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Parfaite en apparence

Aujourd’hui, je vous présente un livre dont le sujet me tient à cœur, écrit par une jeune femme avec laquelle j’échange depuis de nombreuses années sur les réseaux sociaux. Elle m’a fait l’honneur de me donner à lire son témoignage en avant-première et je suis heureuse de partager cet ouvrage avec vous. Il est disponible dès aujourd’hui aux éditions City.

Je ne voulais plus manger, Caroline Fronteau

couv je ne voulais plus manger finaleCaroline est une jeune fille parfaite en apparence. Bonne élève, sage, souriante. Les années passent, la réussite scolaire est au rendez-vous, les relations amicales sont peu nombreuses mais intenses. Le corps de la fillette se transforme rapidement et il lui devient de plus en plus difficile de se reconnaître. Son esprit est encore dans l’enfance quand son corps lui renvoie l’image d’une jeune femme. Bientôt, c’est le départ à l’université, la colocation avec sa meilleure amie, le saut dans l’âge adulte. Mais quelque chose se brise en elle. L’univers qu’elle s’était imaginé avec son amie ne correspond en rien avec la réalité. Très vite, elle s’aperçoit que leur tempérament diffère et que Lucile n’a pas la même conception de l’amitié que la sienne. Peu à peu, Caroline, qui se sent étrangère au monde universitaire, isolée, va dépérir. Seules les restrictions alimentaires lui permettent alors de maintenir l’illusion de contrôler sa vie alors que la dépression l’envahit…

Caroline témoigne ici de son parcours de vie, de sa descente dans les enfers de l’anorexie à son parcours du combattant pour guérir de ce mal qui la ronge. Si une partie de l’ouvrage est consacrée au trouble alimentaire et aux difficultés qui l’accompagnent, notamment en terme de parcours de soins, de suivi compliqué, c’est surtout la question de l’entrée dans l’âge adulte, de la complexité des sentiments à cette période de la vie souvent bouleversée par de nombreux changements, des problèmes que certains adolescents peuvent rencontrer pour acquérir suffisamment de confiance en soi pour affronter un quotidien mouvant. Dans ce contexte, le rapport aux autres peut également devenir problématique et une jeune personne peu sûre d’elle peut s’attacher à des êtres qui lui seront toxiques sans s’en rendre compte. Le début de la vie adulte, c’est aussi la séparation avec le cocon parental, cette ambivalence entre le besoin de protection et la volonté de prendre son envol.Ce témoignage de Caroline apparaît donc également comme le récit d’apprentissage porteur d’espoir d’une jeune femme en quête d’elle-même. Aujourd’hui, Caroline a chassé ses démons et vit en accord avec ses principes, libérée de ses angoisses. Je lui souhaite beaucoup de bonheur pour la suite et vous invite à découvrir son livre.

 

coup de cœur·Roman·roman de formation

L’Amérique !

Heureuse de vous présenter cette suite et encore plus heureuse d’avoir rencontré son auteure lors du salon Livres en vignes à Vougeot le mois dernier.

Hope, Loulou Robert

51kibq4orcl._sx195_Après sa sortie de l’hôpital psychiatrique où elle avait été internée après sa tentative de suicide et sa descente aux enfers dans l’anorexie, Bianca part vivre à New-York avec son père qui espère lui faire retrouver sa joie de vivre de l’autre côté de l’Atlantique. La jeune femme vient d’avoir 17 ans et doit faire sa rentrée dans le prestigieux lycée français de la ville. Mais ça commence plutôt mal car elle arrive en retard le premier jour et tombe sous le charme de son prof de littérature. A vrai dire, son arrivée en Amérique ne lui a pas vraiment remonté le moral. Son père passe la plupart de son temps à travailler, la laissant livrée à elle-même dans cette ville en effervescence, et lorsqu’il rentre en pleine nuit, c’est pour passer du bon temps avec sa conquête. Bianca gobe les somnifères pour tenter de trouver le sommeil. Bien vite, elle sombre de nouveau dans la dépression, ses troubles alimentaires ne sont pas loin. Le rêve américain vire au cauchemar. Bianca se retrouve dans des endroits sordides avant d’être repérée par le chasseur de tête d’une agence de mannequins. L’esquisse d’une vie meilleure ? Pas si sûr. Malgré tout, au fond d’elle-même ne cesse de scintiller une lueur d’espoir…

Le premier roman de Loulou Robert, Bianca, m’avait frappé par la force de son style. Je n’ai pas été déçue par cette suite, où l’on retrouve un personnage plus mature, endurci par les épreuves mais toujours en proie à ses démons. Bianca se cherche, teste ses limites, se frotte au monde, aux sentiments et s’écorche l’âme. Mais cette quête existentielle, aussi douloureuse soit-elle, est un passage obligé pour la jeune femme. C’est son moyen de s’affirmer, de ressentir ce corps qu’elle a nié, de trouver le passage vers l’âge adulte. En ce qui concerne le style, les chapitres courts mettent en valeur la fulgurance des émotions du personnage, tout se passe très vite dans ce New-York qui ne dort jamais. Certaines scènes sont décrites avec un réalisme froid, sans fioriture, qui témoigne de la violence des actes auxquels assiste Bianca ou dont elle fait preuve. Une chose est sûre, on ne sort pas indemne de la plume acérée de Loulou Robert.

 

Anticipation·coup de cœur·nouveauté·Roman·satire

Psy-show !

Beaucoup de retard dans mes chroniques… Mea Culpa ! Les journées sont trop remplies !

Encore un grand merci aux éditions Tohu-Bohu qui me permettent de vous faire découvrir le roman du jour.

La fin des idoles, Nicolas Gaudemet

9782376220275_1_75Dans un futur extrêmement proche, une nouvelle chaîne de télévision cherche à augmenter son audience sous peine de disparaître. Lyne Paradis, neuroscientifique, propose un nouveau programme de téléréalité dans lequel les participants sont prêts à tout pour accéder à la « gloire » médiatique. La starlette Paloma, caricature de la bimbo siliconée, ira jusqu’à se faire tatouer une horreur pour s’attirer les cotes du public. Mais bientôt, cette émission qui déchaîne les passions touche à sa fin et Paloma retombe dans l’anonymat le plus total en proie à une violente dépression qui la plonge dans l’enfer des troubles alimentaires. Un célèbre psychanalyste, Gerhard Lebenstrie, fervent détracteur des neurosciences lui propose alors son aide…

Voilà pour résumer de façon très brève ce roman d’une incroyable richesse qui nous plonge dans la critique acerbe de notre société hypermédiatisée. L’auteur maîtrise son sujet à la perfection et le fait de mettre en scène des personnalités de notre quotidien médiatique offre une vision très réaliste. Si le côté stéréotypé pourrait éventuellement déplaire à certains, ce n’a pas été mon cas car on sent tout de suite où l’auteur veut nous conduire. Amatrice éclairée de psychologie, psychanalyse et neurosciences, je n’ai pas boudé mon plaisir à assister au combat entre les différents partis et apprécié les références parfois pointues. En filigrane, le roman s’attarde sur le problème des troubles alimentaires qui me tient particulièrement à cœur. J’avoue que pour le coup, la question est un peu raccourcie car elle est réduite ou presque au problème de la médiatisation des corps toujours plus maigres, mais comme cela cadre parfaitement au reste du sujet, ce n’est pas un problème. Ce roman est un véritable « page-turner », une fois commencé, difficile de s’arrêter ! Pour un livre qui traite en partie de l’addiction, c’est presque un comble ! Je ne peux que recommander La fin des idoles, en librairies depuis début mars. Coup de cœur !

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Retour parmi les vivants

Je remercie Julie pour sa confiance et l’envoi de son ouvrage.

Faim de vivre, Julie Martin

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_132216Je n’ai pas l’habitude de vous présenter des témoignages mais une fois n’est pas coutume.

Dans ce petit livre coup de poing, la jeune femme nous présente sa descente dans l’enfer de l’anorexie : les hospitalisations, les hallucinations dues à son poids extrêmement faible.

Mais plus qu’un simple témoignage, Julie apporte une lueur d’espoir. Aujourd’hui, la jeune a retrouvé sens à sa vie en s’investissant dans le bénévolat. La fin de son livre tente d’apporter des explications pour les personnes touchées de près ou de loin par ces troubles et tord le cou à certaines idées reçues. Il ne s’agit pas simplement d’une histoire de poids, de nourriture. Non. Il s’agit de l’histoire d’une vie. La reconstruction est longue, semée d’embûches mais elle est possible. Julie en est la preuve.

Je vous invite à suivre l’auteure sur sa page Facebook : Faim de vivre  et à vous procurer son ouvrage à ce lien s’il vous intéresse : Edilivre