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Instant présent

22 Nov

Ce soir, je vous invite, par le biais d’un manga magnifique, à savourer l’instant présent, à prendre le temps de vous promener et d’ouvrir grand vos yeux afin de ressentir pleinement tout les bienfaits du monde qui vous entoure.

L’Homme qui marche, Jirô Taniguchi

lhomme-qui-marche-de-jiro-taniguchi-e1504419458406Un homme vient d’emménager avec sa femme dans un quartier résidentiel. Peu de temps après leur arrivée dans la maison, ils découvrent le chien de l’ancien propriétaire et l’adoptent aussitôt. De ce couple, nous ne sauront rien d’autre sinon que l’homme se plaît à se promener. En effet, au moment où tout le monde se presse au travail, il aime prendre le temps de marcher et d’observer toutes les petites choses du quotidien qui nous entourent, tout ce à quoi plus personne ne fait attention, trop accaparé par le rythme effréné de la vie citadine.

Voici un magnifique manga de Taniguchi, qui fut, à l’époque, son premier ouvrage à paraître en français. La beauté de ce livre ne réside pas seulement dans les dessins – d’une finesse et d’une qualité sans égale – mais aussi dans le message qu’il envoie. En effet, dans une société nippone du début des années 90 qui prône la valeur travail, Taniguchi se fait taiseux et invite ses lecteurs à prendre le temps. Très contemplatif, ce manga poétique – qui ne comporte quasiment aucun dialogue – est une ode à l’oisiveté, aux déambulations sans but, juste pour se faire plaisir. Un véritable petit bijou visuel et spirituel. Laissez-vous tenter et découvrez ici mes autres chroniques sur cet auteur.

 

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Miam !

22 Jan

Pris un peu au hasard dans le rayon manga de la médiathèque…

Le gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Un homme, dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’il vit seul, qu’il doit avoir la quarantaine et qu’il travaille dans le commerce, arpente les rues de Tokyo et de quelques autres villes japonaises dont Osaka pour son travail. Mais contrairement aux commerciaux pressés, lui aime prendre son temps. Surtout pour manger.

Chaque histoire va l’amener dans un nouveau lieu, et sera l’occasion de découvrir un nouveau restaurant, de goûter à des plats typiquement japonais qui vont lui faire revivre des souvenirs ou de faire des rencontres furtives. Chaque repas est observé à la loupe si bien que l’on a l’impression de goûter à chaque bouchée avec notre personnage.

Les dessins sont bien réalisés mais j’ai trouvé les paroles trop répétitives et le scénario un peu simpliste – je n’attendais pas un déploiement de souvenirs façon Proust à chaque bouchée de riz, mais cet aspect de l’histoire aurait gagné à être développé. Par contre, grâce aux déambulations du gourmet, j’ai appris beaucoup de choses sur la culture culinaire nippone. A vos baguettes !

 

Un corps pour deux

23 Déc

J’ai emprunté ce livre dans le rayon mangas de la médiathèque en pensant qu’il se lisait comme un vrai manga… et bien non, il se lit à l’occidentale !

Un ciel radieux, Jirô Taniguchi

Une nuit, Takuya Onodéra, un jeune motard de 17 ans, est violemment percuté par une voiture. Le conducteur, Kazuhiro Kubota, père de famille surmené par son travail décède très rapidement. Takuya, lui, s’en sort miraculeusement après quelques jours de coma.

Mais au réveil, Takuya, ne se souvient de rien et ne semble plus le même pour sa famille. Et pour cause, il est frappé d’une étrange amnésie. La conscience de Kasuhiro Kubota a pris place dans le corps du jeune homme. Mort physiquement, Kubota veut saisir cette chance qu’il lui est donnée de vivre encore dans le corps d’un autre pour faire comprendre à sa femme et à sa fille combien il regrette de les avoir délaissées pour son travail.

Mais le temps lui est compté. Takuya retrouve ses souvenirs peu à peu tandis que l’esprit de Kubota semble partir vers d’autres rives. Ce dernier doit donc absolument reprendre contact avec sa famille avant de mourir complètement. La cohabitation des deux âmes dans le corps de Takuya s’avère de de plus en plus difficile.

Ce manga en noir et blanc, qui se lit donc comme une BD traditionnelle, m’a vraiment plus alors que je ne suis pas une fan du genre. Les dessins sont soignés et l’histoire intéressante et émouvante. La dualité des esprits dans le même corps est bien rendue dans les dessins, grâce à un dédoublement des personnages, l’un semblant effacé derrière l’autre ou des bulles différentes, ce qui permet de bien toujours savoir qui s’exprime.

L’auteur, Jirô Taniguchi dessine depuis 1970 et a reçu de nombreux prix notamment l’Alph’Art du meilleur scénario au Festival d’Angoulème 2003 pour le premier volume de Quartier lointain. J’espère donc découvrir d’autres de ces oeuvres après cette bonne surprise.