Tag Archives: psychologie

Dressez vos voiles !

1 Juin

Allez, aujourd’hui, on change les habitudes ! Petit intermède de sérénité entre deux polars avec un guide de psychologie rafraîchissant qui viendra éclairer votre existence. Merci aux éditions Flammarion pour cette découverte.

Petit manuel de navigation pour l’Âme, Sabrina Philippe

51y38n9imgl-_sx327_bo1204203200_Dans ce manuel qui ne se veut surtout pas didactique mais plutôt compagnon de bord, la psychologue Sabrina Philippe nous livre des clés pour accéder à un mieux-être durable en donnant du sens à son existence et en reprenant confiance en soi. En se basant à la fois sur la psychologie, la philosophie et la spiritualité, les enseignements transmis, refusant tout dogme, ne restent pas simplement théoriques mais s’appuient sur de nombreux exercices pratiques expliqués à chaque fin de chapitre. De petits exercices simples, que l’on peut pratiquer facilement si l’on souhaite bien s’accorder quelques minutes à soi chaque jour. La métaphore marine, filée tout au long de l’ouvrage, est intéressante de mon point de vue car elle permet de comprendre facilement le flux de l’existence qui n’est jamais un long fleuve tranquille. Destiné aussi bien aux parfaits néophytes en matière de psychologie mais désireux de mieux se connaître qu’aux personnes ayant déjà entrepris un travail sur elles-mêmes, ce manuel permet de trouver des pistes pour se ressourcer et trouver la paix intérieure quand la tempête fait rage autour de nous.

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Psy-show !

2 Avr

Beaucoup de retard dans mes chroniques… Mea Culpa ! Les journées sont trop remplies !

Encore un grand merci aux éditions Tohu-Bohu qui me permettent de vous faire découvrir le roman du jour.

La fin des idoles, Nicolas Gaudemet

9782376220275_1_75Dans un futur extrêmement proche, une nouvelle chaîne de télévision cherche à augmenter son audience sous peine de disparaître. Lyne Paradis, neuroscientifique, propose un nouveau programme de téléréalité dans lequel les participants sont prêts à tout pour accéder à la « gloire » médiatique. La starlette Paloma, caricature de la bimbo siliconée, ira jusqu’à se faire tatouer une horreur pour s’attirer les cotes du public. Mais bientôt, cette émission qui déchaîne les passions touche à sa fin et Paloma retombe dans l’anonymat le plus total en proie à une violente dépression qui la plonge dans l’enfer des troubles alimentaires. Un célèbre psychanalyste, Gerhard Lebenstrie, fervent détracteur des neurosciences lui propose alors son aide…

Voilà pour résumer de façon très brève ce roman d’une incroyable richesse qui nous plonge dans la critique acerbe de notre société hypermédiatisée. L’auteur maîtrise son sujet à la perfection et le fait de mettre en scène des personnalités de notre quotidien médiatique offre une vision très réaliste. Si le côté stéréotypé pourrait éventuellement déplaire à certains, ce n’a pas été mon cas car on sent tout de suite où l’auteur veut nous conduire. Amatrice éclairée de psychologie, psychanalyse et neurosciences, je n’ai pas boudé mon plaisir à assister au combat entre les différents partis et apprécié les références parfois pointues. En filigrane, le roman s’attarde sur le problème des troubles alimentaires qui me tient particulièrement à cœur. J’avoue que pour le coup, la question est un peu raccourcie car elle est réduite ou presque au problème de la médiatisation des corps toujours plus maigres, mais comme cela cadre parfaitement au reste du sujet, ce n’est pas un problème. Ce roman est un véritable « page-turner », une fois commencé, difficile de s’arrêter ! Pour un livre qui traite en partie de l’addiction, c’est presque un comble ! Je ne peux que recommander La fin des idoles, en librairies depuis début mars. Coup de cœur !

Un psy dans la tourmente

19 Mai

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une nouveauté polar parue au Seuil.

Les Sœurs ennemies, Jonathan Kellerman

131528_couverture_hres_0Alex Delaware, psychologue expert auprès des tribunaux, est en bien mauvaise posture. Une de ses clientes, Constance Sykes, qu’il est chargé d’évaluer dans un procès qui l’oppose à sa sœur, le menace de le tuer…

Il faut dire que dès le départ, l’affaire Sykes contre Sykes était mal partie. La cadette, Chery, hippie au grand coeur mais sans le sou, avait laissé son bébé à son aînée, Constance, médecin spécialiste plus qu’antipathique, afin de partir en tournée avec un groupe. L’absence qui ne devait pas durer plus de quelques jours s’est prolongée trois longs mois pendant lesquels Constance, en mal d’enfant, s’est attachée à la petite Rambla. Lorsque Chery vient récupérer sa fille, c’est la crise. Constance engage un procès à son encontre, cherchant à la destituer des ses droits maternels en soutenant qu’elle mène une vie dissolue et qu’elle est incapable de s’occuper de son enfant. Le docteur Delaware est appelé en tant qu’expert pour juger de la situation. Son avis penche en faveur de Chery, la mère biologique, ce qui engendre un profond sentiment de colère de la part de Constance qui jure de se venger. Jusqu’à ce que cette dernière soit retrouvée assassinée dans sa villa. La première sur la liste des suspects est bien entendu Chery. Le lieutenant Milo Sturgis, ami d’Alex Delaware, est chargé de l’enquête et est persuadé de la culpabilité de la jeune sœur. Mais le psychologue est certain que les apparences sont trompeuses. Qui des deux a raison ? Je vous laisse le découvrir…

C’est la première fois que je lis une enquête de Delaware et Sturgis. J’avais lu assez récemment Que la bête s’échappe que Jonathan Kellerman avait coécrit avec son fils Jess mais ne connaissais pas sa série de thrillers psychologiques (plus de trente livres !). Ce roman est donc pour moi une découverte et je dois bien avouer qu’elle est très bonne puisque j’ai très envie de découvrir les précédents ouvrages. On sent, dans la plume de Kellerman, toute la précision du psychologue dans la construction de chacun des personnages. Chaque profil est parfaitement soigné, nuancé. Le lecteur qui ne connait pas le couple d’enquêteur n’est pas perdu car l’auteur maîtrise à merveille l’art de la description en action ce qui permet de cerner la personnalité de chaque personnage principal très rapidement, sans lourdeur. Malgré des sujets abordés qui peuvent paraître un peu pesant, le ton reste léger, teinté d’humour, ce qui est fort appréciable.  Les rebondissements et les fausses-pistes sont multiples ce qui ne laisse pas une seconde d’ennui au lecteur. Je recommande ce thriller psychologique qui a été pour moi un très bon moment de lecture. Coup de cœur !

Sanguines

26 Jan

Je remercie chaleureusement Philémon Le Bellégard pour m’avoir fait parvenir son roman et permis de découvrir son univers.

Syndrome de Stockholm, Philémon Le Bellégard

book-1306Enstenov Khalinek, homme d’affaires multimillionnaire à la morale douteuse mais surtout très grand esthète, se prend d’une passion artistique pour le jeune Stendriëk Börgen, un peintre suédois aussi génial que torturé. Pendant dix ans, Khalinek décide de mettre tous les moyens possibles à la disposition de l’artiste afin qu’il puisse exercer son art en toute liberté.

Après toutes ces années passées à peindre quasiment nuits et jours, Börgen accepte de présenter son grand oeuvre lors d’une exposition colossale, à la hauteur de la collection qu’il a à présenter. Plus de 3200 toiles, toutes peintes en rouge, vont venir peupler la gigantesque Gallery of the Immortality du Titanium Palace de Los Angeles.

Lors de l’ouverture de l’exposition à la presse, alors que tous les professionnels contemplent, subjugués, l’oeuvre titanesque, une journaliste spécialisée dans la critique d’art ose aborder le génie pour lui poser la question qui brûle les lèvres de tous ses collègues : quelle matière a-t-il employer pour réaliser ses milliers de toiles ? Sans le savoir, Anna vient de pénétrer dans les arcanes les plus profondes de la folie humaine…

Pari réussi pour Philémon Le Bellégard qui a réussi à me kidnapper avec son thriller artistique et psychologique. Avant d’évoquer le fond, un petit mot sur le style. L’auteur parvient à mêler à merveille une écriture à la fois épurée et érudite dans des chapitres qui présentent différents styles (extraits de journaux, d’interviews, récit…). En ce qui concerne le fond, ce premier roman comporte tous les ingrédients nécessaires pour convaincre le lecteur de parcourir un chemin aussi pervers et cruel soit-il. Certes, ce livre ne conviendra sans doute pas aux âmes sensibles. Mais si, comme moi, vous êtes amateurs de manipulation, de folie et d’hémoglobine, alors vous serez sans nul doute conquis. Outre tout l’aspect psychologique et notamment la détention de la journaliste qui finira par se prendre de sentiments pour son teneur d’otage – frappée donc du fameux syndrome de Stockholm – toute la réflexion sur l’art et la morale est extrêmement intéressante. Jusqu’où l’artiste peut-il aller au nom de l’art ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion en compagnie de ce roman coup de cœur que vous pourrez vous procurer ici en version numérique ou papier.

Je communique donc je suis

11 Déc

Je casse le rythme des nouveautés avec ce livre débusqué cet été au cours d’un vide grenier. Pour tout vous dire, les livres sont ma seule et unique motivation lorsque que je fréquente ce genre de manifestations…

Une vie à se dire, Jacques Salomé

518w9j4eapl-_sx195_Pour le propos du roman, ça va être du rapide ! -autant vous prévenir vu que ce n’est pas franchement dans mes habitudes.

Une mère de famille, Anne, après avoir assisté à de nombreuses conférences et lu plusieurs livres, décide d’introduire, au sein de son environnement relationnel, la méthode ESPERE (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle) du psychosociologue Jacques Salomé. Nous suivons donc son quotidien, celui de ses trois enfants, de son époux et du groupe de femmes et d’hommes qui viennent partager leur expérience avec elle qui tentent de se former à un nouveau style de communication, fondé sur la bienveillance et la responsabilisation afin de remplacer notre langage souvent basé sur l’agressivité et la mauvaise foi.

A la lecture de ce court résumé, vous penserez sans doute comme moi : il a un sacré culot ce Jacques Salomé pour faire la pub de ses bouquins et de ses conférences dans un roman ! C’est certain. Mais à sa décharge, moi qui ne lit que très rarement des ouvrages de développement personnel j’ai bien accroché à cette méthode expliquée sous forme romancée. Si pas mal de discours sont totalement irréalistes – notamment ceux tenus par les enfants  qui s’expriment comme des chiens savants et qui ne sont que des J. Salomé version miniaturisée – le texte est globalement agréable à lire d’autant plus qu’il est bourré d’humour et que l’auteur ne manque pas d’autodérision. Une manière efficace d’illustrer de façon concrète et attrayante cette méthode que le spécialiste enseigne depuis des années. A vrai dire, j’ai eu la sensation de me retrouver comme un scientifique qui regarde ses rats de laboratoire derrière une vitre et constate les évolutions de ses spécimens. Ce livre permet aussi de nous rendre compte à quel point notre façon de communiquer possède une incidence sur notre relation non seulement aux autres mais à nous-mêmes. Mieux parler, c’est aussi mieux se comprendre. Je vous laisse méditer.