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En quête de soi

7 Mar

Je remercie les éditions Flammarion qui me permettent de vous faire découvrir ce roman en avant-première.

Le Chercheur, Lars Mulh

unnamedLars Mulh est un musicien et auteur danois de renommée internationale. Après quelques années d’une vie d’artiste qui ne le satisfait pas pleinement, il prend conscience que sa voie n’est pas celle du star-system. Il va alors chercher ce pour quoi sa vie est vraiment faite.

Double voyage et double temporalité, Le Chercheur mêle en effet le récit de la première rencontre de l’auteur avec celui qu’il nomme le Voyant, sorte de guide spirituel, et celui du trajet qu’il effectue du Danemark au sud de l’Espagne en train pour achever son initiation avec le Voyant. Ce dernier est celui qui lui a permis d’effectuer les premiers pas sur le chemin de sa véritable identité lorsqu’ils se sont rencontrés à Montségur.

Le Chercheur, premier tome de la trilogie O’Manuscrit, déjà traduit en huit langues, est un roman initiatique à la fois autobiographique et fictionnel. Si j’avoue avoir d’emblée été attirée par le thème de la quête spirituelle et identitaire et avoir réellement été conquise par les premières pages, mon enthousiasme s’est quelque peu relâché par la suite. En effet, si le début du roman est assez entraînant et aiguise la curiosité vis-à-vis des personnages principaux, l’auteur ne soutient pas la cadence et le récit devient un peu poussif. C’est dommage car sur le fond, Lars Mulh propose une réflexion intéressante sur la vie bien que certaines conceptions se révèlent un peu trop new-age à mon goût. J’ai, par exemple, bien aimé ce passage dans lequel le Voyant charge des pierres dans le sac à dos du narrateur. Chacune symbolise un défaut, une angoisse… :

« Mon fardeau ne cessait de gagner en réalité. Je penchais tant en avant à présent que j’en vins presque à ramper. Je transpirais abondamment. Comme le Voyant l’avait promis, j’éprouvais désormais physiquement tout les poids psychologiques de ma vie. Parce que je les emportais sur la montagne, chaque défaut, chaque doute et chaque projection acquérait une réalité qui me forçait à les contempler. Parce qu’ils sciaient assez littéralement mes épaules, courbaient mon dos, faisaient vaciller mes jambes, il était impossible désormais de les refouler. Et tandis que je rampais, je commençais à comprendre la signification de cette tâche en apparence vaine. Je me sentis soudain responsable de toutes ces maladies. »

Voilà pour ce petit extrait qui me semble assez représentatif du message que souhaite apporter l’auteur : pour mener une vie plus apaisée, il faut ouvrir les yeux sur tout ce qui vient nous alourdir au quotidien, en prendre réellement conscience avant de parvenir à nous en libérer pour gagner en sérénité. Un livre à découvrir pour les amateurs de récits de vie et de spiritualité.

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Histoire à faire peur…

20 Fév

J’ai emprunté ce livre au CDI sur les conseils avisés de mon amie Carolivre !

L’Apprenti Epouvanteur – Tome 1, Joseph Delaney

Thomas Ward va avoir 13 ans et est le septième fils d’un septième fils. Dans la société aux apparences médiévales dans laquelle il vit, cela signifie qu’il peut envisager une carrière bien particulière, celle d’Epouvanteur. Pour Tom, voilà une belle opportunité d’échapper aux pénibles travaux de la ferme tenue par son père. Mais d’un autre côté, il redoute ce métier pour le moins étrange. Effectivement, il aura pour tâche de protéger les villages de créatures plus maléfiques les unes que les autres et devra ainsi affronter sorcières, gobelins, goules et autres démons. En outre, il devra faire face à la solitude puisque en raison de leurs fonctions, les Epouvanteurs, craints de la population, vivent en retrait de la société pour effectuer leur mission indispensable mais ingrate.

Le roman débute alors que le maître Epouvanteur vient s’assurer que Tom est bien le septième fils d’un septième fils, condition sine qua non pour exercer le métier. Après une discussion avec ses parents, il emmène l’enfant avec lui pour qu’il effectue un apprentissage à ses côtés. Très vite, on sent que Tom est partagé entre désir d’apprendre et terreur de se retrouver nez-à-nez avec une créatures monstrueuses. L’enfant, outre ses peurs, devra aussi apprendre à mener une vie d’errance difficile dans les forêts humides et sinistres de cette Angleterre légendaire.

Un jour, alors qu’il est malmené par une bande d’enfants, une jeune fille, Alice, lui vient en aide. Pour la remercier, il va lui promettre de l’aider en cas de besoin. Cette promesse va se révéler lourde de conséquences. En effet, bien malgré lui, il va délivrer une redoutable sorcière, la Mère Malkin, qui compte bien se venger de ses années d’emprisonnement…

J’ai adoré ce roman de littérature jeunesse qui sait s’adresser tout aussi bien aux adolescents qu’aux adultes en appliquant des codes relevant aussi bien de la littérature horrifique que de l’heroic fantasy avec ces paysages sinistres d’une Angleterre de légende. Les personnages sont très bien dessinés. Les enfants pourront se reconnaître dans ce héros en proie au doute, qui ne sait pas trop quoi faire de son avenir et qui est partagé entre volonté de ne pas faire de peine à ses parents et mener l’existence qu’il souhaite. S’il y a évidemment des bons et des mauvais, on est loin de tomber dans la caricature avec la présence de personnalités complexes telle la jeune Alice dont le coeur balance entre les forces du mal et du bien.

Dès qu’on ouvre ce roman initiatique, on pense bien évidemment à Harry Potter, mais je trouve ce premier tome beaucoup plus sombre que le premier opus de J.K. Rowling. Certaines scènes particulièrement angoissantes et sanguinolentes sont dignes de films d’épouvante. Le tout écrit dans une langue soignée. J’ai hâte de lire la suite !

Combat à mort

18 Août

Mon amie documentaliste m’avait chaudement recommandé celui-ci… je n’ai pas été déçue !

Hunger Games – tome 1, Suzanne Collins

L’action se déroule dans un futur sombre, dans ce qui reste des Etats-Unis après les sécheresses, les ouragans, la montée des océans et les guerres qui s’en sont suivies pour récupérer les maigres ressources restantes. Le pays de Panem est né, divisé en treize districts. Mais, à la suite d’une rébellion des districts contre le Capitole (la capitale), douze districts ont été vaincus et le treizième éliminé. Depuis, Panem est gouverné par des chefs intransigeants qui vivent dans l’opulence du Capitole tandis qu’une majorité de la population meurt de faim dans les districts sous le regard des Pacificateurs qui veillent à ce que les habitants respectent les dures règles édictées par le Capitole à la lettre afin de garantir la paix.  Mais la loi la plus terrible, qui revient marquer les esprits du peuple chaque année, est sans doute celle des Hunger Games.

Les règles de ce terrible jeu annuel sont les suivantes : « Les règles des Hunger Games sont simples. Pour les punir du soulèvement, chacun des douze districts est tenu de fournir un garçon et une fille, appelés « tributs ». Les vingt-quatre tributs sont lâchés dans une immense arène naturelle pouvant contenir n’importe quel décor, du désert suffocant à la toundra glaciale. Ils s’affrontent alors jusqu’à la mort durant plusieurs semaines. Le dernier survivant est déclaré vainqueur. » Ah, oui, un petit détail qui a son importance. Le jeu est retransmis en direct à la télévision et toute la population doit le regarder. les familles des participants sont donc contraints de voir leurs enfants se faire massacrer sous leurs yeux…

L’heure du grand tirage au sort annuel, la Moisson, a sonné au district douze. Tous les enfants entre 12 et 18 sont obligés d’y participer. Et plus l’âge augmente, plus le risque d’être tiré au sort est important. Effectivement, à 12 ans, le nom est inscrit une fois, à 13 ans, deux fois et ainsi de suite jusqu’à 18 ans. Mais outre ces inscriptions supplémentaires obligatoires, les enfants de familles défavorisées se retrouvent inscrits bien davantage que les autres à cause du système des « tesserae » qui représentent l’équivalent d’un an d’approvisionnement en blé et huile pour une personne. Ainsi, la jeune Katniss, 16 ans, pour être subvenue aux besoins de sa mère et de sa jeune sœur Prim, verra son nom inscrit 20 fois dans la tirage au sort. Pire pour son meilleur ami, Gale, 18 ans, dont le nom sera inscrit 42 fois !

Katniss et son compagnon de chasse Gale (tous deux braconnent pour tenter de faire vivre leurs familles aussi bien que possible) s’apprêtent donc à vivre la nouvelle Moisson dans l’angoisse d’être tiré au sort. Mais cette année est pire que les précédentes pour Katniss car sa jeune sœur doit y participer pour la première fois. Bien qu’elle se résonne en se disant que son nom ne sera inscrit qu’une fois parmi des centaines d’autres et que la probabilité pour qu’elle soit désignée est très faible, elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Ainsi, lorsqu’elle entend la voix de l’hôtesse prononcer le nom de sa sœur, le sol semble s’écrouler sous ses jambes avant qu’elle ne se précipite pour prendre sa place.

Katniss va donc devoir participer aux Hunger Games. Le garçon sélectionné dans son district a le même âge qu’elle mais elle le connait à peine. Il s’agit de Peeta, le fils du boulanger. Après de brefs adieux à leurs familles, tous deux sont conduits au Capitole pour la préparation aux jeux. Pendant quelques jours, ils vont vivre dans l’opulence la plus totale, vie de luxure à laquelle ils auront droit si l’un d’eux gagne. Mais le rêve n’est que de courte durée. Bien vite, ils sont jetés dans l’Arène. A partir de là, ils ne devront plus compter sur personne et mener des combats à mort pour tenter de sauver leur peau.

Ce roman d’anticipation est tout simplement génial ! Les personnages sont dessinés avec une telle finesse que n’importe quel adolescent pourra se retrouver dans l’un ou l’autre des personnages principaux. L’idée de cette télé-réalité poussée à l’extrême est d’une efficacité redoutable. L’Etat dictatorial se sert du jeu pour faire régner la terreur sur une population qu’il tient affamée à longueur d’année. Les gens ne peuvent faire autrement que regarder ce programme insoutenable et injuste. Car si tous les coups sont permis, tous les participants ne sont pas sur un pied d’égalité. Les premiers districts étant plus riches, les participants sont souvent volontaires, costauds et sur-entraînés. Face à eux, les enfants des derniers districts, affaiblis par des années de famine et de travail, ne font pas le poids très longtemps. D’ailleurs, Katniss, malgré son adresse au tir à l’arc et ses connaissances des plantes sauvages, ne se leurre pas. Voilà 30 ans qu’aucun tribut du district 12 n’a remporté les jeux; 30 ans que ces tributs sont envoyés directement à l’échafaud !

Ce roman, destiné aux adolescents, aurait pu paraître bien violent s’il n’y avait pas une histoire d’amour pour venir l’adoucir. Eh oui, juste avant le début des jeux, Peeta avoue son amour pour Katniss devant tout le pays. Mais celle-ci ne sait trop qu’en penser : est-ce une stratégie de sa part pour s’attirer la sympathie du public et tenter de rester en vie le plus longtemps possible ou est-il sincère ? Pourra-t-elle vraiment lui faire confiance une fois dans l’Arène ou n’est-ce qu’un piège pour la manipuler et lui planter un couteau dans le dos une fois le moment venu ?

Riche en rebondissements, le livre tient le lecteur en haleine pendant près de 400 pages. Les notions d’entraide, de fraternité mais aussi d’insoumission face à l’ordre établi (ordre injuste) sont très bien développées. Un roman d’initiation et d’aventures fait pour distraire mais aussi pour réfléchir donc !

j’ai les deux tomes suivants (L’embrasement et La révolte) en ma possession… j’espère trouver le temps de les lire rapidement !