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Théorie du complot

3 Oct

Retour au thriller avec un vieux Chattam qui traînait dans ma bibliothèque depuis un moment.

Les arcanes du chaos, Maxime Chattam

1507-1Yael est une jeune femme de 27 ans sans histoire qui travaille chez un taxidermiste. Bien que son métier ne la passionne pas réellement, il lui permet de gagner sa vie sans trop se poser de questions. Toutefois, depuis quelques temps, des phénomènes étranges se produisent dans l’appartement de la jeune célibataire. Les miroirs renvoient des ombres étranges. Pire, l’ordinateur se met en route tout seul et envoie des messages codés à Yael. Affolée, cette dernière va tenter de percer le mystère et de trouver une explication rationnelle à ces apparitions paranormales, entraînant avec elle un jeune journaliste indépendant qu’elle vient de rencontrer. Bientôt, elle va s’apercevoir que tous ses faits et gestes sont observés et que de dangereux tueurs sont à sa poursuite…

Pour ce qui est du fond, rien à dire. On se laisse embarquer avec plaisir avec Yael dans un monde où l’intimité a perdu tout son sens, où tout et tout le monde est placé sous contrôle informatique, un univers quadrillé par l’électronique que les magnats de la finance manipulent à leur guise pour satisfaire leurs intérêts. On plonge même avec délices au cœur de la théorie du complot international et nous nous laissons gagner par une douce paranoïa au fur et à mesure que l’intrigue progresse, nous entraînant sur la piste du véritable assassin de JFK et sur une toute autre vision des attentats du 11 septembre que celle que les médias ont bien voulu nous donner. Franchement, une fois le pacte de lecture accepté, on se laisse vraiment prendre au jeu et on ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman qui enchaîne les rebondissements. Par contre, pour ne rien vous cacher, j’ai été déçue au niveau de la forme. Formules toutes faites, lieux communs, lourdeurs stylistiques viennent, selon moi, perturber la fluidité de l’intrigue. Chattam gagnerait à alléger son écriture. Et à limiter ses références perpétuelles au diable et autres forces du mal sorties des ténèbres quand elles ne viennent pas servir directement l’histoire. Enfin, ce n’est que mon avis et j’ai tout de même passé un moment divertissant.

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Aux portes de l’enfer

2 Déc

J’ai débusqué ce roman que je voulais lire depuis un moment sur les étagère de mon petit bouquiniste préféré la semaine dernière. Je n’ai pas été déçue !

L’Âme du Mal, Maxime Chattam

Joshua Brolin, jeune profileur au sein de la police de Portland, est chargé de résoudre une enquête bien glauque : un détraqué tue des femmes, leur sectionne les mains et leur brûle le front à l’acide… Il parvient, grâce à ses qualités d’analyste exceptionnelles, à découvrir celui que l’on nomme le bourreau de Portland et à l’achever d’une balle dans le crâne juste avant qu’il n’exécute sa dernière, la charmante Juliette.

Un an après les faits, de nouvelles victimes d’horribles mutilations sont découvertes. Pas de doute possible : le modus operandi est exactement le même que celui du tueur en série mort l’année précédente. Et personne, hormis les enquêteurs, ne connaissait le procédé exact de mise à mort. Voilà qui dépasse l’entendement ! Brolin a peur. Mais il n’est pas du genre à se laisser impressionner et déterminé à connaitre le fin mot de l’histoire, surtout que la vie de Juliette – dont il s’est rapproché ces derniers temps – est peut-être à nouveau en danger…

On retrouve dans ce roman – premier opus de la Trilogie du Mal – tout ce qui fait le succès de Chattam : suspens, peur, horreur et surtout énorme travail de documentation préalable pour coller au plus près de la réalité et c’est d’ailleurs cela qui fait peur ! L’auteur, comme son héros, tente de sonder l’âme de ces criminels pour tenter de percer les secrets de l’origine du Mal et parvient à emporter son lecteur dans les méandres de ces esprits détraqués. Les rebondissements sont nombreux, les héros ne sont pas épargnés ce qui rend le tout d’autant plus réaliste. Seul petit reproche mais qui est le défaut d’une qualité sans doute : peut-être trop de pédagogie. Tout est en effet expliqué comme si le lecteur était un parfait ignare en matière de thriller (qu’est-ce qu’un modus operandi, le syndrome de Stockholm, à quoi sert le profileur…), ce qui fait perdre malheureusement l’impression de réel par moments. Mis à part cela, les amateurs du genre passeront un bon moment de lecture. Ce livre avait d’ailleurs reçu le prix Sang d’encre à sa parution.

Tous pour un !

10 Juin

Ce livre m’a été conseillé par un collègue et ami fan de Maxime Chattam.

Autre-monde – L’Alliance des Trois, Maxime Chattam

Matt, Tobias et Newton sont trois adolescents new-yorkais, amis depuis l’enfance. Bien qu’ils aient des caractères très différents, ils passent la plupart de leur temps libre ensemble. Un jour, juste après Noël, une terrible tempête éclate. Les garçons sont obligés de regagner chacun leur domicile. Ils conservent le contact via MSN et s’interrogent sur les dérèglements climatiques et les étranges phénomènes qu’ils ont remarqués ces derniers temps. Tout à coup, l’électricité est coupée.

La grande tempête a tôt fait de recouvrir le pays de neige et de plonger la ville dans l’obscurité. Matt commence à s’inquiéter sérieusement. D’habitude, les coupures de courant ne durent jamais si longtemps. Alors qu’il regarde par la fenêtre de sa chambre, il voit d’étranges éclairs bleus ramper le long des immeubles telles de longues mains squelettiques à la recherche de proies. Après leur passage, tous les adultes ou presque ont disparu, comme aspirés par la force électrique. Ceux qui restent ont muté en d’horribles monstres. Matt s’empresse de rejoindre Tobias. Ils se retrouvent alors livrés à eux-même sur une Terre complètement ravagée, très différente de ce qu’il connaissait.

Très vite, ils comprennent qu’ils doivent se méfier des adultes rescapés qui les poursuivent. Dans un milieu très hostile – la flore s’est développée d’une façon exceptionnelle, recouvrant tous les édifices – ils prennent la route pour tenter de trouver d’autres survivants. Après de nombreuses péripéties, ils vont être accueillis par les Pans, une communauté d’adolescents qui s’est organisée autour du charismatique Doug. Les enfants ont investi une île où ils vivent en autarcie à l’abri des Gloutons (adultes mutants, hideux, pas très malins mais violents) et des Cyniks (adultes très violents et pervers qui capturent les enfants).

Sur l’île, la jolie Ambre a observé des phénomènes très étranges chez ses congénères. Chaque enfant semble développer des capacités hors du commun, comme s’ils avaient subi une altération de leur être après la tempête. Ainsi, certains sont capables d’allumer du feu ou de modifier le courant d’une rivière à la seule force de leur pensée. Pendant que la vie suit son cours dans la communauté, Matt, Tobias et Ambre découvrent que des traîtres cherchent à leur nuire…

Maxime Chattam pose les bases d’une tétralogie d’aventure fantastique très prenante. On s’attache très vite aux personnages et l’intrigue est sans cesse relancée par des rebondissements. L’île sur laquelle vivent les enfants n’est pas sans faire allusion à Sa Majesté des mouches ou à Peter Pan. Si les questions d’ordre écologique en toile de fond ne sont peut-être pas traitées de manière aussi fine que l’on pourrait l’espérer, ce roman d’anticipation permettra aux jeunes de prendre conscience de l’influence souvent néfaste de l’homme sur la planète. Le livre plaira autant aux adultes qu’aux ados qui adorent ! (testé et approuvé par un de mes 3ème qui déteste par principe tout ce que je lui propose habituellement !) Bref, j’attends de lire le deuxième tome, Malronce, avec impatience.

Tréfonds parisiens

28 Mai

Léviatemps, Maxime Chattam

Dans le Paris de 1900 où toute la bonne société se presse à l’Exposition universelle qui attire également tous les plus grands scientifiques de l’époque, Guy de Timée est un écrivain reconnu pour la justesse de ses portraits de bourgeois parisiens. Mais depuis quelque temps, l’inspiration lui manque. Il n’en peut plus de réécrire sans cesse la même histoire malgré ses lecteurs assidus. Il cherche un sujet nouveau, à l’instar de Conan Doyle, il voudrait écrire sur les zones sombres de l’humanité. Il n’y a pas que ses écrits que Guy a décidé de modifier. Il a récemment tout quitté de son ancienne vie de notable dans laquelle il se sentait étouffer. Il vient en effet de fuir son appartement cossu du seizième arrondissement, sa femme et sa fille pour s’installer dans les combles du Boudoir de soi, une maison close du neuvième.

Une nuit après une soirée comme tant d’autres au Boudoir de soi, Faustine, une magnifique courtisane, vient tirer Guy de son sommeil. Milaine, une autre fille de joie, a été retrouvée morte devant l’établissement. La vision est effroyable : la jeune femme transpire du sang, un liquide blanchâtre se répand hors de sa bouche dont les lèvres sont retroussées dans une parodie de sourire effrayant, le blanc de ses yeux a totalement disparu pour ne laisser que deux billes noires.

Comprenant vite qu’il ne s’agit pas d’un meurtre comme un autre, afin de venger la mort de Milaine et pour satisfaire sa curiosité d’écrivain, Guy décide de mener sa propre enquête. Il ne pourra d’ailleurs que sur lui-même et l’aide de Faustine et du jeune inspecteur Martial Perotti – jeune policier ayant entretenu une liaison tarifée avec la victime – pour retrouver le coupable puisque les inspecteurs en charge du dossier ne semblent pas faire de zèle pour mettre la main sur le meurtrier d’une catin.

Rapidement, nos enquêteurs en herbe découvrent d’autres meurtres aussi sordides et de nombreuses disparitions non élucidés. la plupart des victimes sont des filles de joie issues de la rue Monjol, une des rues les plus sordides de la capitale. Pour Guy, une chose est sûre, tous ces meurtres sont en lien les uns avec les autres et le temps lui est compté s’il souhaite arrêter le tueur avant qu’il ne passe de nouveau à l’acte. Il va alors devoir user de toutes ses connaissance en psychologie, s’enfoncer au plus profond des rues les plus glauques de Paris et sonder tout ce que les âmes peuvent renfermer de noirceur pour traquer ce monstre, ce diable sanguinaire.

Maxime Chattam signe là un thriller haletant, basé sur une excellente description du Paris du début du vingtième siècle. Bien sûr, on retrouve toujours les thèmes propres à l’auteur qui souhaite sonder les profondeurs de l’âme humaine et trouver l’origine du Mal. L’intrigue est menée d’une manière tout à fait efficace. Certains aspects scientifiques ou psychologiques sont développés de façon très pointue à l’exemple d’une analyse graphologique magistrale du tueur vraiment passionnante. L’Exposition universelle, qui sert de toile de fond au roman, est décrite de manière très détaillée à tel point qu’on a l’impression d’en arpenter les allées avec les héros. Le seul bémol reste pour moi la conclusion, pas très convaincante, bien trop surréaliste à mon goût après un texte très ancré dans le réel.

 

Gore

23 Déc

Encore un livre qui traînait depuis des lustres dans mon salon mais il m’aura fallu moins de 48h pour engloutir les 500 pages de ce thriller.

La Théorie Gaïa, Maxime Chattam

Alors que les catastrophes climatiques s’accumulent, que la planète semble aller de mal en pis, la Commission européenne fait appel à une famille de chercheurs pour tenter d’éviter le chaos. Sauf que ce n’est pas la Terre elle-même qui déraille mais l’espèce humaine qui agit sur elle comme un virus.

Un soir, Peter de Vonck, biologiste et généticien, est contacté par la Commission européenne afin de venir entreprendre des recherches en urgence avec sa femme, Emma, paléoanthropologue, et le frère de celle-ci, Ben, sociologue spécialisé dans la dynamique comportementale. Quel type de recherches peut bien mobiliser les services d’une telle équipe ? Ce n’est en tout cas pas François Gerland, leur interlocuteur de la Commission européenne, qui fournira clairement la réponse, défendant un secret d’Etat inavouable.

D’emblée, les personnages sont séparés : Emma est envoyée sur une île perdue des Marquises, tandis que son mari et son frère sont conduits à l’observatoire du Pic du Midi. A partir de là, les éléments se déchaînent, les tempêtes tropicales et bourrasques de neige font rage coupant toutes les communications.

Du côté du Pic du Midi, l’atmosphère est pesante. Une fois à l’intérieur de l’observatoire, les chercheurs sont totalement coupés du monde, le téléphérique étant inutilisable en raison des vents violents. L’équipe en place n’est pas des plus chaleureuses et tout le monde semble craindre le très secret Grohm.

Pas mieux pour Emma; en guise d’île paradisiaque, elle débarque dans un lieu sinistre sur lequel se déversent des trombes d’eau. Toute la population semble avoir désertée, en proie à la peur d’étranges monstres sanguinaires…

Après Les Arcanes du chaos et Prédateurs, Maxime Chattam poursuit ici son exploration des tréfonds de l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre. Les hommes ne doivent pas seulement survivre aux catastrophes naturelles mais à un fléau bien plus dévastateur : eux-mêmes.

Si le roman se lit très vite, il n’est cependant pas à mettre entre toutes les mains. Certains passages sont vraiment plus que gore et si l’on devait tenter une adaptation cinématographique, nul doute que le budget « hémoglobine » serait l’un des plus élevés… Il n’en reste pas moins que ce thriller demeure d’une efficacité redoutable; impossible de lâcher le livre une fois qu’on l’a dans les mains. Maxime Chattam maîtrise le genre : chaque court chapitre se clôt sur un rebondissement et le lecteur est laissé en haleine jusque dans les dernières pages.