amour·nouveauté·Roman

Nouveau contrat

Aujourd’hui, je casse mes habitudes littéraires en vous présentant une romance adolescente. Je remercie les éditions Panini Books pour l’envoi de ce livre et du joli coffret qui allait avec. Certains connaissent peut-être la version cinématographique sortie sur Netflix.

P.S. Je t’aime toujours, Jenny Han

413dbwegqrl._sx307_bo1204203200_Lara Jean aime toujours Peter et ce dernier n’est pas insensible à son charme. Les jeunes lycéens décident de sortir ensemble en établissant un contrat dont l’une des principales règles est de ne pas briser le cœur de l’autre. Rapidement, l’idylle se complique lorsqu’une vidéo de Lara Jean en train d’embrasser Peter dans un jacuzzi est postée sur les réseaux sociaux. Les rumeurs vont bon train et la jeune fille est totalement déstabilisée. Elle soupçonne son ancienne meilleure amie, Geneviève, l’ex-petite-amie de Peter d’avoir voulu se venger. Ce dernier reste d’ailleurs étrangement très proche d’elle ce qui suscite la jalousie de Lara Jean. Alors que le couple commence à s’éloigner, John fait son apparition dans la vie de Lara. Très attentionné, au contraire de Peter, il pourrait bien venir semer la zizanie…

« L’idée que c’est honteux d’être une femme qui apprécie le sexe mais qu’un homme qui a la même conduite doit être applaudi est bien trop ancrée dans notre société […]. Je veux dire, tous les commentaires traitent Lara Jean de salope, mais personne ne dit rien de Peter, alors qu’il est là, avec elle. C’est un préjugé injuste et ridicule. »

N’ayant pas Netflix, je n’avais jamais entendu parlé de cette trilogie dont le premier tome est entré dans la liste des best-sellers du New-York Times. J’avais envie de tenter l’expérience de lire une romance, de changer mes habitudes pour me plonger dans quelque chose de plus léger. En fait, je ne pensais pas du tout accrocher et laisser tomber au bout de quelques chapitres. Eh bien non ! Je me suis même surprise à enchaîner les chapitres au plus vite. Alors oui, clairement, c’est guimauve – il y en avait d’ailleurs dans le petit coffret de présentation -, ce n’est pas de la grande littérature, ça ne donne pas vraiment à réfléchir mais ce n’est clairement pas le but recherché. On reste assez dans les stéréotypes de genres avec les filles qui se crêpent le chignon pour les garçons, la lycéenne qui prépare de bons petits gâteaux en attendant que son petit copain vienne la chercher devant chez elle avec sa belle voiture… Bref, c’est bien cliché. Il y a néanmoins une petite réflexion sur la différence de regard porté sur les hommes et les femmes (cf: l’extrait ci-dessus) et le fait que ces dernières doivent pouvoir faire comme bon leur semble mais dans l’ensemble le rôle de la fille consiste surtout à plaire au garçon. Cela mis à part, les intrigues amoureuses fonctionnent bien, les rebondissements s’enchaînent et le livre se lit rapidement. Je conserve donc un avis plutôt positif sur ce livre et on va dire que ça aura été mon petit plaisir coupable de l’année !

Anticipation·coup de cœur·Littérature japonaise·Mangas·poésie·science-fiction

Un manga qui a du jus !

Après vous avoir parlé de Kimagure Orange Road (KOR), manga coup de cœur de ma jeunesse, j’ai le plaisir de faire la critique d’une autre petite pépite. Il s’agit du manga Orange, dont l’auteur est Ichigo Takano. Paru en 2014, ce manga, édité chez Akata, est un shôjo romantique en 5 tomes.

Orange – volume 1, Ichigo Takano

51bteerbjpl-_sx344_bo1204203200_J’étais tombé sur ce titre lors du dernier salon du Livre à Paris. J’avais ouvert le tome 1 présent sur un stand et fut séduit par le coup de crayon de l’auteure. Je m’étais dit que j’en ferai bien la lecture (et la chronique) un jour. Et ma moitié me fut une belle surprise quelques semaines plus tard en m’offrant l’intégrale, les 5 tomes donc. Après avoir dévoré le premier tome, je vous en propose ici la critique.

Le manga nous présente d’emblée son héroïne : Naho qui est en deuxième année au lycée de Matsumoto, une ville de la préfecture de Nagano. Nous suivons donc cette jeune fille de 16 ans entourée de sa bande d’amis : Azu, Takako, Suwa et Hagita.

Voilà qu’un garçon, venant de Tokyo, intègre son lycée. Le nouveau venu Kakeru, ne laisse pas Naho indifférente et celle-ci tombe vite amoureuse de lui.

Là, on se dit que nous avons affaire à une banale romance. Et bien non, c’est raté. Car il y a quelque chose qui vient pimenter cette intrigue. En effet, dès les premières pages, notre chère Naho reçoit une lettre qu’elle n’ouvre pas tout de suite. Ce n’est qu’en classe qu’elle découvre l’impensable : c’est la Naho du futur qui lui écrit. Agée de 26 ans, elle écrit à elle-même pour lui faire part de ses regrets et des choses que sa version de 16 ans peut changer. Au départ la jeune fille ne croit pas à cela mais sa façon d’écrire et surtout les faits que sa future elle mentionne se réalisent.

Naho a la capacité d’effacer les regrets de sa version future en changeant son présent. Cela va de légers regrets (ne pas avoir joué dans une équipe par exemple) à d’autres plus lourds (ne pas avouer ses sentiments…). Et très rapidement, un enjeu va peser sur les épaules de notre lycéenne car un drame va toucher Kakeru. Va-t-elle suivre les directives de sa version future ? Quid des changements opérés dans le présent par notre héroïne ?

Détail intéressant : quelques passages sont distillés dans ce tome où nous retrouvons nos protagonistes dans le futur, âgés de 26 ans. Ces moments nous permettent de mieux cerner les regrets qui hantent la Naho adulte.

Nous sommes donc dans un shôjo qui sort de la banalité, au même titre que KOR d’ailleurs, que j’évoquais au début de cette chronique. Il y a d’ailleurs quelques points communs entre ces deux œuvres :

  • L’aspect romance : un triangle amoureux.
  • L’aspect science-fiction : ce n’est pas du paranormal certes mais nous avons la thématique du voyage dans le temps (comme dans KOR)
  • Nos protagonistes sont des adolescents de 16 ans.

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour définir ce premier tome est : frais. Que ce soit au niveau du dessin, des dialogues ou de l’intrigue, le tout respire la fraicheur. A travers ce premier tome se dessine donc une œuvre singulière, touchante, qui évite l’écueil de la mièvrerie. La simplicité n’est qu’apparence et l’auteur, Ichigo Takano, donne ici de l’épaisseur à ses personnages et de la profondeur à leurs relations. Ce travail laisse donc présager un voyage passionnant. Le lecteur enthousiaste que je suis ne va pas se faire prier pour dévorer la suite. Décidément, ce petit jus frais fait du bien mais n’a pas encore étanché ma soif… Wait and see !