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Under Control

9 Sep

Quoi de mieux pour bien aborder cette rentrée qu’un bon roman jeunesse ? Et si je vous dis que c’est le dernier opus d’Yves Grevet paru chez Syros, il vous sera impossible d’y résister !

Le GRUPP, Yves Grevet

9782748524062Dans un futur pas si éloigné, l’espérance de vie s’est considérablement allongée grâce à l’implant Long Life. Cette multinationale, qui a mis au point un système très pointu de surveillance, protège la population à tous les niveaux. Cependant, une organisation secrète d’adolescents tente de contourner le système pour s’offrir quelques moments de totale liberté.

Stan et Scott sont frères. Leur vie paisible entouré de leurs parents va basculer le jour où Scott va être envoyé en prison. Stan apprend alors la vérité sur son frère : il était un des leader du Grupp. Aussi intrigué qu’en colère contre son aîné qui lui a caché cette partie de sa vie, il va chercher à en savoir plus sur la société clandestine à laquelle appartenait son frère. Ce qui, au début, est presque un jeu pour lui, va bien vite se révéler bien plus dangereux qu’il n’y paraît…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce roman jeunesse est vraiment génial. Il allie, en effet, savamment action et réflexions sociétale et philosophique. Dès le départ, on se prend d’affection pour les personnages principaux, auxquels les adolescents à qui est destiné le livre n’auront nulle difficulté à s’identifier. L’auteur parvient très bien à rendre compte des bouleversements internes (corporels, émotionnels) liés à cette période charnière de la vie, ainsi qu’à l’évolution progressive qui va s’opérer en eux, ce qui en fait un très bon roman de formation. Outre cet aspect, ce récit est un excellent roman d’espionnage qui sait parfaitement jouer sur le suspens. Jusqu’au bout, la tension est à son comble et le danger omniprésent pour les personnages. Enfin, et c’est l’aspect que j’ai le plus apprécié, la question de l’hypervigilance, de la surprotection de la population est abordée avec beaucoup d’intelligence. Les avancées technologiques sont-elles vraiment bénéfiques ? Le contrôle, sous prétexte de préserver la vie le plus longtemps possible, favorise-t-il le bonheur ou n’est-il pas un immense frein à nos libertés les plus élémentaires ? Accepter de prendre des risques n’est-il pas une façon de se sentir plus vivant ? Ce sont à ces interrogations que se verront confrontés les jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Vous aimez l’action, l’aventure mais aussi la réflexion, ce livre est fait pour vous ! Gros coup de cœur jeunesse pour cette rentrée littéraire.

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Incompréhension

29 Juin

C’est avec un très grand plaisir que je vous invite à découvrir les nouveautés de la collection « Rester Vivant » des éditions Le Muscadier. Voici un court roman, premier d’une série de quatre ouvrages que je vous présenterai dans les semaines à venir.

Faits d’hiver, Cathy Ribeiro

9791090685949-165x250Elie a perdu sa femme Marcelle. Depuis, il attend que son tour vienne auprès de son vieux chien Andy. Le vieil homme n’a plus guère goût à la vie. Il passe son temps à se remémorer le passé en compagnie de celle qui partageait son existence depuis toujours ou presque.

Deux gamins du Nord débarquent dans un petit village avec leur mère et leurs petits frères et sœurs. Les nouveaux venus ont du mal à se faire accepter dans la petite commune. Les adolescents ne trouvent pas leur place au sein d’une communauté vieillissante. Leur mère n’a aucune ressource. Alors, lorsqu’un jour ils découvrent une remise pleine de bois, ils décident d’en prendre un peu, de temps en temps, pour chauffer la maison. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que ce bois appartient à Elie et que le vieil homme se doute que quelque chose ne tourne pas rond…

Voilà un court roman touchant que signe Cathy Ribeiro, qui met en scène non seulement les difficultés qui touchent les classes sociales défavorisées en France, poussant des enfants à vivre de larcins en tout genres, mais aussi l’incompréhension qui semble parfois immense entre les différentes générations. Quand le dialogue n’existe pas, difficile de faire le premier pas et d’aller vers l’autre. Pourtant, tendre la main, engager la discussion, pourrait bien souvent désamorcer des situations de crises avant qu’il ne soit trop tard. Une fois encore, le Muscadier ouvre les portes à la parole et à la réflexion aux jeunes adolescents grâce à ce court roman accessible au plus grand nombre. Cette fois, c’est la question de la tolérance et l’ouverture à l’Autre qui est en jeu. Je vous invite à découvrir cet ouvrage – qui devrait trouver sa place dans tous les CDI – avec vos enfants en attendant de vous présenter les autres nouveautés de la collection.

Ados d’Orient

11 Juin

De retour avec de la littérature jeunesse engagée et une petite maison d’édition qui me tient à cœur : Le Muscadier.

Orient Extrême, Mireille Disdero

9791090685765-165x250Ce petit ouvrage regroupe cinq nouvelles, dont deux longues et trois très courtes, fonctionnant comme des instantanés. Le point commun ? Toutes se déroulent dans l’Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge, Malaisie, Indonésie, Thaïlande) et mettent en scène de jeunes adolescents. Tous ces récits m’ont pris aux tripes. En particulier le plus long d’entre eux, intitulé : « Do you want a cup of tea ? ». Une adolescente cambodgienne est envoyée en Malaisie comme domestique. Ses parents sont persuadés d’avoir trouvé une bonne place pour leur fille. Malheureusement, elle revient quelques mois plus tard en catastrophe au domicile familial. En état de choc, la jeune fille n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses employeurs l’ont plus que maltraitée…

Si les sujets abordés sont difficiles (maltraitance, esclavage moderne, prostitution…), ils le sont de façon délicate, parfois sous-entendue, afin de ne pas heurter le jeune lectorat auquel les textes s’adressent mais de le faire réfléchir au statut des enfants dans le monde et surtout à la nécessité d’agir et de s’engager pour faire respecter les droits de tous et de construire un monde plus juste. Une fois encore, la collection « Rester Vivant » des éditions Le Muscadier propose un ouvrage jeunesse engagé, qui cherche à donner un sens à l’acte de lecture et surtout à insuffler un réaction chez les jeunes lecteurs. A mettre entre toutes les mains.

 

En voiture, Simone !

9 Avr

Je suis sûre et certaine que, comme moi, vous les attendiez impatiemment… Les revoilà, les revoilou… Mais qui donc me direz-vous ? Mais les Lutins Urbains évidemment !

Le péril Groumf – Les Lutins Urbains – Tome 4, Renaud Marhic

le-peril-groumf-les-lutins-urbains-tome-4-191x300Gustave Flicman, notre jeune policier qui a été débauché du commissariat de quartier Adinike par le ministère pour assurer la sécurité du Président, n’est pas au bout de ses peines. En effet, alors qu’il visitait la Grosse Cité en compagnie de son père, le Pacha Directeur Général du Pépettochistan, le jeune pacha-héritié s’est fait dévalisé. Seul témoin de la scène, notre brave ami… Et ce qu’il a vu n’est pas joli, joli… Le coupable ne serait autre que le célèbre Yéti… Impossible me direz-vous ? Pas si sûr que cela… Une chose est certaine, c’est que Gustave n’est pas prêt de souffler. Le Pacha menace de déclencher la 3ème guerre mondiale si le jouet préféré de son fiston n’est pas retrouvé fissa. Et quand on sait que le voleur a quitté la ville accompagné du Troll, c’est la cata ! Prenant son courage a deux mains, secondé par ses amis les Lutins Urbains, Gustave va mettre les voiles pour une aventure hors du commun…

Une fois de plus, c’est avec plaisir que je participe à l’opération du Livre voyageur organisée par Renaud Marhic, alias le Petit Reporter de l’Imaginaire. Depuis le départ, j’ai le plaisir de suivre l’aventure de ces lutins facétieux et le plaisir est sans cesse renouvelé. On retrouve, dans ce quatrième opus, tout ce qui fait le style et le charme de l’écriture de l’auteur : les rimes, l’utilisation d’un vocabulaire varié, riche en synonymes et périphrases – ce qui est très appréciable pour la professeure de lettres que je suis -, les interpellations du narrateur avec les fameux petits « Psiiiiit ! », marque de fabrique inimitable et surtout, surtout, l’humour décapant, omniprésent. Cette fois-ci, nos amis nous entraînent dans un voyage totalement hallucinant et abracadabrantesque. Si vous avez des enfants entre 10 et 12 ans qui aiment les histoires farfelues, ce livre est fait pour eux. Pas de panique s’ils n’ont pas lu les premiers tomes ! L’histoire se lit indépendamment des précédents romans. Et si vous voyez qu’ils en sont friands, n’hésitez pas à vous procurer les premiers tomes, ils étaient excellents (à découvrir ici).

Et encore un grand merci à Renaud Marhic, un auteur d’une extrême sympathie et aux Editions P’tit Louis.

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Preuve que le livre a bien voyagé… De la Bretagne à la Bourgogne ! Demain, il retourne au bercail !

Vie libre

28 Fév

Aujourd’hui, je vous présente le deuxième des quatre romans que m’ont gentiment fait parvenir les éditions du Muscadier.

Les mains dans la terre, Cathy Ytak

9791090685703_frame-165x250Mathias est un jeune homme qui a tout pour être heureux, en apparences du moins : étudiant brillant, parents très aisés qui financent ses études supérieures et lui offrent des vacances à l’autre bout du monde dans des hôtels luxueux… Cependant, Mathias ne se sent pas à sa place dans cette vie que lui ont tracée ses parents, dans cet univers superficiel où l’argent règne en maître et où tous les coups sont bons pour écraser son prochain afin de s’enrichir davantage. Lors d’un voyage au Brésil, il se rend compte à quel point il refuse de participer à accroître les inégalités en reprenant l’entreprise de son père qui profite de la crise pour générer des bénéfices records sur le dos des plus pauvres. Grâce à une statuette en terre cuite rapportée de son séjour, il va trouver le courage de s’affirmer contre la volonté de ses parents, le courage de choisir de mener sa vie comme il l’entend et d’acquérir une richesse qui ne s’acquiert avec aucune monnaie : le bonheur.

Je n’irai pas par quatre chemins : j’ai adoré ce court roman. Vraiment. Par tous les messages qu’il parvient à faire passer en cinquante pages. Ça commence par un message de tolérance et d’ouverture d’esprit. Mathias est homosexuel. Même si ce thème demeure assez sous-jacent, on sent que le personnage a dû se battre pour faire accepter cette différence à ses parents, pour imposer ce choix qui ne va pas forcément dans le sens de ce que la société juge moral ou convenu. Un message économique et politique ensuite. Avec une critique du système capitaliste où des patrons richissimes sont prêts à tout pour étendre leur fortune et n’hésitent pas à piétiner ceux qui n’ont déjà que peu de choses pour ce faire. Une véritable leçon de vie et de courage enfin. Avec le refus de Mathias de prendre l’orientation professionnelle qui a été choisie pour lui. Avec sa prise de conscience sur la réalité de la vie hors de sa prison dorée. Prise de conscience également que l’argent ne fait pas le bonheur, loin de là. Que la véritable richesse est celle du cœur et de l’âme. Que vivre de ses passions – même si elles rapportent peu d’argent – rend immensément riche car cette vie apporte un bonheur inestimable. Que vivre avec le strict minimum dans une vieille bicoque mais entouré d’amour, en assumant ses convictions, en existant en parfaite harmonie avec ses choix et sa morale, vaut largement plus que tout l’or du monde qui n’est que richesse superficielle et qui recouvre bien souvent d’un film doré une grande pauvreté spirituelle et un cœur immensément vide. Gros coup de cœur !

Malaise au collège

23 Fév

Je remercie très chaleureusement les éditions Le Muscadier pour l’envoi de ses dernières parutions. Je commence mes lectures par ce court roman jeunesse évoquant le sujet sensible de la phobie scolaire.

Phobie, Fanny Vandermeersch

9791090685789-754x1024Sophia vient de rentrer en 6ème. Brillante, elle a toujours obtenu d’excellentes notes sans efforts. Mais son arrivée au collège va bientôt se révéler un véritable calvaire. Ses meilleures amies la délaissent peu à peu pour se lier à des filles plus « populaires » ; son esprit étant préoccupé, ses notes baissent, malgré un travail soutenu ; le moindre contrôle et le simple fait d’aller en classe devient une source d’angoisse intense… Bientôt, elle ne parvient plus à se rendre au collège. Plusieurs mois vont passer avant qu’elle n’ose mettre des mots sur son mal-être et que son entourage décèle qu’elle souffre de phobie scolaire.

Je vais être très franche. Lorsque j’ai découvert ce roman, j’étais vraiment sur la réserve. A cause du titre. A cause de ce symptôme auquel on a donné le nom de « phobie scolaire » alors que l’école n’est pas, à mon sens, le véritable centre du problème. Heureusement, ce livre rédigé par une collègue de français et qui se clôt par une annexe très bien renseignée montre à quel point ce trouble que développent de nombreux adolescents ne résulte pas tant d’un problème avec l’école que de divers facteurs dont le harcèlement et les problèmes familiaux. L’école n’est que le lieu où se manifeste le malaise et qui agit comme un révélateur des maux de l’adolescent. Comme dans toute problématique, le meilleur moyen de trouver une solution reste la parole. Et c’est là que les adultes ont un rôle à jouer dans l’attention qu’ils portent aux enfants et surtout en faisant en sorte que ceux-ci puissent venir se confier sans crainte d’être jugés. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, adolescents, parents, professeurs, afin de mieux déceler et prendre en compte ce trouble qui demeure encore tabou.

Le Muscadier, éditeur engagé

9 Jan

Je tenais aujourd’hui à vous présenter une maison d’édition qui m’est particulièrement chère : Les éditions du Muscadier. Il s’agit d’une des toutes premières maisons d’édition à m’avoir contactée afin de me proposer un partenariat. C’est donc cette maison qui a ouvert la voie aux autres et qui me permet désormais de vous présenter des nouveautés très régulièrement. Vous ne connaissez pas cet éditeur engagé ? Suivez ce lien pour le découvrir :

présentation des éditions du Muscadier

Je devrais pouvoir bientôt vous présenter de nouveaux titres, en particulier de leur nouvelle collection « Rester vivant ».

Bonnes lectures !

Super-héros !

3 Jan

Bonjour à tous ! Avant de commencer cette première chronique de l’année, je tiens à vous souhaiter tous mes vœux de bonheur pour 2017 et surtout de belles lectures !

Je reviens donc, comme promis, avec une nouveauté young adult que je vous propose en avant-première grâce aux éditions Syros.

Power Club – L’apprentissage, Alain Gagnol 

004532557Pour ses 17 ans, Anna reçoit le cadeau rêvé par les adolescents du monde entier : son billet d’entrée pour le très sélect Power Club. Nous sommes en 2038 et toute la planète a les yeux rivés sur les exploits quotidiens des jeunes super-héros dont les performances physiques ont été décuplées grâce à l’introduction de boosters dans leur organisme. Une fois ces minuscules machines biotechnologiques inoculées,  le corps humain devient invincible et surtout peut défier les lois de la gravité. Armés de ces superpouvoirs, la petite équipe d’adolescents ultra-priviligiés se met au service des citoyens pour assurer leur sécurité.  Anna devrait donc sauter de joie en découvrant le cadeau que ses parents – extrêmement riches – lui ont offert… mais ce n’est pas franchement le cas. Parce qu’elle trouve que cette bande de héros friqués sont atrocement frimeurs mais surtout qu’ils ont davantage l’ambition de faire le plus de publicité possible à leurs sponsors qu’à réellement tenter de punir les criminels. Mais évidemment, après tous les sacrifices réalisés par ses parents pour lui offrir cette opportunité unique, impossible de se défiler. Elle part donc à New-York afin de signer son contrat avec le Power Club…

Autant vous le dire franchement, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée de me lancer dans cette lecture. En effet, je ne suis vraiment pas fan des comics et de lire les péripéties de bonhommes en collants cogner des méchants. Mais étrangement, j’ai été très positivement surprise par ce roman punchy et surtout intelligent. L’auteur ne se contente pas de narrer les exploits de ses héros surboostés, loin s’en faut. Les scènes de combat sont même reléguées au second plan. Dans ce premier opus de cette trilogie, le focus est mis sur la jeune protagoniste, Anna. Une adolescente bien dans ses baskets et dans son époque, totalement banale – si ce n’est qu’elle est ultra-riche -, qui aime passer du temps à papoter et à rire avec sa meilleure amie Lisa. Nous allons donc découvrir les coulisses de la multinationale la plus importante de tous les temps à travers le regard de cette jeune fille un peu naïve mais qui compte bien ne pas se laisser influencer par l’univers dans lequel elle vient de pénétrer et garder les pieds sur terre malgré son pouvoir de voler. D’entrée, Anna va s’apercevoir que ce monde clinquant n’est pas tout rose et que de nombreux secrets se cachent derrière les murs du luxueux building du club. Tiraillée entre son envie de profiter de ses superpouvoirs et son désir de rester honnête et fidèle à ses valeurs, Anna va bientôt se retrouver confrontée à un dilemme. Je n’en dirai pas davantage mais Alain Gagnol parvient très habilement à traiter de sujets d’actualité concernant directement les adolescents à savoir les problèmes de l’immédiateté, de l’image, des médias et d’une société d’hyper-consommation dans laquelle l’argent et le nombre de followers tiennent lieu de valeurs fondamentales. De quoi réfléchir tout en se divertissant car il n’y a aucun temps mort dans ce roman de 500 pages qui se dévore en quelques jours. Même les parents prendront plaisir à le lire ! Alors pour découvrir le premier opus de cette série addictive, rendez-vous le 5 janvier pour sa sortie en librairies !

Le terrible pouvoir des jeux vidéo

14 Sep

Une grande première sur ce blog : un album pour enfants !

la_sorci_re_des_ecrans_330La sorcière des écrans, écrit et conté par Pauline Pucciano, illustré par Laura Giraud et mis en musique par Philippe Guerrieri

Un jour, la maman de Théo, un jeune garçon qui passe tant de temps devant les jeux vidéo qu’il en oublie le monde qui l’entoure, décide de lui raconter une histoire pour le mettre en garde contre les méfaits des écrans.

Toutes les fées se sont penchées sur le berceau du prince Léo afin qu’il possède tous les talents physiques, intellectuels et moraux dont un enfant puisse rêver. Mais après leur passage, la sorcière des écrans – folle de rage de ne pas avoir été conviée aux festivités organisées en l’honneur de sa naissance – jette une malédiction sur le garçon : lorsque Léo aura atteint ses 6 ans, Léo se laissera envoûter par les écrans, ne fera rien de ses talents et ne verra plus le temps passer…

Je remercie d’abord chaleureusement les Editions VOolume pour l’envoi de ce conte moderne qui m’a permis d’occuper un moment de détente et d’apprentissage avec les deux petits monstres que je gardais cet après-midi. J’ai donc pu tester ce livre avec deux garçons de 5 et 7 ans, l’histoire étant destinée à des enfants à partir de 7 ans.

En recevant l’album, j’ai été d’emblée conquise par les illustrations. Douces et oniriques, les couleurs bleutés nous convient à pénétrer dans un univers féerique. Mais sous la douceur de ce bleu se cache également la froideur des écrans et la terrible Mort qui guette sans que l’on y prête attention, absorbés que nous sommes par l’univers numérique dans lequel nous baignons et qui finit par tout absorber sur son passage.

Le texte, lui, est très bien rédigé, modernisant l’histoire de la Belle au bois dormant. Ce conte amène les enfants – et les adultes – à réfléchir sur la nocivité de l’omniprésence des écrans qui empêche de vivre pleinement, de prendre conscience de tout ce qui fait la richesse d’une vie. La richesse du vocabulaire employé permet aux enfants de découvrir des mots qu’ils n’ont pas l’habitude ni d’entendre, ni d’employer.

Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’utiliser le CD avec les enfants mais l’ai écouté avec attention. La musique accompagne parfaitement le texte et les images, des sonorités à la fois douces et inquiétantes au fur et à mesure de l’avancée du conte.

Pour conclure, cet album est parfaitement adapté aux enfants dès 7 ans (avant, c’est trop tôt, le plus jeune a décroché). On peut à la suite de la lecture aborder le sujet des jeux vidéo et surtout des autres loisirs et activités à pratiquer. Mon jeune lecteur a globalement apprécié le livre. Son seul défaut selon lui : la mort. Pour ma part, j’ai adoré ! Coup de cœur !

Et après viendra la Douceur…

29 Août

Si vous chercher un roman intelligent pour vos ados en cette rentrée, c’est ici que ça se passe ! Merci à Syros pour cette avant-première.

Macha ou l’évasion, Jérôme Leroy

IMG_20160829_175655Macha-des-Oyats a 107 ans et vit dans un arbre depuis de longues années. Après le monde de la Fin, elle s’est réfugiée dans une ZAD (Zone à Défendre) forestière où elle vit en harmonie avec la nature et les autres habitants de la communauté. Désormais, la loi du chacun pour soi a disparu pour faire place au partage entre tous.

Un jour, trois adolescents viennent lui rendre visite pour lui demander de les suivre dans leur ZAD afin de leur raconter ses souvenirs du monde de la Fin. Après beaucoup d’hésitations, la vieille dame accepte de faire le trajet et de se remémorer l’une des plus affreuses période de sa vie… Ainsi, les générations futures du monde la Douceur éviteront peut-être de retomber dans la violence, le repli identitaire et la course au profit qui régentaient le monde de la fin.

Voilà un roman d’anticipation porteur d’espoir ce qui est très rare. Une utopie à laquelle on se prend à rêver. Effectivement, les écrivains dressent souvent un tableau plus que sombre du futur. Jérôme Leroy décide donc d’entraîner ses lecteurs dans un univers apaisé après la période de grande tourmente que nous connaissons actuellement. L’auteur profite du retour en pensées de l’héroïne sur sa jeunesse pour dénoncer les grandes problématiques de notre monde actuel : crise économique, problèmes écologiques, terrorisme, montée des partis politiques extrémistes… Le lecteur adolescent se laissera facilement convaincre par l’histoire de Macha, jeune fille rebelle en lutte contre un beau-père raciste et pervers-narcissique. Éprise de liberté, elle n’hésitera pas à fuir la prison dorée dans laquelle il souhaite l’enfermer, préférant partir défendre ses convictions dans une ZAD.

On ne s’ennuie donc pas une seconde dans ce roman qui mêle actualité et anticipation. Le regard distancié de Macha sur son adolescence et le monde dans lequel elle vivait – le nôtre donc – permet de délivrer une parole pleine de sagesse et surtout apporter l’espoir d’un monde meilleur dans le pessimisme ambiant et la vision encore plus sombre du futur que nous offrent la plupart des romanciers depuis des décennies. Sorti tout récemment le 25 août, à découvrir dans toutes les bonnes librairies !