Tag Archives: rentrée littéraire

Double Je

29 Sep

Je termine ce week-end et ce mois de septembre avec un magnifique album qui sortira le 10 octobre aux éditions Syros.

Je suis Camille, Jean-Loup Felicioli

thumbnailCamille n’est pas très sereine pour sa rentrée en 6ème. Il faut dire qu’elle vient tout juste d’arriver en France alors qu’elle vivait jusqu’à présent à Los Angeles et que les choses n’étaient pas spécialement faciles dans son ancienne école. C’est l’occasion ou jamais pour Camille de se faire des amis. Le jour de la rentrée, elle rencontre Zoé. La complicité s’instaure très vite entre les deux jeunes adolescentes. Camille sait qu’un jour ou l’autre, il faudra qu’elle lui révèle son secret, mais pour l’instant, c’est encore trop compliqué pour elle, elle a trop peur d’être à nouveau rejetée à cause de sa différence…

Cet album qui s’adresse aux enfants à partir de 8 ans traite d’un sujet extrêmement rarement abordé en littérature, qui plus est en littérature jeunesse. La notion de transgenre est abordée avec beaucoup de délicatesse et d’intelligence afin que les enfants comprennent que la transidentité n’est pas une maladie ni une faiblesse mais simplement une manière différente de se construire qui ne correspond pas au sexe biologique. Au-delà de la question de la transidentité, il s’agit d’inciter les enfants à laisser leur cœur et leur esprit ouverts à la différence, à ne pas juger ce qu’ils ne connaissent pas et à oser exprimer leurs émotions afin de ne pas rester seuls face à leurs difficultés. Les illustrations magnifiques, très colorées, complètent le texte à merveille et feront sans doute de ce livre un très bel outil de sensibilisation. L’ouvrage est d’ailleurs soutenu par l’ANT (Association Nationale Transgenre). Gros coup de cœur !

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Éloge des petits riens

22 Sep

Voilà un auteur qu’il est bon de savourer tranquillement en ces premiers jours d’automne.

L’extase du selfie et autres gestes qui nous disent, Philippe Delerm

l-extase-du-selfie-et-autres-gestes-qui-nous-disentJe ne résumerai pas ce livre puisqu’il s’agit de quarante-sept instants de vie, de gestes apparemment anecdotiques mais qui en disent tellement sur notre façon d’être au monde. En enchanteur du quotidien et de l’instant présent, Philippe Delerm célèbre, avec toute la poésie et la finesse qui le caractérisent, tous ces petits riens, ces petites manies et rituels gesticulatoires auxquels nous n’accordons pas forcément d’attention mais qui révèlent bien des choses sur notre société. Qui n’a jamais souri et ne s’est jamais étonné en regardant des jeunes filles prendre la pose avec un regard boudeur devant leur propre objectif ? Que cela signifie-t’il donc ? Et que peuvent bien dire de nous nos façons de faire les carreaux, de conduire notre caddie ou de tenir notre verre en société sans le boire ? Les amoureux de Philippe Delerm seront sans doute, comme moi, conquis par cet ouvrage qui vient de paraître au Seuil.

Hold-up littéraire

31 Août

Envie d’une lecture qui vous booste pour affronter la rentrée avec le sourire ? Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui est fait pour vous ! Dans toutes les bonnes librairies depuis la semaine dernière aux éditions Au Diable Vauvert.

Feel Good, Thomas Gunzig

thomas-gunzig-feel-goodAlice, vendeuse dans un magasin de chaussures, a toujours été « tout juste ». Jamais tout à fait pauvre, mais toujours précaire. Après la fermeture du magasin, la quarantaine passée, elle peine à retrouver du travail. La voilà à enchaîner des jobs de plus en plus avilissants et peu rémunérés. Épuisée de devoir compter chaque centime et surtout terrifiée à l’idée de se retrouver à la rue avec son fils, elle cherche désespérément un moyen de se mettre à l’abri financièrement pour quelques temps. Lui vient une idée complètement folle : enlever un bébé de riches devant une crèche aux services hors de prix pour réclamer une rançon. Mais pas de chance. Rien ne marche comme elle l’avait escompté. Personne ne réclamant l’enfant, elle se retrouve avec un bébé sur les bras, et donc une source supplémentaires de dépenses…

Le hasard met Alice sur la route de Tom, un écrivain médiocre, au chômage, récemment quitté par sa femme qui a rencontré un chirurgien. Le romancier propose à Alice d’écrire un roman à partir de son histoire de kidnapping et de partager les droits d’auteur. Mais celle-ci n’est pas convaincue de la réussite de l’entreprise et lui propose une meilleure solution : avec son aide, elle écrira un feel good utilisant toutes les ficelles qui font recette de nos jours; un best-seller qui ferait l’unanimité et se vendrait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, qui les éloignerait pour toujours de la précarité…

Avec Feel good, Thomas Gunzig a, sans conteste, réalisé son « hold-up » littéraire. Tout à la fois pastiche de ces romans grand public qui remportent un franc succès, critique de la société et mise en abyme de l’écriture du roman lui-même, l’ouvrage est une véritable réussite. Impossible de ne pas sourire voir rire devant les situations rocambolesques dans lesquelles se mettent les personnages. Le tempo est parfait, l’humour omniprésent et on s’attache très vite aux deux personnages principaux, des gens normaux, qui galèrent mais qui refusent de se laisser complètement couler. J’ai adoré la critique du monde éditorial et littéraire, parfaitement juste (en connaissance de cause, j’y ai été confrontée). En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande adepte des romans feel good. Mais ce livre-ci, avec son histoire de roman dans le roman, son humour et son intelligence compte parmi les ouvrages qui m’ont le plus mis de bonne humeur. Sans conteste mon plus gros coup de cœur du mois d’août et le livre qu’il vous faut pour affronter la rentrée avec le sourire !

« Heureux qui comme Ulysse… »

3 Sep

C’est la rentrée ! J’en profite pour vous présenter un roman qui traite essentiellement de l’enfance et donc de l’école. On ne saurait faire plus d’actualité ! Merci aux éditions Bergame pour leur confiance renouvelée, qui m’ont fait le plaisir de m’envoyer cette nouveauté.

L’improbable Ulysse – Tome 1, L’Enfance, William Bocq

9782372861724Une bien étrange scène de crime s’offre au commissaire.  Apparemment, tout porte à croire qu’il y a eu un acte de violence dans l’atelier du célèbre peintre Ulysse Blanchard car de nombreux tableaux sont éparpillés dans l’atelier et l’artiste est introuvable. Sauf qu’aucun indice ne prouve l’enlèvement, le meurtre ou le suicide. L’enquêteur, perplexe, tente de trouver des pistes, notamment dans la vie sentimentale tortueuse du peintre…

En parallèle de l’enquête qui n’est en fait ici que très secondaire, la narration porte sur la vie du disparu, de sa naissance au début de l’âge adulte. Fils d’un gendarme et d’une institutrice vivant dans un petit village non loin d’Annecy, le jeune Ulysse doit se confronter au monde qui l’entoure. Avec ses copains d’enfance, il vivra de nombreuses aventures plus ou moins périlleuses et connaîtra ses premiers émois tout en menant ses études à bien.

Dans ce premier tome, William Bocq se consacre donc à la prime jeunesse du héros disparu qui devient paradoxalement le personnage principal du roman. On assiste à l’évolution du personnage dans un récit qui s’apparente davantage à un roman d’apprentissage qu’à un polar. On sourit à l’évocation des bêtises enfantines et on prend plaisir à voir évoluer le héros, à le suivre dans ses choix comme dans ses incertitudes. L’auteur parvient donc à dessiner un portrait très complet de son personnage et de son proche entourage. Je reste par contre sur ma fin concernant la partie enquête qui ne progresse quasiment pas dans ce tome. Hâte donc de découvrir la suite !

Aux armes !

24 Août

C’est déjà l’heure de la rentrée littéraire ! Aujourd’hui, sort le premier roman de Marie-Fleur Albecker aux éditions Aux forges de Vulcain. Avant de vous présenter cet ouvrage, je tenais à remercier tout particulièrement l’auteure pour la dédicace et l’agence Anne et Arnaud pour cette belle découverte.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans, Marie-Fleur Albecker

et-j-abattrai-l-arrogance-des-tyransFin du XIVème siècle. Nous sommes en Angleterre. La grande peste et la guerre de Cent ans ont laissé le royaume dans la misère la plus totale. Seuls les nobles tirent leur épingle du jeu, taxant toujours davantage les paysans. Le roi, Richard II, n’a que 14 ans. Le pays est donc gouverné par ses conseillers qui cherchent à s’enrichir au détriment du peuple. Jusqu’au jour où la révolte gronde. Les hommes n’en peuvent plus de payer et de mourir de faim. Parmi le groupe d’insurgés qui partira de l’Essex pour se rendre à Londres afin de réclamer justice, une femme. Johanna. Elle refuse de rester au village avec les autres à se tourner les pouces pendant que se joue l’avenir des siens. Rebelle dans l’âme, elle veut participer et tenter de changer le monde. Pour ne plus subir. Pour être libre. En tant que femme.

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas du tout fan des romans historiques. Pour preuve, depuis la création de ce blog, je ne suis pas sûre d’en avoir déjà chroniqué. Et pourtant, quand cette lecture m’a été proposée, j’ai tout de suite accepté. Quelque chose me disait qu’il ne s’agissait pas d’un simple roman historique. Je ne me suis pas trompée. Si les faits historiques sont là – et Marie-Albecker, professeur d’histoire, maîtrise son sujet -, le véritable sujet de livre n’est pas là mais bien dans le combat de cette femme, Johanna, que l’on pourrait qualifier de féministe avant l’heure. Refusant les préjugés et le regard des autres, elle se joint aux hommes et se trouve à la tête de la révolte. Personnage déterminé, elle ne recule devant rien pour faire entendre non seulement la voix du peuple mais la voix des femmes contre les injustices dont elles sont victimes. Ce que j’ai surtout apprécié, outre l’intrigue, c’est la révolte du langage dont fait preuve Marie-Fleur Albecker en utilisant un vocabulaire cru, ultramoderne, pour rendre compte de ces événements d’une autre époque mais qui semblent ainsi totalement d’actualité. La distance anachronico-ironique du narrateur est savoureuse et apporte à ce roman un rythme haletant et un ton acerbe auquel j’ai particulièrement accroché. Vous vous en doutez, je ne saurais que vous conseiller ce roman pour bien terminer les vacances ou aborder la rentrée. Coup de coeur !

Under Control

9 Sep

Quoi de mieux pour bien aborder cette rentrée qu’un bon roman jeunesse ? Et si je vous dis que c’est le dernier opus d’Yves Grevet paru chez Syros, il vous sera impossible d’y résister !

Le GRUPP, Yves Grevet

9782748524062Dans un futur pas si éloigné, l’espérance de vie s’est considérablement allongée grâce à l’implant Long Life. Cette multinationale, qui a mis au point un système très pointu de surveillance, protège la population à tous les niveaux. Cependant, une organisation secrète d’adolescents tente de contourner le système pour s’offrir quelques moments de totale liberté.

Stan et Scott sont frères. Leur vie paisible entouré de leurs parents va basculer le jour où Scott va être envoyé en prison. Stan apprend alors la vérité sur son frère : il était un des leader du Grupp. Aussi intrigué qu’en colère contre son aîné qui lui a caché cette partie de sa vie, il va chercher à en savoir plus sur la société clandestine à laquelle appartenait son frère. Ce qui, au début, est presque un jeu pour lui, va bien vite se révéler bien plus dangereux qu’il n’y paraît…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce roman jeunesse est vraiment génial. Il allie, en effet, savamment action et réflexions sociétale et philosophique. Dès le départ, on se prend d’affection pour les personnages principaux, auxquels les adolescents à qui est destiné le livre n’auront nulle difficulté à s’identifier. L’auteur parvient très bien à rendre compte des bouleversements internes (corporels, émotionnels) liés à cette période charnière de la vie, ainsi qu’à l’évolution progressive qui va s’opérer en eux, ce qui en fait un très bon roman de formation. Outre cet aspect, ce récit est un excellent roman d’espionnage qui sait parfaitement jouer sur le suspens. Jusqu’au bout, la tension est à son comble et le danger omniprésent pour les personnages. Enfin, et c’est l’aspect que j’ai le plus apprécié, la question de l’hypervigilance, de la surprotection de la population est abordée avec beaucoup d’intelligence. Les avancées technologiques sont-elles vraiment bénéfiques ? Le contrôle, sous prétexte de préserver la vie le plus longtemps possible, favorise-t-il le bonheur ou n’est-il pas un immense frein à nos libertés les plus élémentaires ? Accepter de prendre des risques n’est-il pas une façon de se sentir plus vivant ? Ce sont à ces interrogations que se verront confrontés les jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Vous aimez l’action, l’aventure mais aussi la réflexion, ce livre est fait pour vous ! Gros coup de cœur jeunesse pour cette rentrée littéraire.

Femmes à l’honneur

5 Fév

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler d’un livre mais d’un prix littéraire bien particulier, dont la mission me tient à cœur,  qui a pour but de soutenir et faire connaitre une littérature féminine de qualité. Le Prix de la Closerie des Lilas, qui fête ses 10 ans cette année, se compose d’un jury permanent et d’un jury invité qui rassemble des femmes issues du mondes des lettres, des arts, de la presse, des sciences et de la politique. Claude Lelouch sera le président d’honneur de cette édition 2017.

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Cette année, les invitées seront : Lydia Bacrie, Victoria Bedos, Bérénice Bejo, Claire Chazal, Catherine Clément, Diane von Furstenberg, Emmanuelle Devos, Daniela Lumbroso et Orlan qui viendront compléter les membres du jury permanent :Emmanuelle de Boysson (journaliste Version Fémina, romancière), Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Point de Vue, romancière), Carole Chrétiennot (cofondatrice du Prix de Flore), Stéphanie Janicot (Muze, romancière), Jessica Nelson (Editions des Saints Pères, romancière), Tatiana de Rosnay (romancière).

Une première sélection de 7 romans a été établie :

Apatride de Shumona Sinha, Éditions de l’Olivier
Hadamar de Oriane Jeancourt Galignani, Éditions Grasset
Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon, Éditions Joëlle Losfeld
Par amour de Valérie Tong Cuong, Éditions J.C. Lattès
Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse, Éditions Flammarion
Pour que rien ne s’efface de Catherine Locandro, Éditions Héloïse d’Ormesson
Trois saisons d’orage de Cécile Coulon, Éditions Viviane Hamy

Une seconde liste sera rendue publique le 21 mars prochain. Tous les romans sélectionnés sont issus de la rentrée littéraire de janvier 2017.

 

 

Champagne !

13 Sep

Qui dit rentrée dit Nothomb. En attendant de pouvoir déguster le millésime 2016, Riquet à la houppe, j’ai goûté à la cuvée 2014.

Pétronille, Amélie Nothomb

telechargement-1Amélie adore le champagne. Elle se plaît à savourer la finesse pétillante de sa boisson préférée à toute occasion, recherchant son ivresse bienfaisante. Après avoir rompu un jeûne de 36 heures avec un veuve-cliquot et avoir ainsi pu profiter d’une expérience sensorielle extatique, l’auteur belge décide de se mettre en quête d’une personne avec qui elle pourrait partager de tels états de transe. Après des recherches infructueuses, elle va jeter son dévolu sur Pétronille Fanto, jeune androgyne prolétaire amatrice de grands crus.

S’il était déjà de notoriété publique avant la parution de ce roman qu’Amélie Nothomb consommait énormément de champagne, l’auteur confirme ici ses goûts en matière d’alcool. Toutefois, le roman ne se résume pas à évoquer la divine boisson. Hautement autobiographique, Amélie dévoile ici quelques parcelles de son quotidien voire de son intimité. Elle en profite surtout pour pratiquer l’autodérision en se moquant de ses extravagantes tenues par exemple et évoquer en filigrane une quête permanente de la sensation d’exister, recherche qui l’a poussée maintes fois à se mettre en danger.

Si ce roman autobiographique est agréable à lire et divertissant, il est loin, bien loin d’atteindre le niveau des brillants Catilinaires ou Hygiène de l’assassin. J’attendais bien mieux de cet opus. Amélie joue la facilité et c’est bien dommage. Distrayant mais à consommer avec modération.

 

Entre deux mères

2 Oct

Ce livre m’a été offert par les éditions Stock via le site Libfly. Je les en remercie vivement !

Une vie entre deux océans, M.L. Stedman

L’action se passe en Australie, juste après la première Guerre Mondiale. Tom Sherbourne, rescapé de l’horreur des tranchées, trouve un emploi bien particulier de retour au pays. Il va devenir le nouveau gardien du phare de l’île pour le moins sauvage de Janus, située entre l’océan Indien et le grand océan du Sud. L’endroit, coupé du monde, lui semble parfait pour retrouver un semblant de paix intérieure après avoir combattu et tué des hommes à la guerre.

Rapidement, il fait néanmoins la connaissance d’Isabel, qui vit dans la petite bourgade de Partageuse, juste en face du phare. Les deux jeunes gens ne tardent pas à se marier. Isabel s’installe sur l’île et vit avec Tom de merveilleux moments de bonheur.

Mais cette félicité ne sera que de courte durée. Isabel et Tom ne parviennent pas à avoir d’enfant. La jeune femme enchaîne les fausses-couches et la dernière, à plusieurs de grossesse, est particulièrement traumatisante.

Quelques jours seulement après ce triste événement, un canot vient s’échouer sur Janus. A son bord : un homme mort, un cardigan de femme et un bébé de quelques mois à peine… vivant ! Isabel supplie Tom de ne pas mentionner « l’incident » dans son registre le jour même. Evidemment, le lendemain, elle ne peut plus se défaire de l’enfant qu’elle a commencé à allaiter et Tom n’a pas le coeur à voir souffrir encore sa femme…

Les conséquences de leur choix vont se révéler redoutables puisque la mère de la fillette est toujours en vie et réside à Partageuse…

Si j’avoue avoir eu du mal à me plonger dedans en raison des 40 premières pages un peu trop descriptives à mon goût, je me suis ensuite littéralement laissée absorber par l’intrigue. Dès le moment où Tom et Isabel recueillent la petite fille, on sait qu’ils courent à la catastrophe et qu’ils finiront tôt ou tard par se faire engloutir par leur mensonge. Un mensonge qui s’amplifie au fil du roman, qui grossit et qui telle une vague va plonger tous les protagonistes dans le malheur.

On pourra apprécier les jeux sur l’onomastique. Le phare – Janus – et la ville – Partageuse. Janus ou les deux visages de ce couple apparemment charmant, qui, traumatisé par la certitude de ne jamais connaître un bonheur complet va prendre une décision qui va totalement les dépasser. Partageuse, puisque la petite fille va se retrouver partager entre deux femmes : sa mère biologique et Isabel, sa mère de coeur. La petite fille, rebaptisée Lucy – lumière – par ses parents d’adoption, mais qui leur apportera tant d’ombre après le bonheur initial; et bien-nommée Grace par sa véritable mère puisqu’elle réchappe à la mort se façon providentielle.

Ce que j’ai le plus apprécié, c’est le fait que cette histoire émouvante ne tombe pas dans le pathos et réussit formidablement à tenir le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Ce premier roman de M.L. Stedman est une telle réussite que Dreamworks a déjà acquis les droits d’adaptation et que le réalisateur est déjà trouvé.

Une très jolie lecture qui, je n’en doute pas, saura se faire une place en cette rentrée littéraire !