Tag Archives: meurtre

Meurtre au Quai d’Orsay

6 Juin

Je continue dans ma série polar avec un enquêteur pour le moins atypique cette fois. Mers aux éditions du Seuil pour cette découverte.

Les saisons inversées, Renaud S. Lyautey

9782021393637fsRené Turpin, fonctionnaire au Quai d’Orsay, mène une carrière pour le moins tranquille voire sans grand intérêt. Jusqu’au jour où une des figures les plus emblématiques du ministère des Affaires étrangères est retrouvée assassinée dans son appartement parisien. René est alors désigné, sans trop savoir pourquoi, pour mener l’enquête en interne. Bientôt, il est lancé sur une piste iranienne et sera confronté à des forces qui le dépassent. Une autre piste s’offre à lui : le Chili où a exercer l’ambassadeur au tout début de sa carrière. Bref, notre brave René va voir du pays et ce ne sera pas pour lui déplaire…

Si j’avoue avoir eu un peu de difficulté à me mettre dans l’intrigue car je trouvais le rythme un peu lent au départ, mais j’ai finalement accroché à cette histoire qui se complexifie au fur et à mesure de l’avancée du roman. Le fait que l’enquête soit menée par un amateur est assez savoureux car on finit par s’attacher à ce personnage, englué dans sa routine, entre son emploi qui ne le satisfait plus et sa mère un tantinet castratrice. En outre, l’auteur, diplomate, parvient grâce à son expérience du terrain à nous mettre totalement dans l’ambiance des ambassades. Si vous avez envie de voyager tout en menant l’enquête, n’hésitez pas à découvrir ce nouveau roman.

 

 

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Diluvio

28 Oct

Je tiens à remercier les éditions Philippe Rey  via l’agence Anne et Arnaud de me permettre de vous présenter cette belle nouveauté au rayon polar.

Mort à Florence, Marco Vichi

livre_moyen_362Florence. Automne 1966. Le petit Giacomo, 13 ans, est porté disparu depuis plusieurs jours. Personne ne l’a revu depuis sa sortie du collège par un jour de pluie. L’enquête piétine, aucune piste en vue. Le commissaire Bordelli se sent impuissant et ni les bons petits plats de son ami Toto ni les conversations avec Rosa, l’ancienne prostituée qui lui sert de confidente, n’améliorent son moral aussi sinistre que le ciel florentin. L’enfant finit néanmoins par être retrouvé mort, enterré sommairement dans les bois d’une colline proche de la ville après avoir été violé à plusieurs reprises. Malheureusement, aucun indice convaincant n’est retrouvé à proximité du corps. Bordelli doit essayer de tirer les fils d’une bien maigre piste qui vont le conduire chez un boucher fasciste nostalgique de Mussolini. Alors que notre commissaire patauge dans son enquête, une crue sans précédant ravage Florence, engouffrant ses minces espoirs d’obtenir des preuves plus concluantes…

Voilà un polar d’une richesse inouïe, tant sur le fond que sur la forme. L’auteur nous offre une oeuvre extrêmement bien documentée. Sans mauvais jeu de mots, nous sommes véritablement plongés dans le Florence inondé de novembre 66. Les descriptions sont d’un réalisme époustouflant. Les flots de boue qui se déversent sur la cité symbolisent parfaitement les relents nauséabonds que la bonne société florentine cherche à masquer. En outre, le portrait du commissaire est brossé avec beaucoup de finesse et laisse apparaître un personnage complexe et attachant, Dom Juan au cœur d’artichaut tombant amoureux à chaque coin de rue. Très sincèrement, ce roman est une vraie petite pépite, aussi bien pour les amateurs de polars que pour les amoureux de l’Italie. Mon seul petit reproche serait la lenteur du récit – hé oui, je ne suis pas une adepte des descriptions et des digressions historiques. Mais pour le reste, il s’agit vraiment d’un excellent roman, qui a d’ailleurs reçu le prix Scerbanenco en 2009, la plus haute récompense du polar italien.

Faux-semblants

10 Déc

Un polar jeunesse pour le comité de lecture de mon ancien collège.

Coupable idéal, Jean Molla

coupable-ideal-230235Mathieu, Henri et leur bande d’amies entament tranquillement les vacances d’été lorsque’ils apprennent la disparition de Quentin Bédard, le fils du maire de la commune, richissime et surtout odieux patron de la plus grosse usine du coin. Tout porte à croire à une fugue et pourtant Henri soupçonne Bédard des pires sévices sur son fils. Il propose à Mathieu de le rejoindre une nuit dans l’immense demeure de l’élu.

Ce dernier s’exécute et se munit d’un marteau qu’il trouve devant la porte de la maison de Bédard. Comme il ne voit pas Henri dehors, il décide d’entrer. Apparemment, personne à l’intérieur. Mais d’étranges bruits et ombres viennent bientôt paniquer l’adolescent qui fait une crise d’épilepsie. Il se réveillera quelques temps plus tard dans la cour de sa maison, torse nu.

Au lever du jour, la petite ville est sous le choc. Le maire a été retrouvé sauvagement assassiné, sans doute à l’aide d’un marteau, par un gaucher. Mathieu panique. Il est gaucher et avait un marteau dans les mains quand il s’est rendu chez Bédard la veille. Mais il n’a aucun souvenir de ce qui a bien pu se passer. Aurait-il pu être capable d’une telle sauvagerie envers celui qui a licencié son père quelques mois plus tôt ? Bientôt, un autre drame est annoncé. Henri a été retrouvé mort, défiguré, dans sa chambre. Le même mode opératoire a été utilisé pour les deux crimes. Mathieu est sous le choc, il a tout du coupable idéal. D’autant que Léa, la petite amie d’Henri, l’accuse d’être le meurtrier…

Voilà un polar rondement mené par l’auteur de  l’excellent Djamila. Le suspens est à son comble pendant une bonne partie de l’histoire. Mathieu, que tout semble accuser, est-il vraiment le coupable ? Mais comment un garçon si frêle et gentil a-t-il pu être l’auteur d’une telle barbarie. D’accord, il est fan de livres et de films d’horreur, mais quand même, de là à passer à l’acte… Jean Molla parvient avec brio à tenir son lecteur en haleine jusqu’à la fin du roman, riche en rebondissements. Je ne vous en révèle pas davantage et vous laisse vous plonger dans ce très bon roman. Trouverez-vous le coupable ?