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Carpe diem

20 Jan

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter un magnifique roman pour adolescents mais qui peut tout à fait être lu par des adultes. Merci aux éditions Syros pour leur confiance renouvelée.

21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

21-printemps-comme-un-million-d-anneesLa meilleure amie de Victor, Juliette, ne tient pas en place. Toujours prête à partir à l’aventure, on ne sait jamais si elle sera encore là le lendemain. Elle vit sa vie à cent à l’heure, bien décidée à en cueillir les fruits avant qu’ils ne soient trop mûrs. Bien souvent, elle se brûle les ailes mais Victor n’est jamais bien loin pour lui venir en aide. Juliette vit dans l’instant, elle n’a plus trop le choix depuis qu’elle sait. Elle veut juste profiter au maximum de tout ce que la vie peut lui offrir. C’est son histoire et ses multiples aventures que Victor raconte à un groupe de jeunes filles qui ont connu Juliette à l’hôpital et qui la prennent pour un exemple.

J’ai été très touchée par ce roman d’une grande maturité. La jeune auteure dépeint des personnages à la fois entiers et tout en nuances, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Le thème de la maladie est abordé avec beaucoup de pudeur et de finesse. En effet, grâce au choix narratif – l’histoire de Juliette racontée par son meilleur ami – ce n’est pas la mort qui est placée au centre de l’histoire mais la vie car Victor devra avancer, continuer à tracer son propre chemin, quoiqu’il arrive. Ainsi, ce n’est jamais larmoyant. Au contraire, il se dégage de cette histoire un puissant souffle de vie. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green, vous serez conquis par ce roman qui traite de la puissance de l’amitié, l’importance de profiter de la vie, l’entrée dans le monde des adultes et la perte d’un être cher. Gros coup de cœur pour ce récit qui vient tout juste de paraître.

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Triangle amoureux

26 Avr

Je remercie chaleureusement les éditions Syros pour l’envoi de ce roman.

Même pas peur, Ingrid Astier

Comme tous les ans, Stephan retrouve ses meilleurs amis Phil et Mica à l’île d’Yeu pour une chasse au trésor géante. Alors que Stephan se faisait une joie de retrouver la belle Mica, le voilà ronger par la jalousie. La demoiselle semble avoir jeter son dévolu sur Phil. Submergé par des vagues de sentiments contradictoires, notre jeune héros est prêt à n’importe quoi pour exister aux yeux de celle qu’il aime, quitte à prendre des risques inconsidérés ou à briser des années d’amitié.

Ingrid Astier signe avec Même pas peur son premier roman pour la jeunesse et valide l’essai avec brio. Nous suivons, sans temps mort, l’évolution des sentiments de Stephan en même temps que les énigmes de la chasse au trésor. La romancière parvient parfaitement à rendre compte de toute la complexité du bouillonnement intérieur de l’adolescence, cet âge de tous les possibles en même temps que des doutes les plus intenses. « Education sentimentale » adolescente, ce roman donne à voir à quel point l’apprentissage de l’amour peu parfois s’avérer compliqué.

Les jeunes lecteurs s’identifieront sans peine au personnage principal à la fois timide et fragile mais aussi provocateur par moments. J’ai apprécié que l’auteur traite le thème de l’amour adolescent du point de vue d’un garçon et parvienne à rendre compte de ses difficultés à exprimer ses sentiments sans jamais tomber dans l’angélisme, loin de là. Pour travailler avec des collégiens, je pense qu’il reflète assez bien la réalité car bien souvent les adolescents masquent leurs craintes sous leurs airs fanfarons. Les lecteurs de John Green – en particulier de Qui es-tu Alaska – apprécieront sans doute cet ouvrage.

Au-delà des apparences

15 Avr

Je termine en beauté ma session littérature jeunesse avec une belle pépite.

Eleanor and Park, Rainbow Rowell

Eleanor vient d’emménager dans une nouvelle ville. Le premier jour qu’elle met les pieds dans le bus pour se rendre au lycée, tout le monde la dévisage. Les passagers – ses futurs « camarades » de classe – se moquent ostensiblement d’elle à cause de sa tignasse rousse, de son embonpoint et de son accoutrement bizarre. Personne ne veut d’elle à côté de lui. Elle finit par s’installer à la seule place libre, à côté d’un ado d’origine asiatique, Park. Ce dernier ignore totalement sa voisine et ne lui adresse pas la parole. Bref, c’est mal parti pour l’intégration d’Eleanor qui va bien vite devenir la tête de turc de Tina, la fille la plus populaire du lycée.

Pour ne rien arranger, la vie familiale d’Eleanor est également un enfer. Son père ne veut plus la voir, ni sa tripotée de frères et soeurs. Du coup, elle partage une unique chambre avec ces derniers dans une minuscule maison dans laquelle viennent d’emménager sa mère et son beau-père qu’elle déteste. Il faut dire qu’il y a de quoi. L’homme est un violent pervers alcoolique. Il a d’ailleurs mis sa belle-fille à la porte des mois plus tôt. Sa mère n’était pas intervenue pour la défendre et Eleanor avait dû passer un an chez ses voisins…

Les journées au lycée se suivent et se ressemblent pour notre amie qui se fait toujours harceler dans le bus et en cours de sport. Une chose a néanmoins changé et pas des moindres. Park lui adresse enfin la parole. Ils possèdent une passion commune pour les comics et les Smiths. Bientôt, un lien très fort va s’instaurer entre eux.

Si vous avez aimé Nos étoiles contraires et Qui es-tu Alaska ? de John Green, vous adorerez Eleanor and Park. Comme les deux autres, ce roman est centré sur la découverte de l’autre, du sentiment amoureux chez les adolescents. Comme les deux autres, l’histoire n’a rien de mièvre. Elle sonne juste. Les personnages sont des adolescents cabossés par la vie (surtout Eleanor mais Park n’est pas épargné. En effet, s’il a la chance de vivre dans une famille aimante et unie, il se sent mis à l’écart par son père qui semble être constamment déçu par son fils), des adolescents comme on peut en croiser dans la réalité. Tout semble les opposer et pourtant, ils finissent par devenir inséparables. Les thèmes de la différence, de l’exclusion du groupe parce que l’on n’appartient pas à la « norme » et du harcèlement qui peut en découler sont eux aussi traités avec beaucoup de réalisme et l’auteur ne tombe jamais dans la caricature. Les « méchants » ne sont pas forcément punis, les choses ne s’améliorent pas nécessairement. Il faut essayer de passer outre. Chacun a le droit à la différence, qu’elle soit physique, vestimentaire, sociale… et l’assumer est encore le meilleur moyen de la faire accepter par les autres (à moins d’avoir affaire à de sacrés abrutis comme c’est malheureusement le cas pour Eleanor). J’ai justement apprécié que le personnage principal ne corresponde par à la norme, qu’elle ne soit pas un canon de beauté répondant aux critères actuels. Eleanor a des complexes mais Eleanor est une fille en vie, qui a du caractère et c’est bien le principal.

En ce qui concerne la narration, on suit alternativement les points de vue des deux personnages principaux dans de courts chapitres et sous-chapitres. Le rythme est donc assez soutenu et l’on ne voit pas le temps passer malgré presque 400 pages tout de même. Le fait de traiter certaines scènes sous deux aspects permet de se rendre compte de l’avancée parallèle des sentiments des personnages bien souvent en proie au doute l’un et l’autre. je me suis tellement prise à l’intrigue que j’avais parfois envie d’intervenir pour les aider à mieux se comprendre ! Autre petite chose qui n’a rien à voir avec le style : les références à la pop-culture des années 80 avec les comics et tous les grands groupes de l’époque qui susciteront peut-être la curiosité de nos jeunes lecteurs. Vous l’aurez compris, à savourer sans hésitation !

Bilan 2014

31 Déc

2014 se termine et l’heure est au bilan !

88 livres lus cette année soit seulement un de moins qu’en 2013 ! Encore plusieurs dizaines de milliers de pages ! Dire que je pensais ralentir le rythme !

Encore de belles découvertes et re-lectures cette année.

J’ai enfin fait la connaissance (littéraire s’entend !) d’Amélie Nothomb et je n’ai pas été déçue. Les Catilinaires mais surtout Métaphysique des tubes m’ont particulièrement marquée.

Dans un tout autre style, j’ai dévoré les célèbres Shining de Stephen King et American Psycho de Bret Easton Ellis. De l’angoisse et du gore en veux-tu en voilà mais extrêmement bien rédigé.

J’ai aussi découvert la prose de John Irving avec l’énorme (dans tous les sens du terme) A moi seul bien des personnages. Voilà un auteur que je compte bien explorer davantage.

Dans un genre plus léger, je me suis délectée de La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole, qui est rentré dans la liste de mes livres préférés.

Pour ce qui est de la littérature jeunesse, de belles découvertes là aussi. Deux classiques dans des styles complètement différents : Le Baron perché d’Italo Calvino et L’Attrape-coeurs de J.D. Salinger. Et beaucoup plus contemporain mais qui s’inscrit dans la droite ligne de ce dernier, les magnifiques Qui es-tu Alaska et Nos étoiles contraires de John Green.

Cette année, j’ai aussi lu Stephan Zweig – indémodable – avec délectation, notamment La Pitié dangereuse qui m’a gentiment été offert.

La littérature nippone a également été à l’honneur avec le grandiose Je suis un chat de Natsume Sôseki et de nombreuses oeuvres de Haruki Murakami avec lequel j’ouvrirai les chroniques 2015 (j’en suis au tiers des Chroniques de l’oiseau à ressort).

Enfin, j’ai relu Boris Vian, et y ai pris un immense plaisir, comme à chaque fois. J’ai commencé par L’herbe rouge en début d’année et ai terminé par le chef-d’oeuvre qu’est L’écume des jours (que j’aurai le plaisir de faire découvrir à mes élèves de 3ème à la rentrée).

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite par avance une très bonne année 2015 et surtout de belles lectures !

 

A la vie, à la mort !

23 Déc

Depuis ma lecture de Nos étoiles contraires j’avais très envie de découvrir le premier roman de John Green. Le Père Noël étant passé en avance au CDI, j’ai pu satisfaire ma curiosité.

Qui es-tu Alaska ?, John Green

Miles Halter a 16 ans, n’a pas d’amis mais se passionne pour les biographies de personnages célèbres et en particulier pour leurs dernières paroles. Sa vie n’est donc pas très intéressante. Voulant à tout prix découvrir ce qu’il nomme son Grand Peut-Etre, il s’inscrit en classe de première en tant qu’interne au lycée de Culver Creek. Il ne tarde pas à faire la connaissance avec son camarade de chambre, Chip Martin, jeune homme extraverti et sûr de lui arrivé dans l’établissement trois ans auparavant. Ce dernier se fait appeler le Colonel et va très vite surnommer Miles le Gros en référence ironique à sa maigreur. A peine les présentations sont elles faites que le Colonel entraîne Miles dans la chambre de la sublime Alaska. Ce dernier tombe immédiatement sous le charme de la jeune fille aux courbes parfaites. Malheureusement pour lui, la belle a déjà un petit ami et le crie haut et fort. En outre, elle possède un caractère bien trempé et est capable de passer des rires à une humeur massacrante sans que rien ne l’explique ce qui ne manque pas de perturber grandement notre cher Miles.

Notre ami va très vite s’intégrer à la petite bande formée par le Colonel, Alaska et Takumi – le roi du rap – et vivre de nouvelles expériences « interdites » comme fumer et boire dans l’enceinte du lycée. Les quatre comparses passent la majorité de leur temps libre à inventer des blagues pour faire enrager celui qu’ils surnomment l’Aigle – à savoir le directeur de l’établissement – mais aussi leurs ennemis jurés, les weekendeurs – gosses de riches (le Colonel boursier ne les supporte pas) qui n’ont de cesse de leur rendre la vie insupportable en retour.

Quelques jours avec ses nouveaux amis suffisent à Miles pour se sentir enfin vivant. Une chose le chagrine pourtant. Il aimerait percer le mystère d’Alaska Young, découvrir qui se cache vraiment derrière cette fille aussi insaisissable qu’insoumise et qui le fascine tant mais qui demeure si silencieuse quant à sa vie en dehors du lycée…

Je ne vais pas cacher mon avis très longtemps : j’ai adoré ! J’ai littéralement dévoré les 400 pages de ce magnifique roman qui parvient à transcrire avec une grande justesse la complexité des émotions adolescentes. Nous suivons le jeune Miles dans son apprentissage de la vie, dans sa découverte de l’Autre, de l’amitié, de l’amour, de la transgression nécessaire à la formation de son être et surtout dans sa quête de sens, dans cette quête de lui-même qu’il cherche à découvrir par le biais d’Alaska. J’ai trouvé la construction du texte particulièrement intéressante avec un décompte de jours qui ménage le suspens de manière très efficace. Que nous réserve le jour J ? Je vous laisserai le soin de le découvrir ! L’auteur réussit aussi la performance de faire passer son lecteur du rire aux larmes dans la même page – et je peux vous assurer qu’il en faut beaucoup pour me faire pleurer en lisant ! – sans jamais tomber dans le sentimentalisme ni la mièvrerie. Tragique et comique se mêlent à la perfection et ne laissent aucun temps-mort dans ce texte qui se lit à cent à l’heure. Je comprends que John Green ait reçu le prestigieux M.L. Printz Award du meilleur livre pour adolescents à sa parution et que le roman soit devenu un véritable best-seller. Parce que toute sa force est justement de ne pas se restreindre à un public adolescent. Effectivement, le livre réveillera chez chaque adulte la part d’adolescence qui sommeille en lui, ce bout d’être en constante mutation, la part de révolte contre l’ordre établi, la part de crainte mais aussi d’espoir sans limite en l’avenir, l’étincelle, que dis-je, le feu d’artifice qui donne envie de brûler sa vie sans attendre que celle-ci ne vous consume. Un grand livre !

Un petit extrait de la fin du livre qui me fait un peu penser au Petit Prince de Saint-Exupéry :

« Lorsque les adultes disent avec un sourire imbécile et sournois : « Les adolescents se croient invincibles », ils ne se doutent pas à quel point ils ont raison. Inutile de perdre espoir car nous ne pouvons être brisés irrémédiablement. Nous pensons être invincibles parce que nous le sommes. Nous ne pouvons pas être nés ni mourir. Comme les énergies, nous changeons seulement de forme, de taille et de manière de nous manifester. Les adultes l’oublient en vieillissant.Ils sont gagnés par la peur de perdre et de décevoir. Mais cette partie de nous plus remarquable que la somme de nos parties n’a pas de commencement ni de fin, et par conséquent elle ne peut décevoir. »

« Ensemble, c’est tout »

7 Juil

Ce livre m’a fortement été conseillé par mon amie et collègue documentaliste. Il faisait partie de la sélection de L’Echappée Lecture 2014, prix de littérature jeunesse organisé par la bibliothèque de la Nièvre.

Nos étoiles contraires, John Green

Hazel, la narratrice, a 16 ans. Comme n’importe quel ados, elle adore passer des heures devant la télé à s’assommer devant des émissions stupides ou passer son temps à dormir. Comme n’importe quel ado, elle ne supporte pas que sa mère lui demande de se bouger. Mais Hazel n’est pourtant pas une ado comme les autres. Elle est atteinte d’un cancer de la thyroïde qui s’est propagé jusque dans ses poumons et qui l’oblige à se trimbaler avec une bonbonne d’oxygène qu’elle déplace à l’aide d’un petit chariot métallique. Le moindre mouvement effectué sans sa canule dans les narines lui demande un effort colossal et risque de l’asphyxier en quelques secondes.

En parallèle à un lourd traitement médicamenteux expérimental (qui lui a permis de maintenir son état alors qu’on lui prédisait la mort), Hazel doit se rendre à un groupe de parole pour jeunes cancéreux qui ressemble à s’y méprendre à un rendez-vous des alcooliques anonymes. Forcément, la jeune fille ne goûte guère à cette séance d’apitoiement collectif. Jusqu’au jour où elle y fait la rencontre d’un splendide jeune homme, Augustus, victime d’un ostéosarcome qui lui a volé sa jambe droite.

Bien vite, des liens intenses vont se nouer entre nos deux amis bien que ni l’un ni l’autre n’ose déclarer sa flamme de peur de mourir et de provoquer un cataclysme dans la vie de celui qui reste : « En fait, ce n’est pas étonnant que je me sois crispée quand Augustus m’avait touchée. Etre avec lui, c’était lui faire du mal, forcément. L’impression que j’avais eue lorsqu’il avait tendu la main vers moi, c’était de commettre un acte de violence envers lui, car c’est ce que je faisais. » Evidemment, ils finiront par vivre leur amour. Evidemment, leur état va vite empirer…

Avec un résumé pareil, on aurait pu fuir en courant, craignant d’assister à un mélo larmoyant type Love Story sauce ado. Et bien toute la réussite de ce roman tient dans le fait qu’il n’en est rien ! Bien sûr, j’avoue avoir retenu mes larmes sur quelques pages, mais quelques pages seulement sur les 327 que compte le livre. En dehors de ça, le lecteur s’étonne de se réjouir en découvrant l’univers de la narratrice qui porte un regard à la fois juste et distancié sur la maladie et tout ce qu’elle implique. Les deux personnages sont d’une telle fraîcheur qu’on espérerait évidemment un happy end. Mais il n’en sera rien. Pourtant, ce n’est pas la mort, pourtant présente tout au long du texte, qui ressort victorieuse, mais la bel et bien la vie. Car c’est d’un hymne à la vie et à toutes les émotions à la fois simples et intenses qu’elle suppose dont il s’agit dans ce texte. Hazel et Augustus savent que, plus que n’importe qui, le temps leur est compté. Mais plutôt que se lamenter sur leur triste sort, ils choisissent de vivre leur histoire comme ils l’entendent, loin de tout préjugé. Vous l’aurez compris, ce roman de John Green, qui vient tout juste de sortir au cinéma aux Etats-Unis (réal. Josh Boone), est un véritable coup de coeur !

Pour le plaisir, encore un petit extrait du chap.6  issu d’un dialogue entre Hazel et ses parents :

« – J’ai l’impression d’être une grenade, maman. Je suis une grenade dégoupillée et, à un moment donné, je vais exploser. Alors j’aimerais autant limiter le nombre de victimes, OK ?

Mon père a penché la tête de côté, comme un chiot qu’on vient de gronder.

– Je suis une grenade, ai-je répété. Je ne veux pas voir de gens. Je veux lire des livres, réfléchir et être avec vous, parce que vous, je ne peux pas faire autrement que de vous faire du mal, vous êtes déjà dedans jusqu’au cou. Alors laissez-moi faire ce que je veux. Je ne fais pas une dépression. Je n’ai pas besoin de sortir. Et je ne peux pas être une ado normale parce que je suis une grenade. »