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Club des cinq

1 Juil

Les vacances approchent à grands pas ! Voici donc une bonne occasion pour vous faire découvrir un roman jeunesse, histoire d’occuper vos chères têtes blondes pendant les longs après-midis caniculaires. Merci aux éditions Privat pour cette découverte.

Pastelle et le club de la Violette – Le mystère de la fleur d’or, Marie-Constance Mallard

9782708963603_1_75Pastelle n’est pas tout à fait une adolescente comme les autres. Depuis son plus jeune âge, elle possède un don qui lui a été transmis par sa mère : concocter de savantes potions à l’aide de toutes les plantes existantes. A douze ans, elle maîtrise déjà tout son art qui lui permet, avec ses quatre amis et fidèles protecteurs Cassian, Amaury, Aubin et Antonin, de résoudre bien des énigmes. A eux cinq, ils forment le club de la Violette et œuvrent pour le bien, dans la droite ligne de leurs parents avant eux. Justement, un mystère assombrit l’esprit du père de Cassian, maire de Toulouse. Alors que la fête de la Violette doit se dérouler dans les prochains jours, le premier prix, une Violette d’or de grande valeur, vient d’être dérobé au sein même de l’Hôtel de Ville. Qui a bien pu dérober la statuette et comment la retrouver avant le concours ? Voilà les deux questions que devront résoudre la bande d’amis qui ne vont pas tarder à se lancer dans une exaltante chasse au trésor qui ne sera pas sans risque. En effet, l’ennemi surveille leurs moindres faits et gestes…

L’auteure, jusqu’ici habituée à la rédaction d’albums pour enfants, livre ici son premier roman jeunesse avec les aventures de la jeune Pastelle et de ses amis. Il s’agit donc du premier opus de ce qui sera sans doute appelé à devenir une série. Ce roman mêle astucieusement magie, aventure et histoire. Les rebondissements sont nombreux, les héros sont attachants avec leurs qualités mais aussi leurs défauts et les jeunes lecteurs n’auront pas de mal à s’identifier à eux. On retrouve un petit côté Harry Potter avec les pouvoirs de la jeune Pastelle mais dans une version beaucoup plus réaliste. J’ai apprécié l’énorme travail de recherche historique de l’auteure qui dresse une toile de fond très précise à son intrigue. La ville de Toulouse est également à l’honneur dans ce roman, qui n’est pas sans rappeler les aventures du club des cinq de notre enfance mais dans une version beaucoup plus moderne et attrayante grâce notamment à cette pointe de magie savamment distillée. Un roman jeunesse distrayant et intelligent, qui plaira aux très bons lecteurs à partir de 9 ans et mais que je conseillerais à partir de la 6ème.

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Utopia

25 Fév

Afin de bien terminer les vacances (hé oui, c’est déjà fini par ici !), je vous présente un roman d’aventure qui mérite le détour. J’en profite pour remercier les éditions Tohu Bohu qui me permettent de vous faire découvrir ce bel ouvrage.

L’Odyssée d’Amos – Les chroniques d’Ataraxia, tome 1, Thierry Maugenest

517ilsmgr0l-_sx350_bo1204203200_La planète Ataraxia est un véritable havre de paix où tous les habitants vivent en harmonie les uns avec les autres et avec la nature, respectant des principes sacrés édictés par les pionniers arrivés 950 ans plus tôt. Amos de Slima, jeune et brillant ataraxien, est néanmoins persuadé qu’un danger risque de venir perturber ce bel équilibre. Mais dans cette société particulièrement paisible qui ne connaît pas la violence, fondée sur le respect, le partage, l’égalité et la liberté, le discours du jeune est mal perçu. Le voilà donc non seulement exclu mais aussi contraint de fuir sa communauté. Dès lors, il va se lancer dans un long voyage, aux confins de la planète, en quête de ce qu’il pense être la vérité. Il fera bientôt la connaissance d’Ezéa, une jeune femme solitaire et fougueuse, ayant grandi sur une île quasi déserte, loin des enseignements ataraxiens. Ensemble, ils tenteront de lutter contre un homme qui cherche à bouleverser l’univers utopique d’Ataraxia en réinstaurant l’utilisation de la monnaie et, par conséquent, en mettant fin à l’égalité régnant entre chaque individu depuis près d’un millénaire…

Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas laissée emporter dans un univers aussi riche et travaillé que celui dans lequel nous conduit Thierry Maugenest. Il faut dire que l’auteur a puisé son inspiration dans les travaux de François Bournaud qui s’est passionné pour le monde imaginaire qu’il a mis plus de 10 ans à créer. Dans une encyclopédie de près de 2000 pages, l’homme a compilé tout ce qui est en mesure d’établir un univers complet : cartographie, faune et flore, moyens de transports, habitations, éducation, culture… Rien n’a été laissé au hasard. Grâce à ce sens du détail, l’auteur de l’Odyssée d’Amos a pu poser un cadre rigoureux et très réaliste à son aventure. J’ai vraiment été séduite par ce roman utopique qui permet de réfléchir aux différents maux qui rongent notre société contemporaine et qui permet aussi de se questionner sur ce qui permettrait vraiment de l’améliorer car la société ataraxienne présente évidemment, elle aussi, ses propres limites. Ce premier tome pose les bases d’une aventure au long cours en mettant l’accent sur la description de ce monde idyllique et sur la personnalité des personnages clés. En outre, la lecture est rendue encore plus attrayante grâce aux nombreux croquis qui viennent illustrer le texte. Un vrai coup de cœur que je vous encourage à découvrir. En librairie depuis le 9 février.

Quand la nature se déchaine

31 Jan

Je poursuis ma découvert de l’excellente collection Rester Vivant aux éditions du Muscadier que je remercie encore pour leur confiance.

Le réveil de Zagapoï, Yves-Marie Clément

le-reveil-de-zagapoi-9791090685970_0Un groupe de jeunes scientifiques est recruté pour tester un nouvel insecticide, le GENIBE, en Guyane, au fond de la forêt amazonienne. Le produit est censé éradiquer les moustiques, porteurs de maladies, qui pullulent dans cette zone. L’expérience, classée « secret défense », pourrait permettre de sauver des milliers de vies humaines si elle s’avérait concluante.

Malheureusement, très vite, les chercheurs se rendent compte que la mission tourne mal. D’étranges mutations de la faune et de la flore ne tardent pas à apparaître. En outre, le bouleversement provoqué par les Autres – les êtres humains – va réveiller Zagapoï, l’esprit de la jungle. Dès lors, l’expédition se transforme en un véritable cauchemar…

Voici un beau roman d’aventures qui mêle action, suspens, jolies descriptions de la faune et la flore amazonienne et réflexion sur l’impact de l’homme sur son environnement. Le livre amènera le jeune lecteur à se poser des questions d’éthique, entre autres : Peut-on, au nom de la science, effectuer des expériences qui peuvent être dangereuses pour l’environnement ?  ou Doit-on fermer les yeux et renoncer à ses principes pour gagner plus d’argent ? J’ai bien aimé l’alternance de points de vue entre les animaux – les Habitants – et les hommes. L’auteur décrit avec une remarquable précision l’environnement local ce qui permet de bien se plonger dans l’intrigue. La fin est assez angoissante, mais ça, je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même !

Contagion

19 Nov

Je poursuis ma découverte des nouvelles parutions de la très belle collection Rester Vivant des éditions Le Muscadier avec un roman d’anticipation.

Emma, Tess Corsac

9791090685161-753x1024Dans un futur pas si lointain, l’humanité a été ravagée par un virus hautement contagieux du nom d’Emma. La population mondiale s’est vu réduite à peau de chagrin et les survivants tentent par tous les moyens de se protéger des personnes infectées. Impossible, dans cet univers revenu à un mode de vie quasi moyenâgeux, de faire confiance à qui que ce soit. Difficile en effet de distinguer les êtres en bonne santé de ceux que l’on nomme les moissonnés. Seule une marque sur le front permet de les différencier mais on ne peut même pas toujours s’y fier… C’est dans ce monde chaotique, dans un village apparemment préservé de l’infection, qu’a grandi Azur. A 15 ans, elle doit, en compagnie de son ami de toujours, Basile, se faire tatouer sa première marque prouvant sa bonne santé. Mais le chemin vers le centre médical sera semé d’embûches et une bien mauvaise surprise attend les deux amis à leur arrivée…

Voilà un roman d’anticipation dystopique fort bien mené, qui livre des réflexions profondes sur la question de l’humanité, sur notre rapport à l’autre et nos peurs les plus profondes. La jeune auteur, Tess Corsac, n’a que 19 ans mais nous offre une approche allégorique très pertinente de la société. L’univers quasi post-apocalyptique dans lequel elle fait évoluer ses personnages est peint avec finesse et surtout les rapports humains sont analysés avec subtilité ce qui permet une critique constructive des travers de notre société. J’ai vraiment pris plaisir à ce qui est aussi un récit d’apprentissage riche en rebondissements et j’attends avec impatience la probable suite que laissent les dernières lignes pleines de suspens de cet ouvrage. Coup de cœur pour ce livre qui plaira aux ados à partir de 13-14 ans et à leurs parents.

 

Under Control

9 Sep

Quoi de mieux pour bien aborder cette rentrée qu’un bon roman jeunesse ? Et si je vous dis que c’est le dernier opus d’Yves Grevet paru chez Syros, il vous sera impossible d’y résister !

Le GRUPP, Yves Grevet

9782748524062Dans un futur pas si éloigné, l’espérance de vie s’est considérablement allongée grâce à l’implant Long Life. Cette multinationale, qui a mis au point un système très pointu de surveillance, protège la population à tous les niveaux. Cependant, une organisation secrète d’adolescents tente de contourner le système pour s’offrir quelques moments de totale liberté.

Stan et Scott sont frères. Leur vie paisible entouré de leurs parents va basculer le jour où Scott va être envoyé en prison. Stan apprend alors la vérité sur son frère : il était un des leader du Grupp. Aussi intrigué qu’en colère contre son aîné qui lui a caché cette partie de sa vie, il va chercher à en savoir plus sur la société clandestine à laquelle appartenait son frère. Ce qui, au début, est presque un jeu pour lui, va bien vite se révéler bien plus dangereux qu’il n’y paraît…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce roman jeunesse est vraiment génial. Il allie, en effet, savamment action et réflexions sociétale et philosophique. Dès le départ, on se prend d’affection pour les personnages principaux, auxquels les adolescents à qui est destiné le livre n’auront nulle difficulté à s’identifier. L’auteur parvient très bien à rendre compte des bouleversements internes (corporels, émotionnels) liés à cette période charnière de la vie, ainsi qu’à l’évolution progressive qui va s’opérer en eux, ce qui en fait un très bon roman de formation. Outre cet aspect, ce récit est un excellent roman d’espionnage qui sait parfaitement jouer sur le suspens. Jusqu’au bout, la tension est à son comble et le danger omniprésent pour les personnages. Enfin, et c’est l’aspect que j’ai le plus apprécié, la question de l’hypervigilance, de la surprotection de la population est abordée avec beaucoup d’intelligence. Les avancées technologiques sont-elles vraiment bénéfiques ? Le contrôle, sous prétexte de préserver la vie le plus longtemps possible, favorise-t-il le bonheur ou n’est-il pas un immense frein à nos libertés les plus élémentaires ? Accepter de prendre des risques n’est-il pas une façon de se sentir plus vivant ? Ce sont à ces interrogations que se verront confrontés les jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Vous aimez l’action, l’aventure mais aussi la réflexion, ce livre est fait pour vous ! Gros coup de cœur jeunesse pour cette rentrée littéraire.

Un contre tous

31 Août

C’est l’heure de la rentrée ! Je reviens avec une nouveauté des éditions du Murmure.

Je m’appelle Herschel Grynszpan, Morgan Poggioli

21245595_10213789112542632_1629115071_nJuif polonais vivant en Allemagne, le jeune Herschel Grynszpan choisit de s’exiler vers la Palestine après ses études en théologie, dans la contexte plus que sombre de l’Allemagne des années 30. Après une escale en Belgique, c’est en France qu’il atterrit finalement en septembre 1936, recueilli chez son oncle et sa tante à Paris. Très rapidement, il s’aperçoit que les démarches administratives seront très compliquées pour obtenir carte de séjour et permis de travail. En 1938, Herschel n’a pas pu obtenir les papiers qu’il désire. Pire, le 31 mars, le gouvernement polonais légifère sur le retrait de la nationalité installés à l’étranger depuis plus de 5 ans. Alors qu’il suit avec crainte la progression du régime nazi, sa situation se détériore et il se retrouve clandestin à Paris. En novembre, une lettre de sa sœur l’avertit que ses parents font partie des milliers de juifs expulsés d’Allemagne et refusés en Pologne, apatrides, contraints de survivre misérablement dans un no man’s land. Enragé face à cette situation insoutenable, le jeune Herschel Grynszpan décide de se venger et de tuer un Allemand pour faire entendre la colère des Juifs d’Europe. Le 7 novembre, il se rend à l’ambassade d’Allemagne, armé d’un revolver et tire sur Ernst vom Rath, un secrétaire de l’ambassadeur. Le crime servira de prétexte au Troisième Reich pour la nuit de Cristal. Emprisonné, Herschel Grynszpan incarnera aux yeux de l’Allemagne nazie la personnification du « complot juif international ».

Pour être honnête, je ne suis pas une grande amatrice de biographies ni de romans historiques. Mais après avoir lu et apprécié Hhh de Binet il y a quelques années, j’étais intriguée par ce récit biographique à paraître en septembre aux éditions du Murmure dont j’ai déjà chroniqué plusieurs ouvrages. Je n’ai pas été déçue. Outre ses qualités d’historien, Morgan Poggioli réussit à mener son récit – premier roman – quasiment à la manière d’un polar. Les rebondissements s’accumulent et on ne se décide pas à lâcher l’ouvrage avant de connaître la suite. Le fait que tous les éléments du récits soient vrais ou presque a également encore davantage piqué ma curiosité. Dans un style accessible et agréable, l’universitaire convie son lecteur à découvrir une aventure humaine surprenante tout lui permettant de se replonger dans les grandes dates de la seconde Guerre Mondiale. Amateurs d’Histoire ou de bons polars, ce récit biographique est fait pour vous !

Vers l’infini et l’au-delà !

24 Avr

Attention, chaud devant ! Amateurs de science-fiction/fantasy et de loufoquerie, ce roman fleuve est fait pour vous ! Il vient tout juste de sortir aux éditions Aux Diable Vauvert que je remercie pour leur confiance renouvelée.

Théâtre des Dieux, Matt Suddain

couv-suddain-thecc81acc82tre-des-dieux-pl1site-2Pas simple de résumer un livre de plus de 700 pages et encore moins celui-ci qui n’est vraiment pas commun.

Vous tenez entre vos mains le journal d’un grand voyageur interstellaire, M. Francisco Fabrigas. Cet écrit volumineux, qui conte les exploits de son auteur, a été retrouvé et publié par Blacklist Publishing, une maison d’édition sauvant de l’oubli les oeuvres perdues ou censurées. C’est Matt Suddain, un employé-éditeur de la maison, qui a mis la main sur cette fantastique histoire et vous la rapporte présentement.

Cette histoire, la voici. Il s’agit donc de celle de M. Francisco Fabrigas, explorateur, philosophe, physicien et hérétique de son état, qui embarque à bord d’un vaisseau spatial aux allures de navire pour un voyage terrible vers une autre dimension. Avec lui, l’accompagnent, entre autres, : un jeune capitaine, un brave garçon garçon sourd, une petite fille aveugle mais très perspicace, une botaniste sensuelle. Tout ce beau monde est poursuivi par le Pape de l’Univers, un magnétiseur coquet et une pieuvre géante…

Moult complots sombres et obscurs, cultes démoniaques, traversées de jungles meurtrières, pagaille quantique, naissance de la Création et mort du Temps : voici tout ce qui vous attend et bien davantage encore dans cette fresque spatio-fantastique. Laissez-vous entraîner derrière le voile de la réalité pour découvrir les mystères les plus secrets – et déjantés – du cosmos…

Difficile de faire plus court ou plus simple. Vous l’aurez compris, vous vous trouvez devant un véritable OVNI littéraire, une pièce rare, fabuleusement mise en page dans une édition reliée sous jaquette, agrémentée d’affiches d’époque. L’auteur, qui signe ici son premier roman, maîtrise en tout point l’art de la mise  en abîme, c’est-à-dire du roman dans le roman, et nous entraîne avec brio dans un univers totalement décalé mais d’une richesse incroyable, aussi historique que littéraire. On retrouve ici tout ce qui fait la force des plus grands romans d’aventure de Jules Verne et de Stevenson corrélé à la puissance imaginative de la science-fiction de ce roman se déroulant dans un moyen-âge spatial futuriste. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour satirique. Alors, si vous n’avez pas peur de vivre une expérience littéraire hors du commun, si vous aimez les textes innovants, légèrement hallucinés, ne manquez sous aucun prétexte cette magnifique épopée à la croisée des genres.

Défaire ses chaînes

23 Avr

Aujourd’hui, je vais vous présenter un petit livre à mettre entre toutes les mains, enfants comme adultes, il ravira tous les lecteurs.

Le chevalier à l’armure rouillée, Robert Fisher

le-chevalier-a-l-armure-rouilleeDans un passé lointain, un valeureux chevalier qui se trouvait « bon, gentil et plein d’amour » combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Lorsqu’il n’avait pas de bataille à livrer, il vivait dans son château avec sa femme Juliette et son fils Christophe. Il passait aussi énormément de temps à contempler et à s’occuper de son armure, jusqu’au jour où il décida de ne plus la retirer, même pour manger ou aller dormir. Sa femme lui fit remarquer que vivre avec un époux sans cesse caché derrière une armure n’était vraiment pas agréable. Son fils ne savait même plus à quoi ressemblait son père sans sa protection d’acier ! L’ambiance dans la famille ne cessait de se détériorer jusqu’au jour où Juliette lança un ultimatum : soit il la choisissait elle, soit il choisissait son armure. Bien que le chevalier préférât sa femme et voulût se défaire de son armure, il ne parvint pas à la retirer. Il resta misérablement coincé à l’intérieur…

Pour se défaire de ce qui était pour lui devenu une prison, il partit en quête du magicien Merlin, afin qu’il l’aide dans son cheminement. Seule la réelle connaissance de lui-même lui permettrait de se défaire de cette armure qui l’empêchait de se montrer tel qu’il était vraiment. Bien entendu, la quête de sa véritable identité ne se fera pas sans heurts mais l’enjeu vaudra toutes les peines du monde et il sera accompagné dans ce parcours initiatique par des auxiliaires très sages et bienveillants.

Ce Chevalier à l’armure rouillée est une véritable petite pépite. Conte philosophique à la portée de tous, dans la lignée du Petit Prince de Saint-Exupéry, il peut se lire et se relire à tous les âges de la vie selon des axes différents. Il permet une réflexion d’une grande richesse sur ce qui fait notre identité, sur les prisons internes que l’on peut se construire en croyant se protéger mais qui ne font en réalité que nous éloigner de notre véritable identité. Réflexion également sur le rôle attribué au regard de l’autre – à qui nous cherchons à plaire – bien souvent à l’origine de la construction de cette carapace qui finit par nous étouffer et effacer notre personnalité. A l’image du prisonnier de la caverne de l’allégorie de Platon, notre chevalier devra surmonter différentes étapes, symbolisées par le Chemin de la Vérité, les Châteaux du Silence, de la Connaissance et de la Volonté et de l’Audace, pour parvenir au but ultime du Sommet de la Vérité, et se libérer de ses chaînes en se trouvant enfin. Et ce n’est qu’en se connaissant et en s’aimant lui-même qu’il pourra porter un amour sincère à ses proches et aider ceux qui pourraient avoir besoin de lui : « Il pleura encore plus amèrement en se rendant compte que s’il ne s’aimait pas lui-même, il ne pouvait pas aimer les autres, car le besoin qu’il avait d’eux se mettrait toujours en travers ». Ce ne sera qu’en prenant conscience de ses erreurs et en ayant suffisamment confiance en lui qu’il pourra se jeter dans l’inconnu, ne plus avoir peur du jugement et se sentir complètement libre et lui-même. Nul besoin de détailler davantage ce chef-d’oeuvre à la portée universelle, accessible à tous et plein d’humour. Je vous laisse le savourer et sans doute vous y trouver. Coup de cœur !

En voiture, Simone !

9 Avr

Je suis sûre et certaine que, comme moi, vous les attendiez impatiemment… Les revoilà, les revoilou… Mais qui donc me direz-vous ? Mais les Lutins Urbains évidemment !

Le péril Groumf – Les Lutins Urbains – Tome 4, Renaud Marhic

le-peril-groumf-les-lutins-urbains-tome-4-191x300Gustave Flicman, notre jeune policier qui a été débauché du commissariat de quartier Adinike par le ministère pour assurer la sécurité du Président, n’est pas au bout de ses peines. En effet, alors qu’il visitait la Grosse Cité en compagnie de son père, le Pacha Directeur Général du Pépettochistan, le jeune pacha-héritié s’est fait dévalisé. Seul témoin de la scène, notre brave ami… Et ce qu’il a vu n’est pas joli, joli… Le coupable ne serait autre que le célèbre Yéti… Impossible me direz-vous ? Pas si sûr que cela… Une chose est certaine, c’est que Gustave n’est pas prêt de souffler. Le Pacha menace de déclencher la 3ème guerre mondiale si le jouet préféré de son fiston n’est pas retrouvé fissa. Et quand on sait que le voleur a quitté la ville accompagné du Troll, c’est la cata ! Prenant son courage a deux mains, secondé par ses amis les Lutins Urbains, Gustave va mettre les voiles pour une aventure hors du commun…

Une fois de plus, c’est avec plaisir que je participe à l’opération du Livre voyageur organisée par Renaud Marhic, alias le Petit Reporter de l’Imaginaire. Depuis le départ, j’ai le plaisir de suivre l’aventure de ces lutins facétieux et le plaisir est sans cesse renouvelé. On retrouve, dans ce quatrième opus, tout ce qui fait le style et le charme de l’écriture de l’auteur : les rimes, l’utilisation d’un vocabulaire varié, riche en synonymes et périphrases – ce qui est très appréciable pour la professeure de lettres que je suis -, les interpellations du narrateur avec les fameux petits « Psiiiiit ! », marque de fabrique inimitable et surtout, surtout, l’humour décapant, omniprésent. Cette fois-ci, nos amis nous entraînent dans un voyage totalement hallucinant et abracadabrantesque. Si vous avez des enfants entre 10 et 12 ans qui aiment les histoires farfelues, ce livre est fait pour eux. Pas de panique s’ils n’ont pas lu les premiers tomes ! L’histoire se lit indépendamment des précédents romans. Et si vous voyez qu’ils en sont friands, n’hésitez pas à vous procurer les premiers tomes, ils étaient excellents (à découvrir ici).

Et encore un grand merci à Renaud Marhic, un auteur d’une extrême sympathie et aux Editions P’tit Louis.

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Preuve que le livre a bien voyagé… De la Bretagne à la Bourgogne ! Demain, il retourne au bercail !

En quête de soi

7 Mar

Je remercie les éditions Flammarion qui me permettent de vous faire découvrir ce roman en avant-première.

Le Chercheur, Lars Mulh

unnamedLars Mulh est un musicien et auteur danois de renommée internationale. Après quelques années d’une vie d’artiste qui ne le satisfait pas pleinement, il prend conscience que sa voie n’est pas celle du star-system. Il va alors chercher ce pour quoi sa vie est vraiment faite.

Double voyage et double temporalité, Le Chercheur mêle en effet le récit de la première rencontre de l’auteur avec celui qu’il nomme le Voyant, sorte de guide spirituel, et celui du trajet qu’il effectue du Danemark au sud de l’Espagne en train pour achever son initiation avec le Voyant. Ce dernier est celui qui lui a permis d’effectuer les premiers pas sur le chemin de sa véritable identité lorsqu’ils se sont rencontrés à Montségur.

Le Chercheur, premier tome de la trilogie O’Manuscrit, déjà traduit en huit langues, est un roman initiatique à la fois autobiographique et fictionnel. Si j’avoue avoir d’emblée été attirée par le thème de la quête spirituelle et identitaire et avoir réellement été conquise par les premières pages, mon enthousiasme s’est quelque peu relâché par la suite. En effet, si le début du roman est assez entraînant et aiguise la curiosité vis-à-vis des personnages principaux, l’auteur ne soutient pas la cadence et le récit devient un peu poussif. C’est dommage car sur le fond, Lars Mulh propose une réflexion intéressante sur la vie bien que certaines conceptions se révèlent un peu trop new-age à mon goût. J’ai, par exemple, bien aimé ce passage dans lequel le Voyant charge des pierres dans le sac à dos du narrateur. Chacune symbolise un défaut, une angoisse… :

« Mon fardeau ne cessait de gagner en réalité. Je penchais tant en avant à présent que j’en vins presque à ramper. Je transpirais abondamment. Comme le Voyant l’avait promis, j’éprouvais désormais physiquement tout les poids psychologiques de ma vie. Parce que je les emportais sur la montagne, chaque défaut, chaque doute et chaque projection acquérait une réalité qui me forçait à les contempler. Parce qu’ils sciaient assez littéralement mes épaules, courbaient mon dos, faisaient vaciller mes jambes, il était impossible désormais de les refouler. Et tandis que je rampais, je commençais à comprendre la signification de cette tâche en apparence vaine. Je me sentis soudain responsable de toutes ces maladies. »

Voilà pour ce petit extrait qui me semble assez représentatif du message que souhaite apporter l’auteur : pour mener une vie plus apaisée, il faut ouvrir les yeux sur tout ce qui vient nous alourdir au quotidien, en prendre réellement conscience avant de parvenir à nous en libérer pour gagner en sérénité. Un livre à découvrir pour les amateurs de récits de vie et de spiritualité.