Tag Archives: humour

Bonnie and Clyde

11 Nov

Par ce temps maussade, je vous invite à découvrir un polar bourré d’humour. Histoire d’illuminer votre week-end !

Demain c’est loin, Jacky Schwartzmann

137086_couverture_hres_0François Feldman porte le même nom que le chanteur. Il a grandi aux Buers, une cité difficile de Lyon. Depuis tout petit, on le prend, au choix, pour un Arabe à cause de sa tête ou pour un Juif à cause de son nom. Sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre. C’est juste un mec normal comme il aime à le dire. Dans la vie, il tient une boutique de tee-shirt sur lesquels sont inscrites de fausses citations d’hommes célèbres, censées être humoristiques. Le problème, c’est que ça ne fait rire que lui. Et ça ne plaît pas du tout à sa conseillère financière. Il faut dire que Juliane Bacardi est un peu coincée et en a surtout marre de concéder des prêts à son client. François est au point mort côté finances quand l’improbable se produit. Alors qu’il se rend aux Buers, il est témoin d’un accident de voiture. Au volant : Juliane. Elle vient d’écraser le cousin du plus gros caïd de la cité. Autant dire que sa tête est mise à prix et que François n’est pas mieux loti. Le couple le moins assorti du monde se retrouve en cavale fuyant forces de l’ordre et terreurs des quartiers. Pour s’en sortir, ils vont devoir avancer ensemble et laisser de côté leurs préjugés…

J’ai adoré ce livre au langage souvent imagé voire cru, très décalé mais profondément humain. L’auteur dresse avec un humour corrosif le tableau de notre société post-attentats en s’attachant particulièrement aux différences de classes sociales. L’intrigue est quant à elle menée tambour battant. Les chapitres s’enchaînent à vitesse grand V et le livre se dévore trop rapidement. Pour ne rien vous cacher, j’ai ri ou souri à quasiment chaque page ! Autant dire que c’est appréciable de pouvoir se divertir autant à la lecture d’un polar. Je recommande donc chaudement cette nouveauté parue au Seuil – que je remercie au passage pour l’envoi. Coup de cœur !

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Rock un jour…

11 Oct

Aujourd’hui, je vous présente le premier tome d’une trilogie que je voulais lire depuis un moment. Mon chéri m’a fait la surprise de m’offrir les deux premiers volumes parus en poche. Je n’ai lu que le premier pour l’instant mais je sais déjà que l’attente sera longue avant la sortie du troisième sous le même format !

Vernon Subutex – Tome 1, Virginie Despentes

vernon-subutex-tome-1-9782253087663_0Vernon a la cinquantaine. Pendant des années, il a été disquaire. Mais la crise est passée par là et la révolution numérique aussi. Du coup, Vernon a dû fermer boutique. Les deux premières années qui ont suivi la fermeture, il parvient à vivre tranquillement du RSA et de la vente sur le net des dernières pièces de son magasin. Il profite de son temps libre comme il l’entend. Mais peu à peu, les choses vont se compliquer financièrement. D’autant que l’homme n’est pas du genre à apprécier les formalités administratives. Il lui devient difficile de payer son loyer. Heureusement, un ami de jeunesse, Alex Bleach, chanteur à succès, lui vient en aide et règle la note pour lui. Mais quand Alex est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel, l’univers de Vernon s’effondre. Les loyers impayés s’accumulent et l’huissier ne tarde pas à débarquer et à l’éjecter. C’est la descente aux enfers pour notre amoureux du rock qui, de divans en canapés d’amis, va bientôt se retrouver à la rue.

Comme je l’ai écrit en introduction, j’ai hâte que le troisième opus sorte en poche avant même d’avoir lu le deuxième ! C’est dire à quel point j’ai aimé le premier tome ! J’ai vraiment été happée par cette odyssée moderne, cet homme qui se retrouve exilé de chez lui, mis au banc de la société et même de sa propre vie. Le style de Despentes, incisif, sert parfaitement cette chronique de la société moderne. Un kaléidoscope de personnages s’articule autour du personnage principal et donne à voir divers types sociaux très bien travaillés. Certains diront caricaturaux peut-être mais c’est assumé et on s’y croirait. Notre monde contemporain est décortiqué à merveille, la satire, mêlant humour et cynisme, est impeccable. Chacun des personnages secondaires qui gravite autour de Subutex fait progresser l’intrigue. Rien n’est laissé au hasard, tout est en lien. A tel point que de comédie humaine on finit par se croire dans un polar. L’auteur de Bye bye Blondie nous offre une véritable pépite. C’est bien la raison pour laquelle je suis si pressée de lire la suite ! Mais je vais me montrer un peu patiente avant d’entamer le deuxième tome pour ne pas avoir à attendre trop longtemps le dernier… Bon, en attendant, je vais me lancer dans un polar… Mais j’ai vraiment hâte de vous présenter la suite. Remarquez, ça vous laisse le temps de le lire !

Jours d’oubli

29 Juin

Aujourd’hui, je vous présente un premier roman paru aux Editions de La Martinière.

Mademoiselle, à la folie ! Pascale Lécosse

couv-pascale-lecc81cosse-mademoiselleCatherine, actrice et comédienne fantasque, est au sommet de sa carrière. Elle s’apprête d’ailleurs à se voir remettre la légion d’honneur en récompense de ses nombreux succès. Elle a joué les plus grands rôles et ne recule devant rien pour avoir le plaisir de monter sur les planches et partager des moments intenses avec le public. Mais dans sa vie personnelle, Catherine est très seule. Amoureuse éperdue de Jean, ministre de la culture qui n’a jamais quitté son épouse pour la rejoindre, elle partage son logement avec Mina, son assistante, sa confidente mais surtout sa meilleure amie. La vie s’écoule tranquillement, entre deux tournées et deux coupes de champagne. Jusqu’au jour où tout bascule. Catherine sent peu à peu qu’elle perd le fil de sa vie, que tout lui échappe, même les mots qu’elle maîtrise tant, sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Mina assiste, au début impuissante, à la terrible maladie qui va grignoter le cerveau de son amie et tentera ensuite de la protéger au mieux. Catherine ne compte pas se laisser abattre. Elle veut continuer à jouer le rôle de sa vie.

Voilà un premier roman d’une grande intensité que nous livre Pascale Lécosse en traitant avec pudeur la maladie d’Alzheimer dans sa phase précoce. Le nom de la maladie n’est d’ailleurs pas cité une seule fois dans l’ouvrage qui montre l’évolution des troubles dans l’intimité du personnage principal. Les chapitres correspondent à la vision tantôt de la comédienne, tantôt de son amie afin de mieux donner à voir et à comprendre toute la complexité des maux, en passant par l’incompréhension, la honte, le déni et l’acceptation forcée qui ne signifie pas la soumission. Le texte, très poignant, demeure non moins enjoué grâce à des dialogues savamment orchestrés, à la fois drôles et désarmant. Je vous conseille vivement ce petit livre, que vous soyez ou non concernés par le sujet. Sortez vos agendas : parution le 17 août. Merci à l’agence Anne et Arnaud qui me permet de partager avec vous cette avant-première.

Gossip mums

5 Juin

Me voici de retour avec un livre décapant sur les dessous très chics de la maternité dans l’Upper East Side. Je remercie l’agence Anne et Arnaud ainsi que les Editions Globe  pour cette savoureuse découverte.

Les Primates de Park Avenue, Wednesday Martin

martin_wednesday_lesprimatesdeparkavenue_couverture_web-200x300Wednesday est anthropologue. Originaire du Midwest, elle s’installe dans l’Upper East Side – le quartier le plus huppé de Manhattan – alors qu’elle vient de mettre au monde son premier enfant. Ce qui ressemblerait à un privilège pour beaucoup va cependant bien vite tourner au cauchemar. Dans ce microcosme hyper privilégié, Wednesday est considérée comme un intrus par les femmes au foyer richissimes, surdiplômées et très influentes qu’elle va être amenée à rencontrer en emmenant son jeune fils à la maternelle. Outre ses difficultés à nouer des liens avec ses congénères, notre jeune scientifique va se trouver confronter à toutes les difficultés extrêmes que rencontrent les mères de l’Upper East Side : l’inscription des enfants dans les meilleures écoles, la quête d’un appartement bien situé, l’obligation de conserver un corps mince sans aucune imperfection après plusieurs grossesses… Pour faire face à l’hostilité du milieu, Wednesday choisit d’observer le milieu dans lequel elle est obligée d’évoluer avec son regard d’anthropologue. Elle va ainsi consigner puis analyser, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection. Parviendra-t-elle à s’acclimater ? Je vous le laisserai découvrir par vous-même.

En attendant, voici mon avis sur ce livre qui mélange autobiographie et analyse sociologique satirique. Je suis véritablement tombée sous le charme de cet ouvrage à la fois intelligent, drôle, parfois cruel, tout en étant extrêmement touchant. Wednesday nous entraîne dans son quotidien de femme, de mère et nous donne à voir l’extrême difficulté de ce dernier rôle dans un des quartier les plus huppés de la planète où tout ne semble être que compétition. Difficile de croire que des femmes puissent faire montre d’une telle violence entre elles dans le but de favoriser au maximum leur progéniture. Pourtant, tout est réel. Mais il ne s’agit pas d’un simple témoignage ou tranche de vie. Ce livre est un traité aussi érudit que mordant, qui permet à la fois de s’enrichir intellectuellement et de rire face à des comportements que l’on jugera absurdes de l’extérieur mais qui on une réelle signification. La fin du livre est particulièrement bouleversante et tranche ainsi avec le début qui nous montre un univers très froid et hostile de prime abord. Le ton général est très enlevé et enjoué, ce qui fait de cette réflexion sur la maternité et sur la vie des femmes de Manhattan une lecture pétillante. Un très joli coup de cœur pour moi !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un petit extrait :

« S’il existe un endroit où l’enfance et la maternité ont évolué de façon flagrante, c’est bien l’Upper East Side de Manhattan. Au sein de cette niche où le relâchement des pressions de compétition interspécifique est extrême, au sein d’une culture hautement compétitive, avoir une progéniture « qui réussit » est gage de statut social, les enfants étant des miroirs de nos propres aspirations. Les soutenir et travailler d’arrache-pied pour eux est devenu une véritable profession. Ici, la maternité est une carrière semée d’embûches et de coups-bas, où les enjeux sont colossaux. L’activité y est stressante et anxiogène précisément parce que c’est aux mères qu’incombe la réussite ou l’échec de cette entreprise, dont dépendra la réussite ou l’échec de leur progéniture. Et donc des leurs. Un circuit d’une fluidité remarquable et, comme j’allais l’apprendre, quasi inexorable. »

Un psy dans la tourmente

19 Mai

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une nouveauté polar parue au Seuil.

Les Sœurs ennemies, Jonathan Kellerman

131528_couverture_hres_0Alex Delaware, psychologue expert auprès des tribunaux, est en bien mauvaise posture. Une de ses clientes, Constance Sykes, qu’il est chargé d’évaluer dans un procès qui l’oppose à sa sœur, le menace de le tuer…

Il faut dire que dès le départ, l’affaire Sykes contre Sykes était mal partie. La cadette, Chery, hippie au grand coeur mais sans le sou, avait laissé son bébé à son aînée, Constance, médecin spécialiste plus qu’antipathique, afin de partir en tournée avec un groupe. L’absence qui ne devait pas durer plus de quelques jours s’est prolongée trois longs mois pendant lesquels Constance, en mal d’enfant, s’est attachée à la petite Rambla. Lorsque Chery vient récupérer sa fille, c’est la crise. Constance engage un procès à son encontre, cherchant à la destituer des ses droits maternels en soutenant qu’elle mène une vie dissolue et qu’elle est incapable de s’occuper de son enfant. Le docteur Delaware est appelé en tant qu’expert pour juger de la situation. Son avis penche en faveur de Chery, la mère biologique, ce qui engendre un profond sentiment de colère de la part de Constance qui jure de se venger. Jusqu’à ce que cette dernière soit retrouvée assassinée dans sa villa. La première sur la liste des suspects est bien entendu Chery. Le lieutenant Milo Sturgis, ami d’Alex Delaware, est chargé de l’enquête et est persuadé de la culpabilité de la jeune sœur. Mais le psychologue est certain que les apparences sont trompeuses. Qui des deux a raison ? Je vous laisse le découvrir…

C’est la première fois que je lis une enquête de Delaware et Sturgis. J’avais lu assez récemment Que la bête s’échappe que Jonathan Kellerman avait coécrit avec son fils Jess mais ne connaissais pas sa série de thrillers psychologiques (plus de trente livres !). Ce roman est donc pour moi une découverte et je dois bien avouer qu’elle est très bonne puisque j’ai très envie de découvrir les précédents ouvrages. On sent, dans la plume de Kellerman, toute la précision du psychologue dans la construction de chacun des personnages. Chaque profil est parfaitement soigné, nuancé. Le lecteur qui ne connait pas le couple d’enquêteur n’est pas perdu car l’auteur maîtrise à merveille l’art de la description en action ce qui permet de cerner la personnalité de chaque personnage principal très rapidement, sans lourdeur. Malgré des sujets abordés qui peuvent paraître un peu pesant, le ton reste léger, teinté d’humour, ce qui est fort appréciable.  Les rebondissements et les fausses-pistes sont multiples ce qui ne laisse pas une seconde d’ennui au lecteur. Je recommande ce thriller psychologique qui a été pour moi un très bon moment de lecture. Coup de cœur !

Vers l’infini et l’au-delà !

24 Avr

Attention, chaud devant ! Amateurs de science-fiction/fantasy et de loufoquerie, ce roman fleuve est fait pour vous ! Il vient tout juste de sortir aux éditions Aux Diable Vauvert que je remercie pour leur confiance renouvelée.

Théâtre des Dieux, Matt Suddain

couv-suddain-thecc81acc82tre-des-dieux-pl1site-2Pas simple de résumer un livre de plus de 700 pages et encore moins celui-ci qui n’est vraiment pas commun.

Vous tenez entre vos mains le journal d’un grand voyageur interstellaire, M. Francisco Fabrigas. Cet écrit volumineux, qui conte les exploits de son auteur, a été retrouvé et publié par Blacklist Publishing, une maison d’édition sauvant de l’oubli les oeuvres perdues ou censurées. C’est Matt Suddain, un employé-éditeur de la maison, qui a mis la main sur cette fantastique histoire et vous la rapporte présentement.

Cette histoire, la voici. Il s’agit donc de celle de M. Francisco Fabrigas, explorateur, philosophe, physicien et hérétique de son état, qui embarque à bord d’un vaisseau spatial aux allures de navire pour un voyage terrible vers une autre dimension. Avec lui, l’accompagnent, entre autres, : un jeune capitaine, un brave garçon garçon sourd, une petite fille aveugle mais très perspicace, une botaniste sensuelle. Tout ce beau monde est poursuivi par le Pape de l’Univers, un magnétiseur coquet et une pieuvre géante…

Moult complots sombres et obscurs, cultes démoniaques, traversées de jungles meurtrières, pagaille quantique, naissance de la Création et mort du Temps : voici tout ce qui vous attend et bien davantage encore dans cette fresque spatio-fantastique. Laissez-vous entraîner derrière le voile de la réalité pour découvrir les mystères les plus secrets – et déjantés – du cosmos…

Difficile de faire plus court ou plus simple. Vous l’aurez compris, vous vous trouvez devant un véritable OVNI littéraire, une pièce rare, fabuleusement mise en page dans une édition reliée sous jaquette, agrémentée d’affiches d’époque. L’auteur, qui signe ici son premier roman, maîtrise en tout point l’art de la mise  en abîme, c’est-à-dire du roman dans le roman, et nous entraîne avec brio dans un univers totalement décalé mais d’une richesse incroyable, aussi historique que littéraire. On retrouve ici tout ce qui fait la force des plus grands romans d’aventure de Jules Verne et de Stevenson corrélé à la puissance imaginative de la science-fiction de ce roman se déroulant dans un moyen-âge spatial futuriste. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour satirique. Alors, si vous n’avez pas peur de vivre une expérience littéraire hors du commun, si vous aimez les textes innovants, légèrement hallucinés, ne manquez sous aucun prétexte cette magnifique épopée à la croisée des genres.

Défaire ses chaînes

23 Avr

Aujourd’hui, je vais vous présenter un petit livre à mettre entre toutes les mains, enfants comme adultes, il ravira tous les lecteurs.

Le chevalier à l’armure rouillée, Robert Fisher

le-chevalier-a-l-armure-rouilleeDans un passé lointain, un valeureux chevalier qui se trouvait « bon, gentil et plein d’amour » combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Lorsqu’il n’avait pas de bataille à livrer, il vivait dans son château avec sa femme Juliette et son fils Christophe. Il passait aussi énormément de temps à contempler et à s’occuper de son armure, jusqu’au jour où il décida de ne plus la retirer, même pour manger ou aller dormir. Sa femme lui fit remarquer que vivre avec un époux sans cesse caché derrière une armure n’était vraiment pas agréable. Son fils ne savait même plus à quoi ressemblait son père sans sa protection d’acier ! L’ambiance dans la famille ne cessait de se détériorer jusqu’au jour où Juliette lança un ultimatum : soit il la choisissait elle, soit il choisissait son armure. Bien que le chevalier préférât sa femme et voulût se défaire de son armure, il ne parvint pas à la retirer. Il resta misérablement coincé à l’intérieur…

Pour se défaire de ce qui était pour lui devenu une prison, il partit en quête du magicien Merlin, afin qu’il l’aide dans son cheminement. Seule la réelle connaissance de lui-même lui permettrait de se défaire de cette armure qui l’empêchait de se montrer tel qu’il était vraiment. Bien entendu, la quête de sa véritable identité ne se fera pas sans heurts mais l’enjeu vaudra toutes les peines du monde et il sera accompagné dans ce parcours initiatique par des auxiliaires très sages et bienveillants.

Ce Chevalier à l’armure rouillée est une véritable petite pépite. Conte philosophique à la portée de tous, dans la lignée du Petit Prince de Saint-Exupéry, il peut se lire et se relire à tous les âges de la vie selon des axes différents. Il permet une réflexion d’une grande richesse sur ce qui fait notre identité, sur les prisons internes que l’on peut se construire en croyant se protéger mais qui ne font en réalité que nous éloigner de notre véritable identité. Réflexion également sur le rôle attribué au regard de l’autre – à qui nous cherchons à plaire – bien souvent à l’origine de la construction de cette carapace qui finit par nous étouffer et effacer notre personnalité. A l’image du prisonnier de la caverne de l’allégorie de Platon, notre chevalier devra surmonter différentes étapes, symbolisées par le Chemin de la Vérité, les Châteaux du Silence, de la Connaissance et de la Volonté et de l’Audace, pour parvenir au but ultime du Sommet de la Vérité, et se libérer de ses chaînes en se trouvant enfin. Et ce n’est qu’en se connaissant et en s’aimant lui-même qu’il pourra porter un amour sincère à ses proches et aider ceux qui pourraient avoir besoin de lui : « Il pleura encore plus amèrement en se rendant compte que s’il ne s’aimait pas lui-même, il ne pouvait pas aimer les autres, car le besoin qu’il avait d’eux se mettrait toujours en travers ». Ce ne sera qu’en prenant conscience de ses erreurs et en ayant suffisamment confiance en lui qu’il pourra se jeter dans l’inconnu, ne plus avoir peur du jugement et se sentir complètement libre et lui-même. Nul besoin de détailler davantage ce chef-d’oeuvre à la portée universelle, accessible à tous et plein d’humour. Je vous laisse le savourer et sans doute vous y trouver. Coup de cœur !

En voiture, Simone !

9 Avr

Je suis sûre et certaine que, comme moi, vous les attendiez impatiemment… Les revoilà, les revoilou… Mais qui donc me direz-vous ? Mais les Lutins Urbains évidemment !

Le péril Groumf – Les Lutins Urbains – Tome 4, Renaud Marhic

le-peril-groumf-les-lutins-urbains-tome-4-191x300Gustave Flicman, notre jeune policier qui a été débauché du commissariat de quartier Adinike par le ministère pour assurer la sécurité du Président, n’est pas au bout de ses peines. En effet, alors qu’il visitait la Grosse Cité en compagnie de son père, le Pacha Directeur Général du Pépettochistan, le jeune pacha-héritié s’est fait dévalisé. Seul témoin de la scène, notre brave ami… Et ce qu’il a vu n’est pas joli, joli… Le coupable ne serait autre que le célèbre Yéti… Impossible me direz-vous ? Pas si sûr que cela… Une chose est certaine, c’est que Gustave n’est pas prêt de souffler. Le Pacha menace de déclencher la 3ème guerre mondiale si le jouet préféré de son fiston n’est pas retrouvé fissa. Et quand on sait que le voleur a quitté la ville accompagné du Troll, c’est la cata ! Prenant son courage a deux mains, secondé par ses amis les Lutins Urbains, Gustave va mettre les voiles pour une aventure hors du commun…

Une fois de plus, c’est avec plaisir que je participe à l’opération du Livre voyageur organisée par Renaud Marhic, alias le Petit Reporter de l’Imaginaire. Depuis le départ, j’ai le plaisir de suivre l’aventure de ces lutins facétieux et le plaisir est sans cesse renouvelé. On retrouve, dans ce quatrième opus, tout ce qui fait le style et le charme de l’écriture de l’auteur : les rimes, l’utilisation d’un vocabulaire varié, riche en synonymes et périphrases – ce qui est très appréciable pour la professeure de lettres que je suis -, les interpellations du narrateur avec les fameux petits « Psiiiiit ! », marque de fabrique inimitable et surtout, surtout, l’humour décapant, omniprésent. Cette fois-ci, nos amis nous entraînent dans un voyage totalement hallucinant et abracadabrantesque. Si vous avez des enfants entre 10 et 12 ans qui aiment les histoires farfelues, ce livre est fait pour eux. Pas de panique s’ils n’ont pas lu les premiers tomes ! L’histoire se lit indépendamment des précédents romans. Et si vous voyez qu’ils en sont friands, n’hésitez pas à vous procurer les premiers tomes, ils étaient excellents (à découvrir ici).

Et encore un grand merci à Renaud Marhic, un auteur d’une extrême sympathie et aux Editions P’tit Louis.

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Preuve que le livre a bien voyagé… De la Bretagne à la Bourgogne ! Demain, il retourne au bercail !

Je communique donc je suis

11 Déc

Je casse le rythme des nouveautés avec ce livre débusqué cet été au cours d’un vide grenier. Pour tout vous dire, les livres sont ma seule et unique motivation lorsque que je fréquente ce genre de manifestations…

Une vie à se dire, Jacques Salomé

518w9j4eapl-_sx195_Pour le propos du roman, ça va être du rapide ! -autant vous prévenir vu que ce n’est pas franchement dans mes habitudes.

Une mère de famille, Anne, après avoir assisté à de nombreuses conférences et lu plusieurs livres, décide d’introduire, au sein de son environnement relationnel, la méthode ESPERE (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle) du psychosociologue Jacques Salomé. Nous suivons donc son quotidien, celui de ses trois enfants, de son époux et du groupe de femmes et d’hommes qui viennent partager leur expérience avec elle qui tentent de se former à un nouveau style de communication, fondé sur la bienveillance et la responsabilisation afin de remplacer notre langage souvent basé sur l’agressivité et la mauvaise foi.

A la lecture de ce court résumé, vous penserez sans doute comme moi : il a un sacré culot ce Jacques Salomé pour faire la pub de ses bouquins et de ses conférences dans un roman ! C’est certain. Mais à sa décharge, moi qui ne lit que très rarement des ouvrages de développement personnel j’ai bien accroché à cette méthode expliquée sous forme romancée. Si pas mal de discours sont totalement irréalistes – notamment ceux tenus par les enfants  qui s’expriment comme des chiens savants et qui ne sont que des J. Salomé version miniaturisée – le texte est globalement agréable à lire d’autant plus qu’il est bourré d’humour et que l’auteur ne manque pas d’autodérision. Une manière efficace d’illustrer de façon concrète et attrayante cette méthode que le spécialiste enseigne depuis des années. A vrai dire, j’ai eu la sensation de me retrouver comme un scientifique qui regarde ses rats de laboratoire derrière une vitre et constate les évolutions de ses spécimens. Ce livre permet aussi de nous rendre compte à quel point notre façon de communiquer possède une incidence sur notre relation non seulement aux autres mais à nous-mêmes. Mieux parler, c’est aussi mieux se comprendre. Je vous laisse méditer.

Drôlerie funeste

10 Sep

Et dire que j’ai acheté ce livre dans une église…

Petits suicides entre amis, Arto Paasilinna

1540-1Le président d’une société en faillite a décidé de se donner la mort. Pour cela, il décide de se rendre dans une grange à l’abri des regards. Malheureusement pour lui, un colonel a eu le même projet. Le président sauve le pauvre homme de la pendaison. Devant remettre leurs funestes projets à plus tard, les deux suicidaires sympathisent et décident de rassembler d’autres désespérés. Pour ce faire, ils postent une petite annonce dans un journal. Qu’elle n’est pas leur surprise en recevant quelques jours plus tard des centaines de lettres de personnes n’ayant plus goût à la vie ! Les deux compères invitent alors leurs correspondants à se réunir afin de mettre au point un suicide collectif. Débute alors à bord d’un car de tourisme grand luxe un voyage totalement loufoque de la Finlande à la Norvège en passant par l’Allemagne, la France, la Suisse et le Portugal.

Sans mauvais jeu de mots, ce livre est tout simplement à mourir de rire ! Les aventures rocambolesques de ce groupe de suicidaires pas anonymes à travers l’Europe est tout bonnement désopilant. L’humour présent à chaque page fait de ce road-trip hors du commun un véritable moment de plaisir livresque. Le tout est vraiment très bien rédigé et offre une réflexion non seulement sur la société finlandaise et sur le suicide mais sur la vie en général. Inutile d’en dire plus. Véritable coup de cœur ! Hâte de découvrir d’autres romans de cet auteur ! Je vous laisse avec un extrait :

« Une fois le commissaire et le liquidateur de faillite partis, le président Rellonen monta sur la table de la terrasse afin de mieux se faire entendre. Il prononça une violente diatribe, s’en prenant aux représentant de la loi qui venaient de leur rendre visite, et se plaignit d’avoir justement dû se battre, tout au long de sa carrière, contre de tels pillards bureaucratiques. Rien d’étonnant à ce qu’il ait été poussé plusieurs fois au suicide. L’auditoire opina du bonnet. « Mais ne laissons pas ce déplorable incident gâcher une journée si bien commencée », conclut l’homme d’affaires en levant son gobelet en carton où pétillait du champagne frais. « Buvons à la santé des plus exquis suicides ! » Les désespérés sablèrent le champagne toute la journée. Quand les premières réserves furent épuisées, Korpela et Lismanki prirent l’autocar pour aller se réapprovisionner à Lammi. « On a bien failli finir dans l’fossé », se vanta Uula au retour. le colonel Kemppainen mit ses troupes en garde contre l’abus d’alcool. On y risquait sa santé, les reins et le foie ne supportaient pas l’excès de boisson. Les suicidaires firent remarquer aux prêcheurs qu’une éventuelle cirrhose était le cadet de leur souci, vu qu’ils avaient de toute façon un pied dans la tombe. Kemppainen ne trouva rien à répliquer ».