Tag Archives: roman d’aventures

Vice versa

28 Fév

Un petit nouveau aux éditions Syros.

Transfert, Rémi Stefani

couv-transfertVictor Demer, jeune polytechnicien, fils d’un négociant en fruits et légumes, est sur le point de faire le grand saut. Dans quelques instants, il va se jeter pour la première fois dans le vide pour un baptême de parachute. Hélas pour lui, la toile ne s’ouvre pas…

Pendant ce temps, Valentin Descoudras se réveille à l’hôpital. Il vient de miraculeusement revenir à lui à la suite d’un terrible accident de voiture dans lequel il a laissé une jambe.Problème, il ne se souvient de rien. Ni de l’accident, ni de toute sa vie d’avant. Même pas de ceux qui affirment être ses parents. Autre chose étrange, alors qu’apparemment il était un élève médiocre, il devient subitement excellent. Quelques temps plus tard, surgissent de folles interrogations : et s’il n’était pas le véritable Valentin Descoudras ? Et si son esprit antérieur avait été remplacé par l’esprit d’un autre pendant qu’il était dans le coma ?

Dès le premier chapitre, Rémi Stefani nous plonge dans un suspens haletant qui ne nous quittera plus jusqu’à la fin du livre. Si le point de départ est quelque peu fantaisiste – le transfert d’un esprit à un autre de deux graves accidentés devenus amnésiques – le lecteur se prend très vite au jeu. A la fois traité à la manière d’un thriller avec la présence du détective Vital Mistraki et d’un roman d’aventures avec une seconde partie ancrée en Afrique, ce texte bourré d’humour se dévore à toute vitesse. On s’amuse à la fois des conséquences et problèmes inattendus provoqués par ce transfert de personnalités qui nous permettent également de remettre en question le regard que nous portons sur notre propre vie. Et si nous étions nés dans une autre famille, dans un autre milieu social, un autre pays, quelle aurait été notre vie ? Sommes-nous destinés à une vie toute tracée ou avons-nous le choix de la modifier et la modeler à volonté ? Voilà les interrogations que posent ce roman d’apprentissage également puisque les deux jeunes hommes vont devoir repartir de zéro après leur amnésie pour construire leur vie d’adulte avec les nouveaux paramètres qui seront les leurs.

 

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Diabolique machination

11 Juin

Après des semaines d’absence et malheureusement une impossibilité totale de m’adonner à la lecture, je reviens avec le tout dernier roman d’Yves Grevet paru chez Syros le mois dernier.

Celle qui sentait venir l’orage, Yves Grevet

A la toute fin du XIXème siècle, en Italie, la jeune Frida, 15 ans, vient de subir une épreuve terrible. Ses parents viennent d’être pendus, accusés de meurtres horribles dans la région. La jeune fille, recherchée par la population comme « la fille des démons », est contrainte de quitter les lieux au plus vite en diligence, grimée pour ne pas être reconnue. Des proches ont organisé son départ. Elle est censée trouver refuge chez le docteur Grüber, à Bologne.

Alors qu’on semble lui réserver un accueil plutôt chaleureux, Frida, encore terrassée par la mort de ses parents, reste sur la défensive. Et grand bien lui en prend. Le docteur se comporte de façon de plus en plus étrange, l’examinant beaucoup trop méticuleusement. Bientôt, l’adolescente se sent constamment épiée et à l’impression de devenir une espèce de cobaye servant à démontrer les thèses pour le moins odieuses du médecin. La seule chance de lui échapper sera de prendre la fuite une nouvelle fois… encore faudrait-il en avoir la possibilité !

L’auteur de Méto signe ici un excellent roman d’aventure, très bien documenté sur la médecine de l’époque. J’ai vraiment apprécié tout le développement sur la physiognomonie avec les thèses selon lesquelles l’aspect physique d’une personne révélerait sa nature profonde. L’auteur s’est inspiré du savant Cesare Lombroso qui affirmait que les traits du visage pouvait permettre à coup sûr de débusquer les criminels. Ce sont sur ces thèses profondément erronées que se sont appuyés les projets eugénistes du XXème siècle. Je trouve qu’elles font malheureusement écho à l’actualité puisqu’il n’y a pas si longtemps, certains scientifiques disaient pouvoir prédire dès le plus jeune âge qu’un enfant aurait plus ou moins de potentiel et pourrait être plus ou moins agressif… Voilà qui donne à réfléchir.

En ce qui concerne l’intrigue, elle est menée tambour battant par une héroïne à laquelle on s’attache très vite. Frida n’a pas été épargnée par la vie. Sujette à la discrimination dès son plus jeune âge parce que ses parents vivent en marge de la communauté, cette solitaire, dont ceux dont elle pense qu’ils sont des proches vont abuser, va devoir s’ouvrir et faire confiance à des inconnus pour réaliser son projet : réhabiliter la mémoire et l’honneur de ses parents dont elle sait pertinemment l’innocence. Il lui faudra bien du courage et de l’acharnement pour parvenir à son but sans y laisser sa vie et surtout conserver sa dignité devant ceux qui la voient elle et sa famille comme des tueurs-nés. Voici donc une héroïne avec ses forces et ses faiblesses qui la rendent très humaine – j’ai bien aimé les séances de déguisements, notamment celle de la transformation en garçon, pas évidente pour une adolescence en pleine quête d’identité, qui laissent transparaître habilement les émotions de la jeune fille.

Pour conclure, je conseille ce roman à partir de 13-14 ans mais les adultes y prendront également plaisir. Si l’héroïne est une fille, les garçons y trouveront totalement leur compte tant l’intrigue est bien menée et les sujets de réflexion vastes. Coup de cœur !

Vue du ciel

30 Juin

Aïe ! j’ai énormément de retard dans mes chroniques… Pas vraiment le temps de lire et encore moins d’écrire ces derniers jours… Vivement les vacances que je me rattrape !

Le baron perché, Italo Calvino

Le 15 juin 1767, à ombreuse, près de Gênes en Italie, après s’être disputé avec ses parents à propos d’un plat d’escargot, le jeune Côme Laverse du Rondeau, 12 ans, décide de se réfugier dans l’yeuse du jardin sous le regard admiratif de son jeune frère (le narrateur). Mais ce qui apparaît au début comme une simple bravade de la part de l’adolescent se transforme bien vite en mode de vie.

Effectivement, Côme ne redescendra jamais de son arbre. Désormais, son univers ne sera plus la terre ferme mais les branches parmi lesquelles il apprendra à évoluer avec une agilité remarquable. Tandis que son père, baron déchu, s’échine à espérer que son aîné quittera ses cimes pour enfin tenir le rang qui lui est dévolu, sa mère semble accepter l’impossible.

Du haut des arbres, Côme découvre le monde, apprend la chasse, la pêche et surtout observe les gens d’en bas, avec une certaine ironie. Sa philosophie se résume par cette phrase : « Pour bien voir la terre, il faut la regarder d’un peu loin ». Cependant la distance qu’il pose avec le commun des hommes ne l’empêche pas de vivre pleinement dans son époque. Côme s’instruit et ne perd rien de la révolution des Lumières qui se joue en France, passant ses journées à lire Rousseau et Voltaire.

J’arrête ici le résumé de cette oeuvre foisonnante et n’en fournirai qu’une brève analyse par manque de temps (l’oeuvre est si riche que l’on pourrait largement en faire l’objet d’un mémoire !) Voilà des années que je souhaitais lire ce célèbre roman de Calvino et c’est avec un immense plaisir que j’ai découvert cette édition dans mon casier en salle des profs fin avril.

Ce livre est tout à la fois roman d’aventures  et de formation, récit historique et conte philosophique. L’aventure de Côme dans les arbres, aussi surréaliste qu’elle puisse paraître est traitée de façon très logique par l’auteur qui réussit le pari d’instaurer un modèle de vie dans les arbres tout à fait plausible et fait de Côme une sorte de Robinson perché. En toile de fond, on trouve de nombreuses allusions à la Révolution française ainsi qu’aux campagnes bonapartistes qui donnent lieu d’ailleurs à des scènes satiriques très cocasses. Conte philosophique enfin car, à la manière de Voltaire, Calvino parvient, avec une grande distance ironique et grâce à ce personnage d’excentrique épris de liberté, à engager une réflexion sur la société, les rapports humains (la famille notamment) et la solitude.

Vous l’aurez compris, ce roman est à ranger parmi les chefs-d’oeuvre de la littérature, une vraie pépite à lire au moins une fois dans sa vie !

Combat à mort

18 Août

Mon amie documentaliste m’avait chaudement recommandé celui-ci… je n’ai pas été déçue !

Hunger Games – tome 1, Suzanne Collins

L’action se déroule dans un futur sombre, dans ce qui reste des Etats-Unis après les sécheresses, les ouragans, la montée des océans et les guerres qui s’en sont suivies pour récupérer les maigres ressources restantes. Le pays de Panem est né, divisé en treize districts. Mais, à la suite d’une rébellion des districts contre le Capitole (la capitale), douze districts ont été vaincus et le treizième éliminé. Depuis, Panem est gouverné par des chefs intransigeants qui vivent dans l’opulence du Capitole tandis qu’une majorité de la population meurt de faim dans les districts sous le regard des Pacificateurs qui veillent à ce que les habitants respectent les dures règles édictées par le Capitole à la lettre afin de garantir la paix.  Mais la loi la plus terrible, qui revient marquer les esprits du peuple chaque année, est sans doute celle des Hunger Games.

Les règles de ce terrible jeu annuel sont les suivantes : « Les règles des Hunger Games sont simples. Pour les punir du soulèvement, chacun des douze districts est tenu de fournir un garçon et une fille, appelés « tributs ». Les vingt-quatre tributs sont lâchés dans une immense arène naturelle pouvant contenir n’importe quel décor, du désert suffocant à la toundra glaciale. Ils s’affrontent alors jusqu’à la mort durant plusieurs semaines. Le dernier survivant est déclaré vainqueur. » Ah, oui, un petit détail qui a son importance. Le jeu est retransmis en direct à la télévision et toute la population doit le regarder. les familles des participants sont donc contraints de voir leurs enfants se faire massacrer sous leurs yeux…

L’heure du grand tirage au sort annuel, la Moisson, a sonné au district douze. Tous les enfants entre 12 et 18 sont obligés d’y participer. Et plus l’âge augmente, plus le risque d’être tiré au sort est important. Effectivement, à 12 ans, le nom est inscrit une fois, à 13 ans, deux fois et ainsi de suite jusqu’à 18 ans. Mais outre ces inscriptions supplémentaires obligatoires, les enfants de familles défavorisées se retrouvent inscrits bien davantage que les autres à cause du système des « tesserae » qui représentent l’équivalent d’un an d’approvisionnement en blé et huile pour une personne. Ainsi, la jeune Katniss, 16 ans, pour être subvenue aux besoins de sa mère et de sa jeune sœur Prim, verra son nom inscrit 20 fois dans la tirage au sort. Pire pour son meilleur ami, Gale, 18 ans, dont le nom sera inscrit 42 fois !

Katniss et son compagnon de chasse Gale (tous deux braconnent pour tenter de faire vivre leurs familles aussi bien que possible) s’apprêtent donc à vivre la nouvelle Moisson dans l’angoisse d’être tiré au sort. Mais cette année est pire que les précédentes pour Katniss car sa jeune sœur doit y participer pour la première fois. Bien qu’elle se résonne en se disant que son nom ne sera inscrit qu’une fois parmi des centaines d’autres et que la probabilité pour qu’elle soit désignée est très faible, elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Ainsi, lorsqu’elle entend la voix de l’hôtesse prononcer le nom de sa sœur, le sol semble s’écrouler sous ses jambes avant qu’elle ne se précipite pour prendre sa place.

Katniss va donc devoir participer aux Hunger Games. Le garçon sélectionné dans son district a le même âge qu’elle mais elle le connait à peine. Il s’agit de Peeta, le fils du boulanger. Après de brefs adieux à leurs familles, tous deux sont conduits au Capitole pour la préparation aux jeux. Pendant quelques jours, ils vont vivre dans l’opulence la plus totale, vie de luxure à laquelle ils auront droit si l’un d’eux gagne. Mais le rêve n’est que de courte durée. Bien vite, ils sont jetés dans l’Arène. A partir de là, ils ne devront plus compter sur personne et mener des combats à mort pour tenter de sauver leur peau.

Ce roman d’anticipation est tout simplement génial ! Les personnages sont dessinés avec une telle finesse que n’importe quel adolescent pourra se retrouver dans l’un ou l’autre des personnages principaux. L’idée de cette télé-réalité poussée à l’extrême est d’une efficacité redoutable. L’Etat dictatorial se sert du jeu pour faire régner la terreur sur une population qu’il tient affamée à longueur d’année. Les gens ne peuvent faire autrement que regarder ce programme insoutenable et injuste. Car si tous les coups sont permis, tous les participants ne sont pas sur un pied d’égalité. Les premiers districts étant plus riches, les participants sont souvent volontaires, costauds et sur-entraînés. Face à eux, les enfants des derniers districts, affaiblis par des années de famine et de travail, ne font pas le poids très longtemps. D’ailleurs, Katniss, malgré son adresse au tir à l’arc et ses connaissances des plantes sauvages, ne se leurre pas. Voilà 30 ans qu’aucun tribut du district 12 n’a remporté les jeux; 30 ans que ces tributs sont envoyés directement à l’échafaud !

Ce roman, destiné aux adolescents, aurait pu paraître bien violent s’il n’y avait pas une histoire d’amour pour venir l’adoucir. Eh oui, juste avant le début des jeux, Peeta avoue son amour pour Katniss devant tout le pays. Mais celle-ci ne sait trop qu’en penser : est-ce une stratégie de sa part pour s’attirer la sympathie du public et tenter de rester en vie le plus longtemps possible ou est-il sincère ? Pourra-t-elle vraiment lui faire confiance une fois dans l’Arène ou n’est-ce qu’un piège pour la manipuler et lui planter un couteau dans le dos une fois le moment venu ?

Riche en rebondissements, le livre tient le lecteur en haleine pendant près de 400 pages. Les notions d’entraide, de fraternité mais aussi d’insoumission face à l’ordre établi (ordre injuste) sont très bien développées. Un roman d’initiation et d’aventures fait pour distraire mais aussi pour réfléchir donc !

j’ai les deux tomes suivants (L’embrasement et La révolte) en ma possession… j’espère trouver le temps de les lire rapidement !

 

Contre vents et marées

22 Juil

Un peu de littérature jeunesse rafraîchissante par cette chaleur estivale !

Océania – La Prophétie des Oiseaux, tome 1, Hélène Montardre

L’histoire se passe dans un futur qui semble proche. Flavia, une jeune fille de 16 ans vit avec son grand-père, Anatole – guetteur d’oiseaux – , qui l’a élevée après la mort de ses parents, 2 scientifiques célèbres, victimes d’un attentat alors qu’ils se rendaient en Amérique lorsqu’elle était bébé. S’il n’est pas fait mention de l’endroit exacts où ils vivent, le décor laisse imaginer qu’il s’agit d’un petit village isolé de Bretagne. Flavia et Anatole sont quasiment les derniers habitants de cette partie de la France. Toute la population a déserté les zones côtières en raison de la montée rapide de l’océan. Les autorités, n’ayant pas pris en comptes les multiples alertes des scientifiques, n’ont pas jugé utile de dresser une digue semblable à celle qui protège l’Amérique. Résultat : Anatole le sait bien, son observation attentive des oiseaux ne lui laisse aucun doute, les jours sont comptés avant que l’océan ne recouvre la terre. D’ailleurs, les Pays-Bas viennent tout juste d’être submergés…

Afin d’offrir la possibilité d’un avenir meilleur à sa petite-fille, Anatole la pousse à participer à un jeu télévisé (dans le genre du « Maillon faible ») dont l’enjeu est une place à bord de L’Espérance, le dernier transatlantique à partir pour l’Amérique avant que le continent ne ferme ses ports. Mais l’excellente culture générale de Flavia ne lui suffira pas à faire face au cynisme de ses concurrents. Et après un bref périple à Paris au cours duquel elle a pu prendre conscience de l’état critique de la société (surpopulation dans la ville, nombreux sans-domiciles fixes, règne du chacun pour soi…) – qu’elle ignorait (la télé ne passe quasiment plus car là où elle vit, le câble n’a pas été installé et les liaisons satellites sont coupées depuis bien longtemps). Mais son grand-père, bien décidé à l’envoyer en Amérique, la confie à son vieil ami, le Capitaine Blunt, un marin chevronné qui officie comme passeur de clandestins entre les deux continents.

Après un voyage mouvementé, rescapée d’une terrible tempête, Flavia parvient au Nouveau Monde. Elle est recueillie par Chris, un garçon de 18 ans. Ils tombent tous les deux immédiatement amoureux l’un de l’autre. Le jeune homme lui apprend vite que New-York est très contrôlée et que malgré son passeport, Flavia ne pourra pas circuler librement sans visa. Effectivement, la ville est étroitement surveillée, des patrouilles circulent nuit et jour dans les rues pour traquer les immigrés clandestins. Flavia parviendra-t-elle à s’intégrer sur ce continent qui semble si fermer sur lui-même ? Réussira-t-elle à rencontrer l’homme dont son grand-père lui a donné l’adresse ? Et parviendra-t-elle à comprendre ce que signifie le mystérieux code qu’il lui a confié ?

Ce livre, très rapidement lu malgré ses 330 pages, est captivant. Dès les premières pages, on accroche au personnage de Flavia, une jeune fille intelligente, curieuse de tout, courageuse mais qui a aussi ses faiblesses et ses humeurs. Si l’histoire d’amour et d’aventure est très bien ficelée – on a envie de lire le deuxième tome tout de suite – c’est le côté anticipation qui a surtout retenu mon intérêt. La vision du futur fait assez froid dans le dos : la nature semble vouloir reprendre ses droits sur des hommes qui se voilent la face. Les sociétés se totalitarisent de plus en plus pour faire face à l’angoisse de la population : les médias sont contrôlés, l’information censurée, les intellectuels et les étrangers sont pourchassés… Cette vision, si catastrophique soit-elle, n’est jamais exagérée. On voit comment la situation empire petit à petit sans que personne ne semble s’en apercevoir, comment on peut manipuler des peuples entiers sans que ceux-ci n’aient la moindre réaction et en pensant que toutes les nouvelles atteintes à leur liberté visent à leur offrir davantage de sécurité…

Encore un vrai bon roman d’aventures jeunesse, qui fera réfléchir les adolescents sur de nombreuses questions de société, à partir de 13 ans je pense. Quant à moi, je croise les doigts pour que le deuxième tome se trouve au CDI à la rentrée !

Tous pour un !

10 Juin

Ce livre m’a été conseillé par un collègue et ami fan de Maxime Chattam.

Autre-monde – L’Alliance des Trois, Maxime Chattam

Matt, Tobias et Newton sont trois adolescents new-yorkais, amis depuis l’enfance. Bien qu’ils aient des caractères très différents, ils passent la plupart de leur temps libre ensemble. Un jour, juste après Noël, une terrible tempête éclate. Les garçons sont obligés de regagner chacun leur domicile. Ils conservent le contact via MSN et s’interrogent sur les dérèglements climatiques et les étranges phénomènes qu’ils ont remarqués ces derniers temps. Tout à coup, l’électricité est coupée.

La grande tempête a tôt fait de recouvrir le pays de neige et de plonger la ville dans l’obscurité. Matt commence à s’inquiéter sérieusement. D’habitude, les coupures de courant ne durent jamais si longtemps. Alors qu’il regarde par la fenêtre de sa chambre, il voit d’étranges éclairs bleus ramper le long des immeubles telles de longues mains squelettiques à la recherche de proies. Après leur passage, tous les adultes ou presque ont disparu, comme aspirés par la force électrique. Ceux qui restent ont muté en d’horribles monstres. Matt s’empresse de rejoindre Tobias. Ils se retrouvent alors livrés à eux-même sur une Terre complètement ravagée, très différente de ce qu’il connaissait.

Très vite, ils comprennent qu’ils doivent se méfier des adultes rescapés qui les poursuivent. Dans un milieu très hostile – la flore s’est développée d’une façon exceptionnelle, recouvrant tous les édifices – ils prennent la route pour tenter de trouver d’autres survivants. Après de nombreuses péripéties, ils vont être accueillis par les Pans, une communauté d’adolescents qui s’est organisée autour du charismatique Doug. Les enfants ont investi une île où ils vivent en autarcie à l’abri des Gloutons (adultes mutants, hideux, pas très malins mais violents) et des Cyniks (adultes très violents et pervers qui capturent les enfants).

Sur l’île, la jolie Ambre a observé des phénomènes très étranges chez ses congénères. Chaque enfant semble développer des capacités hors du commun, comme s’ils avaient subi une altération de leur être après la tempête. Ainsi, certains sont capables d’allumer du feu ou de modifier le courant d’une rivière à la seule force de leur pensée. Pendant que la vie suit son cours dans la communauté, Matt, Tobias et Ambre découvrent que des traîtres cherchent à leur nuire…

Maxime Chattam pose les bases d’une tétralogie d’aventure fantastique très prenante. On s’attache très vite aux personnages et l’intrigue est sans cesse relancée par des rebondissements. L’île sur laquelle vivent les enfants n’est pas sans faire allusion à Sa Majesté des mouches ou à Peter Pan. Si les questions d’ordre écologique en toile de fond ne sont peut-être pas traitées de manière aussi fine que l’on pourrait l’espérer, ce roman d’anticipation permettra aux jeunes de prendre conscience de l’influence souvent néfaste de l’homme sur la planète. Le livre plaira autant aux adultes qu’aux ados qui adorent ! (testé et approuvé par un de mes 3ème qui déteste par principe tout ce que je lui propose habituellement !) Bref, j’attends de lire le deuxième tome, Malronce, avec impatience.

Traque cosmopolite bis

6 Avr

Comme je l’avais prévu, je n’ai pu me retenir longtemps avant de lire la suite…

Vango – Un prince sans royaume – tome 2, Timothée de Fombelle

A la fin du premier tome, Vango découvrait que ses parents avaient été tués dans leur bateau au large des îles Eoliennes par un certain Cafarello. Dans ce second tome, le jeune homme va tout faire pour venger les siens…

Nous retrouvons notre héros à New-York, en 1929, en compagnie de son ami, le père Zefiro. Ce dernier a quitté malgré lui son monastère secret de Sicile afin de tuer Voloï Viktor, terrible marchand d’armes, et tenir ainsi la promesse faites à trois amis, vingt ans plus tôt, dans les tranchées de Verdun.

Sans que Zefiro ni Vango n’en soient conscients, les destins de Cafarello et de Viktor sont étroitement liés. Vango, lui, est toujours traqué, à la fois par la police française, par les hommes de Viktor – ce dernier ayant établi un lien entre notre héros et Zefiro (lui aussi traqué par Viktor) – et par de mystérieux russes… Dans le même temps, son histoire d’amour avec la belle Ethel est mise en danger par toutes ces courses-poursuites à travers le monde.

Plus nous avançons dans le roman et plus toutes les histoires vont se recouper. Les fils de l’intrigue semblent s’entrecroiser toujours davantage et il faudra vraiment attendre l’avant-dernier chapitre, porteur d’ultimes rebondissements, pour connaître le dénouement.

Ce roman d’aventure tient donc le lecteur hors d’haleine pendant presque 1000 pages (environ 500 pages par tome). Non seulement le rythme de l’action ne ralentit jamais mais il est même sans cesse relancé (on notera l’arrivée de nouveaux personnages et la réapparition de certains à la toute fin du roman par exemple). Les réponses ne sont jamais apportées d’un seul bloc, il faut donc assembler les pièces du puzzle; ce système pousse à toujours vouloir poursuivre la lecture.

J’ai vraiment aimé ce second tome qui insiste sur l’entraide entre générations et civilisations différentes. Une fois que les personnages semblent avoir réglé leurs problèmes personnels, ils vont se lier pour résister ensemble à l’invasion de la France par l’Allemagne. Il s’agit donc d’un texte non seulement divertissant – certains passages sont franchement comiques – mais porteur de valeurs. De la littérature dite « jeunesse », certes, mais qui mérite de ne pas rester cantonnée à ce titre !

 

Traque cosmopolite

2 Avr

J’avais vraiment apprécié il y a peu le premier roman de Timothée de Fombelle, Tobie Lolness. Je n’aurai donc pas attendu longtemps avant de me lancer dans la lecture de son roman d’aventures…

Vango – Entre ciel et terre – tome 1, Timothée de Fombelle

Devant Notre-Dame de Paris, en ce jour d’avril 1934, c’est l’effervescence. la foule se presse pour assister à l’ordination des jeunes séminaristes. Au milieu du groupe, un tout jeune homme, Vango, est subitement interpellé par un gendarme. Sans lui répondre, il prend la fuite. Le commissaire Boulard lance tout un escadron à sa poursuite. Vango escalade la cathédrale et échappe de justesse à une balle. Celle-ci n’a pas été tirée par les forces de l’ordre…

Au milieu de la foule, une jeune fille a observé toute la scène. Elle connaît Vango. Elle a vu qui lui a tiré dessus, l’homme au visage de cire. Le soir même, Ethel, la jeune fille aux yeux verts, retrouve le commissaire Boulard dans un restaurant. Elle lui apporte le portrait-robot du tireur. Le gendarme lui apprend que celui qu’il poursuivait est accusé d’un meurtre.

Au même moment, Vango court sur les toits de Paris. Il est bien décidé à prouver son innocence. Pour cela, il doit se rendre au séminaire et trouver le père Jean. Pendant que nous suivons notre héros dans son escapade nocturne, nous apprenons qu’il a été diagnostiqué paranoïaque quelques années plus tôt. Lorsqu’il parvient enfin chez son vieil ami, il découvre l’inimaginable : une scène de crime. Seuls les mots « Fugere Vango » (fuir Vango) son inscrit sur un cahier. Et s’il avait bien tué le père sans qu’il n’en ait conservé le souvenir, s’il était bien coupable du meurtre dont on l’accuse, sans le savoir ?

L’action va ensuite se compliquer énormément. Le récit fait un bon en arrière afin de nous expliquer d’où vient Vango et qu’est-ce qui l’a conduit à vouloir devenir prêtre. Le passé de héros dans les Iles Éoliennes sera le fil conducteur du roman. En parallèle, nous allons suivre la fuite et la traque de Vango, qui, après avoir quitté Paris, se retrouve en Allemagne et cherche à embarquer à bord du Graf Zeppelin, sous le commandement du docteur Eckener, pour échapper à ses poursuivants.

Nous n’avons pas encore passé les cents premières pages de ce premier tome mais je préfère m’arrêter là en ce qui concerne le résumé. La suite de ce roman d’aventures pour jeune public est digne d’un grand film d’espionnage. La traque du héros va nous conduire de Paris à la Sicile, en passant par l’Ecosse, la Russie et l’Allemagne. Toute l’histoire se passe alors qu’Hitler et son national-socialisme gagne du terrain en Allemagne, laissant fertiliser dans son sillage des comportements de plus en plus nauséabonds… Vango doit donc fuir, mais cette fuite va bientôt se transformer en quête, une quête d’identité, une recherche de sa vérité.

Ce roman est vraiment captivant. Dès la première ligne, on meurt d’envie de savoir où va nous mener notre héros. L’écriture est soignée, le style très entraînant ne laisse aucun temps mort. Le fond de l’histoire est à ce point travaillé que les adolescents, à qui le livre est destiné, n’auront aucune peine à se familiariser avec la montée du nazisme ou même l’histoire d’un monastère top secret ! Décidément, la littérature jeunesse française a trouvé son maître en Timothée de Fombelle !

je ne vais donc pas perdre de temps et commencer à lire la suite tout de suite !!