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Bonnie and Clyde

11 Nov

Par ce temps maussade, je vous invite à découvrir un polar bourré d’humour. Histoire d’illuminer votre week-end !

Demain c’est loin, Jacky Schwartzmann

137086_couverture_hres_0François Feldman porte le même nom que le chanteur. Il a grandi aux Buers, une cité difficile de Lyon. Depuis tout petit, on le prend, au choix, pour un Arabe à cause de sa tête ou pour un Juif à cause de son nom. Sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre. C’est juste un mec normal comme il aime à le dire. Dans la vie, il tient une boutique de tee-shirt sur lesquels sont inscrites de fausses citations d’hommes célèbres, censées être humoristiques. Le problème, c’est que ça ne fait rire que lui. Et ça ne plaît pas du tout à sa conseillère financière. Il faut dire que Juliane Bacardi est un peu coincée et en a surtout marre de concéder des prêts à son client. François est au point mort côté finances quand l’improbable se produit. Alors qu’il se rend aux Buers, il est témoin d’un accident de voiture. Au volant : Juliane. Elle vient d’écraser le cousin du plus gros caïd de la cité. Autant dire que sa tête est mise à prix et que François n’est pas mieux loti. Le couple le moins assorti du monde se retrouve en cavale fuyant forces de l’ordre et terreurs des quartiers. Pour s’en sortir, ils vont devoir avancer ensemble et laisser de côté leurs préjugés…

J’ai adoré ce livre au langage souvent imagé voire cru, très décalé mais profondément humain. L’auteur dresse avec un humour corrosif le tableau de notre société post-attentats en s’attachant particulièrement aux différences de classes sociales. L’intrigue est quant à elle menée tambour battant. Les chapitres s’enchaînent à vitesse grand V et le livre se dévore trop rapidement. Pour ne rien vous cacher, j’ai ri ou souri à quasiment chaque page ! Autant dire que c’est appréciable de pouvoir se divertir autant à la lecture d’un polar. Je recommande donc chaudement cette nouveauté parue au Seuil – que je remercie au passage pour l’envoi. Coup de cœur !

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Un psy dans la tourmente

19 Mai

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une nouveauté polar parue au Seuil.

Les Sœurs ennemies, Jonathan Kellerman

131528_couverture_hres_0Alex Delaware, psychologue expert auprès des tribunaux, est en bien mauvaise posture. Une de ses clientes, Constance Sykes, qu’il est chargé d’évaluer dans un procès qui l’oppose à sa sœur, le menace de le tuer…

Il faut dire que dès le départ, l’affaire Sykes contre Sykes était mal partie. La cadette, Chery, hippie au grand coeur mais sans le sou, avait laissé son bébé à son aînée, Constance, médecin spécialiste plus qu’antipathique, afin de partir en tournée avec un groupe. L’absence qui ne devait pas durer plus de quelques jours s’est prolongée trois longs mois pendant lesquels Constance, en mal d’enfant, s’est attachée à la petite Rambla. Lorsque Chery vient récupérer sa fille, c’est la crise. Constance engage un procès à son encontre, cherchant à la destituer des ses droits maternels en soutenant qu’elle mène une vie dissolue et qu’elle est incapable de s’occuper de son enfant. Le docteur Delaware est appelé en tant qu’expert pour juger de la situation. Son avis penche en faveur de Chery, la mère biologique, ce qui engendre un profond sentiment de colère de la part de Constance qui jure de se venger. Jusqu’à ce que cette dernière soit retrouvée assassinée dans sa villa. La première sur la liste des suspects est bien entendu Chery. Le lieutenant Milo Sturgis, ami d’Alex Delaware, est chargé de l’enquête et est persuadé de la culpabilité de la jeune sœur. Mais le psychologue est certain que les apparences sont trompeuses. Qui des deux a raison ? Je vous laisse le découvrir…

C’est la première fois que je lis une enquête de Delaware et Sturgis. J’avais lu assez récemment Que la bête s’échappe que Jonathan Kellerman avait coécrit avec son fils Jess mais ne connaissais pas sa série de thrillers psychologiques (plus de trente livres !). Ce roman est donc pour moi une découverte et je dois bien avouer qu’elle est très bonne puisque j’ai très envie de découvrir les précédents ouvrages. On sent, dans la plume de Kellerman, toute la précision du psychologue dans la construction de chacun des personnages. Chaque profil est parfaitement soigné, nuancé. Le lecteur qui ne connait pas le couple d’enquêteur n’est pas perdu car l’auteur maîtrise à merveille l’art de la description en action ce qui permet de cerner la personnalité de chaque personnage principal très rapidement, sans lourdeur. Malgré des sujets abordés qui peuvent paraître un peu pesant, le ton reste léger, teinté d’humour, ce qui est fort appréciable.  Les rebondissements et les fausses-pistes sont multiples ce qui ne laisse pas une seconde d’ennui au lecteur. Je recommande ce thriller psychologique qui a été pour moi un très bon moment de lecture. Coup de cœur !

Mort sur le Nil

26 Fév

Merci aux Editions du Seuil pour leur confiance renouvelée.

Les ombres du désert, Parker Bilal

123808_couverture_hres_0Makana, détective privé, est embauché pour filer Maître Ragab, un avocat reconnu, soupçonné d’adultère par sa femme. En réalité, loin de se rendre auprès d’une maîtresse, l’homme se presse au chevet d’une jeune femme, Karima, brûlée vive. Cette dernière finit par succomber à ses horribles blessures et l’avocat demande au privé qu’il a démasqué de faire la lumière sur ce qu’il pense être un meurtre alors que la police conclut à un accident. Pour Ragab, le père de la victime, un djihadiste en cavale, est sans doute responsable de ce crime atroce. Quelques mois après le choc du 11 septembre, alors que les Israëliens assiègent Ramallah, notre privé se rend à Siwa, oasis à la frontière libyenne, afin de se renseigner sur la famille de Karima. Mais alors qu’il se confronte à des autorités locales peu désireuses de collaborer, deux cadavres sont retrouvés et Makana se voit bientôt accusé de ces deux meurtres barbares…

Pour ne rien vous cacher, j’ai eu du mal à me plonger dans ce roman. L’enquête met un peu de temps pour démarrer à mon goût. Est-ce dû au fait que ce roman soit le troisième d’une série ? Je ne pense pas. D’ailleurs, l’intrigue finit par se mettre en place et une fois installée, on oublie vite les petites lenteurs initiales. Le lecteur est transporté dans le désert égyptien et l’atmosphère de tension politique est très bien rendue par l’auteur. Mais ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, c’est l’apparition d’un personnage féminin fort, Zahra, membre d’une association pour la protection des droits des égyptiennes. Une voix importante qui permet d’évoquer la condition des femmes dans des pays islamiques. Et rien que pour cela, ce roman vaut vraiment le détour.

Mains de maîtres

13 Jan

Voilà un polar qui pourrait bien intéresser ceux qui ne sont pas adeptes du genre…

Duel de faussaires, Bradford Morrow

256 pages, SEUIL policiers

124299_couverture_hres_0Adam Diehl, collectionneur de livres rares, a été retrouvé chez lui, mutilé. L’agresseur lui a coupé ses mains – qui ne seront pas retrouvées – et cette blessure le conduira bientôt à la mort. Sur la scène de crime, de nombreux volumes précieux sont éparpillés sur le seul, déchirés pour la plupart.

Le narrateur, faussaire repenti, est le beau-frère de la victime. Les deux hommes n’entretenaient pas une relation très chaleureuse. Après s’être fait prendre pour confection de faux, notre homme a exécuté sa peine et coule des jours heureux avec sa femme. Bien sûr, le meurtre vient entacher ce bonheur, mais les tourtereaux sont bien décidés à vivre tranquillement et décident de quitter leurs activités aux Etats-Unis pour reconstruire leur vie en Irlande, pays d’origine de la jeune femme.

Malheureusement, le passé refait surface. Notre narrateur reçoit des lettres de menaces signées tantôt Henry James, tantôt Conan Doyle. Des faux parfaitement réalisés par un maître-chanteur coriace. S’agit-il du tueur ? Que cherche-t-il exactement à obtenir ? Comment le démasquer sans révéler des secrets qui viendraient assurément mettre en péril l’équilibre de son couple ? Un duel palpitant va se jouer entre les deux faussaires bien décidés l’un et l’autre à en découdre.

Avis aux amateurs d’actions, de courses-poursuites, de meurtres en série, ce roman ne vous est pas destiné ! Ce qui ne signifie en aucun cas qu’il n’est pas intéressant. Au contraire ! Morrow livre ici un polar érudit, extrêmement bien documenté, se déroulant dans le cercle très fermé des bibliophiles. Dès le départ, un charme suranné émane de l’écriture subtile de l’auteur et du côté très snob de son narrateur. On se croirait dans un épisode d’Agatha Christie ou dans une partie de Cluedo. Chacune des actions et pensées du narrateur sont détaillée avec une extrême finesse ce qui entraîne forcément une certaine lenteur du rythme qui colle parfaitement à l’univers un peu hors du temps de la bibliophilie. Au fil du roman, nous découvrons un narrateur très complexe auquel nous finissons à nous attacher malgré son snobisme. Bientôt, une légère paranoïa vient souffler sur le roman par le biais d’un personnage rayonnant par son absence : le maître-chanteur. Si j’ai eu un peu de mal à m’adapter au rythme particulier de ce roman, j’ai fini par ne plus pouvoir le lâcher des mains tant j’ai été happée par l’intrigue et le style de l’auteur. Il ne faut pas prendre peur devant les phrases longues et parfois alambiquées qui viennent enrichir le caractère érudit de notre narrateur-personnage. Amis des livres et de belle calligraphie, laissez-vous envoûter par ce roman. Disponible à partir de 17 janvier. Merci aux éditions Le Seuil pour cette avant-première.

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.