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Tasmania

12 Mai

Aujourd’hui, je vous présente, grâce à l’agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux éditions Les Escales, le dernier roman de Karen Viggers, l’auteure du best-seller La Mémoire des embruns.

Le bruissement des feuilles, Karen Viggers

le-bruiement-des-feuillesLéon, jeune garde forestier, vient de s’installer dans une petite ville de Tasmanie. Mais pour lui, difficile de faire sa place dans cet endroit où la plupart des hommes est bûcheron. Bien qu’il fasse des efforts pour s’intégrer en prêtant main forte à l’équipe de footie , ses coéquipiers ne cessent de le chambrer et il demeure au ban de la société locale. Les rares personnes à se montrer agréables avec lui sont son très jeune voisin, Max, un gamin d’une dizaine d’années pas très bien dans ses baskets; Miki, la serveuse du fast-food, enfermée la plupart du temps par son frère Kurt; et la vétérinaire qui a sauvé la chienne du jeune Max. De temps en temps, il passe rendre visite à son grand-père à la maison de retraite et tente d’apprendre à mieux le connaître. Une vie assez morne s’offre à Léon, chargé essentiellement de ramasser les poubelles et nettoyer les toilettes de la forêt, jusqu’au jour un des plus vieux arbres et les aigles de la forêt sont menacés par le travail des bûcherons. Miki et Léon vont se rencontrer et essayer de préserver ce coin de nature des méfaits des hommes.

S’il fallait résumer ce roman en un mot, je dirais : manichéen. Les personnages sont soit bons soit mauvais, rares sont les exceptions. Les bûcherons sont des brutes qui ne supportent pas les amis de la nature qu’ils accusent de les empêcher de travailler. Ils sont tous plus ou moins alcooliques, aiment se cogner dessus lors des matchs le week-end, et maltraitent leur femme à divers degrés. L’autre grand méchant, c’est Kurt, le grand frère de Miki. S’il lui a sauvé la vie quelques années plus tôt lors de l’incendie qui a ravagé la ferme où ils avaient grandi et tué leurs parents, il la garde enfermée dans le restaurant où il en fait son esclave. Du côté des « gentils » nous avons donc Léon, toujours prêts à aider son prochains même si ce dernier veut sa peau; Miki, en quête de liberté grâce aux quelques livres qu’elle possède et à ceux que lui prêtera la dame de l’office de tourisme et Max, seul véritable ami de Léon au début, qui se fait persécuter par Jaden, le fils du policier. Pour faire bref, on trouve les méchants oppresseurs et les gentils oppressés. J’ai du coup eu beaucoup de mal à me détacher de cette approche simpliste des personnages. Alors certes, chaque personnage principal est finement travaillé dans sa psychologie mais ils manquent de nuances, d’un peu de noirceur pour les uns et d’humanité pour les autres. Et même si je ne suis pas féministe, l’image donnée de la femme est assez triste : au foyer, à s’occuper des enfants, à supporter des maris odieux, à leur servir des bières et surtout à avoir le droit de se taire ! Alors malgré le message adressé par le biais de Miki qui est de se libérer du joug de son frère, représentatif des autres hommes, l’ensemble me laisse tout de même un goût assez amer.

Néanmoins, ce roman est agréable à lire et nous plonge au cœur des somptueuses forêts de Tasmanie. Les adeptes d’histoires humaines se déroulant à l’autre bout du monde et les amoureux de la nature seront sans doute ravis. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis assez mitigée. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

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