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Un psy dans la tourmente

19 Mai

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une nouveauté polar parue au Seuil.

Les Sœurs ennemies, Jonathan Kellerman

131528_couverture_hres_0Alex Delaware, psychologue expert auprès des tribunaux, est en bien mauvaise posture. Une de ses clientes, Constance Sykes, qu’il est chargé d’évaluer dans un procès qui l’oppose à sa sœur, le menace de le tuer…

Il faut dire que dès le départ, l’affaire Sykes contre Sykes était mal partie. La cadette, Chery, hippie au grand coeur mais sans le sou, avait laissé son bébé à son aînée, Constance, médecin spécialiste plus qu’antipathique, afin de partir en tournée avec un groupe. L’absence qui ne devait pas durer plus de quelques jours s’est prolongée trois longs mois pendant lesquels Constance, en mal d’enfant, s’est attachée à la petite Rambla. Lorsque Chery vient récupérer sa fille, c’est la crise. Constance engage un procès à son encontre, cherchant à la destituer des ses droits maternels en soutenant qu’elle mène une vie dissolue et qu’elle est incapable de s’occuper de son enfant. Le docteur Delaware est appelé en tant qu’expert pour juger de la situation. Son avis penche en faveur de Chery, la mère biologique, ce qui engendre un profond sentiment de colère de la part de Constance qui jure de se venger. Jusqu’à ce que cette dernière soit retrouvée assassinée dans sa villa. La première sur la liste des suspects est bien entendu Chery. Le lieutenant Milo Sturgis, ami d’Alex Delaware, est chargé de l’enquête et est persuadé de la culpabilité de la jeune sœur. Mais le psychologue est certain que les apparences sont trompeuses. Qui des deux a raison ? Je vous laisse le découvrir…

C’est la première fois que je lis une enquête de Delaware et Sturgis. J’avais lu assez récemment Que la bête s’échappe que Jonathan Kellerman avait coécrit avec son fils Jess mais ne connaissais pas sa série de thrillers psychologiques (plus de trente livres !). Ce roman est donc pour moi une découverte et je dois bien avouer qu’elle est très bonne puisque j’ai très envie de découvrir les précédents ouvrages. On sent, dans la plume de Kellerman, toute la précision du psychologue dans la construction de chacun des personnages. Chaque profil est parfaitement soigné, nuancé. Le lecteur qui ne connait pas le couple d’enquêteur n’est pas perdu car l’auteur maîtrise à merveille l’art de la description en action ce qui permet de cerner la personnalité de chaque personnage principal très rapidement, sans lourdeur. Malgré des sujets abordés qui peuvent paraître un peu pesant, le ton reste léger, teinté d’humour, ce qui est fort appréciable.  Les rebondissements et les fausses-pistes sont multiples ce qui ne laisse pas une seconde d’ennui au lecteur. Je recommande ce thriller psychologique qui a été pour moi un très bon moment de lecture. Coup de cœur !

Sanguines

26 Jan

Je remercie chaleureusement Philémon Le Bellégard pour m’avoir fait parvenir son roman et permis de découvrir son univers.

Syndrome de Stockholm, Philémon Le Bellégard

book-1306Enstenov Khalinek, homme d’affaires multimillionnaire à la morale douteuse mais surtout très grand esthète, se prend d’une passion artistique pour le jeune Stendriëk Börgen, un peintre suédois aussi génial que torturé. Pendant dix ans, Khalinek décide de mettre tous les moyens possibles à la disposition de l’artiste afin qu’il puisse exercer son art en toute liberté.

Après toutes ces années passées à peindre quasiment nuits et jours, Börgen accepte de présenter son grand oeuvre lors d’une exposition colossale, à la hauteur de la collection qu’il a à présenter. Plus de 3200 toiles, toutes peintes en rouge, vont venir peupler la gigantesque Gallery of the Immortality du Titanium Palace de Los Angeles.

Lors de l’ouverture de l’exposition à la presse, alors que tous les professionnels contemplent, subjugués, l’oeuvre titanesque, une journaliste spécialisée dans la critique d’art ose aborder le génie pour lui poser la question qui brûle les lèvres de tous ses collègues : quelle matière a-t-il employer pour réaliser ses milliers de toiles ? Sans le savoir, Anna vient de pénétrer dans les arcanes les plus profondes de la folie humaine…

Pari réussi pour Philémon Le Bellégard qui a réussi à me kidnapper avec son thriller artistique et psychologique. Avant d’évoquer le fond, un petit mot sur le style. L’auteur parvient à mêler à merveille une écriture à la fois épurée et érudite dans des chapitres qui présentent différents styles (extraits de journaux, d’interviews, récit…). En ce qui concerne le fond, ce premier roman comporte tous les ingrédients nécessaires pour convaincre le lecteur de parcourir un chemin aussi pervers et cruel soit-il. Certes, ce livre ne conviendra sans doute pas aux âmes sensibles. Mais si, comme moi, vous êtes amateurs de manipulation, de folie et d’hémoglobine, alors vous serez sans nul doute conquis. Outre tout l’aspect psychologique et notamment la détention de la journaliste qui finira par se prendre de sentiments pour son teneur d’otage – frappée donc du fameux syndrome de Stockholm – toute la réflexion sur l’art et la morale est extrêmement intéressante. Jusqu’où l’artiste peut-il aller au nom de l’art ? Je vous laisse vous faire votre propre opinion en compagnie de ce roman coup de cœur que vous pourrez vous procurer ici en version numérique ou papier.

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.

Coup double

23 Oct

Vous l’aurez sans doute remarqué, je suis dans une période thriller en ce moment.

Am Stram Gram, M.J. Arlidge

51xfkee8kgl-_sx195_L’inspecteur Helen Grace se voit confier une affaire peu banale. Une toute jeune femme vient d’être retrouvée quasiment morte de faim, les vêtements en lambeaux, puant les excréments et affirmant avoir tué son petit ami d’un coup de revolver. Elle dit y avoir été contrainte après qu’une femme les a laissés sans nourriture dans un endroit clos et totalement isolé plusieurs jours. Avec pour seule compagnie une arme à feu et une terrible règle du jeu : le détenu qui tuera le premier ressortira libre.

Quelques jours plus tard, un autre survivant est retrouvé. Il vient de passer les pires jours de sa vie et ceux qui s’apprêtent à suivre ne seront pas meilleurs, hanté qu’il est par le meurtre de son collègue. Une série semble donc se former et Helen va devoir sérieusement se creuser les méninges pour comprendre à quel jeu joue la meurtrière. Aucun lien apparent entre les victimes. Aucun mobile. Rien à se mettre sous la dent si ce n’est un nouveau meurtre. Mais bientôt, l’inspecteur va comprendre que les survivants détiennent sans doute la solution à ce mystère. La traque va alors pouvoir commencer. Une chasse à la meurtrière qui pourrait bien réveiller de terribles souvenirs…

Pour tout vous dire, j’ai littéralement été bluffée par ce polar qui met en scène une machine terriblement bien huilée. Déjà, chose extrêmement rare, le tueur en série est ici une femme. Ensuite, elle ne tue pas directement ses victimes mais les laisse s’entre-tuer et « décider » ainsi de qui doit rester en vie. Honnêtement, en matière de perversité, Arlidge assure. Et on confiant l’enquête à une femme qui emploie un homme pour entretenir des relations masochistes (elle qui passe son temps à régenter d’une main de fer son service aime étrangement qu’on lui fasse très mal dans l’intimité), l’auteur place la barre du vice assez haut ! Et encore, je ne peux décemment pas vous révéler le pire de l’affaire ! Il vous faudra vous laisser prendre au piège de ce polar infernal pour découvrir tout ce que l’humain peut receler de plus sombre en lui. Et croyez-moi, ce n’est pas joli joli ! Je vous laisse donc plonger dans les entrailles du mal en lisant ce roman diaboliquement haletant (le style est vraiment soigné, et moi qui apprécie les chapitres courts, j’ai été ravie : 5 pages pour les plus longs). Un vrai coup de cœur !

Apparences

15 Oct

Désolée de vous avoir laissés plusieurs jours sans nouvelle, mais je viens encore de m’atteler à un pavé. 600 pages de plus au compteur ! Mais quand on aime, on ne compte pas !

Tout pour plaire, Ingrid Desjours

9782266262125Déborah, une magnifique et brillante jeune femme qui ne laisse insensible aucun regard masculin et féminin, est mariée à David, un séducteur hors-pair, macho prétentieux et colérique, qui fait fortune en prodiguant ses conseils pour « serrer » les femmes à coup sûr. Alors qu’ils semblent tous deux former le couple parfait, leur voisine s’inquiète pour Déborah. En effet, outre les cris issus de nombreuses disputes qui se font entendre de plus en plus fréquemment la jeune femme présente de nombreuses marques sur les bras, laissant songer qu’elle est battue et sous l’influence d’un pervers narcissique bien qu’elle nie en bloc les soupçons de violences et affirme aimer son mari plus que tout.

Dans ce contexte de vie de couple tendu, le petit frère de David, Nicolas fait irruption dans leur foyer accompagné de sa fillette de 4 ans, Emma. Nicolas est paniqué. Voilà plusieurs jours que Laura, sa femme, a disparu sans laisser de traces. Pire, il est soupçonné de l’avoir fait disparaître. Il faut dire que son passif de junkie ne plaide pas en sa faveur… Alors que David ne veut absolument pas de son frère chez lui – il lui voue une haine intense et ne l’a pas vu depuis 5 ans -, Déborah insiste pour qu’il reste afin de prendre soin d’Emma qui se retrouve sans maman et avec un père soupçonné de meurtre. Mais la fillette ne semble ne pas être la seule motivation de la jeune femme. Nicolas se révèle en effet encore plus séduisant que son frère… Une cohabitation dangereuse va alors commencer…

Je ne connaissais pas du tout l’auteure, psychologue spécialisée en sexo-criminalité, consultante et scénariste de plusieurs séries pour la télévision française et qui n’en est manifestement pas à son coup d’essai en matière de roman. J’ai donc entamé ma lecture sans a priori, curieuse de découvrir l’univers de cette romancière. Je n’ai pas été déçue et c’est le moins que je puisse dire. Ce thriller psychologique m’a tenue en haleine du début à la fin. Tous les fils sont inextricablement mêlés, aucun détail n’est laissé au hasard. Sans rien dévoiler de l’intrigue, aucun des personnages n’est vraiment ce qu’il fait voir de lui. Dans ce roman, tout n’est qu’apparences et manipulation. L’auteure parvient à savamment suggérer les choses de manière à entraîner le lecteur dans son jeu. Et si j’avoue avoir eu des doutes quant à l’identité du coupable assez rapidement – sans pourtant détenir le mobile -, cela n’a en rien gâché mon plaisir d’observer le tissage complexe de cette toile d’araignée. Un vrai travail d’orfèvre auquel s’ajoute une plume fluide. Les personnages sont tous très travaillés, notamment celui du commandant Sacha Mendel, chargé de l’enquête concernant la disparition de Laura. Une enquête qui va lui demander un bien plus grand investissement qu’il ne l’aurait pensé. Coup de cœur ! A savoir, ce roman est en cours d’adaptation par Arte pour devenir une série TV. J’ai hâte de voir ça !

 

Théorie du complot

3 Oct

Retour au thriller avec un vieux Chattam qui traînait dans ma bibliothèque depuis un moment.

Les arcanes du chaos, Maxime Chattam

1507-1Yael est une jeune femme de 27 ans sans histoire qui travaille chez un taxidermiste. Bien que son métier ne la passionne pas réellement, il lui permet de gagner sa vie sans trop se poser de questions. Toutefois, depuis quelques temps, des phénomènes étranges se produisent dans l’appartement de la jeune célibataire. Les miroirs renvoient des ombres étranges. Pire, l’ordinateur se met en route tout seul et envoie des messages codés à Yael. Affolée, cette dernière va tenter de percer le mystère et de trouver une explication rationnelle à ces apparitions paranormales, entraînant avec elle un jeune journaliste indépendant qu’elle vient de rencontrer. Bientôt, elle va s’apercevoir que tous ses faits et gestes sont observés et que de dangereux tueurs sont à sa poursuite…

Pour ce qui est du fond, rien à dire. On se laisse embarquer avec plaisir avec Yael dans un monde où l’intimité a perdu tout son sens, où tout et tout le monde est placé sous contrôle informatique, un univers quadrillé par l’électronique que les magnats de la finance manipulent à leur guise pour satisfaire leurs intérêts. On plonge même avec délices au cœur de la théorie du complot international et nous nous laissons gagner par une douce paranoïa au fur et à mesure que l’intrigue progresse, nous entraînant sur la piste du véritable assassin de JFK et sur une toute autre vision des attentats du 11 septembre que celle que les médias ont bien voulu nous donner. Franchement, une fois le pacte de lecture accepté, on se laisse vraiment prendre au jeu et on ne s’ennuie pas une seconde dans ce roman qui enchaîne les rebondissements. Par contre, pour ne rien vous cacher, j’ai été déçue au niveau de la forme. Formules toutes faites, lieux communs, lourdeurs stylistiques viennent, selon moi, perturber la fluidité de l’intrigue. Chattam gagnerait à alléger son écriture. Et à limiter ses références perpétuelles au diable et autres forces du mal sorties des ténèbres quand elles ne viennent pas servir directement l’histoire. Enfin, ce n’est que mon avis et j’ai tout de même passé un moment divertissant.

Coup double

3 Mai

Je remercie Alexandra de France Loisirs pour sa confiance et m’avoir fait découvrir ce nouvel auteur.

Je reviendrai sur tes pas, Liam McAllister

je-reviendrai-sur-tes-pasA Londres, une série de meurtres sans lien apparent les uns avec les autres, si ce n’est le mode opératoire, laisse à penser qu’un dangereux tueur en série rôde dans les parages. Comment l’auteur de ces horreurs choisit-il ses victimes et pourquoi réalise-t-il de telles mises en scène ? Voilà les questions auxquelles devront répondre l’inspecteur Martin Peterson et sa jeune collaboratrice Kate Mulligan s’ils veulent mettre un terme à cette suite macabre. Mais entre le flic expérimenté et fort en gueule et sa mystérieuse collègue, les débuts sont un peu compliqués, ce qui ne va pas aider l’enquête.

Difficile d’évoquer l’intrigue d’un thriller sans en révéler plus qu’il n’en faut et vendre la mèche, voilà pourquoi j’arrête ici mon résumé. Très bonne surprise que ce roman pour l’amatrice du genre que je suis. Je l’ai littéralement dévoré ! Il faut dire que dès la première page, Liam McAllister nous plonge au cœur du suspens en mettant en scène un premier meurtre en direct (qui se révélera être le troisième en fait). Dès lors, nous connaissons le criminel et son mode opératoire et sommes en cela en avance sur les enquêteurs. Mais bientôt, les pistes vont s’emmêler et le véritable psychopathe n’est peut-être pas celui que l’on pense (ça aussi, le lecteur le découvrira bien avant Martin et Kate). Toutefois, ce n’est pas pour autant que nous sommes au courant de tous les tenants et aboutissants de l’enquête. Loin de là. Et c’est ici que l’auteur possède un réel art de la narration. Cette narration interne qui alterne entre tous les protagonistes et qui finit par réaliser un kaléidoscope narratif qui ne nous laisse apparaître que quelques parcelles de la solution sans nous la révéler dans son ensemble. A nous comme aux enquêteurs de tenter de reformer le puzzle afin de comprendre les vraies motivations du coupable. Et plus l’intrigue progressent, plus les fils s’emmêlent, formant un tissu complexe qui va toucher de près, voire de très près un personnage auquel nous nous sommes attachés. Vous l’aurez compris, je ne me suis pas ennuyée une seconde en lisant ce polar psychologique et tout laisse à croire que nous pourrions retrouver notre couple d’enquêteurs dans d’autres livres car leur relation demanderait à être développée. Auteur à suivre donc… Coup de cœur !

Vice versa

28 Fév

Un petit nouveau aux éditions Syros.

Transfert, Rémi Stefani

couv-transfertVictor Demer, jeune polytechnicien, fils d’un négociant en fruits et légumes, est sur le point de faire le grand saut. Dans quelques instants, il va se jeter pour la première fois dans le vide pour un baptême de parachute. Hélas pour lui, la toile ne s’ouvre pas…

Pendant ce temps, Valentin Descoudras se réveille à l’hôpital. Il vient de miraculeusement revenir à lui à la suite d’un terrible accident de voiture dans lequel il a laissé une jambe.Problème, il ne se souvient de rien. Ni de l’accident, ni de toute sa vie d’avant. Même pas de ceux qui affirment être ses parents. Autre chose étrange, alors qu’apparemment il était un élève médiocre, il devient subitement excellent. Quelques temps plus tard, surgissent de folles interrogations : et s’il n’était pas le véritable Valentin Descoudras ? Et si son esprit antérieur avait été remplacé par l’esprit d’un autre pendant qu’il était dans le coma ?

Dès le premier chapitre, Rémi Stefani nous plonge dans un suspens haletant qui ne nous quittera plus jusqu’à la fin du livre. Si le point de départ est quelque peu fantaisiste – le transfert d’un esprit à un autre de deux graves accidentés devenus amnésiques – le lecteur se prend très vite au jeu. A la fois traité à la manière d’un thriller avec la présence du détective Vital Mistraki et d’un roman d’aventures avec une seconde partie ancrée en Afrique, ce texte bourré d’humour se dévore à toute vitesse. On s’amuse à la fois des conséquences et problèmes inattendus provoqués par ce transfert de personnalités qui nous permettent également de remettre en question le regard que nous portons sur notre propre vie. Et si nous étions nés dans une autre famille, dans un autre milieu social, un autre pays, quelle aurait été notre vie ? Sommes-nous destinés à une vie toute tracée ou avons-nous le choix de la modifier et la modeler à volonté ? Voilà les interrogations que posent ce roman d’apprentissage également puisque les deux jeunes hommes vont devoir repartir de zéro après leur amnésie pour construire leur vie d’adulte avec les nouveaux paramètres qui seront les leurs.

 

Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air

7 Jan

C’est la rentrée ! On reprend les lectures en lien avec le CDI !

Décollage immédiat, Fabien Clavel

Lana Blum est une jeune lycéenne mal dans sa peau. Ses parents sont divorcés, sa mère – hôtesse de l’air – est très souvent absente. Le seul moyen de se faire remarquer est de rendre la vie de ses profs et de ses camarades infernale. Mais sa vie va basculer le jour où elle reçoit un coup de fil paniqué de sa mère qui lui dit de s’enfuir au plus vite de chez elle. A peine a-t-elle le temps de lui demander où elle se trouve que la ligne est coupée et qu’un homme fait irruption dans l’appartement…

A partir de là, une course poursuite à travers l’Europe va s’amorcer. Lana, aidée par Creep, un bel ado haker (vague connaissance de la mère), va tenter de percer le mystère qui entoure la disparition de sa maman tout en essayant d’échapper à ses dangereux poursuivants…

Je n’ai pas du tout, mais alors du tout accroché à ce thriller totalement improbable et plat. Rien n’est plausible là-dedans : la fille qui se fait passer pour la mère comme hôtesse, le fait qu’elle connaisse le numéro de carte bleue par coeur, que deux ados parviennent à acheter plusieurs billets d’avion au même moment à des tarifs exorbitants et qu’ils parviennent à échapper à un tueur professionnel… j’en passe et des meilleures ! Pourtant, quelque chose me dit que les collégiens apprécieront sans doute ce livre qui va à cent à l’heure et qui mêle action et suspens sur fond de romance. Sans doute suis-je une trop grande adepte du genre et donc très exigeante en la matière pour apprécier un texte aussi simpliste et peu crédible !

Le cimetière des poupées

13 Déc

Petit thriller récupéré chez mon bouquiniste préféré.

Birdman, Mo Hayder

A quelques pas du Dôme du Millénaire, dans un terrain vague de la banlieue de Londres, une pelleteuse met à jour un horrible charnier. Cinq corps de jeunes femmes affreusement mutilées sont retrouvés. L’inspecteur Jack Caffery, fraîchement nommé au poste du Service régional des affaires sensibles, est chargé du dossier. L’hypothèse d’un dangereux tueur en série ne met pas longtemps à naître dans son esprit. Toutes les victimes ont été tailladées puis recousues avec un oiseau enfermé vivant dans leur cage thoracique. Toutes aussi se droguaient, n’avaient plus d’attaches familiales et fréquentaient le même bar.

Alors que Caffery dirige ses soupçons vers les membres de l’hôpital le plus proche en raison des sutures réalisées sur les corps, un de ses collègues, complètement raciste, est persuadé que c’est un jeune black  – dealer et taxi pour les filles du bar – qui a fait le coup. Notre jeune inspecteur a bien du mal à imposer son autorité et l’enquête piétine. Dans le même temps, il doit faire face à des difficultés personnelles : il ne supporte plus celle qui partage sa vie mais ne sait comment le lui avouer. En outre, la promiscuité avec son voisin le rend malade. Il est en effet persuadé que ce dernier a assassiné son frère lorsqu’ils étaient enfants et cherche le moindre indice qui pourrait le prouver…

J’ai mis un peu de temps à rentrer dans ce roman. Sans doute en raison du nombre important de personnages et de la multiplication des intrigues mêlée à une narration décousue. Mais une fois le premier tiers passé, je me suis vraiment prise à cette lecture haletante. Mo Hayder a l’art de mettre en scène des univers cauchemardesques et de renouveler le suspens jusqu’aux toutes dernières pages (cf : Skin). J’ai apprécié le fait que l’auteur présente une équipe de flics humaine, avec ses failles, ses tensions et ses échecs. Pas de super-inspecteur ici qui comprend tout en examinant le cheveu d’une victime. Au contraire, le lecteur est souvent en avance sur les enquêteurs grâce au jeu de la narration (celle-là même qui me déplaisait au départ ! ). Cela ajoute à l’intérêt et au suspens je trouve puisque j’en arrivais à m’énerver des bourdes commises, sachant très bien qu’il y aurait des victimes supplémentaires ! Alors que je rechignais à la lecture les cent premières pages, je ne pouvais plus m’arrêter de lire ensuite ! J’ai donc bien fait de persévérer.