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Bonnie and Clyde

11 Nov

Par ce temps maussade, je vous invite à découvrir un polar bourré d’humour. Histoire d’illuminer votre week-end !

Demain c’est loin, Jacky Schwartzmann

137086_couverture_hres_0François Feldman porte le même nom que le chanteur. Il a grandi aux Buers, une cité difficile de Lyon. Depuis tout petit, on le prend, au choix, pour un Arabe à cause de sa tête ou pour un Juif à cause de son nom. Sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre. C’est juste un mec normal comme il aime à le dire. Dans la vie, il tient une boutique de tee-shirt sur lesquels sont inscrites de fausses citations d’hommes célèbres, censées être humoristiques. Le problème, c’est que ça ne fait rire que lui. Et ça ne plaît pas du tout à sa conseillère financière. Il faut dire que Juliane Bacardi est un peu coincée et en a surtout marre de concéder des prêts à son client. François est au point mort côté finances quand l’improbable se produit. Alors qu’il se rend aux Buers, il est témoin d’un accident de voiture. Au volant : Juliane. Elle vient d’écraser le cousin du plus gros caïd de la cité. Autant dire que sa tête est mise à prix et que François n’est pas mieux loti. Le couple le moins assorti du monde se retrouve en cavale fuyant forces de l’ordre et terreurs des quartiers. Pour s’en sortir, ils vont devoir avancer ensemble et laisser de côté leurs préjugés…

J’ai adoré ce livre au langage souvent imagé voire cru, très décalé mais profondément humain. L’auteur dresse avec un humour corrosif le tableau de notre société post-attentats en s’attachant particulièrement aux différences de classes sociales. L’intrigue est quant à elle menée tambour battant. Les chapitres s’enchaînent à vitesse grand V et le livre se dévore trop rapidement. Pour ne rien vous cacher, j’ai ri ou souri à quasiment chaque page ! Autant dire que c’est appréciable de pouvoir se divertir autant à la lecture d’un polar. Je recommande donc chaudement cette nouveauté parue au Seuil – que je remercie au passage pour l’envoi. Coup de cœur !

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Diluvio

28 Oct

Je tiens à remercier les éditions Philippe Rey  via l’agence Anne et Arnaud de me permettre de vous présenter cette belle nouveauté au rayon polar.

Mort à Florence, Marco Vichi

livre_moyen_362Florence. Automne 1966. Le petit Giacomo, 13 ans, est porté disparu depuis plusieurs jours. Personne ne l’a revu depuis sa sortie du collège par un jour de pluie. L’enquête piétine, aucune piste en vue. Le commissaire Bordelli se sent impuissant et ni les bons petits plats de son ami Toto ni les conversations avec Rosa, l’ancienne prostituée qui lui sert de confidente, n’améliorent son moral aussi sinistre que le ciel florentin. L’enfant finit néanmoins par être retrouvé mort, enterré sommairement dans les bois d’une colline proche de la ville après avoir été violé à plusieurs reprises. Malheureusement, aucun indice convaincant n’est retrouvé à proximité du corps. Bordelli doit essayer de tirer les fils d’une bien maigre piste qui vont le conduire chez un boucher fasciste nostalgique de Mussolini. Alors que notre commissaire patauge dans son enquête, une crue sans précédant ravage Florence, engouffrant ses minces espoirs d’obtenir des preuves plus concluantes…

Voilà un polar d’une richesse inouïe, tant sur le fond que sur la forme. L’auteur nous offre une oeuvre extrêmement bien documentée. Sans mauvais jeu de mots, nous sommes véritablement plongés dans le Florence inondé de novembre 66. Les descriptions sont d’un réalisme époustouflant. Les flots de boue qui se déversent sur la cité symbolisent parfaitement les relents nauséabonds que la bonne société florentine cherche à masquer. En outre, le portrait du commissaire est brossé avec beaucoup de finesse et laisse apparaître un personnage complexe et attachant, Dom Juan au cœur d’artichaut tombant amoureux à chaque coin de rue. Très sincèrement, ce roman est une vraie petite pépite, aussi bien pour les amateurs de polars que pour les amoureux de l’Italie. Mon seul petit reproche serait la lenteur du récit – hé oui, je ne suis pas une adepte des descriptions et des digressions historiques. Mais pour le reste, il s’agit vraiment d’un excellent roman, qui a d’ailleurs reçu le prix Scerbanenco en 2009, la plus haute récompense du polar italien.

Un contre tous

31 Août

C’est l’heure de la rentrée ! Je reviens avec une nouveauté des éditions du Murmure.

Je m’appelle Herschel Grynszpan, Morgan Poggioli

21245595_10213789112542632_1629115071_nJuif polonais vivant en Allemagne, le jeune Herschel Grynszpan choisit de s’exiler vers la Palestine après ses études en théologie, dans la contexte plus que sombre de l’Allemagne des années 30. Après une escale en Belgique, c’est en France qu’il atterrit finalement en septembre 1936, recueilli chez son oncle et sa tante à Paris. Très rapidement, il s’aperçoit que les démarches administratives seront très compliquées pour obtenir carte de séjour et permis de travail. En 1938, Herschel n’a pas pu obtenir les papiers qu’il désire. Pire, le 31 mars, le gouvernement polonais légifère sur le retrait de la nationalité installés à l’étranger depuis plus de 5 ans. Alors qu’il suit avec crainte la progression du régime nazi, sa situation se détériore et il se retrouve clandestin à Paris. En novembre, une lettre de sa sœur l’avertit que ses parents font partie des milliers de juifs expulsés d’Allemagne et refusés en Pologne, apatrides, contraints de survivre misérablement dans un no man’s land. Enragé face à cette situation insoutenable, le jeune Herschel Grynszpan décide de se venger et de tuer un Allemand pour faire entendre la colère des Juifs d’Europe. Le 7 novembre, il se rend à l’ambassade d’Allemagne, armé d’un revolver et tire sur Ernst vom Rath, un secrétaire de l’ambassadeur. Le crime servira de prétexte au Troisième Reich pour la nuit de Cristal. Emprisonné, Herschel Grynszpan incarnera aux yeux de l’Allemagne nazie la personnification du « complot juif international ».

Pour être honnête, je ne suis pas une grande amatrice de biographies ni de romans historiques. Mais après avoir lu et apprécié Hhh de Binet il y a quelques années, j’étais intriguée par ce récit biographique à paraître en septembre aux éditions du Murmure dont j’ai déjà chroniqué plusieurs ouvrages. Je n’ai pas été déçue. Outre ses qualités d’historien, Morgan Poggioli réussit à mener son récit – premier roman – quasiment à la manière d’un polar. Les rebondissements s’accumulent et on ne se décide pas à lâcher l’ouvrage avant de connaître la suite. Le fait que tous les éléments du récits soient vrais ou presque a également encore davantage piqué ma curiosité. Dans un style accessible et agréable, l’universitaire convie son lecteur à découvrir une aventure humaine surprenante tout lui permettant de se replonger dans les grandes dates de la seconde Guerre Mondiale. Amateurs d’Histoire ou de bons polars, ce récit biographique est fait pour vous !

Thriller glaçant

30 Juil

De retour de vacances avec un thriller glaçant…

La fille sous la glace, Robert Bryndza

0094703.4_L’inspectrice Erika Foster, encore sous le choc de la mort en service de son mari dans une précédente affaire, prend possession de son nouveau poste dans un commissariat de Londres. Elle n’aura pas une seconde pour prendre ses marques. En effet, sa première affaire va s’avérer compliquée : le corps de la fille d’un riche industriel, Andrea Douglas-Brown, vient d’être retrouvé dans un lac gelé des bas-quartiers londonien. Que faisait la jet-setteuse dans un tel endroit ? Pour quelle raison l’a-t-on fait disparaître ? Et surtout, qui est le coupable ? Quelques questions parmi bien d’autres auxquelles Erika devra tenter de répondre. Mais ça ne sera pas sans difficulté. Le père de la victime cherche à régenter l’enquête tandis que les médias s’enflamment pour cette affaire qui met en avant une richissime famille de Londres. Alors qu’Erika pense avoir trouvé une piste allant à l’encontre d’un de ses collègues, son supérieur décide de la mettre à l’écart. Mais notre inspectrice n’entend pas se résigner aussi facilement…

Voilà un petit moment que je n’avais pas lu de thriller et je suis véritablement enchantée par cette nouveauté qui sortira dans quelques jours chez France Loisirs. J’ai trouvé le récit très bien mené, le suspens préservé jusqu’à quelques pages de la fin mais, surtout, ce qui m’a le plus convaincu c’est le personnage d’Erika. Le romancier a réalisé un travail très minutieux pour dresser un portrait tout en nuances de son inspectrice. Entre la perte récente de son mari et la volonté sans faille de trouver le coupable et de se faire une place dans son nouveau commissariat, notre héroïne présente un aspect borderline qui donne envie de la découvrir toujours davantage. Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Ainsi, la victime et sa famille montreront bien plus d’aspérités qu’elles n’en laissaient paraître. Si vous aimez les romans à suspense, n’hésitez pas à vous jeter sur celui-ci en profitant de l’offre promotionnelle vous permettant de le recevoir gratuitement !

Secrets islandais

6 Avr

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Herjolfur est en train d’enquêter par une nuit sombre dans une petite ville tranquille de l’extrême nord de l’Islande lorsqu’on lui tire dessus. Son collègue, Ari Thor, arrivé à Siglufjördur avec sa femme il y a 5 ans, va se voir confier l’affaire. Grippé, le jeune policier sait que lui-même aurait pu être la cible car Herjolfur le remplaçait pendant son congé maladie.

Ari Thor va bien vite s’apercevoir que ce petit port de pêche où tout le monde se connaît recèle son lot de secrets… Qui a bien pu tirer à bout portant sur son supérieur ? C’est à cette question que devra répondre l’enquêteur dont l’une des pistes le mènera jusque dans un hôpital psychiatrique aux pratiques douteuses de Reykjavik…

Si, comme moi, vous êtes amateurs de polars, vous ne serez pas déçus par Mörk. Ce roman m’a tenue en haleine du début à la fin grâce à des chapitres courts qui mettent en avant les différents protagonistes de l’intrigue. Chaque personnage fait l’objet d’un travail méticuleux du point de vue de la psychologie ce qui permet de nouer très profondément l’intrigue. Une véritable toile d’araignée semble se tisser rendant le jeu de piste quasiment inextricable. Ce n’est que dans les toutes dernières pages que le lecteur verra les liens se desserrer. Une écriture fluide, qui se fait poétique dans les description des paysages islandais, vient servir avec brio ce très bon polar.

Merci à l’agence Anne et Arnaud et aux Editions de La Martinière pour cette belle découverte.

Mort sur le Nil

26 Fév

Merci aux Editions du Seuil pour leur confiance renouvelée.

Les ombres du désert, Parker Bilal

123808_couverture_hres_0Makana, détective privé, est embauché pour filer Maître Ragab, un avocat reconnu, soupçonné d’adultère par sa femme. En réalité, loin de se rendre auprès d’une maîtresse, l’homme se presse au chevet d’une jeune femme, Karima, brûlée vive. Cette dernière finit par succomber à ses horribles blessures et l’avocat demande au privé qu’il a démasqué de faire la lumière sur ce qu’il pense être un meurtre alors que la police conclut à un accident. Pour Ragab, le père de la victime, un djihadiste en cavale, est sans doute responsable de ce crime atroce. Quelques mois après le choc du 11 septembre, alors que les Israëliens assiègent Ramallah, notre privé se rend à Siwa, oasis à la frontière libyenne, afin de se renseigner sur la famille de Karima. Mais alors qu’il se confronte à des autorités locales peu désireuses de collaborer, deux cadavres sont retrouvés et Makana se voit bientôt accusé de ces deux meurtres barbares…

Pour ne rien vous cacher, j’ai eu du mal à me plonger dans ce roman. L’enquête met un peu de temps pour démarrer à mon goût. Est-ce dû au fait que ce roman soit le troisième d’une série ? Je ne pense pas. D’ailleurs, l’intrigue finit par se mettre en place et une fois installée, on oublie vite les petites lenteurs initiales. Le lecteur est transporté dans le désert égyptien et l’atmosphère de tension politique est très bien rendue par l’auteur. Mais ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, c’est l’apparition d’un personnage féminin fort, Zahra, membre d’une association pour la protection des droits des égyptiennes. Une voix importante qui permet d’évoquer la condition des femmes dans des pays islamiques. Et rien que pour cela, ce roman vaut vraiment le détour.

La cité des mensonges

18 Déc

Le Japon. Ce pays qui me fait tant rêver ! Pourtant, ce n’est ni un nouveau Murakami que je vous propose aujourd’hui ni même un autre auteur nippon mais le roman d’une française qui a vécu 10 ans au pays du soleil levant.

Kabukicho, Dominique Sylvain

b9dc839a8b7e576590ec5b003a021fcaKabukicho, c’est le nom du quartier le plus sulfureux de Tokyo. Aucun intérêt de s’y rendre en journée car c’est la nuit que Kabuchiko s’éveille, illuminée par les néons des bars et love hôtels où les hôtesses et les hôtes se succèdent auprès de clients en quête d’estime. C’est dans ce royaume de l’alcool, de la drogue, du sexe et de l’argent facile gagné à coups de conversations creuses et de compliments tarifés que l’on fait la connaissance de Marie, une jeune française, qui voit fondre ses économies à vue d’œil. Un soir, dans un pub pour expatriés, elle rencontre Kate, une anglaise, réputée pour être l’hôtesse la plus populaire du club Gaïa – un établissement « à l’ancienne », où coucher avec les clients n’est pas obligatoire. Kate propose à Marie de venir travailler avec elle afin de se remplir les poches rapidement. Les deux jeunes femmes qui se lient d’amitié décident de devenir colocataires pour partager les frais de logement.

Un soir, alors que Marie se rend au club pour travailler, la patronne s’étonne de ne pas voir Kate. La française se montre inquiète également. Le lendemain, le père de Kate reçoit une photo de sa fille, allongée, les yeux clos, accompagnée d’un sinistre message : « Elle dort ici« . Inquiet, il prend le premier vol pour le Japon, bien décidé à faire la lumière sur ce mystère et surtout à retrouver sa fille.

La disparition inquiétante de la jeune occidentale est bien évidemment très vite parvenue aux oreilles de l’inspecteur Yamada, le capitaine du commissariat de l’arrondissement de Shinjuku. Cette histoire de photo envoyée au père de la disparue et le texte joint lui laisse un vilain arrière-goût de déjà vu. Exactement le même procédé qu’un tueur en série qui a mis la police japonaise en déroute pendant des années… avant d’être arrêté, condamné à mort et exécuté… A-t-on à faire à un admirateur ? Dans ce cas, le pire est à prévoir. Rapidement, les enquêteurs soupçonnent le bel et intrigant Yudai, l’hôte le plus convoité de Kabukicho, qui avait justement rendez-vous avec Kate, le soir de sa disparition…

Voilà longtemps que je n’avais pas lu un roman aussi rapidement ! Dominique Sylvain m’a littéralement transportée dans les rues artificielles de Kabukicho grâce à une intrigue extrêmement bien ficelée mêlant intrigue policière, amour, quête identitaire et étude sociologique que le regard des trois personnages principaux vient éclairer sous des angles différents. Chaque chapitre met en avant tour à tour Marie, Yudai et Yamada autour desquels gravitent une myriade de seconds rôles finement travaillés, permettant au lecteur de se plonger davantage dans cet entre-deux mondes qu’est le quartier des plaisirs tokyoïte. Si le lecteur attentif parvient assez facilement à dénouer les fils de cet imbroglio, il n’en sera pas moins conquis par la toile d’araignée tissée par l’auteur. Le suspens est présent du début à la fin et je me suis surprise à être épatée par la maîtrise avec laquelle l’écrivain est parvenu à mettre en scène la folie d’un personnage. Du grand art ! Merci aux éditions Viviane Hamy qui m’ont permis de découvrir cette pépite ! Coup de cœur !

 

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.

Circus crime

15 Nov

Et c’est reparti pour une petite série polars… Pour mon plus grand plaisir !

Cinq lames d’acier, Cilla et Rolf Börjlind

9782021093933fsSuède. Olivia rentre tout juste d’Amérique du Sud où elle était partie plusieurs mois sur les traces de sa mère biologique assassinée vingt ans plus tôt quand un horrible événement se produit non loin de chez elle. Le père de Sandra, une adolescente, qu’Olivia gardait quand elle était plus jeune vient d’être retrouvé pendu chez lui. La jeune fille est sous le choc, c’est elle qui a trouvé son père. Olivia l’accueille en attendant que de la famille proche puisse s’occuper d’elle. En discutant avec Sandra, Olivia se met à douter que le père de l’adolescente se soit suicidé… En douce, elle commence à mener son enquête. Effectivement, avant son break à l’autre bout du monde, la jeune femme venait de terminer l’école de police. Mais son année sabbatique a quelque peu émoussé son envie de faire carrière dans les forces de l’ordre, au grand désespoir de Mette Olsäter, une inspectrice qui l’avait pris son son aile pendant ses études.

Tom Stilton, ex-flic devenu clochard en quête de vengeance est contacté par Abbas el Fassi, un ami qui l’a aidé lorsqu’il était au plus bas, à propos d’un meurtre commis à Marseille. La victime, découpée en morceaux, était non seulement son ancienne assistante en tant que lanceur de couteaux mais surtout son grand amour de jeunesse.Les deux hommes partent pour la cité phocéenne, bien déterminés à mettre la main sur le coupable de cet acte horrible.

Chacun de son côté va tenter de résoudre son affaire et va devoir se confronter à la pire des perversités et au pouvoir de l’argent. Bientôt, aussi étrange que cela puisse paraître, les deux intrigues vont se trouver mêlées, obligeant Olivia et Tom – qui se connaissaient et n’étaient pas en bons termes – à faire équipe et à affronter leurs vieux démons.

Voilà un petit moment que je n’avais pas lu un polar venu du froid et c’est avec plaisir que je découvre le travail de Cilla et Rolf Börjlind qui sont apparemment les scénaristes de polars les plus célèbres de Suède. J’en profite pour remercier les éditions du Seuil qui m’ont fait parvenir cet ouvrage sorti le 3 novembre. En tant qu’amatrice du genre, je n’ai pas été déçue. Les intrigues sont très bien ficelées et se rejoignent parfaitement, avec beaucoup de naturel. J’ai trouvé plaisant le fait de se retrouver à Marseille tout en suivant une enquête se déroulant en Suède, le contraste climatique fonctionne à merveille. En ce qui concerne les personnages, tous sont très travaillés. Apparemment, ils intervenaient déjà dans un précédent roman, Marée d’équinoxe, mais bien que ne l’ayant pas lu je n’ai pas du tout été perdue. Si les personnages principaux, Olivia et Stilton, font l’objet de davantage de précisions, les personnages secondaires ne sont pas en reste. Le récit enchâssé concernant le passé d’Abbas El Fassi est franchement très réussi et permet de donner une jolie profondeur à ce personnage plutôt discret. J’ai également apprécié le fait que ce polar reste assez lumineux malgré quelques scènes assez glauques ce qui est rarement le cas.

Pour conclure, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman que je recommande aux amateurs du genre. Coup de cœur !

Coup double

23 Oct

Vous l’aurez sans doute remarqué, je suis dans une période thriller en ce moment.

Am Stram Gram, M.J. Arlidge

51xfkee8kgl-_sx195_L’inspecteur Helen Grace se voit confier une affaire peu banale. Une toute jeune femme vient d’être retrouvée quasiment morte de faim, les vêtements en lambeaux, puant les excréments et affirmant avoir tué son petit ami d’un coup de revolver. Elle dit y avoir été contrainte après qu’une femme les a laissés sans nourriture dans un endroit clos et totalement isolé plusieurs jours. Avec pour seule compagnie une arme à feu et une terrible règle du jeu : le détenu qui tuera le premier ressortira libre.

Quelques jours plus tard, un autre survivant est retrouvé. Il vient de passer les pires jours de sa vie et ceux qui s’apprêtent à suivre ne seront pas meilleurs, hanté qu’il est par le meurtre de son collègue. Une série semble donc se former et Helen va devoir sérieusement se creuser les méninges pour comprendre à quel jeu joue la meurtrière. Aucun lien apparent entre les victimes. Aucun mobile. Rien à se mettre sous la dent si ce n’est un nouveau meurtre. Mais bientôt, l’inspecteur va comprendre que les survivants détiennent sans doute la solution à ce mystère. La traque va alors pouvoir commencer. Une chasse à la meurtrière qui pourrait bien réveiller de terribles souvenirs…

Pour tout vous dire, j’ai littéralement été bluffée par ce polar qui met en scène une machine terriblement bien huilée. Déjà, chose extrêmement rare, le tueur en série est ici une femme. Ensuite, elle ne tue pas directement ses victimes mais les laisse s’entre-tuer et « décider » ainsi de qui doit rester en vie. Honnêtement, en matière de perversité, Arlidge assure. Et on confiant l’enquête à une femme qui emploie un homme pour entretenir des relations masochistes (elle qui passe son temps à régenter d’une main de fer son service aime étrangement qu’on lui fasse très mal dans l’intimité), l’auteur place la barre du vice assez haut ! Et encore, je ne peux décemment pas vous révéler le pire de l’affaire ! Il vous faudra vous laisser prendre au piège de ce polar infernal pour découvrir tout ce que l’humain peut receler de plus sombre en lui. Et croyez-moi, ce n’est pas joli joli ! Je vous laisse donc plonger dans les entrailles du mal en lisant ce roman diaboliquement haletant (le style est vraiment soigné, et moi qui apprécie les chapitres courts, j’ai été ravie : 5 pages pour les plus longs). Un vrai coup de cœur !