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Bilan 2014

31 Déc

2014 se termine et l’heure est au bilan !

88 livres lus cette année soit seulement un de moins qu’en 2013 ! Encore plusieurs dizaines de milliers de pages ! Dire que je pensais ralentir le rythme !

Encore de belles découvertes et re-lectures cette année.

J’ai enfin fait la connaissance (littéraire s’entend !) d’Amélie Nothomb et je n’ai pas été déçue. Les Catilinaires mais surtout Métaphysique des tubes m’ont particulièrement marquée.

Dans un tout autre style, j’ai dévoré les célèbres Shining de Stephen King et American Psycho de Bret Easton Ellis. De l’angoisse et du gore en veux-tu en voilà mais extrêmement bien rédigé.

J’ai aussi découvert la prose de John Irving avec l’énorme (dans tous les sens du terme) A moi seul bien des personnages. Voilà un auteur que je compte bien explorer davantage.

Dans un genre plus léger, je me suis délectée de La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole, qui est rentré dans la liste de mes livres préférés.

Pour ce qui est de la littérature jeunesse, de belles découvertes là aussi. Deux classiques dans des styles complètement différents : Le Baron perché d’Italo Calvino et L’Attrape-coeurs de J.D. Salinger. Et beaucoup plus contemporain mais qui s’inscrit dans la droite ligne de ce dernier, les magnifiques Qui es-tu Alaska et Nos étoiles contraires de John Green.

Cette année, j’ai aussi lu Stephan Zweig – indémodable – avec délectation, notamment La Pitié dangereuse qui m’a gentiment été offert.

La littérature nippone a également été à l’honneur avec le grandiose Je suis un chat de Natsume Sôseki et de nombreuses oeuvres de Haruki Murakami avec lequel j’ouvrirai les chroniques 2015 (j’en suis au tiers des Chroniques de l’oiseau à ressort).

Enfin, j’ai relu Boris Vian, et y ai pris un immense plaisir, comme à chaque fois. J’ai commencé par L’herbe rouge en début d’année et ai terminé par le chef-d’oeuvre qu’est L’écume des jours (que j’aurai le plaisir de faire découvrir à mes élèves de 3ème à la rentrée).

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite par avance une très bonne année 2015 et surtout de belles lectures !

 

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Vue du ciel

30 Juin

Aïe ! j’ai énormément de retard dans mes chroniques… Pas vraiment le temps de lire et encore moins d’écrire ces derniers jours… Vivement les vacances que je me rattrape !

Le baron perché, Italo Calvino

Le 15 juin 1767, à ombreuse, près de Gênes en Italie, après s’être disputé avec ses parents à propos d’un plat d’escargot, le jeune Côme Laverse du Rondeau, 12 ans, décide de se réfugier dans l’yeuse du jardin sous le regard admiratif de son jeune frère (le narrateur). Mais ce qui apparaît au début comme une simple bravade de la part de l’adolescent se transforme bien vite en mode de vie.

Effectivement, Côme ne redescendra jamais de son arbre. Désormais, son univers ne sera plus la terre ferme mais les branches parmi lesquelles il apprendra à évoluer avec une agilité remarquable. Tandis que son père, baron déchu, s’échine à espérer que son aîné quittera ses cimes pour enfin tenir le rang qui lui est dévolu, sa mère semble accepter l’impossible.

Du haut des arbres, Côme découvre le monde, apprend la chasse, la pêche et surtout observe les gens d’en bas, avec une certaine ironie. Sa philosophie se résume par cette phrase : « Pour bien voir la terre, il faut la regarder d’un peu loin ». Cependant la distance qu’il pose avec le commun des hommes ne l’empêche pas de vivre pleinement dans son époque. Côme s’instruit et ne perd rien de la révolution des Lumières qui se joue en France, passant ses journées à lire Rousseau et Voltaire.

J’arrête ici le résumé de cette oeuvre foisonnante et n’en fournirai qu’une brève analyse par manque de temps (l’oeuvre est si riche que l’on pourrait largement en faire l’objet d’un mémoire !) Voilà des années que je souhaitais lire ce célèbre roman de Calvino et c’est avec un immense plaisir que j’ai découvert cette édition dans mon casier en salle des profs fin avril.

Ce livre est tout à la fois roman d’aventures  et de formation, récit historique et conte philosophique. L’aventure de Côme dans les arbres, aussi surréaliste qu’elle puisse paraître est traitée de façon très logique par l’auteur qui réussit le pari d’instaurer un modèle de vie dans les arbres tout à fait plausible et fait de Côme une sorte de Robinson perché. En toile de fond, on trouve de nombreuses allusions à la Révolution française ainsi qu’aux campagnes bonapartistes qui donnent lieu d’ailleurs à des scènes satiriques très cocasses. Conte philosophique enfin car, à la manière de Voltaire, Calvino parvient, avec une grande distance ironique et grâce à ce personnage d’excentrique épris de liberté, à engager une réflexion sur la société, les rapports humains (la famille notamment) et la solitude.

Vous l’aurez compris, ce roman est à ranger parmi les chefs-d’oeuvre de la littérature, une vraie pépite à lire au moins une fois dans sa vie !