Tag Archives: témoignage

Au cœur de soi

1 Août

Ce livre s’était perdu dans ma PAL. Je l’ai retrouvé avant de partir en vacances.

L’appel de l’âme, Virginie Tanguay

41ldoereyul._sx327_bo1204203200_Je ne vous ferai pas de résumé détaillé de ce livre qui est à la fois témoignage, ouvrage de développement personnel et guide spirituel. L’auteure raconte comment les premières années de sa vie ont été compliquées, notamment dans son rapport aux monde et aux autres. Après avoir été membre des Forces Armées Canadiennes, elle décide de se reconnecter à elle-même en se plongeant dans la spiritualité. Elle nous raconte ici ce chemin de vie en nous apportant des conseils et des exercices pour parvenir à éveiller son âme au maximum, à réussir à être davantage bienveillant envers nous-même pour l’être vis-à-vis des autres.

Globalement j’ai apprécié ce livre, paru en septembre dernier aux éditions Flammarion, que j’avais longtemps mis de côté – je ne suis pas une grande liseuse de témoignages et la couverture ne m’inspirait pas spécialement. Je me suis retrouvée dans bien des situations décrites et nombres d’exercices, conseils en matière de développement personnel et spiritualité ne me sont pas inconnus. En tant que sophrologue et ayant suivi diverses thérapies, j’ai emmagasiné de nombreuses connaissances en la matière. Ce livre est plutôt destiné aux néophytes, à celles et ceux qui sont en quête de quelque chose qui puisse révéler leur être profond. Si j’ai accroché à la majeure partie des propos tenus – à savoir que l’auteur n’a pas suivi de formation en psychologie mais s’appuie sur son expérience de vie, ses recherches en la matière – je suis plus réservée quant à la partie beaucoup plus spirituelle avec la notion d »anges ». N’en demeure pas moins que l’ensemble est bien rédigé et très intéressant pour qui s’intéresse à ces questions. Parfait si vous cherchez à commencer un travail sur vous-même.

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Captive

7 Avr

Heureuse de retrouver Sabrina Philippe pour ce touchant roman-témoignage après l’avoir découvert dans son Petit manuel de navigation pour l’Âme.

Et que nos âmes reviennent, Sabrina Philippe

9782081447158La narratrice est, comme Sabrina Philippe, psychologue et chroniqueuse pour une émission télé où elle donne des conseils notamment en matière amoureuse à des téléspectateurs. Mais prise par son métier, elle ne se laisse que peu de temps à consacrer à sa vie sentimentale. Jusqu’au jour où elle rencontre cet homme qui lui semble si brillant. Commence alors une folle histoire d’amour qui va bientôt se révéler comme le plus cruel des pièges…

Dans ce roman, à la frontière du témoignage et du récit initiatique, Sabrina Philippe évoque la relation toxique qui peut se nouer entre un homme et une femme et plus précisément le cas du pervers narcissique. Pour quelles raisons certains couples dysfonctionnent-ils au point de se faire souffrir ? Pour quelles raisons femmes ou hommes restent-ils malgré les souffrances (psychologiques ou physiques) endurées ? Malgré ce sujet assez sombre, l’auteure parvient à apporter une certaine luminosité en racontant comment elle a réussi malgré tout à s’échapper de cette emprise amoureuse. En introduisant un pan de roman consacré à la seconde guerre mondiale, la psychologue évoque la possibilité de vies antérieures qui se rejoueraient dans le présent, de fils qui feraient partie de nous, qui nous relieraient à une histoire passée sur laquelle nous n’avons que peu de prises sauf si nous décidons de nous atteler à les délier pour ne pas reproduire des situations douloureuses. J’ai apprécié ce roman qui se lit facilement et qui pose des questions sur la quête identitaire ainsi que sur les notions de bien et de mal, indissociable l’une de l’autre. Une réflexion sur la nature humaine qui va au-delà du simple témoignage, qui incite à s’interroger sur soi-même. Coup de cœur !

 

Retour parmi les vivants

30 Mar

Je remercie Julie pour sa confiance et l’envoi de son ouvrage.

Faim de vivre, Julie Martin

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_132216Je n’ai pas l’habitude de vous présenter des témoignages mais une fois n’est pas coutume.

Dans ce petit livre coup de poing, la jeune femme nous présente sa descente dans l’enfer de l’anorexie : les hospitalisations, les hallucinations dues à son poids extrêmement faible.

Mais plus qu’un simple témoignage, Julie apporte une lueur d’espoir. Aujourd’hui, la jeune a retrouvé sens à sa vie en s’investissant dans le bénévolat. La fin de son livre tente d’apporter des explications pour les personnes touchées de près ou de loin par ces troubles et tord le cou à certaines idées reçues. Il ne s’agit pas simplement d’une histoire de poids, de nourriture. Non. Il s’agit de l’histoire d’une vie. La reconstruction est longue, semée d’embûches mais elle est possible. Julie en est la preuve.

Je vous invite à suivre l’auteure sur sa page Facebook : Faim de vivre  et à vous procurer son ouvrage à ce lien s’il vous intéresse : Edilivre

The Lady

11 Fév

Nouveauté du CDI. Voilà un livre que tous les élèves devraient lire !

Moi, Malala, Malala Yousafzai et Patricia McCormick

Malala est née en 1997 dans un Pakistan en paix. Son père, auquel elle tient énormément et qui est son modèle, est le directeur d’une école qui comptera jusqu’à 800 élèves. Du coup, Malala et ses deux frères ont la chance de vivre dans un contexte plutôt privilégié dans ce pays : ils possèdent un poste de télévision et, surtout, leurs parents tiennent à leur donner la meilleure éducation possible, même à Malala qui est une fille.

En effet, la fille se rend compte très vite d’une chose. Dans le pays qu’elle adore, les femmes ne sont pas les égales des hommes. Elles doivent bien souvent arrêter leurs études très jeunes et rester quasi illettrées, comme sa mère, pour s’occuper de la maison et des enfants, cachées derrière des niqabs ou des burqas en présence des hommes. Dès l’enfance, Malala se révolte contre ce qu’elle juge une atteinte à la liberté. A l’école, elle s’acharne pour obtenir les meilleures notes et être la première de sa classe. Pas seulement par esprit de compétition. Surtout pour être libre de choisir son destin.

En 2005, un horrible tremblement de terre frappe le pays. Malala n’est qu’une enfant mais est fortement marquée par l’événement. D’autant plus marquée que les Talibans, des intégristes religieux, profitent de la situation de grande détresse de la population pour imposer peu à peu un règne de terreur obscurantiste sur le pays. Les actes terroristes se multiplient et la condition des femmes se dégradent de jours en jours. Début 2009, les talibans ordonnent la fermeture des écoles de filles et l’interdiction pour celles-ci de recevoir une instruction. Malala et son père sont révoltés par cette répression. La jeune fille commence à rédiger un journal sur Internet pour raconter comment elle brave l’interdit avec quelques-unes de ses amies. Dans le même temps, le New York Times vient la filmer avec son père. Le monde entier prend connaissance de la situation et du combat mené par la jeune fille. En 2011, Malala, qui a multiplié les interventions en faveur du droit à l’éducation des filles dans son pays malgré de nombreuses menaces de mort, reçoit le prix international de la jeunesse pour la paix. La jeune fille est ravie mais ne se repose pas sur ses lauriers et continue à militer en essayant de ne pas trop se soucier du danger.

Mais le 9 octobre 2012, la vie de Malala va basculer. Alors qu’elle rentre de l’école, elle est prise pour cible par un taliban qui lui tire une balle dans la tête. Deux de ses amies sont également blessées. Par miracle, les trois jeunes filles s’en sortent indemnes. Mais Malala doit être expatriée d’urgence en Angleterre pour recevoir des soins. Bientôt rejointe par sa famille, elle va devoir réapprendre à vivre, loin de son Pakistan natal…

J’ai vraiment apprécié ce livre. Plus qu’un simple témoignage, il s’agit là d’une leçon de courage et d’une leçon de vie d’une force incroyable. Pas un instant la jeune fille ne fait dans le pathos ni ne cherche à apitoyer son lecteur. Le tir et l’hospitalisation qui s’en suit – d’une sobriété remarquable – n’occupent qu’une infime partie du récit qui développe essentiellement la montée de l’intégrisme au Pakistan et avec lui la diminution des libertés accordées aux femmes. on ne peut être qu’admiratif devant la force de caractère de cette enfant très mature, qui s’est battue pour le droit à l’éducation des filles dès son plus jeune âge, qui a risqué sa vie pour cela et qui a continué à mener son combat en dépit de l’attentat terrible subi. Comme elle le dit si bien, les talibans qui ont voulu la faire taire ont au contraire réussi à faire révéler son combat au grand jour. Malala a d’ailleurs reçu le Prix Nobel de la Paix en 2013 et a créé une fondation pour venir en aide à toutes celles qui ne peuvent encore étudier dans de bonnes conditions. J’invite vraiment tous les élèves – en particulier les 3ème – à lire ce témoignage qui ne manquera pas, je l’espère, de leur faire prendre conscience de la chance de vivre dans un pays démocratique et de recevoir une éducation de qualité sans avoir à craindre pour leur vie chaque fois qu’ils se rendent au collège !

Une vie à réécrire

2 Fév

Et encore une nouveauté au CDI !

Patients, Grand Corps Malade

Grand Corps Malade, le désormais très célèbre slameur, n’a pas toujours été handicapé. Celui qui se nomme en réalité Fabien Marsaud nous raconte comment sa vie a basculé du jour au lendemain après un « bête » accident. En effet, quelques jours avant ses 20 ans, alors qu’il s’amuse au bord d’une piscine avec de amis, Fabien plonge et sa tête se cogne au fond de ladite piscine trop peu remplie. Ce jour-là, Fabien aurait pu rester au fond de l’eau. La vie en a décidé autrement.

Le jeune homme – qui se destinait à devenir professeur de sport – survit à l’accident. Mais dans quel état ! Dans le service de réanimation qui l’accueille, les pronostiques des médecins ne sont pas favorables. On dit à ses parents qu’il ne remarchera jamais. Le jeune homme, une fois hors de danger, est néanmoins transféré dans un centre de rééducation spécialisé dans les para et tétraplégies. Là-bas, il va devoir peu à peu à apprivoiser son nouveau corps affaibli et complètement repenser sa vie future.

L’ouvrage s’ouvre sur deux textes de slam « Sixième sens » et « Je dors sur mes deux oreilles » très percutants, poignants et d’une grande poésie. Ces préambules – ainsi que la quatrième de couverture – laissaient augurer une excellente prose. J’ai été déçue sur ce point. La langue est courante, très souvent parlée voire quelque fois familière. Malgré quelques formules choc très imagées telles que « Quand tu es dépendant des autres pour le moindre geste, il faut être pote avec la grande aiguille de l’horloge. La patience est un art qui s’apprend patiemment », je n’ai pas retrouvé ce qui fait la beauté des textes en vers. Dommage. De même, l’écriture peut sembler distante. Mais là, je crois qu’il ne pouvait pas en être autrement. Fabien raconte à la première personne l’histoire d’un corps qu’il ne connait plus, qui n’est plus vraiment le sien. Les sentiments sont parfois difficiles à déceler derrière les actes mais ils sont bien présents en filigrane.

Pour le fond, voilà donc un récit coup de poing, qui témoigne avec des mots simples, sans prendre de pincettes ce qui fait le quotidien des grands paralysés en centre de rééducation. Fabien nous raconte tout : du fait de devoir regarder le plafond pendant des jours, de ne pas pouvoir changer le programme de la télé et de supporter des programmes stupides toute la journée, de ne pas pouvoir « aller à la selle » tout seul… tout ce qui fait que le quotidien peut vite devenir insupportable lorsque l’on a pas d’autre choix que de rester scotcher à son lit. Ensuite, vient le temps de la découverte de ce nouveau corps, malade, qui réagit bien trop mal à ce qu’on lui demande. Et encore, Fabien, dans son malheur a de la chance. Après quelques mois au centre, on lui apprend qu’il pourra remarcher. Difficilement, avec des béquilles. Non, il ne pourra plus courir ni envisager de carrière sportive. Oui, bien sûr, cette nouvelle l’accable à un point indescriptible. Mais lui pourra remarcher. Contrairement à la majorité de ses compagnons de galère – des jeunes pour la plupart accidentés de la route – qui eux demeureront collés à leur fauteuil le restant de leurs jours. J’ai eu bien du mal à lâcher le livre (que j’ai lu quasiment d’une traite) tant j’avais envie de savoir comment l’auteur avait pu surmonter tout cela. Bien évidemment, je savais que ça se terminait plutôt bien, mais j’avais envie de connaitre les différentes étapes psychiques par lesquelles il était passé : incrédulité, espoir, abattement, espoir de nouveau… Il faut une sacrée de courage et une force de caractère hors norme pour conserver un moral d’acier dans de telles conditions et dépasser justement sa condition. Une très belle leçon de vie, à méditer !