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Tous pour un !

Je vous apporte un peu de légèreté pour aborder cet été 2020 avec le sourire grâce à ce roman récemment paru chez Robert Laffont.

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

9782221247112oriAude vient de passer la quarantaine lorsque sa vie bien rangée bascule. Voilà des années qu’elle est mariée à Xavier avec lequel elle est associée. Trop concentrés sur leur réussite professionnelle, ils n’ont jamais pris le temps d’avoir un enfant, et leur couple a traversé les années, bercé par la routine. Un jour, en rentrant récupérer un dossier chez eux, Aude surprend son mari au lit avec une jeune collègue. Dévastée, elle perd toute estime d’elle-même. L’errance qui suit cette découverte la conduit au parc des Buttes-Chaumont. C’est là qu’elle découvre une adolescente sur le point de sauter d’un pont. Deux jeunes hommes assistent aussi à la scène. Alexandre qui doit choisir entre l’amour de sa vie, Dimitri, ou son père qui réprouve son attirance pour les hommes, et Nicolas qui s’inquiète que son frère ait annulé leur rendez-vous. Afin de sauver Charlène, ils vont lui promettre de l’aider à accomplir sa quête. Ces quatre-là ne se connaissent pas encore mais s’apprêtent à vivre une grande aventure ensemble et nul doute que leur vie en sera profondément bouleversée…

« Alexandre, Aude et Charlène remontaient côte à côte l’allée de la Cascade et Nicolas, à la traîne, fermait la marche. S’être engagé dans une telle promesse était une folie. […] Existait-il une autre option ? Ils s’étaient trouvés là par hasard, unis par la seule nécessité d’empêcher à tout prix cette gamine de sauter. Il soupira. Peut-être que cette rencontre étrange et improbable n’était en fait pas un hasard… »

Dès les premières pages, Claire Norton entraîne son lecteur dans cette folle aventure qui va réunir des êtres que, a priori, tout semble opposer. Les personnages sont attachants avec leurs qualités, leurs tocs et leurs défauts, chacun portant les blessures d’un passé plus ou moins proche. Les pages se tournent s’en qu’on l’on y prenne garde tant le rythme est soutenu aussi bien grâce aux rebondissements de l’intrigue qu’à l’humour et à la narration pluri-focale qui permet de nous donner à chaque instant le point de vue de tous les protagonistes. L’autrice nous offre donc un vrai roman choral qui porte haut les valeurs de l’amitié. Mais davantage que cela, ce livre nous montre que rien n’est jamais totalement écrit dans la vie, que même lorsque pense que l’on est incapable de changer, englué dans un quotidien certes monotone mais rassurant, on peut choisir de sortir du moule et de mener son existence telle qu’on la souhaite vraiment.  Seuls bémols pour moi, des dialogues peut-être parfois un peu trop écrits et un dénouement auquel je m’attendais dès le deuxième chapitre mais qui ne pas empêcher de profiter de la lecture. Vous l’aurez compris, tous les codes du roman feel good sont réunis pour que vous passiez un moment agréable. Si vous cherchez un roman pour vous détendre cet été, celui-ci sera parfait !

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Le gang des retraités

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous présente un roman « feel good », histoire de vous donner le moral pour attaquer, je l’espère, la dernière ligne droite du confinement. Merci à Cécile pour ce cadeau. Ce roman est paru en début d’année chez Fayard.

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

41jvqmk4irl._sx314_bo1204203200_Marceline et son mari Anatole ont emménagé impasse des Colibris il y a plus de soixante ans. Ils avaient tout juste vingt ans et la vie devant eux. Leur existence s’est écoulée aux côtés de celle de leurs voisins. Des joies et des peines, des enfants qui naissent, jouent ensemble puis s’en vont, parfois sans plus donner de nouvelles. Les six derniers habitants de l’impasse ont plus de quatre-vingt ans. Proches dans leur jeunesse, ils se sont peu à peu séparés, au fur que les haies et les broutilles poussaient entre les habitations. Mais les octogénaires vont bientôt devoir se rapprocher. En effet, le maire de la commune – qui est né et a grandi dans l’impasse – veut faire raser les maisons pour construire une nouvelle école. Pas questions pour nos retraités de se faire éjecter. Ils sont bien décidés à mener la guerre pour terminer leurs jours tranquillement chez eux. Ni une ni deux, malgré de vieilles dissensions, le groupe des Octogéniaux est formé et prêt à passer à l’attaque.

« […] chacun a dû réfléchir à un moyen efficace de faire céder la mairie. Les membres du groupe étant des personnes mesurées et raisonnables, les idées le sont tout autant. Gustave propose une petite grève de la faim. Joséphine veut juste monter en haut d’une grue. Rosalie envisage tout simplement de séquestrer le maire. Marius, sensible, préfère enlever les enfants du maire. Je me tourne vers Anatole en quête de réconfort. L’œil pétillant, mon cher époux propose d’investir le plateau d’une émission télévisée en direct. J’ajoute mentalement du cyanure à la liste des courses. Rosalie, qui a manifestement confondu son rouge à lèvres avec sa brosse à dents, me demande si j’ai une idée. Tous les regards convergent vers moi. Je songe à proposer un suicide collectif, mais ils sont capables d’approuver. »

C’est la première fois que je lis cette autrice et je n’ai pas été déçue. Je ne suis pas une grande adepte de littérature « feel good » mais de temps en temps, quand c’est bien écrit, c’est plaisant. Et en ces temps anxiogènes, ce livre tombait à pic. J’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai dévoré ce roman en moins de trois jours ce qui est un véritable exploit pour moi ! Les personnages sont attachants et la construction narrative efficace avec l’alternance entre des chapitres narrant le temps présent et ceux revenant sur le passé de la narratrice, Marceline. Au fur et à mesure, on comprend comment les liens se sont faits puis défaits entre ces voisins et comment la protagoniste est passée d’une jeune fille timide et soumise à son époux à une femme épanouie n’ayant pas sa langue dans sa poche. Outre le récit d’un combat pour faire respecter le souvenir de chacun, ce roman est celui d’une grande histoire d’amour entre la narratrice et son mari. Émotion et humour cohabitent parfaitement et Grimaldi prouve que le temps qui passe n’est pas forcément signe de déclin. Ce livre est une ode à l’amitié et à la vie. Si vous recherchez une lecture douce qui vous donne le sourire, n’hésitez pas !

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L’empereur contre-attaque !

Bonjour à tous ! C’est avec plaisir que je vous propose aujourd’hui une bonne dose d’humour et de rigolade avec ce roman à prendre au trente-sixième degré ! Si vous aviez aimé L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa, alors vous allez adorer combattre les djihadistes avec ce bon vieux Napy !

Re-Vive l’Empereur !, Romain Puértolas

9782253069522-001-tLe commandant d’un chalutier norvégien chargé de pêcher pour la célèbre marque de bâtonnets de poissons panés Findus n’en revient pas. Pas commun en effet de prendre dans ses filets deux énormes caisses en bois contenant un homme et un cheval ! Voilà qu’au milieu des cabillauds se trouvent Napoléon et son fidèle destrier bien conservés par les eaux glaciales islandaises. Remis du choc, le pêcheur contacte le professeur Bartoli, président de la CGT – Confédération des Grognards Tristes, à ne pas confondre avec le syndicat. Le norvégien doit accompagner l’empereur à Paris où il retrouvera le corse chargé de le ramener sur son île natale afin qu’il puisse profiter d’une retraite bien méritée. Evidemment, rien ne va se dérouler comme prévu.

Bonaparte se trouve confronté au XXIème siècle de plein fouet. Heureusement, comme il est un homme intelligent, il comprend rapidement les évolutions de la société. Très vite, il prend connaissance d’un drame qui vient de frapper ses compatriotes. Un attentat vient d’être commis au journal L’Echo des Charlots. Quatorze caricaturistes ont été sauvagement assassinés par des djihadistes. Bartoli l’instruit de la terrible problématique islamiste et de la terreur qui règne depuis plusieurs années dans tous les pays occidentaux. Ni une ni deux, Napoléon décide de partir en guerre contre Al-Qaïda, du moins contre son chef, Mohamed Mohamed, dit l’Ours de Mossoul. Vont s’en suivre de nombreuses et loufoques péripéties de la constitution d’une nouvelle petite grande armée en passant par la recherche de ses descendants et le plan de bataille visant à détruire l’Etat Islamique sans faire de morts. Autant dire que le plus grand chef des armées que la France ait connu n’est pas prêt de se la couler douce sur son île de beauté !

C’est avec joie que j’avais découvert la présence de Romain Puértolas au salon Livres en Vignes à Vougeot en septembre dernier. Pas vraiment le temps de discuter avec l’auteur en raison de la foule et d’un petit garçon qui s’impatientait dans le porte-bébé mais juste assez pour m’offrir ce livre de poche et une petite dédicace. Autant vous le dire tout de suite, il faut aimer le second degré et accepter directement les codes de ce roman totalement loufoque c’est-à-dire ne pas se poser de question quant à la probabilité du retour de Napoléon dans notre époque contemporaine. Il faut aimer aussi se moquer de tout parce que tout le monde en prend pour son grade : Hollande, Sarko, les gens qui marchent dans la rue les yeux fixés sur leur portable, les gros riches, les psys, les gros, les fous, les catholiques et surtout les islamistes, entre autres ! L’auteur nous offre un regard totalement décalé mais extrêmement juste sur notre société, nous offre à réfléchir sur notre mode de vie, sur notre façon d’être, nos engagements au quotidien et sur la force parfois insoupçonnée qui réside en chacun de nous. On pourrait appliquer la célèbre maxime de Molière, « castigat ridendo mores », à ce roman qui utilise le rire comme arme contre la bêtise humaine. Je ne regrette pas une seconde d’avoir porté mon choix sur ce roman bourré d’humour, de références à notre vie contemporaine et qui mêle sérieux et drôlerie à la perfection. Pour couronner le tout, les chapitres courts s’enchaînent à une vitesse folle et l’on apprend pas mal de détails sur le vie de Napoléon et que l’on soit amateur de l’homme ou pas, c’est très intéressant. Bref, coup de cœur pour ce roman disponible en livre de poche.

 

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Familles en folie !

Bonjour ! Aujourd’hui, ce n’est pas un mais deux livres que je vous présente. Les deux sont des bandes dessinées pour enfants parues aux éditions Slalom dans une nouvelle collection Tuschuss !

Camille pétille – « Cap ou pas cap ? » – tome 1, Camille Osscini et Sess

9782375542101oriUne nouvelle année scolaire commence pour Camille, une petite fille philosophe, et sa grande sœur Pauline, beaucoup plus terre à terre et blasée. C’est l’occasion de suivre mois après mois la vie et l’évolution de leur vie avec leurs parents et leurs animaux de compagnie. Un père et une mère bien souvent dépassés, et pas forcément à l’aise face aux réflexions parfois déroutantes de leurs progénitures. Mention spéciale au papa, plus vrai que nature, grand enfant devant l’éternel qui initie ses filles à Star Wars et Jurassic Park. Un univers un peu loufoque mais qui reflète bien la vie de famille au quotidien de nos jours je trouve avec les remarques des enfants pleines de naturel. C’est frais et drôle, les dessins sont colorés et permettent de se projeter facilement dans l’univers de cette famille qui nous ressemble. Je pense que les enfants apprécieront dès qu’ils sont en âge de savoir lire et même avant car on peut leur lire les historiettes qui font une ou deux pages. Si vos enfants ont le sens de sens de l’humour, n’hésitez pas !

La famille Au poil – « Bienvenue à bord »– tome 1, Ingrid Chabbert et Joëlle Dreidemy

9782375542088oriNous suivons ici la vie d’une famille pas comme les autres. En effet, les parents avec leurs trois enfants, leurs deux chien et leur chat sont prêts à accueillir encore davantage de petits compagnons ! Ils deviennent famille d’accueil pour les  animaux du refuge de la ville avant qu’ils ne soient définitivement adoptés. Bêtises en pagaille au programme et beaucoup d’amour dans cette famille au grand cœur. J’avoue avoir été un peu moins fan de cet ouvrage que du précédent mais c’est surtout parce qu’il est destiné aux plus jeunes. Facile d’accès, cette BD repose davantage sur les images que sur les textes. Les animaux font les quatre cents coups pour le plus grand bonheur des enfants. Un bon moyen pour les parents d’expliquer les notions de solidarité, d’amour et de respect de l’espèce animale aux plus jeunes. Mon petit garçon de 14 mois apprécie déjà beaucoup regarder les images.

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A la recherche des truites perdues

Bonsoir à tous ! Aujourd’hui, je vous emmène dans le Montana avec un récit loufoque mais profond paru aux éditions L’Age d’homme.

La disparition des arcs-en-ciel, Antonio Albanese

img_4142Ernesto Pirroni, journaliste indépendant suisse, est à la recherche d’un sujet qui fera mouche pour renflouer ses finances. Un peu par hasard, il s’envole pour le Montana où les truites arcs-en-ciel ont manifestement déserté les cours d’eaux. Afin de comprendre la cause de cette disparition, il va arpenter l’état et rencontrer une multitude d’autochtones qu’il interrogera afin de trouver une éventuelle réponse. Entre les amateurs de rodéo, une hippie déboussolée, un universitaire parano, un taxidermiste sceptique et tout un tas d’autres personnages haut en couleur, pas simple pour notre ami de rester concentré sur sa quête.

Voilà ce que l’on peut appeler un roman hors du commun. Sous prétexte d’une enquête abracadabrantesque sur la disparition des truites arcs-en-ciel, l’auteur se lance dans une réflexion sur le sentiment d’appartenance à une terre, l’extermination des indiens, la colonisation, l’immigration, le patriotisme. A l’heure où Trump – et de nombreux autres dirigeants – prône la préférence nationale, le repli sur soi et la fermeture des frontières, l’auteur réfléchit sur la notion d’ancrage, le besoin de se raccrocher à un espace déterminé pour affirmer son identité. Les récits enchâssés – qui s’accumulent au fur et à mesure que notre journaliste se convainc de la vanité de son enquête – viennent témoigner de la crise identitaire d’un pays multiculturel et de la recherche d’idéal qui dépasse la question des frontières. Le roman est bourré d’humour et d’ironie, l’auteur aime à se moquer de l’Amérique profonde mais aussi de son personnage qui, loin de son pays, se raccroche à des réflexes identitaires pour se rassurer dans des situations embarrassantes. Un livre très intelligent, riche en références – les connaisseurs apprécieront de voir cités Georges Bataille et Richard Brautignan. Vous aurez compris, j’ai adoré voyager dans le Montana !

 

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De l’autre côté de la rivière

Aujourd’hui, je m’adresse aux parents de jeunes enfants ou aux professeurs de maternelle avec la réécriture moderne d’un célèbre conte qui sortira en librairie le 17 octobre aux éditions Syros.

Boucle Rousse et les trois ours, Debora Di Gillio et Fabienne Morel, illustrations Rémi Saillard

thumbnail (1)Voilà des décennies que les Ours et les Renards ne se parlent plus et se détestent même carrément. Pour quelle raison ? Cela fait tellement longtemps qu’ils n’en savent plus rien. La seule chose qu’ils savent, c’est qu’ils ne s’aiment pas. Mais Boucle Rousse, une jolie petite renarde, est amoureuse de Petit Ours à qui elle envoie des baisers tous les soirs par dessus la rivière qui les sépare. Un jour, alors que tous les Ours partent manifester pour la sauvegarde des abeilles, la petite renarde décide de traverser la rivière à la nage malgré l’interdiction. Dès son arrivée sur l’autre rive, elle se rend chez Petit Ours et découvre son univers…

Les autrices et conteuses nous offrent ici une très jolie réécriture du célèbre conte de Boucle d’Or de Robert Southey. L’humour est omniprésent et les plus jeunes apprécieront les illustrations très colorées (mon petit lecteur de un an aime beaucoup). Le disque avec la lecture en musique est une réussite également et il est très plaisant d’écouter les intonations italiennes d’une des autrices. Avec beaucoup de fantaisie, vous pourrez aborder avec vos enfants des thèmes comme l’écologie, l’acceptation de la différence, la liberté et la paix. Pour les plus petits, cet album est parfait pour l’apprentissage des différentes tailles (petit, moyen, grand) et vous pourrez même les initier à la langue italienne.

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Ado’ptée

C’est avec plaisir que je découvre avec vous la maison d’édition jeunesse Slalom que je ne connaissais pas jusqu’à présent et qui m’a fait la gentillesse de me confier une de leurs nouveautés.

Aurore, Jérémie Kisling

9782375540480oriAurore est une ado de 15 ans tout ce qu’il y a de plus ado. Pas très à l’aise dans son corps, les émotions à vif mais bien entourée par ses parents et sa petite sœur. Elle mène sa petite vie tout à fait normalement jusqu’au jour où elle surprend une discussion entre ses parents et comprend qu’elle a été adoptée. Le monde semble alors s’écrouler autour d’elle. Ses repères volent en éclats et en veut à l’univers entier, et surtout à ses « faux » parents. C’est alors qu’elle va croiser le chemin de Sliman, un jeune migrant. A ses côtés, elle va partir en quête de ses racines…

Voilà un roman qui se dévore ! Le rythme est soutenu et la fraîcheur de l’écriture ravira les jeunes adolescent auxquels le livre s’adresse. Entre journal intime, roman d’aventure et roman d’apprentissage, l’histoire ne manque pas d’humour avec les apartés d’Aurore, directement adressés au lecteur et les nombreux jeux de langage qui parsèment le texte : « Bon, allez, c’est la fin des cours, vous me suivez ? On rentre à la maison. Mais traînez pas trop, je mords de faim. (Un autre de mes penchants, c’est de jouer avec les mots. Si ça vous embêtes, vous me dites, mais bon, c’est mon livre un peu quand même). » L’auteur, qui est à la base chanteur-auteur-compositeur (et qui a d’ailleurs spécialement composé une chanson pour Aurore, à écouter grâce à un QR Code à la fin du livre), parvient grâce à son style original et à ses personnages attachants à délivrer plusieurs messages sur la quête d’identité, le regard de l’autre, la différence, l’acceptation de soi et le lien familial. Je suis certaine que ce livre saura séduire les jeunes collégiens. Et pour info, la jolie couverture colorée est de Zep, le célèbre papa de Titeuf !

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Hold-up littéraire

Envie d’une lecture qui vous booste pour affronter la rentrée avec le sourire ? Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui est fait pour vous ! Dans toutes les bonnes librairies depuis la semaine dernière aux éditions Au Diable Vauvert.

Feel Good, Thomas Gunzig

thomas-gunzig-feel-goodAlice, vendeuse dans un magasin de chaussures, a toujours été « tout juste ». Jamais tout à fait pauvre, mais toujours précaire. Après la fermeture du magasin, la quarantaine passée, elle peine à retrouver du travail. La voilà à enchaîner des jobs de plus en plus avilissants et peu rémunérés. Épuisée de devoir compter chaque centime et surtout terrifiée à l’idée de se retrouver à la rue avec son fils, elle cherche désespérément un moyen de se mettre à l’abri financièrement pour quelques temps. Lui vient une idée complètement folle : enlever un bébé de riches devant une crèche aux services hors de prix pour réclamer une rançon. Mais pas de chance. Rien ne marche comme elle l’avait escompté. Personne ne réclamant l’enfant, elle se retrouve avec un bébé sur les bras, et donc une source supplémentaires de dépenses…

Le hasard met Alice sur la route de Tom, un écrivain médiocre, au chômage, récemment quitté par sa femme qui a rencontré un chirurgien. Le romancier propose à Alice d’écrire un roman à partir de son histoire de kidnapping et de partager les droits d’auteur. Mais celle-ci n’est pas convaincue de la réussite de l’entreprise et lui propose une meilleure solution : avec son aide, elle écrira un feel good utilisant toutes les ficelles qui font recette de nos jours; un best-seller qui ferait l’unanimité et se vendrait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, qui les éloignerait pour toujours de la précarité…

Avec Feel good, Thomas Gunzig a, sans conteste, réalisé son « hold-up » littéraire. Tout à la fois pastiche de ces romans grand public qui remportent un franc succès, critique de la société et mise en abyme de l’écriture du roman lui-même, l’ouvrage est une véritable réussite. Impossible de ne pas sourire voir rire devant les situations rocambolesques dans lesquelles se mettent les personnages. Le tempo est parfait, l’humour omniprésent et on s’attache très vite aux deux personnages principaux, des gens normaux, qui galèrent mais qui refusent de se laisser complètement couler. J’ai adoré la critique du monde éditorial et littéraire, parfaitement juste (en connaissance de cause, j’y ai été confrontée). En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande adepte des romans feel good. Mais ce livre-ci, avec son histoire de roman dans le roman, son humour et son intelligence compte parmi les ouvrages qui m’ont le plus mis de bonne humeur. Sans conteste mon plus gros coup de cœur du mois d’août et le livre qu’il vous faut pour affronter la rentrée avec le sourire !

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Sans voix

La rentrée littéraire 2019 s’annonce excellente. Je ne cache en tout cas pas mon plaisir de vous faire découvrir ce jeune et talentueux auteur mexicain. Parution de ce roman aux éditions Les Escales ce 29 août.

Les Mutations, Jorge Comensal

cvt_les-mutations_8163Ramón, cinquante ans, est un avocat reconnu et respecté. Un jour, alors qu’il fête la victoire d’un procès avec un client, il est pris d’une violente douleur à la bouche et ne peut quasiment plus parler. Bientôt, il apprend qu’il souffre d’une forme rare de cancer. La seule solution qui s’offre à lui est l’amputation de la langue. Plus qu’un attribut essentiel à la communication, Ramón va perdre son outil de travail et, avec lui, une partie de sa virilité. Afin qu’il ne sombre pas totalement dans la dépression, sa femme le convainc de prendre rendez-vous avec Teresa, une psychanalyste spécialisée dans les patients atteints de cancers et grande amatrice de cannabis thérapeutique. Sa femme de ménage, quant à elle, lui offre un perroquet pour lui tenir compagnie. L’ex-avocat se lie très vite à cet animal peu banal qui hurle des grossièretés à longueur de temps. Pendant ce temps, Aldama, le médecin en charge du cas de Ramón, est persuadé d’atteindre une renommée internationale s’il parvient à mener à bien ses recherches quant à ce cancer atypique.

J’ai pris énormément de plaisir à lire ce roman qui mêle savamment comédie et tragédie. En tant que grande amatrice d’humour noir, je ne pas été déçue, notamment par les interventions de Ramón, qui ne peu plus s’exprimer autrement par écrit ou en pensées. Pensées qui, n’étant plus passées au filtre du langage, deviennent de plus en plus tranchantes. J’ai apprécié l’effet révélateur de cette tumeur, de cette cellule infiniment petit qui va chambouler non seulement la vie du protagoniste mais aussi celle de son entourage et de ses soignants. Une fois sa capacité langagière perdue, le masque du langage disparu, Ramón va se trouver complètement bouleversé et se rapprocher comme jamais de celui qu’il est véritablement. L’écriture rythmée, vivante et moderne nous éloigne totalement du pathos. Aucune froideur non plus, les personnages sont attachants et drôles même dans la douleur. L’auteur parvient donc avec ce qui semble être une facilité déconcertante à traiter d’un sujet grave avec un humour décapant. J’adore le coup du perroquet grossier qui résume bien souvent ce que pense notre protagoniste. Alors oui, il faut aimer le côté cynique. Mais pour ma part j’adore ça ! Certains diront sans doute que rire du cancer n’est pas approprié, que ce n’est pas respecter ceux qui en souffrent et en meurent. Ce n’est pas le cas. En accompagnant notre avocat dans sa maladie, l’auteur nous offre surtout une réflexion sur la vie et l’importance d’en profiter sans se la gâcher par un quotidien souvent absurde. Coup de cœur de la rentrée !

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Les femmes, les vieux et les robots d’abord !

Cette chronique et la suivante vont être consacrées à un futur que l’on imagine proche. Dans des styles tout à fait différents. Il s’agit d’un pur hasard, mais en même temps, pour vous qui me suivez depuis un moment, vous savez que je suis friande de de dystopies. Voici tout d’abord la version BD.

Mamma m’I.A., Anne-Caroline Paucot et Olivier Pelletier

mamma-m-ia-bienvenue-dans-la-realite-augmentee-220x300Cette bande dessinée est constituée de huit petites histoires abordant des thèmes centraux du monde de demain. L’humour, omniprésent, permet d’interroger sur la question de l’Intelligence Artificielle. Est-elle bénéfique ou au contraire nous promet-elle un avenir cadenassé ? Parmi les sujets traités : les relations amoureuses, la santé, la parité hommes-femmes, les personnes âgées, les études, les robots…

J’ai particulièrement apprécié la première historiette qui permet de voir la ville « en beau » grâce à des lunettes de réalité augmentée qui deviennent presque une drogue tant l’univers qui nous entoure à toutes les raisons de nous rendre maussade. Très drôle aussi l’histoire sur l’hypocondrie suscitée par nos objets connectés qui permettent de vérifier à chaque seconde si nous sommes en bonne santé. Et si nous vivions plus tard dans une société où les robots nous piquaient nos emplois, où les vieux faisaient régner la terreur, et où, pire, les femmes prenaient le pouvoir ?! Autant de sujets qu’abordent avec humour l’auteure Anne-Caroline Paucot et l’illustrateur Olivier Pelletier. Une bande dessinée fine, tout en ironie et en décalage qui posent des questions réalistes sur le monde de demain. A mettre d’urgence dans les mains de vos ados geeks ! Merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions Massot pour cette découverte.