Tag Archives: le silence des agneaux

A fleur de peau

22 Oct

Dernier article avant une semaine de vacances bien méritée ! 

Skin, Mo Hayder

Le commissaire Jack Caffery est sur les nerfs après une affaire de trafic de membres humains sur fond de croyances vaudou. C’est à ce moment que des étranges cas de suicides font leur apparition. Pour Caffery, il s’agit de meurtres déguisées mais personnes ne semble prêt à le croire. Il enquête aussi sur la mystérieuse disparition d’une starlette…

En parallèle, le sergent Flea, plongeuse au sein de la brigade subaquatique, est dans de sales draps. Alors qu’elle vient de passer une journée atroce – victime d’une narcose pendant une plongée -, une odeur nauséabonde se dégage de son coffre de voiture. Elle ne peut que constater, horrifiée, qu’il s’agit d’un cadavre !

Dès le départ, l’auteure nous plonge dans une ambiance bien lugubre en compagnie du sergent Flea alors qu’elle est en train de sonder les eaux d’une caverne et croit avoir aperçu un pied à plus de 50 mètres de profondeur. Brrr, ça me colle des frissons rien que d’y repenser. Les enquêtes des deux personnages vont vite s’entremêler même si l’intrigue concernant Flea prend le dessus au début – c’est d’ailleurs celle que j’ai préférée, j’avoue que je n’ai pas accroché au début à l’histoire vaudou (j’ai cru comprendre que ça renvoyait à un autre livre, ce qui explique sans doute ma difficulté). Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas notamment grâce à de très courts chapitres. Par contre, je suis un peu restée sur ma faim quant au titre. Je m’imaginais déjà devant des scènes de crimes à la Silence des agneaux avec des écorchés vifs et des lambeaux de peau accrochés dans un sous-sol – bref, un truc bien glauque ! – mais il n’en est rien ou presque. Un peu déçue de ce côté-là donc mais l’ensemble reste tout à fait divertissant et bien écrit.

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Hommage à Hannibal Lecter

17 Juil

Me revoilà pour quelques jours et quelques lectures avant une nouvelle session de vacances un peu plus longue cette fois !

L’Invisible, Robert Pobi

Plus de trente après avoir quitté la maison dans laquelle il a grandi en Nouvelle-Angleterre , Jake Cole revient à Montauk pour s’occuper de son père, Jacob Coleridge. Ce dernier est une célébrité, un artiste peintre aussi génial que tourmenté à la croisée de Pollock et Warhol. Mais il n’est plus que l’ombre de lui-même. Atteint de la maladie d’Alzheimer, une crise de folie l’a poussé à se mettre le feu. Ses mains d’or ne sont plus que des moignons… Mais ce n’est pas le problème majeur de Jake qui ne voue pas un grand amour à un père qui a préféré passé sa vie à boire et à peindre plutôt qu’à s’occuper de son fils.

Jake possède quant à lui un autre type de don : lire les scènes de crimes et entrer dans la tête des psychopathes. Si bien que lorsque le shérif Hauser fait appel à son aide pour résoudre un double assassinat, il accepte immédiatement.

Le crime est particulièrement horrible : les deux corps – ceux d’une femme et d’un enfant – ont été retrouvés entièrement écorchés. Le meurtrier a pris soin de retirer chaque parcelle de peau de l’enfant vivant sous le regard de la mère avant d’infliger les mêmes souffrances à cette dernière. Alors que les policiers sont sous le choc à la vue de ce massacre, Jake se concentre sur les moindres détails et les photographie mentalement. L’image qu’il a sous les yeux lui rappelle instantanément un crime commis des années auparavant, jamais résolu.

Pendant ce temps, la ville est menacée par un terrible ouragan. La population doit être évacuée au plus vite. Pour Jake, le temps presse, il doit se dépêcher de retrouver le meurtrier qui a fait de nouvelles victimes. Le retrouver au plus vite car sa femme et son fils ont été enlevés…

J’ai vraiment apprécié ce roman dont j’ai dévoré les 400 pages en deux jours. L’auteur nous tient en haleine et nous balade (si j’ose dire) de la première à la dernière page. Si les meurtres évoquent tout de suite Le Silence des agneaux, ce roman n’en est pas qu’une pâle copie. Le personnage principal est plus que complexe et très atypique pour un agent du FBI. On apprend vite que son passé est plus que trouble : ancien toxico et alcoolo dépendant, un pacemaker l’aide à rester en vie et la plus grande partie de son corps est recouvert par le chant 12 de la Divine Comédie de Dante sans qu’il n’ait jamais réussi à comprendre qui avait bien pu lui faire ce tatouage et pourquoi. Le personnage du père est également intéressant. Avant de s’immoler, il a peint des milliers de tableaux semblant former une sorte de puzzle. Chaque pièce pourrait bien être une partie du visage du tueur. L’enquêteur recherche donc le criminel mais est également en quête de son passé, de la solution à sa propre énigme. Pour cela, il devra écouter ce père qu’il a si longtemps rejeté et regarder le monde d’un tout autre point de vue, afin de voir au-delà des apparences.

Un excellent thriller, machiavélique à souhait ! Un premier roman plus que réussi !