cahier d'activités·Littérature jeunesse

En route vers l’écriture et la lecture !

Bonjour ! Aujourd’hui je vous présente deux cahiers d’activités destinés aux enfants dès 3 ans parus chez Récréalire éducation.

Mon cahier de graphisme – Les Alphas

mon-cahier-de-graphismeCe cahier de graphisme prépare les enfants à l’écriture dès le plus jeune âge de manière ludique. Les petits sont invités à réaliser toutes sortes de tracés en repassant sur des pointillés accompagnés par de petits personnages amusants et des animaux. Les enfants peuvent également s’initier au coloriage. Un code couleur permet de repérer les différentes formes travaillées dans le cahier et une double page d’explications rédigée par une enseignante du premier degré permettra aux parents d’accompagner au mieux leurs enfants dans les exercices.

Mon cahier d’activités avec les Alphas – Apprendre à lire avec plaisir ! – Claude Huguenin et Floriane Roussel

cahier-d-activitesVoici un cahier d’activités complet, ludique, qui permet aux enfants d’entre avec plaisir dans le monde de la lecture. Le DVD permet de travailler les capacités auditives et d’associer les sons et le sens de l’observation pour mettre en place le lien son-lettre. Les personnages créés par l’autrice dans le conte La Planète des Alphas (présent dans le DVD) ont la forme des lettres et une raison de « faire leur son » ce qui permet aux enfants de reconnaître rapidement les lettres et de les relier au « son » qu’elles représentent. La méthode est progressive, tout est bien expliqué pour que les parents puissent accompagner au mieux leurs bambins dans leur démarche. Le tout dans une ambiance colorée avec des graphisme attrayants et des gommettes qui feront le bonheur des plus jeunes.

En tant qu’enseignante, ces cahiers m’apparaissent comme un très bon moyen pour accompagner les enfants dans leur découverte de la lecture et de l’écriture. J’avoue qu’à première vue, les exercices me paraissaient un peu complexes pour l’âge conseillé mais en m’y attardant davantage j’ai pu constater que c’est bien adapté. Hâte de tester avec petit Jules lorsqu’il sera en âge de se lancer !

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Entre ciel et sable

Bonjour ! Qui dit mercredi dit jour des petits ! Aujourd’hui, je vous présente un album paru en février aux éditions HongFei.

Les mots sont des oiseaux, Marie Sellier et Catherine Louis

les-mots-sont-des-oiseauxPetit frère est heureux : il part se promener à la plage avec Grand frère. Sur le rivage, ils retrouvent Shu, l’amoureuse de Grand frère. Petit frère aurait bien aimé qu’elle lui raconte des histoires, mais les amoureux ne s’occupent que d’eux-mêmes, c’est ennuyeux. Alors Petit frère va créer ses propres histoires en regardant les oiseaux qui volent dans le ciel. Il se met à tracer des signes dans le sable pour relater les aventures qu’il imagine.

Ce très bel album donne la part belle à l’imaginaire et à la poésie. Les illustrations en noir et blanc, ponctuées de rouge, sont peu communes dans un album destiné aux jeunes enfants mais viennent accentuer avec brio l’onirisme du texte. Normalement conseillé à partir de 7 ans, les plus jeunes lecteurs – j’ai testé sur mon petit de 20 mois qui l’a tout de suite adopté – apprécient l’histoire et les graphismes et se reconnaissent dans le personnage de Petit frère qui découvre le monde et la nature qui l’entourent. Le petit garçon fait l’apprentissage de la solitude et parvient à trouver les ressources dans son imaginaire pour occuper le temps. Cette histoire permet donc d’expliquer aux enfants qu’ils peuvent se nourrir de tout ce qui se trouve autour d’eux pour laisser libre court à leur créativité. Petit coup de cœur pour cet album qui nous fait nous envoler au doux pays de l’enfance.

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Littérature jeunesse·nouveauté·psychologie·Roman

Le Dragon

Bonjour ! Je reviens avec un roman jeunesse qui traite avec tact d’un sujet délicat. Il est paru aux éditions Macha dans la collection Instant T.

Le masque de père, Louison Nielman

le-masque-de-pereCélesta a onze ans lorsqu’elle est emmenée dans un foyer pour enfants, loin de ses parents. La jeune fille n’est plus en sécurité chez elle. Plus les mois passaient et plus son père lui faisait peur, s’en prenant d’abord verbalement à sa mère, la menaçant, puis passant aux violences physiques. Céleste s’en veut d’avoir parlé et se sent coupable d’avoir laissé sa mère avec celui qu’elle considère maintenant comme un dragon. Qui sait de quoi il est capable ? Elle aimerait tant pouvoir la retrouver. Pourquoi lui interdit-on de la voir ?

« Céleste restait parfois serrée très fort contre sa mère, qui tentait d’ouvrir tous les parapluies anti-folie contre son mari. La rancœur, la tristesse, la haine grandissante étaient leurs bourreaux, qui les hantaient, les étouffaient, elles ne pouvaient s’en libérer. […] elles se laissaient humilier, rabaisser plus bas que terre, pour se protéger ».

L’autrice, psychologue, aborde avec finesse le thème des violences conjugales et familiales à travers ce roman destiné aux enfants à partir de onze ans. J’ai vraiment apprécié ce livre d’une grande maturité, qui traite d’un sujet délicat sans tomber dans le larmoyant. L’écriture est douce, presque poétique, la narration est fluide, faite d’allers et retours entre le moment présent et les événements traumatiques du passé de la jeune protagoniste. On perçoit l’ambivalence des sentiments de l’enfant, perdue entre l’amour pour son père et la peur ressentie lorsqu’il revêt son masque de monstre, perdue également entre l’amour pour sa mère, sa volonté de l’aider et l’incompréhension quand cette dernière refuse de se sauver et de protéger sa fille. On voit comment le mécanisme de la violence d’abord psychique puis physique opère insidieusement dans cette famille qui ressemble à toutes les autres vue de l’extérieur. J’ai trouvé que les sentiments de Céleste étaient vraiment bien travaillés, en présentant une palette complexe, allant de la colère à l’injustice en passant par la peur, l’amour et la culpabilité. Loin d’être complètement sombre, ce roman laisse aux jeunes lecteurs un message d’espoir et leur permettra aussi de s’exprimer s’ils sont victimes ou témoins de ce genre de violences. A ce propos, le livre contient toutes les informations, liens et numéro utiles à la fin. Une très bonne surprise !

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Avis de tempête domestique

Bonjour à tous ! J’espère que vous gardez un bon moral… La chronique du jour s’adresse à celles et ceux qui ont des enfants puisque je vais vous présenter un album jeunesse devait sortir le 3 avril aux éditions Joyvox. La sortie ayant été reportée, l’intégralité du conte musical est à présent disponible et en libre accès sur toutes les plateformes digitales depuis le début de la semaine, sur Deezer, Spotify et bien d’autres. Exemple https://www.deezer.com/fr/album/136799272?app_id=140685&utm_source=partner_linkfire&utm_campaign=2a727982a4a477967c7860d154765714&utm_medium=Original&utm_term=objective-stream&utm_content=album-136799272 , le livre audio peut s’acheter à moitié prix (4,99 au lieu de 9,99€) sur les plateformes d’achat type Google Play, Apple Store. 

L’Orage à la maison, Catherine Verlaguet

couvoragepoursite_256x256Dans la maison d’Arthur, l’orage gronde. Ses parents ne cessent de se disputer et l’enfant le vit très mal. Pour s’extraire de ce climat tempétueux, il se réfugie dans un monde marin imaginaire en appelant à l’aide un coquillage qui aspire les tempêtes pour en trouver un autre qui pourrait avaler celle qui éclate chez lui. Au cours de son voyage chaotique, le jeune garçon va faire de multiples rencontres, d’un vieux poulpe savant à un Bernard l’Hermite friand de pensées ventouses…

« Dans une autre fenêtre, il voit son père avaler des couleuvres. L’orage danse autour de sa figure en un brouillard noir d’électricité. En face de lui, sa mère pleut en silence; elle arrose ses pensées. Arthur est fatigué. Il voudrait rentrer chez lui, quitte à retrouver sa tempête ! Mais alors il se rappelle du vieux Poulpe qui lui a dit qu’après ses marécages, il trouverait son coquillage ».

Voilà un magnifique conte fantastique et initiatique, très joliment mis en voix et en musique par Mélanie Doutey et Marc Demais. Le texte est d’une richesse poétique incroyable, ce qui est remarquable pour un livre qui s’adresse aux enfants à partir de 6 ans. L’autrice s’amuse avec les mots et nous transporte dans un univers maritime onirique qui n’est pas sans rappeler le monde imaginaire d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. On suit les péripéties du jeune Arthur qui sont autant d’étapes émotionnelles qu’il devra franchir pour comprendre qu’il n’est pas la tempête de ses parents. Parce que le thème central de ce conte est bien là : la dispute entre les parents et sans doute la séparation et l’impact sur leur enfant. Pas évident de traiter de ce sujet complexe avec un jeune public mais le défi est réussi. L’idée de la pensée-ventouse qui reste accrochée à l’esprit de l’enfant est très explicite pour faire comprendre aux enfants combien certaines pensées peuvent être envahissantes et qu’il faut parvenir à s’en défaire pour aller mieux. Le texte est agréablement interprété par Mélanie Doutey et l’accompagnement musical est très réussi, les airs sont à la fois mélancoliques et entraînants. Un gros coup de cœur pour ce magnifique album qui séduira les plus jeunes et sera un bel outil pour les parents.

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Magie nippone

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, c’est mercredi et c’est le jour des enfants. Voilà donc de quoi ravir vos jeunes lecteurs. Vous pourrez vous procurer ce livre aux éditions Ynnis. Et pour le résumé du premier tome, c’est ici.

Kiki la petite sorcière – Les racines de la magie, tome 2, Eiko Kadono

kiki-la-petite-sorciere-2Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Kiki, notre petite sorcière coursière, pour de nouvelles aventures. Voilà déjà un an que la jeune fille s’est installée dans la ville de Koriko avec son fidèle chat noir Jiji afin d’exercer son métier de coursière. Quoi qu’on lui demande, Kiki répond toujours présente ! Que ce soit pour transporter une simple pomme ou carrément un hippopotame. La petite sorcière est débordée ! Qui plus est, peut-être en raison de la fatigue, la jeune fille perd peu à peu confiance en elle. Voilà que son balai lui joue des tours et est de moins en moins fiable, au point que Kiki n’ose plus voler…

« En quoi consistait son travail, au juste ? Était-ce vraiment une bonne idée d’être une sorcière coursière ? Kiki était aux prises avec un problème difficile, bien différent de tous ceux qu’elle avait affrontés jusqu’alors. Ce problème semblait même lié à la question de savoir si rester une sorcière était une bonne chose ou non ».

J’avais adoré le premier tome et j’ai tout autant apprécié celui-ci. Notre sorcière gagne en maturité et de nouveaux sentiments apparaissent : amour, jalousie, regard des autres,  problème de confiance en soi, doute… De quoi faire réfléchir les plus grands. Chaque chapitre correspond à une aventure ce qui est bien pratique pour les plus jeunes lecteurs qui ne verront ainsi pas passer les 350 pages. Chaque petite histoire offre une leçon ce qui permettra aux enfants de mieux comprendre leurs propres émotions et combien il est important de se remettre en question pour continuer à progresser et à grandir. D’ailleurs, Kiki se demande si elle ne devrait pas s’essayer à une autre forme de magie au lieu de se contenter de voler. Pour rappel, ce conte japonais est à l’origine du film d’animation éponyme de Hayao Miyazaki. Un petit coup de cœur pour ce deuxième tome qui ravira toute la famille.

 

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Prise au piège

Aujourd’hui, je vous présente un roman jeunesse qui aborde le sujet sensible de la perversion narcissique. Il est paru le 6 février aux éditions Syros.

Je te plumerai la tête, Claire Mazard

cvt_je-te-plumerai-la-tete_3605Lilou a 16 ans au début de l’histoire. Depuis l’enfance, elle voue un véritable culte à son père au détriment de sa mère dont elle ne se sent pas du tout proche. Alors que cette dernière est en phase terminale de cancer, hospitalisée, Papa Lou conseille à sa fille de ne plus aller lui rendre visite. Mieux vaut que Lilou consacre son temps à ses révisions pour le bac de français et nul besoin de se faire du mal. La jeune fille obtempère dans un premier temps. Mais ses amis la poussent à profiter des derniers instants avec sa maman. Peu à peu, Lilou apprend à la connaître, se rapproche d’elle. Tout cela, elle le fait en cachette de son père, de plus en plus suspicieux, à l’humeur changeante. Insidieusement, il la culpabilise et dénigre celle qui partageait sa vie. Lilou découvre une nouvelle facette de ce père qu’elle admire tant et commence à se méfier…

 

J’ai véritablement dévoré ce roman – 500 pages en moins de 4 jours, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu aussi rapidement ! Dès le départ, on est happé par l’intrigue et on tremble de voir à quel point la toile d’araignée tissée par le père de Lilou se resserre de plus en plus pour la rendre prisonnière. La psychologie des personnages principaux est finement détaillée. On ressent toute l’ambivalence de la jeune fille qui découvre peu à peu l’horrible vérité sur celui qu’elle considère comme un héros. Elle voit et comprend les choses mais ne veut pas les croire, la vérité est trop insoutenable à supporter. L’autrice parvient à transcrire les mécanismes de la perversion narcissique et de la manipulation avec brio à travers ce huis clos qui fait véritablement froid dans le dos. A ce propos, je conseille ce livre pour les ados déjà grands car j’avoue que son réalisme peut mettre mal à l’aise. Heureusement, les personnages secondaires – amis, famille (la relation mère/fille qui parvient à se tisser autour d’un amour commun pour la littérature) – permettent d’apporter une bouffée d’oxygène au lecteur en permanence sous tension. Ce suspens est renforcé par la narration. Le récit se fait à la manière d’un journal intime, au jour le jour et parfois heure par heure, transcrivant au plus près les émotions de la jeune fille. Aucun temps mort dans ce roman qui relève du thriller psychologique. Gros coup de cœur pour moi donc que je conseille pour les ados à partir de 14 ans et pour les adultes car le sujet les concerne aussi.

Pour information, les personnes perverses narcissiques présentent les symptômes suivants : absence totale de sentiment et d’empathie, orgueil démesuré, égocentrisme, charisme, capacités à charmer, mentir, manipuler, cherche à couper sa victime de son entourage et à la rabaisser pour se mettre en avant…

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La douceur

J’étais impatiente de le découvrir et je suis heureuse de vous présenter ce dernier tome de cette série post-apocalyptique parue chez Syros (chroniques des tomes 1 et 2 ici).

Lou après tout – La bataille de la Douceur, Jérôme Leroy

51dnx0rkzml._sx340_bo1204203200_Nous retrouvons notre héroïne, Lou, de nouveau face aux Cybs, aux Bougeurs et au Délégué Sanders toujours à ses trousses dans un hiver terrible qui n’en finit pas. Alors que trois jeunes musiciens de la Douceur découvre la Mélodie, un air de musique qui semble avoir un mystérieux impact sur les Cybs, une véritable marée de Bougeurs aussi vaste qu’un pays est en train de déferler sur tout le nord du pays. Lou, Amir, Maria et la jeune Césaria parviendront-ils à échapper aux entre-deux et surtout réussiront-ils à sauver la Douceur d’un anéantissement certain si la horde de morts-vivants arrivait à destination ?

Nous retrouvons dans ce dernier opus tous les ingrédients qui ont fait le succès des tomes précédents. De l’action, une réflexion sur le climat et sur la société. On ne voit absolument pas passer les 550 pages de ce roman. Mais, quelque chose m’a fortement embêtée dans ce tome. La quasi absence de suspens. En effet, sans rien « divulgâcher » dans la mesure où on l’apprend dans les tout premiers chapitres, Lou est devenue une vieille dame maintenant, elle vit dans la Douceur depuis de longues années et raconte la façon dont se sont déroulés les événements qui ont précédé son arrivée dans ce havre de paix. Dès lors, nous savons que l’héroïne ainsi que ses proches et la société paisible dans laquelle ils évoluent depuis de longues années ont survécu aux assauts potentiels. Alors forcément, il est bien difficile de craindre le pire pour les protagonistes lors des scènes de combat lorsque l’on sait d’entrée de jeu qu’ils finiront par couler des jours heureux. Le seul suspens réside sur le sort de quelques personnages secondaires et sur la façon dont Lou et ses camarades parviendront à leurs fins. Du coup, j’ai été un peu déçue de ce point de vue. Par contre, la psychologie du personnage éponyme est approfondie avec une épreuve particulièrement intime à laquelle elle devra se confronter. L’histoire s’enrichit de nouveaux personnages mais qui restent en filigrane, jouant seulement un rôle d’adjuvants. En conclusion, si ce livre est, à l’instar des précédents, un vrai « page-turner » avec des scènes de combat toujours aussi réalistes et si l’on prend plaisir à découvrir la fin des aventures de nos héros, je suis un peu restée sur ma faim en matière d’intensité dramatique par rapport aux deux premiers tomes. Je conserve un avis très favorable sur l’ensemble destiné aux adolescents qui se laisseront facilement happer par l’intrigue et qui pourront réfléchir sur des sujets très actuels comme la montée des populismes, les inégalités sociales, le réchauffement climatique et l’enfermement dans le monde virtuel.

Anticipation·coup de cœur·Littérature jeunesse·nouveauté·Roman·science-fiction

L’arbre de vie

Bonjour à tous ! Pour terminer ce mois de janvier, je vous présente un roman jeunesse mais qui peut s’adresser vraiment à tous les publics. Il vient de paraître aux éditions Flammarion Jeunesse.

Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko

et-le-desert-disparaitraA une époque indéterminée mais qu’on soupçonne proche de la nôtre, la jeune Samaa grandit au sein d’une petite communauté au milieu du désert. Elle vit seule avec sa mère depuis que son père est mort à la « chasse ». Son unique horizon est le désert. Le sable a, en effet, dévoré la quasi totalité de la surface de la Terre. Le seul moyen de survie pour son peuple est de « chasser » les derniers arbres pour les vendre à la ville et gagner de quoi subsister : bouteilles d’oxygène, eau gélifiée, barres protéinées… Samaa rêve de devenir une chasseuse, comme son ami Solas et son père avant elle. Mais cette fonction est réservée aux hommes, plus résistants en forts pour transporter les troncs. Un jour pourtant, elle désobéit et suit les chasseurs en cachette. Mais le danger menace de toutes parts dans cet univers inhospitalier. Elle fait une mauvaise chute et tout au fond d’une trouée, contre un arbre gigantesque. Alors qu’elle est blessée et que ses réserves de nourriture s’amoindrissent de jour en jour et que tous ses efforts pour sortir de la cavité demeurent vain, l’adolescente va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croyait jusqu’à présent est faux. Au fond, peut-être que la vieille femme au ban de la tribu avait raison. Peut-être que les arbres sont sources de vie…

Voilà un petit moment que je voulais lire ce roman et je n’ai pas été déçue. Je l’ai littéralement dévoré, happée par l’histoire de cette jeune fille luttant pour sa survie et celle de l’arbre qui l’abrite au fond de son trou. On pourrait craindre l’ennui – la majeur partie du texte est consacrée à la survie de Samaa dans la trouée – mais il n’en est rien. Ce roman m’a fait l’effet d’une respiration, calme par moments, haletante à d’autres. L’écriture est fluide, poétique et violente à la fois. Et surtout, cette histoire, simple en apparence, fait beaucoup réfléchir sur différents sujets. La préservation de la nature est le thème central. En filigrane, l’autrice invite à lutter contre la déforestation qui accroît la désertification, amplifie le réchauffement climatique, tue de nombreuses espèces végétales mais aussi animales. L’autre thème majeur est celui de la transmission intergénérationnelle. Les anciens ont beaucoup à transmettre aux plus jeunes et ces-derniers doivent les écouter avec attention afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Enfin, ce que j’ai apprécié dans ce roman d’anticipation qui est destiné aux jeunes adolescents, c’est qu’il est porteur d’espoir et que les enfants peuvent être pleinement acteurs du changement en portant leurs convictions même si certains adultes autour d’eux sont réfractaires à leur message. On ne peut pas faire plus d’actualité. Un joli coup de cœur pour terminer ce premier mois de l’année. Et mention spéciale aussi pour la fabrication de ce livre réalisé de la façon la plus écologique possible avec des résidus de bois certifiés PEFC avec une couverture non pelliculée et une encre végétale.

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La journée du câlin

Voilà encore un petit livre que Jules a reçu pour Noël et que vous pourrez trouver aux célèbres éditions L’école des Loisirs.

Copains-câlins, Frédéric Stehr

cover-copains-cadreA la crèche, un bébé hibou vient trouver du réconfort auprès de son doudou qui sent très bon et qui est aussi doux que sa maman. Quand un de ses copains lui demande ce qu’il fait avec son oreiller, il lui répond qu’il s’agit de son doudou et qu’il lui fait des câlins. Trois bébés oiseaux rejoignent notre petit hibou, chacun apportant son doudou. On assiste alors à une séance de câlins-doudous. Mais Piou-Piou arrive et n’a pas de doudou. Alors ses amis, pour le réconforter, viennent lui faire des câlins.

Voilà une jolie histoire, toute simple, illustrée par des dessins très doux aux tons pastel. Seuls les petits personnages et leurs doudous sont mis en avant par l’utilisation de la couleur ce qui permet de capter l’attention des plus petits. L’histoire permet d’aborder les notions de partage, de camaraderie et d’intégration. Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas la même chose que les autres que ces derniers doivent le rejeter, au contraire ! Mon petit lecteur est totalement conquis par cet album dont il me réclame la lecture plusieurs fois par jour. Coup de cœur de Jules donc !

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L’amour toujours !

Bonjour et bon dimanche ! Aujourd’hui, je vous présente un très joli album pour enfants paru aux éditions Gautier Languereau.

Je t’aimerai toujours, quoi qu’il arrive…, Debi Gliori

61cttrc26pl._sx443_bo1204203200_Petit Renard est en colère. Rien ne va et il dit que personne ne l’aime. Sauf que ce n’est pas vrai. Sa maman ne cesse de lui répéter qu’elle l’aimera toujours, quoi qu’il arrive…

« Ecoute ma chanson, l’amour ne meurt jamais.             Quoi qu’il arrive, je t’aimerai. »

Voilà un très joli album destiné normalement aux 3-6 ans mais mon petit lecteur de 15 mois l’apprécie déjà beaucoup. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui permet de rassurer les petits quant à l’amour qu’on leur porte et qu’on leur portera malgré les changements, que ce soient des changements d’humeur, de physique ou les bouleversements de la vie comme l’éloignement ou même la mort. Ce dernier sujet est vraiment abordé en filigrane à la fin du livre, de façon très poétique pour pouvoir en discuter avec les plus jeunes. Les illustrations sont vraiment très jolies, à la fois douces et colorées. Un petit coup de cœur pour ce livre à lire avec son enfant blotti contre soi.