Archive by Author

Cocorico !

19 Mai

Grâce aux éditions L’Harmattan, je vous emmène aujourd’hui en Martinique.

Le jeune coq et la pièce d’or, Fabienne Kristofic

9782343162799rIl y a très longtemps, sur une île des Antilles, un jeune coq rêvait de devenir le roi du plus grand poulailler de la ville. Alors qu’il vient de trouver une pièce d’or, il parcourt un long chemin pour aller défier le vieux coq, chef du poulailler. Parviendra-t’il à ses fins ou trouvera-t’il son bonheur autrement ?

Voici un conte très joliment illustré par Sylvie Faur qui permettra aux enfants dès 6 ans de comprendre qu’avoir de l’ambition est une bonne chose mais qu’il faut garder l’esprit ouvert sur d’autres opportunités que son rêve initial. En outre, cette collection « Contes des 4 vents » invite les jeunes lecteurs à s’intéresser à des cultures et des langages différents en proposant la transcription du conte dans sa langue originale, le créole ici. Une bien jolie découverte.

Publicités

Tasmania

12 Mai

Aujourd’hui, je vous présente, grâce à l’agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux éditions Les Escales, le dernier roman de Karen Viggers, l’auteure du best-seller La Mémoire des embruns.

Le bruissement des feuilles, Karen Viggers

le-bruiement-des-feuillesLéon, jeune garde forestier, vient de s’installer dans une petite ville de Tasmanie. Mais pour lui, difficile de faire sa place dans cet endroit où la plupart des hommes est bûcheron. Bien qu’il fasse des efforts pour s’intégrer en prêtant main forte à l’équipe de footie , ses coéquipiers ne cessent de le chambrer et il demeure au ban de la société locale. Les rares personnes à se montrer agréables avec lui sont son très jeune voisin, Max, un gamin d’une dizaine d’années pas très bien dans ses baskets; Miki, la serveuse du fast-food, enfermée la plupart du temps par son frère Kurt; et la vétérinaire qui a sauvé la chienne du jeune Max. De temps en temps, il passe rendre visite à son grand-père à la maison de retraite et tente d’apprendre à mieux le connaître. Une vie assez morne s’offre à Léon, chargé essentiellement de ramasser les poubelles et nettoyer les toilettes de la forêt, jusqu’au jour un des plus vieux arbres et les aigles de la forêt sont menacés par le travail des bûcherons. Miki et Léon vont se rencontrer et essayer de préserver ce coin de nature des méfaits des hommes.

S’il fallait résumer ce roman en un mot, je dirais : manichéen. Les personnages sont soit bons soit mauvais, rares sont les exceptions. Les bûcherons sont des brutes qui ne supportent pas les amis de la nature qu’ils accusent de les empêcher de travailler. Ils sont tous plus ou moins alcooliques, aiment se cogner dessus lors des matchs le week-end, et maltraitent leur femme à divers degrés. L’autre grand méchant, c’est Kurt, le grand frère de Miki. S’il lui a sauvé la vie quelques années plus tôt lors de l’incendie qui a ravagé la ferme où ils avaient grandi et tué leurs parents, il la garde enfermée dans le restaurant où il en fait son esclave. Du côté des « gentils » nous avons donc Léon, toujours prêts à aider son prochains même si ce dernier veut sa peau; Miki, en quête de liberté grâce aux quelques livres qu’elle possède et à ceux que lui prêtera la dame de l’office de tourisme et Max, seul véritable ami de Léon au début, qui se fait persécuter par Jaden, le fils du policier. Pour faire bref, on trouve les méchants oppresseurs et les gentils oppressés. J’ai du coup eu beaucoup de mal à me détacher de cette approche simpliste des personnages. Alors certes, chaque personnage principal est finement travaillé dans sa psychologie mais ils manquent de nuances, d’un peu de noirceur pour les uns et d’humanité pour les autres. Et même si je ne suis pas féministe, l’image donnée de la femme est assez triste : au foyer, à s’occuper des enfants, à supporter des maris odieux, à leur servir des bières et surtout à avoir le droit de se taire ! Alors malgré le message adressé par le biais de Miki qui est de se libérer du joug de son frère, représentatif des autres hommes, l’ensemble me laisse tout de même un goût assez amer.

Néanmoins, ce roman est agréable à lire et nous plonge au cœur des somptueuses forêts de Tasmanie. Les adeptes d’histoires humaines se déroulant à l’autre bout du monde et les amoureux de la nature seront sans doute ravis. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis assez mitigée. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

Chacun cherche son chien

3 Mai

Pour bien terminer la semaine ou commencer le week-end – au choix – je vous propose aujourd’hui un roman qui a du chien paru il y a tout juste un mois aux éditions Le Tripode.

Le chien de Madame Halberstadt, Stéphane Carlier

cvt_le-chien-de-madame-halberstadt_207Baptiste, trentenaire, est un écrivain un peu paumé. Son dernier roman ne se vend pas et sa petite amie, Maxine, vient de le quitter pour son chirurgien-dentiste. Ses seules occupations de la journée consistent à vérifier le classement de son roman dans les ventes Amazon – plus de 475 000ème – et à aller espionner son ex mener une vie apparemment idyllique dans la villa de son nouveau chéri. Au RSA, sans espoir de tirer quelconque bénéfice de son livre, notre écrivain déprime sérieusement. Pour ajouter une nouvelle couche à ses problèmes, sa voisine de palier, Madame Halberstadt, vient lui demander un service : garder son chien, un carlin dénommé Croquette, quelques jours, le temps de son opération de la cataracte. Autant dire que Baptiste n’est pas réjoui à l’idée de s’occuper du toutou obèse et à moitié asthmatique. Contre toute attente, Croquette va changer la vie de Baptiste.

Pour faire court, j’ai adoré ce roman ! On se plaît à suivre le quotidien de ce antihéros attachant, à sourire à son autodérision et à sa malchance. L’écriture de Stéphane Carlier est légère ce qui ne rend pas pour autant son roman simpliste. L’humour est omniprésent et rend bien compte de la précarité de l’écrivain (hélas, tout les auteurs n’ont pas la chance de voir leurs romans se vendre comme des petits pains !). Ce roman donne envie de croquer la vie à pleines dents, de croire que tout est possible, de se dire qu’une rencontre peut totalement bouleverser notre existence. Il se lit avec le sourire aux lèvres du début à la fin et l’on parvient à la dernière page sans s’en rendre compte et presque à regret tant on passe un bon moment. Le roman parfait pour entamer ce moi de mai avec enthousiasme. Coup de cœur printanier !

Le grand secret

26 Avr

C’est avec grand plaisir que je vous présente aujourd’hui ce deuxième tome des Chroniques d’Ataraxia que j’attendais impatiemment depuis ma lecture du premier, L’Odyssée d’Amos. Je remercie donc chaleureusement les éditions Tohu Bohu et Thierry Maugenest pour m’avoir fait parvenir cette suite dédicacée.

La forteresse du Tehama – Chroniques d’Ataraxia, Tome 2, Thierry Maugenest

couv-ataraxia-t2-la-forteresse-de-tehamaDans ce deuxième tome, nous retrouvons la farouche Ezéa d’Eraan et son compagnon Amos de Slima. Si ce dernier s’est remis de son combat contre Naxès, trois ans plus tôt, il reste néanmoins méfiant. Il appréhende en effet continuellement de perdre celle qu’il aime tant. Bientôt néanmoins, il devra accepter de laisser Ezéa se réaliser dans sa quête d’absolu. La jeune femme souhaite trouver des personnes qui, selon la légende, auraient des pouvoirs mentaux fabuleux qui pourraient l’aider à développer au mieux ses capacités. Elle ne se doute pas que le vieil archiviste Lœnim de Laan et son disciple Ysmäl de Kelm sont également à la recherche de la légendaire forteresse qui protégerait l’un des plus grand secrets d’Ataraxia.

Ce deuxième tome n’a rien à envier au premier. Quelques rappels à l’aventure initiale nous permettent de nous renouer contact facilement avec l’univers ataraxien. Les descriptions de la planète sont toujours extrêmement détaillées ce qui nous plonge aisément dans l’atmosphère de cette société utopiste. Au-delà de l’intrigue, de cette quête existentielle qui pousse chacun des personnages à se dépasser pour se réaliser pleinement, nous pouvons faire une lecture spirituelle de ce roman qui vient proposer une réflexion sur l’être humain, sur ce qui est essentiel ou non à son existence, sur les valeurs de respect d’autrui, d’accueil, du voyage comme apprentissage, du renoncement à la possession matérielle et de liberté. Et dans notre époque où tout va toujours plus vite, où le matérialisme règne, il est bon de se rappeler ce qui fait notre essence, de prendre le temps de se recentrer sur ce qui est vraiment important et prendre pleinement conscience de l’instant présent. Un grand coup de cœur ! Et toujours magnifiquement illustré, dans une très belle édition.

« La vie, c’est comme une boîte de chocolats »

10 Avr

Aujourd’hui, je confie le clavier à ma très chère amie Alexandra, dévoreuse de livres, qui nous offre sa première chronique en attendant d’ouvrir son propre blog. Elle a choisi de vous présenter le quatrième roman de la bretonne Sophie Tal Men , à savourer comme un bon chocolat.

Qui ne se plante pas ne pousse jamais, Sophie Tal Men
cvt_qui-ne-se-plante-pas-ne-pousse-jamais_6092Jacqueline, octogénaire farfelue, une vie bien remplie, une maladie incurable, son dernier souhait : l’avenir de ses petits enfants.
Prenez la route et naviguez à travers ces personnages marqués, portraits bien tirés,
attachants. L’idée folle de Jacqueline : réveiller les cœurs de ses deux amours, Alexandre, interne en Médecine, et Margaux, pin-up aux allures de chocolat.

Un jour, ils reçoivent une missive, un voyage à Cuba tous les trois, un dernier rendez-vous auquel elle ne se joindra pas; restée cachée dans son jardin. Eux se revoient après 10 ans de séparation, prises de conscience, l’un tendre, passionné; l’autre, une insaisissable businesswoman.

Des chemins de vie différents, retour en Bretagne, face à leurs choix de vie, Jacqueline les promène habilement et fait renaître des envies , des sentiments, on hésite, on croque ou pas ? Au fil des pages, elle sème ces maximes qui nous marquent, afin de leur apprendre à savourer la vie comme une boîte de chocolats, à sa juste valeur. Des sujets de fond abordés en douceur , et la conviction qu’il est possible de trouver son extra dans l’ordinaire !

Nous, on sourit , on se languit et on dévore. C’est frais, baigné de sensibilité, à consommer sans modération !

Captive

7 Avr

Heureuse de retrouver Sabrina Philippe pour ce touchant roman-témoignage après l’avoir découvert dans son Petit manuel de navigation pour l’Âme.

Et que nos âmes reviennent, Sabrina Philippe

9782081447158La narratrice est, comme Sabrina Philippe, psychologue et chroniqueuse pour une émission télé où elle donne des conseils notamment en matière amoureuse à des téléspectateurs. Mais prise par son métier, elle ne se laisse que peu de temps à consacrer à sa vie sentimentale. Jusqu’au jour où elle rencontre cet homme qui lui semble si brillant. Commence alors une folle histoire d’amour qui va bientôt se révéler comme le plus cruel des pièges…

Dans ce roman, à la frontière du témoignage et du récit initiatique, Sabrina Philippe évoque la relation toxique qui peut se nouer entre un homme et une femme et plus précisément le cas du pervers narcissique. Pour quelles raisons certains couples dysfonctionnent-ils au point de se faire souffrir ? Pour quelles raisons femmes ou hommes restent-ils malgré les souffrances (psychologiques ou physiques) endurées ? Malgré ce sujet assez sombre, l’auteure parvient à apporter une certaine luminosité en racontant comment elle a réussi malgré tout à s’échapper de cette emprise amoureuse. En introduisant un pan de roman consacré à la seconde guerre mondiale, la psychologue évoque la possibilité de vies antérieures qui se rejoueraient dans le présent, de fils qui feraient partie de nous, qui nous relieraient à une histoire passée sur laquelle nous n’avons que peu de prises sauf si nous décidons de nous atteler à les délier pour ne pas reproduire des situations douloureuses. J’ai apprécié ce roman qui se lit facilement et qui pose des questions sur la quête identitaire ainsi que sur les notions de bien et de mal, indissociable l’une de l’autre. Une réflexion sur la nature humaine qui va au-delà du simple témoignage, qui incite à s’interroger sur soi-même. Coup de cœur !

 

Le cri du silence

1 Avr

Pour commencer la semaine, je vous emmène en Italie avec ce polar qui vient de paraître aux éditions le Seuil.

Comment nous dire adieu, Marcello Fois

cvt_comment-nous-dire-adieu_9189Dans le Tyrol italien, à Bolzano, Michele, un enfant de onze ans, disparaît mystérieusement. Un prêtre, qui a trouvé ses parents au bord d’une route en train de le rechercher, a prévenu la gendarmerie. Le commissaire Striggio va être chargé de l’enquête en partenariat avec la plantureuse Elisabetta Menetti. Très peu de pistes se présentent à eux et le profil psychologique du petit disparu renvoie Striggio à sa propre enfance. Lui aussi était un de ces gamins dont l’on dit qu’ils sont « particuliers », c’est-à-dire précoces. Son enfance lui remonte d’autant plus à l’esprit que son père vient de débarquer à Bolzano. Striggio pensait en profiter pour lui révéler son homosexualité. En effet, il s’est installé quelques années plus tôt dans cette petite ville pour vivre son amour au grand jour avec Leo, un bel instituteur. Mais alors qu’il est sur le point de lui annoncer la nouvelle, son père lui avoue être gravement malade. Il se trouve subitement confronté à ses fantômes et va tenter, tout en menant l’enquête, d’accompagner ce père qu’il a longtemps affronté dans ses derniers instants.

Voilà un excellent polar, basé sur l’intime et les secrets de famille, où tout est sous-entendu. La langue est belle, presque poétique notamment dans les descriptions des paysages de neige, ou de ces vents quasi fantastiques. Présent et passé s’entremêlent brillamment, ce qui permet au lecteur de découvrir les personnages en profondeur. J’ai beaucoup apprécié, la délicatesse, le tact avec lesquels sont abordés des sujets difficiles et cet art de l’auteur de narrer l’indicible sans jamais l’écrire. Un roman à découvrir pour les amateurs de polar, de belle langue et d’Italie.

Cold Case à L.A.

17 Mar

Bonjour à tous ! Voilà un bon moment que je n’ai rien publié sur le blog car je manque cruellement de temps pour lire ! Enfin, c’est pour la bonne cause : un petit Jules de 5 mois 1/2 qui déborde d’énergie ! En ce dimanche bien morne, je ne vous présente pas une nouveauté mais un bon polar que mon cher et tendre m’avait offert l’été dernier.

Mariachi Plaza, Michael Connelly

9782253086376-001-tL’inspecteur Bosch arrive en fin de carrière et l’on juge bon de lui coller une jeune équipière, Lucia Soto, afin qu’il lui enseigne toutes les ficelles du métier. Affecté aux « affaires classées » depuis quelques temps, le job n’a plus aucun secret pour le flic expérimenté. Une enquête peu commune est confiée au duo. Un mariachi, Orlando Merced, vient de succomber à une blessure par balle dix ans après s’être fait tirer dessus. Pour seul indice : la fameuse balle retrouvée dans son corps. Pour compliquer la tâche, la jeune recrue ne semble pas avoir la tête complètement à l’enquête. Et pour cause, elle travaille en secret sur un dossier qui lui est très personnel. Lorsque Bosch le découvre, il décide de braver l’interdit et de l’aider à faire toute la lumière sur cet autre cold case afin de trouver qui était à l’origine d’un incendie meurtrier…

J’ai retrouvé avec grand plaisir la maîtrise de Connelly et son fameux inspecteur Bosch. J’avoue que j’ai eu du mal à me plonger dans l’action. J’ai trouvé que l’intrigue était un peu longue à se mettre en place. Mais sans doute que mon rythme de lecture très lent et entrecoupé n’a pas aidé à me plonger dans le polar. La seconde partie du livre m’a paru plus palpitante, bien plus rythmée. Mêlant magouilles politico-financières et règlements de compte, l’auteur fait une nouvelle fois montre de son talent et de ses connaissances du milieu. Bien plus axé sur les enquêtes que sur la psychologie de nos protagonistes, ce roman plaira aux amateurs du genre. Pour ma part, je reste un peu mitigée par rapport aux précédents épisodes de la série Bosch.

A la lisière

27 Jan

Je poursuis dans mes lectures de littérature jeunesse et je remercie encore les éditions Syros qui me permettent de vous présenter cette jolie nouveauté.

Les yeux d’Aireine, Dominique Brisson

9782748526141Dans une époque indéterminée que l’on imagine proche, Aireine et sa meilleure amie Eli veulent profiter pleinement de leur adolescence et vivre le plus intensément possible. Seulement, un jour, le monde qui les entoure se détraque. Des milliers de coccinelles envahissent le ciel qui prend une teinte étrange. Bientôt, des adultes disparaissent sans laisser de trace, sans que personne n’en comprenne la raison. Des groupes d’aveugles commencent à déambuler dans les rues. Alors que l’univers d’Aireine semble se désagréger lentement sans qu’elle ne puisse agir, elle tombe amoureuse d’Aël, un jeune homme énigmatique. Mais très vite, tout s’écroule autour de la jeune fille.

Plusieurs décennies plus tard, son arrière-petite-fille, Achelle, qui souffre d’une sévère amnésie depuis sa plus tendre enfance hérite du journal dans lequel Aireine a consigné tous les événements étranges auxquels elle a dû faire face. La jeune fille fera tout pour découvrir la vérité et ne rien oublier de cet obscur passé.

Entre rêve et réalité, ce roman nous entraîne aux frontières du fantastique. En effet, jusqu’au bout du roman, impossible de démêler vraiment le vrai du faux. Il pose la question philosophique de ce qu’est la réalité, qui peut être perçue différemment selon les personnes. Outre cet aspect que j’ai particulièrement apprécié, il s’agit d’un récit sur la mémoire et les secrets de famille ainsi que sur la difficulté du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Ce moment de tous les possibles où les choix peuvent déterminer le futur. Ce roman singulier, qui vire parfois au cauchemar, amène à se poser de multiples questions sur le monde qui nous entoure et sur ce que nous en percevons ou voulons en percevoir. A découvrir à partir de 15 ans.

 

Carpe diem

20 Jan

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter un magnifique roman pour adolescents mais qui peut tout à fait être lu par des adultes. Merci aux éditions Syros pour leur confiance renouvelée.

21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

21-printemps-comme-un-million-d-anneesLa meilleure amie de Victor, Juliette, ne tient pas en place. Toujours prête à partir à l’aventure, on ne sait jamais si elle sera encore là le lendemain. Elle vit sa vie à cent à l’heure, bien décidée à en cueillir les fruits avant qu’ils ne soient trop mûrs. Bien souvent, elle se brûle les ailes mais Victor n’est jamais bien loin pour lui venir en aide. Juliette vit dans l’instant, elle n’a plus trop le choix depuis qu’elle sait. Elle veut juste profiter au maximum de tout ce que la vie peut lui offrir. C’est son histoire et ses multiples aventures que Victor raconte à un groupe de jeunes filles qui ont connu Juliette à l’hôpital et qui la prennent pour un exemple.

J’ai été très touchée par ce roman d’une grande maturité. La jeune auteure dépeint des personnages à la fois entiers et tout en nuances, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Le thème de la maladie est abordé avec beaucoup de pudeur et de finesse. En effet, grâce au choix narratif – l’histoire de Juliette racontée par son meilleur ami – ce n’est pas la mort qui est placée au centre de l’histoire mais la vie car Victor devra avancer, continuer à tracer son propre chemin, quoiqu’il arrive. Ainsi, ce n’est jamais larmoyant. Au contraire, il se dégage de cette histoire un puissant souffle de vie. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green, vous serez conquis par ce roman qui traite de la puissance de l’amitié, l’importance de profiter de la vie, l’entrée dans le monde des adultes et la perte d’un être cher. Gros coup de cœur pour ce récit qui vient tout juste de paraître.