiiit, pour un petit coucou à mon petit frère Jérôme, installé non loin de Morlaix, et j’en profite pour lui faire de la pub : si vous voulez tester l’aviron de mer, c’est lui le président du club – et si vous connaissez une jeune et jolie bretonne, n’hésitez pas à la lui présenter !

« On a toujours besoin… »

25 Nov

Désolée de ne pas être plus présente mais bébé ne me laisse pas trop le temps de lire ! Je me rattrape aujourd’hui avec un bel album jeunesse et en profite pour remercier les éditions Syros pour cet envoi.

Les poulets guerriers, Catherine Zarcate et Elodie Balandras

conte_poulets_guerriersCet album nous emmène dans un village en Afrique où des poulets adolescents ont décidé de partir à la guerre. Un jeune poussin souhaite les accompagner mais les poulets le rejettent, le jugeant trop petit pour se joindre à eux. Qu’importe, le poussin les suit. C’est alors que la troupe tombe nez à nez avec un chat sauvage tigré…

Très joliment illustré, cet album aux couleurs éclatantes, accompagné d’un CD audio, est une libre adaptation d’un conte africain. Destiné aux enfants dès 5 ans, il met parfaitement en scène le célèbre adage de La Fontaine : « On a toujours besoin d’un plus petit que soi ». Le texte, à la fois drôle et intelligent, ravira les petits et leurs parents qui pourront leur expliquer que la ruse peut l’emporter sur la force. Si vous manquez d’idées pour vos chères têtes blondes pour Noël qui approche, n’hésitez pas ! Coup de cœur !

Survivor

12 Oct

Un très très grand merci à l’Agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux Editions de La Martinière qui me permettent de vous présenter ce livre aujourd’hui.

Chroniques d’une survivante, Catherine Bertrand

faf6b2c64c46164c5c651d76849c36Avant le 13 novembre 2015, Catherine Bertrand était une personne comme les autres, avec ses joies et ses tracas quotidiens. Mais tout a basculé ce soir où elle assiste au désormais tristement célèbre concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Dès lors, sa vie est bouleversée.

C’est ce traumatisme et la reconstruction qui va devoir se faire peu à peu que Catherine Bertrand nous raconte dans ce témoignage dessiné. De manière simple et légère, sans jamais tomber dans le pathos, elle symbolise son trauma par un gros boulet qui se rappelle à elle dans toutes les situations du quotidiens et qui l’empêche dans un premier temps de se reconnecter à la vie. L’auteure évoque de nombreuses situations compliquées : difficultés pour obtenir un soutien psychologique, pour se faire comprendre par l’entourage, les collègues, pour se rendre dans les lieux publics… avec un humour qui met à distance l’horreur des faits. Si elle dédie bien sûr son livre à tous les rescapés et victimes des attentats, elles s’adressent aussi à tous ceux qui ont subi au cours de leur existence un traumatisme violent et à leur entourage. Je ne peux que vous encourager à vous procurer ce carnet dessiné qui vient de sortir. Encore une fois, loin d’être plombant grâce à la naïveté des dessins et à l’humour de l’auteure, vous découvrirez un témoignage courageux qui donne envie d’aller de l’avant. Coup de cœur !