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Les jours d’après

7 Sep

Pas de nouveauté aujourd’hui mais un livre qui m’a été offert par une amie très chère il y a un peu plus de trois ans. Pourquoi ne pas l’avoir lu plus tôt me demanderez-vous ? Parce que le sujet m’était encore trop douloureux à l’époque. Ceux qui me connaissent comprendront. Chronique un peu spéciale aujourd’hui. Chronique pour se souvenir.

Camille, mon envolée, Sophie Daull

MLS_2009CAMILLE.JPG_c.livolantLe résumé ne sera que trop rapide et simple : Sophie Daull, la maman de Camille, raconte la mort de sa fille, emportée la veille de Noël après quatre jours d’une fièvre venue de nulle part. Quelques semaines après, cette mère prend la plume pour faire le récit de ces quatre journées cauchemardesques puis des jours qui ont suivi jusqu’aux obsèques, entrecoupé de pensées quelques semaines, mois plus tard, au moment de l’écriture.

« Depuis mon cœur crevé je vais faire ça, raconter ta mort, ta maladie, ton agonie. Du jeudi 19 au lundi 23 décembre; quatre jours, trois p’tits tours et puis s’en vont. Je vais raconter dans le détail ta lutte, ton combat, ta blitzkrieg, parce que, putain, qu’est-ce que tu as été forte dans cette traversée de la fièvre et de la douleur. »

Ce livre m’a bouleversée. Profondément. De par son thème forcément, mais je ne m’attarderai pas dessus davantage, tout est dit plus haut. Mais surtout de par la puissance de l’écriture. La force de vie de cette mère – comédienne de son état – qui transcende la douleur par les mots, qui fait vivre sa petite Camille de la plus belle des façon qui soit. Son texte n’est jamais larmoyant malgré la détresse immense de la perte de son unique enfant. Des touches d’humour font leur apparition, ça et là, distillées avec finesse, « politesse du désespoir ». Avec ses mots, Sophie Daull construit un magnifique palais des souvenirs dans lequel elle peut retrouver son enfant et survivre à la cruauté de la réalité d’un monde sans elle. Alors, si un jour vous lisez cette chronique Madame Daull, je voudrais vous dire merci pour vos mots, pour la vie et la force qu’ils insufflent.

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« La vie, c’est comme une boîte de chocolats »

10 Avr

Aujourd’hui, je confie le clavier à ma très chère amie Alexandra, dévoreuse de livres, qui nous offre sa première chronique en attendant d’ouvrir son propre blog. Elle a choisi de vous présenter le quatrième roman de la bretonne Sophie Tal Men , à savourer comme un bon chocolat.

Qui ne se plante pas ne pousse jamais, Sophie Tal Men
cvt_qui-ne-se-plante-pas-ne-pousse-jamais_6092Jacqueline, octogénaire farfelue, une vie bien remplie, une maladie incurable, son dernier souhait : l’avenir de ses petits enfants.
Prenez la route et naviguez à travers ces personnages marqués, portraits bien tirés,
attachants. L’idée folle de Jacqueline : réveiller les cœurs de ses deux amours, Alexandre, interne en Médecine, et Margaux, pin-up aux allures de chocolat.

Un jour, ils reçoivent une missive, un voyage à Cuba tous les trois, un dernier rendez-vous auquel elle ne se joindra pas; restée cachée dans son jardin. Eux se revoient après 10 ans de séparation, prises de conscience, l’un tendre, passionné; l’autre, une insaisissable businesswoman.

Des chemins de vie différents, retour en Bretagne, face à leurs choix de vie, Jacqueline les promène habilement et fait renaître des envies , des sentiments, on hésite, on croque ou pas ? Au fil des pages, elle sème ces maximes qui nous marquent, afin de leur apprendre à savourer la vie comme une boîte de chocolats, à sa juste valeur. Des sujets de fond abordés en douceur , et la conviction qu’il est possible de trouver son extra dans l’ordinaire !

Nous, on sourit , on se languit et on dévore. C’est frais, baigné de sensibilité, à consommer sans modération !

Carpe diem

20 Jan

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter un magnifique roman pour adolescents mais qui peut tout à fait être lu par des adultes. Merci aux éditions Syros pour leur confiance renouvelée.

21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

21-printemps-comme-un-million-d-anneesLa meilleure amie de Victor, Juliette, ne tient pas en place. Toujours prête à partir à l’aventure, on ne sait jamais si elle sera encore là le lendemain. Elle vit sa vie à cent à l’heure, bien décidée à en cueillir les fruits avant qu’ils ne soient trop mûrs. Bien souvent, elle se brûle les ailes mais Victor n’est jamais bien loin pour lui venir en aide. Juliette vit dans l’instant, elle n’a plus trop le choix depuis qu’elle sait. Elle veut juste profiter au maximum de tout ce que la vie peut lui offrir. C’est son histoire et ses multiples aventures que Victor raconte à un groupe de jeunes filles qui ont connu Juliette à l’hôpital et qui la prennent pour un exemple.

J’ai été très touchée par ce roman d’une grande maturité. La jeune auteure dépeint des personnages à la fois entiers et tout en nuances, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Le thème de la maladie est abordé avec beaucoup de pudeur et de finesse. En effet, grâce au choix narratif – l’histoire de Juliette racontée par son meilleur ami – ce n’est pas la mort qui est placée au centre de l’histoire mais la vie car Victor devra avancer, continuer à tracer son propre chemin, quoiqu’il arrive. Ainsi, ce n’est jamais larmoyant. Au contraire, il se dégage de cette histoire un puissant souffle de vie. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green, vous serez conquis par ce roman qui traite de la puissance de l’amitié, l’importance de profiter de la vie, l’entrée dans le monde des adultes et la perte d’un être cher. Gros coup de cœur pour ce récit qui vient tout juste de paraître.

Vie oubliée

16 Nov

Ce qu’il y a de bien avec les bibliothèques, c’est qu’on peut prendre des livres au hasard, d’auteurs complètement inconnus, simplement parce qu’on est attiré par un titre et que l’on n’aurait sans doute jamais acheté. Et parfois, on a de bonnes surprises !

On n’est pas là pour disparaître, Olivia Rosenthal

6 juillet 2004. Monsieur T. poignarde sa femme de cinq coups de couteau. Mais ce n’est pas sa faute. D’ailleurs, il ne s’en souvient pas. Monsieur T. est malade. Il souffre d’Alzheimer.

Le résumé du livre s’arrête ici. Dans ce roman composite, rédigé sous forme de fragments, l’auteure essaie de plonger son lecteur dans la terrible maladie d’Alzheimer, tantôt par des descriptions froides, cliniques du comportement du patient, de l’évolution de la maladie, de la découverte de cette maladie par Alois Alzheimer au début du XXème siècle, tantôt par des monologues intérieurs de Monsieur T., de sa femme, d’elle-même. Les voix se mélangent, se superposent, deviennent confuses traduisant ainsi la perte de la mémoire, la perte de repères, la perte du langage et de la raison du patient. La parole, par moments difficiles, coule parfois sans plus vouloir s’arrêter, sans ponctuation, désarticulée.

J’ai apprécié ce roman sur un sujet difficile. La technique narrative de l’auteure m’a particulièrement plu car elle sert à merveille son thème. Le monologue intérieur surtout permet de ressentir ce que peuvent vivre les proches des malades et en fait un récit très touchant. Par le jeu, du langage et de la narration décousue et protéiforme, elle m’a rappelé le courant du Nouveau Roman. Par contre, je sais très bien que ce genre d’écriture peut parfois laisser de marbre. En gros, soit on adhère, soit on déteste ! Pour moi, c’est un petit coup de coeur !