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Le grand secret

26 Avr

C’est avec grand plaisir que je vous présente aujourd’hui ce deuxième tome des Chroniques d’Ataraxia que j’attendais impatiemment depuis ma lecture du premier, L’Odyssée d’Amos. Je remercie donc chaleureusement les éditions Tohu Bohu et Thierry Maugenest pour m’avoir fait parvenir cette suite dédicacée.

La forteresse du Tehama – Chroniques d’Ataraxia, Tome 2, Thierry Maugenest

couv-ataraxia-t2-la-forteresse-de-tehamaDans ce deuxième tome, nous retrouvons la farouche Ezéa d’Eraan et son compagnon Amos de Slima. Si ce dernier s’est remis de son combat contre Naxès, trois ans plus tôt, il reste néanmoins méfiant. Il appréhende en effet continuellement de perdre celle qu’il aime tant. Bientôt néanmoins, il devra accepter de laisser Ezéa se réaliser dans sa quête d’absolu. La jeune femme souhaite trouver des personnes qui, selon la légende, auraient des pouvoirs mentaux fabuleux qui pourraient l’aider à développer au mieux ses capacités. Elle ne se doute pas que le vieil archiviste Lœnim de Laan et son disciple Ysmäl de Kelm sont également à la recherche de la légendaire forteresse qui protégerait l’un des plus grand secrets d’Ataraxia.

Ce deuxième tome n’a rien à envier au premier. Quelques rappels à l’aventure initiale nous permettent de nous renouer contact facilement avec l’univers ataraxien. Les descriptions de la planète sont toujours extrêmement détaillées ce qui nous plonge aisément dans l’atmosphère de cette société utopiste. Au-delà de l’intrigue, de cette quête existentielle qui pousse chacun des personnages à se dépasser pour se réaliser pleinement, nous pouvons faire une lecture spirituelle de ce roman qui vient proposer une réflexion sur l’être humain, sur ce qui est essentiel ou non à son existence, sur les valeurs de respect d’autrui, d’accueil, du voyage comme apprentissage, du renoncement à la possession matérielle et de liberté. Et dans notre époque où tout va toujours plus vite, où le matérialisme règne, il est bon de se rappeler ce qui fait notre essence, de prendre le temps de se recentrer sur ce qui est vraiment important et prendre pleinement conscience de l’instant présent. Un grand coup de cœur ! Et toujours magnifiquement illustré, dans une très belle édition.

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Voyage initiatique

3 Juil

Voilà un moment que je désirais lire cet auteur dont tout le monde parle et dont un des romans traînait dans ma PAL. J’ai enfin trouvé le temps de le faire ! 

L’homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle

41ndrvxq4bl-_sx303_bo1204203200_Julian, enseignant, est en vacances dans le petit paradis terrestre qu’est Bali.Quelques jours avant son retour en France, il décide de consulter un célèbre guérisseur, maître Samtyang. Notre narrateur ne souffre d’aucun maux spécifique si ce n’est qu’il ne se sent pas heureux dans sa vie. Comment accéder au bonheur ? C’est ce que Samtyang va tenter de lui faire découvrir au cours de leurs quelques entrevues. Dès lors, le voyage touristique de Julian va se transformer en une quête de soi passionnante, déroutante, mais très enrichissante.

Ce court roman de Gounelle fait presque office de petit traité de philosophie du bonheur. Il permettra en effet à ses lecteurs d’ouvrir les yeux sur leur propre existence et peut-être de modifier leur comportement et leur regard sur la vie pour accéder à une existence bien plus proche de celle dont ils peuvent rêver. Le vieux sage balinais – sartrien dans l’âme – nous apprendra que la vie est faite de choix, qu’absolument toutes les situations s’y prêtent et que ce sont ces choix qui impacteront notre existence. De même, le regard que l’on choisit de porter sur le monde, nos croyances même, peuvent induire la modification et la modélisation  de notre environnement à l’image de ce que l’on peut souhaiter. Notre comportement, nos attitudes influencent l’attitude des autres à notre égard. En bref, chaque être, s’il le décide au plus profond de lui même, s’il est intimement convaincu de pouvoir réaliser son projet quelques choix difficiles cela puisse lui en coûter peut réussir à vivre ses rêves. Personnellement, j’ai toujours été convaincue par cette théorie et je pense que c’est ce qui m’a sauvée dans les moments les plus critiques de ma vie. Alors si vous aussi voulez vous ouvrir à ce mode de pensée, si vous aussi voulez prendre le risque d’apprendre à vous connaître pour réaliser vos rêves les plus profonds, n’hésitez pas, lisez ce livre rapidement et partez comme Julian dans une quête spirituelle passionnante ! Coup de cœur !

En pleine crise

15 Mar

Je renouvelle mes remerciements aux éditions Le Muscadier pour l’envoi de ce livre.

Du sable entre tes doigts, Patrice Favaro

En l’espace de quelques semaines à peine, la vie de Jordan, 13 ans, a été complètement bouleversée. Son père a contracté des mois auparavant, sans vraiment savoir de quoi il en retournait, un emprunt dit « toxique » pour financer les travaux de sa maison à Cleveland. Du jour au lendemain, il a abandonné sa femme et son fils. Bientôt, les taux des intérêts ont explosé et la famille – comme des milliers d’américains asphyxiés par la crise des subprimes –  ne pouvant plus rembourser son crédit immobilier, a fini par se faire expulser. Jordan et sa mère en sont réduits à vivre dans leur voiture, un van Dodge Caravan dans lequel ils ont entreposé les souvenirs de leur ancienne vie et les éléments indispensables à leur survie. Un jour, la mère de Jordan décide de quitter Cleveland sur un coup de tête. Direction Buffalo. Sur la route, l’adolescent va faire la rencontre de personnages hauts en couleur qui vont lui permettre de mieux comprendre pourquoi sa vie a basculé ainsi.

Patrice Favaro (Une frontière, à découvrir ici) signe à nouveau un roman ancré dans son temps qui permettra au jeune public de mieux comprendre un sujet de société dont il entend parler tous les jours dans les journaux : la crise économique et plus précisément la fameuse crise des subprimes américaine. L’auteur parvient à faire montre d’une grande pédagogie pour expliquer de manière claire ce problème financier assez complexe sans tomber dans la caricature du cours d’économie. Par le truchement du jeune Jordan, il donne surtout à voir comment la crise a frappé des milliers de familles américaines, et les conséquences, pas seulement économiques et sociales, mais familiales et sentimentales qu’elle a provoquées.

J’ai vraiment apprécié ce court roman traité à la façon d’un road-movie, dans lequel on retrouve tous les bons ingrédients du récit de formation (voyage initiatique, rencontre de figures parentales, quête du père et de soi, premiers émois…). La référence à la crise économique de 1929 et aux Raisins de la colère de Steinbeck est également très bien sentie. La fin du roman reste ouverte et comme dans Une frontière laisse l’espoir d’une construction d’un monde meilleur grâce aux enfants. Je recommande ce livre dès 9-10 ans pour les bons lecteurs qui s’interrogent sur les questions d’actualité.