Tag Archives: pervers narcissique

Captive

7 Avr

Heureuse de retrouver Sabrina Philippe pour ce touchant roman-témoignage après l’avoir découvert dans son Petit manuel de navigation pour l’Âme.

Et que nos âmes reviennent, Sabrina Philippe

9782081447158La narratrice est, comme Sabrina Philippe, psychologue et chroniqueuse pour une émission télé où elle donne des conseils notamment en matière amoureuse à des téléspectateurs. Mais prise par son métier, elle ne se laisse que peu de temps à consacrer à sa vie sentimentale. Jusqu’au jour où elle rencontre cet homme qui lui semble si brillant. Commence alors une folle histoire d’amour qui va bientôt se révéler comme le plus cruel des pièges…

Dans ce roman, à la frontière du témoignage et du récit initiatique, Sabrina Philippe évoque la relation toxique qui peut se nouer entre un homme et une femme et plus précisément le cas du pervers narcissique. Pour quelles raisons certains couples dysfonctionnent-ils au point de se faire souffrir ? Pour quelles raisons femmes ou hommes restent-ils malgré les souffrances (psychologiques ou physiques) endurées ? Malgré ce sujet assez sombre, l’auteure parvient à apporter une certaine luminosité en racontant comment elle a réussi malgré tout à s’échapper de cette emprise amoureuse. En introduisant un pan de roman consacré à la seconde guerre mondiale, la psychologue évoque la possibilité de vies antérieures qui se rejoueraient dans le présent, de fils qui feraient partie de nous, qui nous relieraient à une histoire passée sur laquelle nous n’avons que peu de prises sauf si nous décidons de nous atteler à les délier pour ne pas reproduire des situations douloureuses. J’ai apprécié ce roman qui se lit facilement et qui pose des questions sur la quête identitaire ainsi que sur les notions de bien et de mal, indissociable l’une de l’autre. Une réflexion sur la nature humaine qui va au-delà du simple témoignage, qui incite à s’interroger sur soi-même. Coup de cœur !

 

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Statufiant !

5 Août

Avant toute chose, je tiens à remercier les éditions Bergame pour leur confiance et qui me permettent de vous présenter le roman du jour.

Qu’on me coupe la têêêêêêête !, Jennifer de Théleny

couv145-365x365Aìfe Shaw est une jeune styliste qui a repris l’atelier de son père. Malgré la concurrence des plus grandes maisons de couture, elle mène plutôt bien sa barque malgré quelques périodes creuses. Un jour, le richissime Elioth Anssiman vient lui faire une offre qu’elle ne peut refuser : réaliser un dress-code pour chaque corps de métier de son entreprise et confectionner tous les modèles. Afin de s’imprégner de l’ambiance de la société, il la convie à passer un mois à ses côtés en observation. La jeune femme pénètre alors dans un univers qui lui est totalement étranger et qui va bientôt se révéler hostile. En effet, la femme d’Elioth, Anaïdéa, semble jalouser Aìfe et pour cause : son mari se montre de plus en plus entreprenant envers cette dernière. Il va jusqu’à l’introduire dans son atelier personnel où il fabrique des statues à l’allure étrangement humaine. Peu à peu, sans que la styliste ne s’en aperçoive, le piège se referme sur elle…

Jennifer de Théleny est criminologue de son état. On comprendra donc pourquoi elle consacre son premier roman à la figure du pervers narcissique qui manipule son entourage et particulièrement ses victimes à la perfection pour arriver à ses fins. On assiste ici à la descente aux enfers de la jeune couturière rendue quasi volontaire par le richissime homme d’affaires. L’auteure nous plonge dans un univers surréaliste, à la frontière du cauchemar. Si certaines digressions sont parfois difficiles à saisir, venant rompre la trame narrative, le tout reste néanmoins agréable à lire, surtout si l’on est adepte de thriller psychologique.

Apparences

15 Oct

Désolée de vous avoir laissés plusieurs jours sans nouvelle, mais je viens encore de m’atteler à un pavé. 600 pages de plus au compteur ! Mais quand on aime, on ne compte pas !

Tout pour plaire, Ingrid Desjours

9782266262125Déborah, une magnifique et brillante jeune femme qui ne laisse insensible aucun regard masculin et féminin, est mariée à David, un séducteur hors-pair, macho prétentieux et colérique, qui fait fortune en prodiguant ses conseils pour « serrer » les femmes à coup sûr. Alors qu’ils semblent tous deux former le couple parfait, leur voisine s’inquiète pour Déborah. En effet, outre les cris issus de nombreuses disputes qui se font entendre de plus en plus fréquemment la jeune femme présente de nombreuses marques sur les bras, laissant songer qu’elle est battue et sous l’influence d’un pervers narcissique bien qu’elle nie en bloc les soupçons de violences et affirme aimer son mari plus que tout.

Dans ce contexte de vie de couple tendu, le petit frère de David, Nicolas fait irruption dans leur foyer accompagné de sa fillette de 4 ans, Emma. Nicolas est paniqué. Voilà plusieurs jours que Laura, sa femme, a disparu sans laisser de traces. Pire, il est soupçonné de l’avoir fait disparaître. Il faut dire que son passif de junkie ne plaide pas en sa faveur… Alors que David ne veut absolument pas de son frère chez lui – il lui voue une haine intense et ne l’a pas vu depuis 5 ans -, Déborah insiste pour qu’il reste afin de prendre soin d’Emma qui se retrouve sans maman et avec un père soupçonné de meurtre. Mais la fillette ne semble ne pas être la seule motivation de la jeune femme. Nicolas se révèle en effet encore plus séduisant que son frère… Une cohabitation dangereuse va alors commencer…

Je ne connaissais pas du tout l’auteure, psychologue spécialisée en sexo-criminalité, consultante et scénariste de plusieurs séries pour la télévision française et qui n’en est manifestement pas à son coup d’essai en matière de roman. J’ai donc entamé ma lecture sans a priori, curieuse de découvrir l’univers de cette romancière. Je n’ai pas été déçue et c’est le moins que je puisse dire. Ce thriller psychologique m’a tenue en haleine du début à la fin. Tous les fils sont inextricablement mêlés, aucun détail n’est laissé au hasard. Sans rien dévoiler de l’intrigue, aucun des personnages n’est vraiment ce qu’il fait voir de lui. Dans ce roman, tout n’est qu’apparences et manipulation. L’auteure parvient à savamment suggérer les choses de manière à entraîner le lecteur dans son jeu. Et si j’avoue avoir eu des doutes quant à l’identité du coupable assez rapidement – sans pourtant détenir le mobile -, cela n’a en rien gâché mon plaisir d’observer le tissage complexe de cette toile d’araignée. Un vrai travail d’orfèvre auquel s’ajoute une plume fluide. Les personnages sont tous très travaillés, notamment celui du commandant Sacha Mendel, chargé de l’enquête concernant la disparition de Laura. Une enquête qui va lui demander un bien plus grand investissement qu’il ne l’aurait pensé. Coup de cœur ! A savoir, ce roman est en cours d’adaptation par Arte pour devenir une série TV. J’ai hâte de voir ça !

 

Toxique

22 Fév

Un petit Nothomb pour bien débuter les vacances.

Antéchrista, Amélie Nothomb

Blanche a 16 ans. Elève brillante, elle rentre à l’université en avance pour son âge. Mais si la jeune fille est douée pour les études elle l’est beaucoup moins pour les rapports sociaux. Aussi surprenant que ça puisse paraître, elle n’a aucun ami. Alors quand elle rencontre la belle et populaire Christa, c’est un véritable coup de foudre pour elle. Elle veut absolument devenir son amie. Pour cela, elle est prête à tous les sacrifices et lui propose rapidement de s’installer chez elle pour éviter à Christa de longs trajets en train. Cette dernière accepte, trop heureuse d’avoir trouver une si belle victime à se mettre sous la dent…

Car Christa se révèle être une parfaite manipulatrice. Si Blanche s’en rend compte assez rapidement – tout en refusant néanmoins de se l’avouer -, ses parents se laissent complètement duper par la séduisante adolescente qui va peu à peu prendre plus de place que leur propre fille dans leur cœur. La vie de Blanche, avec ce démon qui ne cesse de la persécuter à longueur de journées, devient un enfer. Une seule solution pour échapper à l’emprise de Christa : révéler au grand jour sa véritable nature. Mais plus facile à dire qu’à faire tant le rôle de l’étudiante désargentée et brillante est rôdé.

Une fois encore, j’ai été charmée par le style efficace et corrosif de Nothomb qui offre ici un duel entre une perverse narcissique et sa proie d’une grande intensité. On assiste impuissant à la scène de l’araignée qui tisse sa toile autour de sa victime, on voit peu à peu l’étau se resserrer et l’on se demande jusqu’où la cruauté va être poussée. Mais si le sujet apparaît comme dramatique, l’auteur ne tombe jamais dans le pathos grâce à son humour sous-jacent omniprésent. Je conseillerais ce livre à tous les adolescents qui manquent de confiance en eux, afin qu’ils comprennent que l’amitié réelle n’est en aucun cas une dépendance à l’autre ni une relation de subordonnés.