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En voiture, Simone !

9 Avr

Je suis sûre et certaine que, comme moi, vous les attendiez impatiemment… Les revoilà, les revoilou… Mais qui donc me direz-vous ? Mais les Lutins Urbains évidemment !

Le péril Groumf – Les Lutins Urbains – Tome 4, Renaud Marhic

le-peril-groumf-les-lutins-urbains-tome-4-191x300Gustave Flicman, notre jeune policier qui a été débauché du commissariat de quartier Adinike par le ministère pour assurer la sécurité du Président, n’est pas au bout de ses peines. En effet, alors qu’il visitait la Grosse Cité en compagnie de son père, le Pacha Directeur Général du Pépettochistan, le jeune pacha-héritié s’est fait dévalisé. Seul témoin de la scène, notre brave ami… Et ce qu’il a vu n’est pas joli, joli… Le coupable ne serait autre que le célèbre Yéti… Impossible me direz-vous ? Pas si sûr que cela… Une chose est certaine, c’est que Gustave n’est pas prêt de souffler. Le Pacha menace de déclencher la 3ème guerre mondiale si le jouet préféré de son fiston n’est pas retrouvé fissa. Et quand on sait que le voleur a quitté la ville accompagné du Troll, c’est la cata ! Prenant son courage a deux mains, secondé par ses amis les Lutins Urbains, Gustave va mettre les voiles pour une aventure hors du commun…

Une fois de plus, c’est avec plaisir que je participe à l’opération du Livre voyageur organisée par Renaud Marhic, alias le Petit Reporter de l’Imaginaire. Depuis le départ, j’ai le plaisir de suivre l’aventure de ces lutins facétieux et le plaisir est sans cesse renouvelé. On retrouve, dans ce quatrième opus, tout ce qui fait le style et le charme de l’écriture de l’auteur : les rimes, l’utilisation d’un vocabulaire varié, riche en synonymes et périphrases – ce qui est très appréciable pour la professeure de lettres que je suis -, les interpellations du narrateur avec les fameux petits « Psiiiiit ! », marque de fabrique inimitable et surtout, surtout, l’humour décapant, omniprésent. Cette fois-ci, nos amis nous entraînent dans un voyage totalement hallucinant et abracadabrantesque. Si vous avez des enfants entre 10 et 12 ans qui aiment les histoires farfelues, ce livre est fait pour eux. Pas de panique s’ils n’ont pas lu les premiers tomes ! L’histoire se lit indépendamment des précédents romans. Et si vous voyez qu’ils en sont friands, n’hésitez pas à vous procurer les premiers tomes, ils étaient excellents (à découvrir ici).

Et encore un grand merci à Renaud Marhic, un auteur d’une extrême sympathie et aux Editions P’tit Louis.

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Preuve que le livre a bien voyagé… De la Bretagne à la Bourgogne ! Demain, il retourne au bercail !

Drôlerie funeste

10 Sep

Et dire que j’ai acheté ce livre dans une église…

Petits suicides entre amis, Arto Paasilinna

1540-1Le président d’une société en faillite a décidé de se donner la mort. Pour cela, il décide de se rendre dans une grange à l’abri des regards. Malheureusement pour lui, un colonel a eu le même projet. Le président sauve le pauvre homme de la pendaison. Devant remettre leurs funestes projets à plus tard, les deux suicidaires sympathisent et décident de rassembler d’autres désespérés. Pour ce faire, ils postent une petite annonce dans un journal. Qu’elle n’est pas leur surprise en recevant quelques jours plus tard des centaines de lettres de personnes n’ayant plus goût à la vie ! Les deux compères invitent alors leurs correspondants à se réunir afin de mettre au point un suicide collectif. Débute alors à bord d’un car de tourisme grand luxe un voyage totalement loufoque de la Finlande à la Norvège en passant par l’Allemagne, la France, la Suisse et le Portugal.

Sans mauvais jeu de mots, ce livre est tout simplement à mourir de rire ! Les aventures rocambolesques de ce groupe de suicidaires pas anonymes à travers l’Europe est tout bonnement désopilant. L’humour présent à chaque page fait de ce road-trip hors du commun un véritable moment de plaisir livresque. Le tout est vraiment très bien rédigé et offre une réflexion non seulement sur la société finlandaise et sur le suicide mais sur la vie en général. Inutile d’en dire plus. Véritable coup de cœur ! Hâte de découvrir d’autres romans de cet auteur ! Je vous laisse avec un extrait :

« Une fois le commissaire et le liquidateur de faillite partis, le président Rellonen monta sur la table de la terrasse afin de mieux se faire entendre. Il prononça une violente diatribe, s’en prenant aux représentant de la loi qui venaient de leur rendre visite, et se plaignit d’avoir justement dû se battre, tout au long de sa carrière, contre de tels pillards bureaucratiques. Rien d’étonnant à ce qu’il ait été poussé plusieurs fois au suicide. L’auditoire opina du bonnet. « Mais ne laissons pas ce déplorable incident gâcher une journée si bien commencée », conclut l’homme d’affaires en levant son gobelet en carton où pétillait du champagne frais. « Buvons à la santé des plus exquis suicides ! » Les désespérés sablèrent le champagne toute la journée. Quand les premières réserves furent épuisées, Korpela et Lismanki prirent l’autocar pour aller se réapprovisionner à Lammi. « On a bien failli finir dans l’fossé », se vanta Uula au retour. le colonel Kemppainen mit ses troupes en garde contre l’abus d’alcool. On y risquait sa santé, les reins et le foie ne supportaient pas l’excès de boisson. Les suicidaires firent remarquer aux prêcheurs qu’une éventuelle cirrhose était le cadet de leur souci, vu qu’ils avaient de toute façon un pied dans la tombe. Kemppainen ne trouva rien à répliquer ».

 

Meurtres en terres mongoles

3 Nov

Je remercie vivement mes parents pour m’avoir prêté ce livre.

Yeruldelgger, Ian Manook

Le commissaire Yeruldelgger doit se rendre dans la steppe à plusieurs heures de route d’Oulan-Bator. Le corps d’une petite fille vient d’être découvert par des nomades. Secoué par ce drame qui semble faire écho à son passé, Yeruldelgger promet de s’occuper personnellement de l’affaire et ramène le corps avec lui. A son retour à la capitale, il retrouve son équipe sur les lieux d’un horrible crime. Trois chinois ont été sauvagement assassiné, horriblement mutilés, des étoiles gravées à la lame de rasoir sur la peau. Le lendemain, deux femmes sont retrouvées pendues, les parties génitales des chinois fourrées dans la bouche.

Entre ces meurtres sordides et l’affaire de la fillette, Yeruldelgger devra aussi faire face à ses démons et affronter son supérieur hiérarchique, un jeune arriviste qui passe son temps à lui mettre des bâtons dans les roues. Bientôt, ses recherches vont le lancer sur la piste d’un groupuscule néo-nazi. Mais au-delà de fous furieux nationalistes, notre commissaire pourrait mettre le doigt sur une organisation bien plus importante et qui lui feront remonter des pistes aussi vastes que celles traversant les terres sauvages de Mongolie.

Voilà un polar qui sort des sentiers battus. Dès le départ, le dépaysement est effectivement de mise avec de sublimes descriptions de la steppe mongole. Pour son premier roman, Ian Manook fait preuve d’un don particulier pour la description en parvenant à faire voyager son lecteur dans un univers fort peu connu. Le travail de documentation sur les coutumes mongoles est remarquable. Si les intrigues s’entremêlent de façon complexe, le lecteur n’est cependant jamais perdu et tout finit par se recouper de façon logique. En ce qui concerne le personnage principal, Ian Manook exploite à fond des ficelles du genre qui ont fait leurs preuves avec son commissaire ancien héros, ravagé par une terrible histoire personnelle. Yeruldelgger va être poussé dans ses plus profonds retranchements au cours de son enquête, mais ce sont justement ces failles qui lui permettront de résoudre les crimes et de renouer avec ses racines. Quant au rythme – car on pourrait prendre peur de l’épaisseur du livre : plus de 600 pages tout de même ! -, il est vraiment palpitant, notamment grâce aux très courts chapitres et aux nombreux rebondissements qui alternent avec les magnifiques descriptions qui viennent jouer un grand rôle dans l’intrigue.

J’ai vraiment pris plaisir à lire ce roman qui a réussi l’exploit de me faire voyager très loin. J’attends une suite !