Humour·nouveauté·Polar·policier·Roman

France très profonde

Aujourd’hui sort ce bon polar bourré d’humour noir aux éditions du Seuil.

Ah, les braves gens !, Franz Bartelt

ah-les-braves-gensQuand Julius Dump, écrivain de son état, arrive à Puffigny au volant d’une vieille cadillac jaune citron, il ne s’attend pas à ce que ce bled très paumé où il ne se passe jamais rien recèle autant de mystères. Alors qu’il est à la recherche d’un tableau jadis volé par son père et un certain Nadereau qui l’aurait conservé et se cacherait dans le petit village, notre protagoniste découvre éberlué les habitants hauts en couleur, aux mœurs plus ou moins étranges. Très rapidement, il engage Helnoute Ballo pour l’aider dans sa quête. Mais dans ce patelin perdu où les gens sont connus pour être plus menteurs les uns que les autres, pas simple de trouver une piste valable.

Ce polar énigmatique est une petite pépite d’humour noir, grinçant à souhait, porté par des personnages bien gratinés. Par certains aspects, Puffigny m’a rappelé le villâge de L’Arrache-cœur de Boris Vian, avec sa célèbre foire aux vieux. A Puffigny, rien ne se passe comme ailleurs et du coup c’est le cadre parfait pour écrire un roman. C’est justement ce que va faire notre personnage principal. Et hop ! Une jolie mise en abîme ! Si vous cherchez un roman qui sort un peu de l’ordinaire, avoir le sourire aux lèvres pendant près de 300 pages, n’hésitez pas !

Anticipation·Aventure·coup de cœur·Fantastique·Héroic Fantasy·Journal·nouveauté·Roman·satire·science-fiction

Vers l’infini et l’au-delà !

Attention, chaud devant ! Amateurs de science-fiction/fantasy et de loufoquerie, ce roman fleuve est fait pour vous ! Il vient tout juste de sortir aux éditions Aux Diable Vauvert que je remercie pour leur confiance renouvelée.

Théâtre des Dieux, Matt Suddain

couv-suddain-thecc81acc82tre-des-dieux-pl1site-2Pas simple de résumer un livre de plus de 700 pages et encore moins celui-ci qui n’est vraiment pas commun.

Vous tenez entre vos mains le journal d’un grand voyageur interstellaire, M. Francisco Fabrigas. Cet écrit volumineux, qui conte les exploits de son auteur, a été retrouvé et publié par Blacklist Publishing, une maison d’édition sauvant de l’oubli les oeuvres perdues ou censurées. C’est Matt Suddain, un employé-éditeur de la maison, qui a mis la main sur cette fantastique histoire et vous la rapporte présentement.

Cette histoire, la voici. Il s’agit donc de celle de M. Francisco Fabrigas, explorateur, philosophe, physicien et hérétique de son état, qui embarque à bord d’un vaisseau spatial aux allures de navire pour un voyage terrible vers une autre dimension. Avec lui, l’accompagnent, entre autres, : un jeune capitaine, un brave garçon garçon sourd, une petite fille aveugle mais très perspicace, une botaniste sensuelle. Tout ce beau monde est poursuivi par le Pape de l’Univers, un magnétiseur coquet et une pieuvre géante…

Moult complots sombres et obscurs, cultes démoniaques, traversées de jungles meurtrières, pagaille quantique, naissance de la Création et mort du Temps : voici tout ce qui vous attend et bien davantage encore dans cette fresque spatio-fantastique. Laissez-vous entraîner derrière le voile de la réalité pour découvrir les mystères les plus secrets – et déjantés – du cosmos…

Difficile de faire plus court ou plus simple. Vous l’aurez compris, vous vous trouvez devant un véritable OVNI littéraire, une pièce rare, fabuleusement mise en page dans une édition reliée sous jaquette, agrémentée d’affiches d’époque. L’auteur, qui signe ici son premier roman, maîtrise en tout point l’art de la mise  en abîme, c’est-à-dire du roman dans le roman, et nous entraîne avec brio dans un univers totalement décalé mais d’une richesse incroyable, aussi historique que littéraire. On retrouve ici tout ce qui fait la force des plus grands romans d’aventure de Jules Verne et de Stevenson corrélé à la puissance imaginative de la science-fiction de ce roman se déroulant dans un moyen-âge spatial futuriste. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour satirique. Alors, si vous n’avez pas peur de vivre une expérience littéraire hors du commun, si vous aimez les textes innovants, légèrement hallucinés, ne manquez sous aucun prétexte cette magnifique épopée à la croisée des genres.

Aventure·Fantastique·Roman

Objet littéraire non identifié

Je remercie de tout cœur Alexandra pour ce cadeau et ces moments de lecture surprenants.

S. – Le Bateau de Thésée, J.J. Abrams et Doug Dorst

wp_20160708_004Jennifer, étudiante en lettres, ramasse un livre égaré à la bibliothèque. A l’intérieur, de nombreuses notes laissent découvrir un lecteur captivé. Intriguée, elle écrite à son tour dans l’exemplaire puis le replace à l’endroit initial. Ainsi va étrangement débuter une relation particulière entre Jennifer et Eric – étudiant plus âgé, interdit de séjour à l’université par son ancien directeur de thèse.

Le fameux roman dans lequel échangent les deux étudiants s’intitule Le Bateau de Thésée. Il a été rédigé par un certain V.M. Straka, un auteur pour le moins énigmatique. Disparu en 1946, personne n’a jamais réussi à découvrir sa véritable identité et cette quête perdure dans le monde universitaire. Jennifer et Eric sont bien décidés à percer le mystère grâce à ce roman – le dernier de l’auteur – qui conte l’histoire de S., un homme qui a perdu la mémoire. Embarqué de force sur une sorte de vaisseaux fantôme peuplé de marins monstrueux, son seul désir est de retrouver qui il est et pour cela il est prêt à endurer toutes les épreuves. img_20161228_170121

Jennifer et Eric se lance donc à la quête de l’identité de Straka par le biais de son ultime roman et des notes de bas de page laissées par la traductrice qui les emmènent sur diverses pistes. Ils ne tarderont pas à s’apercevoir qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir percer le mystère et que certains sont prêts à tout pour y parvenir.

Voilà pour le résumé. J’ai tenté de faire simple. Parce qu’en réalité c’est extrêmement complexe, tortueux, voire tordu. J’ai été vraiment fascinée par l’objet livre en tant que tel (livre présenté dans un écrin, fausses référenciations de bibliothèque, notes des étudiants, lettres et documents insérés entre les pages…) et la mise en abîme très travaillée : nous lisons le livre d’un auteur que d’autres ont lu et annoté et nous lisons donc également ces notes. De ce point de vue là, rien à dire. Jolie mise en scène, conception expérimentale réussie de la part du réalisateur de la série Lost et de Mission Impossible, J.J. Abrams. Si j’ai été séduite par la forme totalement atypique de cet ouvrage et par les intrigues superposées qu’il propose – perso, j’ai lu toutes les intrigues en même temps mais on peut déjà lire Le Bateau de Thésée intégralement puis lire seulement les notes dans l’ordre chronologique, selon les couleurs d’encre – je n’en ai été que plus déçue par le fond. L’histoire avait a priori tout pour me plaire : personnage en quête d’identité, à la recherche d’un passé qui lui rendrait son présent et la possibilité d’un futur, étudiants tentant de découvrir la vérité sur leur auteur fétiche, intrigue dans le milieu universitaire… bref, des thèmes qui m’attirent. Oui. Mais. Le roman Le Bateau de Thésée et donc le récit concernant S. se révèle rapidement un faire-valoir. Se voulant érudite et obscure, l’intrigue finit par devenir si complexe qu’elle en perd son sens. Quand à l’histoire annexe des étudiants – qui m’a au final davantage intéressée – elle demeure hélas tristement incomplète. En conclusion, ce livre fait malheureusement « pschitt ». Le projet est certes ambitieux – pour ne pas dire prétentieux -, le concept est vraiment intéressant et original, la supercherie fonctionne très bien mais littérairement parlant, ça ne suit pas et c’est fort dommage. Il n’en demeure pas moins que S. demeure une expérience à part entière si vous avez le temps et le courage de vous y consacrer (je lis assez rapidement en temps normal, mais là, j’ai atteint mon record de lenteur avec 2-3 pages au 1/4 d’heure tant le nombre d’infos par page est élevé… je vous laisse calculer le nombre d’heure de lecture pour ce livre de presque 500 pages…).img_20161228_163602

Autobiographie / mémoires·Roman

En-dehors

Encore un livre dont j’avais entendu parler à sa sortie il y a quelques années et que j’ai eu le plaisir de découvrir dans les rayons de la bibliothèque.

Les Lisières, Olivier Adam

9782081283749Paul Steiner, la quarantaine, est romancier, installé en Bretagne. Son père, ouvrier, n’a jamais compris ce choix d’un métier qui n’en est pas un selon lui et pense que son fils mène une vie de bobo parisien. Loin s’en faut. L’existence de Paul est en train de s’émietter pendant que le fameux tsunami ravage le Japon où il a vécu ses meilleurs moments. Récemment séparé de sa femme, il n’arrive pas à s’en remettre et croit toujours pouvoir la reconquérir. Ses enfants, qu’il ne voit que le week-end, lui manquent terriblement. Alors qu’il est en plein doute concernant son avenir et qu’il connait une panne sèche au niveau de son inspiration, son frère, vétérinaire dans une bourgade chic de la banlieue parisienne, lui demande de venir s’occuper « pour une fois » quelques jours de leur père pendant que leur mère est hospitalisée. La mort dans l’âme, il rejoint la banlieue de sa jeunesse et va devoir se confronter au monde qu’il a fui, à un environnement qu’il déteste mais dans lequel il s’est construit.

Dans cette cité de banlieue parisienne, il retrouve son père complètement à la dérive, perdu sans sa femme dans ce pavillon sans âme. Entre les deux hommes, aucune communication n’a jamais été possible. Elle l’est d’autant moins maintenant que son père adhère aux propos tenus par la candidate du FN. Ces quelques jours de calvaire obligatoire passés dans la cité de son enfance vont faire remonter de nombreux souvenirs à la surface en même temps qu’il va rencontrer d’anciennes connaissances et découvrir un secret de famille bien gardé jusque-là… c’est bien malgré lui qu’il va enfin découvrir la véritable raison du mal-être qui le ronge depuis son enfance et l’empêche depuis toujours de trouver véritablement sa place.

Si cet épais roman souffre de quelques longueurs à mon goût, l’ensemble demeure tout à fait plaisant. Je me suis laissée happer par le personnage-narrateur et ses interrogations sur ce qui a fait son enfance et la façon dont il s’est construit à coup d’auto-destruction. J’ai apprécié le fait que le romancier ne se contente pas des réflexions métaphysiques de son anti-héros mais aborde aussi les problèmes sociaux de la France : chômage, immigration, montée du nationalisme et du racisme, évocation des classes moyennes et populaires de banlieues loin du sérail parisien. Le côté « autobiographique » du roman a aussi quelque chose de plaisant, qui permet en quelque sorte d’apporter davantage de crédit aux propos de l’auteur. Et puis, il y a ces merveilleuses évocations du Japon, paradis perdu en train de se métamorphoser en enfer nucléaire dans les environs de Fukushima, qui fonctionnent comme une mise en abîme de la propre existence du narrateur. Un bon moment de lecture.

Fantastique·Historique·Roman

L’homme invisible

Une (grosse) pépite qui dormait dans les rayons du CDI…

L’éclipse, Robert Cormier

Depuis qu’il est tout petit, Paul Moreaux est intrigué par une photo de famille réalisée avant la Première Guerre mondiale. La raison de sa curiosité ? Son oncle Adélard avait subitement disparu au moment du cliché alors qu’il était présent dans le groupe quelques secondes plus tôt. Lorsque l’enfant interroge ses parents, il obtient inexorablement la même réponse : chaque famille a ses mystères et ton oncle adorait faire des farces. Oui mais voilà, le jeune Paul est persuadé qu’une autre explication à cette disparition existe.

En 1929, une crise économique sans précédent ravage les Etats-Unis. Paul a 13 ans et, avec son regard d’adolescent, en constate les ravages dans la petite communauté d’ouvriers canadiens émigrés. L’usine de peignes dans laquelle travaille son père est en grande difficulté, les ouvriers se mettent en grève et sont prêts à en découdre physiquement. Dans le même temps, le Klux Klux Klan (société secrète raciste) tente de convertir de nouveaux adeptes dans la ville.

Dans ce contexte difficile, Paul  – en proie à ses premiers émois amoureux qui vont de paire avec les bouleversements physiologiques de son âge – se rend compte qu’il possède un étrange pouvoir. Il découvre qu’il est capable de devenir invisible à volonté, de s’éclipser totalement. Alors qu’il pourrait se réjouir de ce formidable pouvoir, il s’en inquiète. En effet, s’il pourrait le mettre à profit pour une bonne cause, il n’y verrait pas d’inconvénient, mais devenir invisible peut aussi permettre de faire le mal, d’assouvir ses fantasmes, les meilleurs comme les pires et peut-être même de tuer…

Voilà un excellent roman. Non seulement de par son intrigue passionnante, fantastique dans tous les sens du terme, mais de par une structure narrative complexe, faite de récits enchâssés et de mises en abîme (roman dans le roman). Je reviens à l’intrigue dans un premier temps. Si le phénomène de l’éclipse occupe la majeure partie du roman, l’auteur dresse une toile de fond historique très bien documentée et accessible à un jeune public qui découvrira un aspect de l’Histoire américaine qu’il n’aura peut-être qu’entrevue en cours. la question de l’invisibilité quant à elle renvoie à de nombreux questionnements métaphysiques, notamment les questions du bien et du mal et de la liberté. Ce pouvoir rend-il plus libre celui qui le possède ? Lui donne-t-il tous les droits sur les autres ? Comment être certain qu’une action que l’on croit bonne sur le coup n’est pas en réalité très néfaste ? Des interrogations parmi d’autres que les personnages et le lecteur devront se poser.

J’en reviens à la narration cette fois. J’ai littéralement été bluffée. le plus difficile est ici de tenir ma langue afin de ne pas ôter le plaisir procuré par ce livre gigogne. Je ne donnerai qu’un indice, le titre du livre peut prendre plusieurs signification et renvoie également à la narration. L’auteur réalise donc un véritable tour de force, d’autant plus qu’il s’agit d’une oeuvre jeunesse, genre qui laisse rarement entrevoir d’aussi passionnantes et remarquables prouesses techniques en matière de construction. Un véritable coup de coeur (pas seulement destiné aux jeunes lecteurs donc). J’espère que de courageux élèves seront assez curieux pour dépasser la peur d’affronter près de 500 pages et une couverture un peu défraîchie… le livre en vaut la chandelle !

Roman

la chute de l’empire américain

Voilà longtemps que je ne m’étais pas attelée à Paul Auster. Très sincèrement, je recule depuis quelques jours le moment de rédiger ma chronique car résumer une telle oeuvre sera forcément réducteur. Je tente de faire au mieux.

Leviathan, Paul Auster

Peter Aaon, écrivain, vient d’apprendre dans le journal la mort pour le moins explosive de son ami Ben Sachs, écrivain lui-aussi. Ce dernier, dont le cours de la vie s’est trouvé brutalement bouleversé le jour où il a tué un homme, s’est engagé dans une action terroriste destinée à détruire les reproductions de la Statue de la Liberté pour remettre en cause le système américain. S’attendant à recevoir la visite de FBI et afin d’éviter tout détournement de la réalité, Peter décide de reconstituer le plus fidèlement possible la vie de Sachs et de le consigner dans un livre auquel il donnera le titre de l’oeuvre inachevée de Sachs : Leviathan.

J’ai raccourci autant que faire ce peut le synopsis de ce pavé de 400 pages. Aaron, en racontant la vie de Sachs, nous parle aussi de lui, de la difficulté d’écrire, et d’une myriades de personnages tous plus étranges les uns que les autres mais surtout de l’évolution d’une société américaine en perte constante de repères. Si l’on ne saura jamais ce qui se cache derrière le titre de Leviathan de Sachs, celui d’Auster renvoie sans doute au monstre institutionnel, à cet Etat gigantesque et monstrueux que représentent les Etats-Unis (ce titre nous rappelle forcément Hobbes dans son ouvrage éponyme qui évoquait l’Etat despotique en reprenant le nom du monstre mythologique du Livre de Job) On retrouve dans cette oeuvre foisonnante, bien que moins complexe que bien des romans du célèbre auteur américain (toutes mes chroniques concernant cet auteur sont à retrouver ici), le procédé de la mise en abîme puisque le narrateur est en train de rédiger le livre que nous lisons. Le récit est, comme d’habitude, mené d’une main de maître et nous sommes jusqu’aux toutes dernières pages curieux d’apprendre comment ce brave écrivain a bien pu se retrouver mêlé à une telle histoire. On comprendra que chaque personnage est à voir comme une pièce d’un immense puzzle, non seulement celui d’une vie mais celui d’une nation. Un grand livre  donc, qui avait reçu le prix Médicis étranger en 1993.

amour·Initiatique·Littérature jeunesse·Roman·roman de formation

Ado en crise

Je profite des vacances pour prendre le temps de lire une nouveauté du CDI.

Le retour de Cherokee Brown, Siobhan Curham

Claire s’apprête à fêter ses 15 ans mais est loin d’être joyeuse. Au lycée, depuis le déménagement de sa meilleure amie, elle se sent complètement isolée. Pire, elle est devenue – du fait qu’elle boite en raison d’une jambe plus petite que l’autre – un véritable souffre-douleur de la terreur de l’établissement, l’infâme Tricia. Du coup, Claire fait tout pour éviter de la croiser dans les couloirs, jusqu’à sécher les cours. Honteuse de sa situation, elle n’a pas le cœur d’en avertir sa mère, et encore moins son beau-père donneur de leçons. Au fond d’elle, Claire se rêve courageuse et se met en tête d’écrire un roman dont elle serait l’héroïne. Oui mais voilà, qui voudrait lire l’histoire d’une pauvre fille soumise comme elle ?

Le jour de ses 15 ans, elle reçoit une carte mystérieuse adressée à Cherokee Brown. Malgré les efforts de sa mère pour l’empêcher de la lire, la jeune fille parvient à s’en emparer. L’expéditeur indique un lieu de rendez-vous. Exaltée, la jeune fille décide de s’y rendre. Elle y découvre un beau chanteur de rock au milieu d’un groupe de passants. Instinctivement, le père et sa fille se reconnaissent. Elle apprend qu’elle s’appelle en réalité Cherokee Brown. Un vrai nom d’héroïne. Peut-être que finalement sa vie va prendre une tournure plus romanesque…

Je dois tout d’abord avouer que la couverture n’avait rien pour m’attirer avec une grosse tache rose bonbon et la photo un peu tarte d’une ado accoudée à une guitare. Mais j’ai été très agréablement surprise. Le style de l’auteur est très fluide et percutant. La construction du livre sous forme de mise en abîme (roman dans le roman) avec les réflexions de la jeune fille qui cherche à écrire son histoire le mieux possible est très réussie – on peut apprécier les références à Agatha Dashwood, pseudo auteure d’un best-seller intitulé « Alors comme ça, vous voulez écrire un roman ? », avec un conseil d’écriture en exergue de chaque chapitre. Quant à l’histoire elle-même, bien qu’il n’y ait rien de très novateur – ado en crise, persécutée, qui se cherche et finit par se trouver en retrouvant son géniteur -, on appréciera quand même le fait que l’auteur traite avec finesse du sujet du harcèlement scolaire et de la loi du silence qui l’entoure. La lecture encouragera sans doute les enfants qui en souffre à parler et à ne pas continuer à se laisser martyriser même si évidemment, nous sommes ici dans un roman et que tout est bien qui finit bien ! Je conseille ce livre à partir de la classe de 5ème.