Conte·coup de cœur·Histoire vraie·Littérature jeunesse·nouveauté·Roman

Magie nippone

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, c’est mercredi et c’est le jour des enfants. Voilà donc de quoi ravir vos jeunes lecteurs. Vous pourrez vous procurer ce livre aux éditions Ynnis. Et pour le résumé du premier tome, c’est ici.

Kiki la petite sorcière – Les racines de la magie, tome 2, Eiko Kadono

kiki-la-petite-sorciere-2Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Kiki, notre petite sorcière coursière, pour de nouvelles aventures. Voilà déjà un an que la jeune fille s’est installée dans la ville de Koriko avec son fidèle chat noir Jiji afin d’exercer son métier de coursière. Quoi qu’on lui demande, Kiki répond toujours présente ! Que ce soit pour transporter une simple pomme ou carrément un hippopotame. La petite sorcière est débordée ! Qui plus est, peut-être en raison de la fatigue, la jeune fille perd peu à peu confiance en elle. Voilà que son balai lui joue des tours et est de moins en moins fiable, au point que Kiki n’ose plus voler…

« En quoi consistait son travail, au juste ? Était-ce vraiment une bonne idée d’être une sorcière coursière ? Kiki était aux prises avec un problème difficile, bien différent de tous ceux qu’elle avait affrontés jusqu’alors. Ce problème semblait même lié à la question de savoir si rester une sorcière était une bonne chose ou non ».

J’avais adoré le premier tome et j’ai tout autant apprécié celui-ci. Notre sorcière gagne en maturité et de nouveaux sentiments apparaissent : amour, jalousie, regard des autres,  problème de confiance en soi, doute… De quoi faire réfléchir les plus grands. Chaque chapitre correspond à une aventure ce qui est bien pratique pour les plus jeunes lecteurs qui ne verront ainsi pas passer les 350 pages. Chaque petite histoire offre une leçon ce qui permettra aux enfants de mieux comprendre leurs propres émotions et combien il est important de se remettre en question pour continuer à progresser et à grandir. D’ailleurs, Kiki se demande si elle ne devrait pas s’essayer à une autre forme de magie au lieu de se contenter de voler. Pour rappel, ce conte japonais est à l’origine du film d’animation éponyme de Hayao Miyazaki. Un petit coup de cœur pour ce deuxième tome qui ravira toute la famille.

 

Roman

Bon plan lecture confinement

Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien en ce début de troisième semaine de confinement…

Aujourd’hui, je ne vous présente pas un livre particulier mais je vous partage un bon plan grâce aux éditions Au Diable Vauvert. Pour celles et ceux qui suivent le blog depuis un moment, vous savez que c’est une maison que j’affectionne particulièrement.

Hé bien, du mardi 31 mars jusqu’au 3 mai, une sélection éclectique vous est offerte gratuitement en format numérique à ce lien « Opération confinement et survie ».

Et chaque lundi, des textes courts vous serons proposés chaque semaine sur la page « Confinement diabolique ».

Et vous pouvez également retrouver 7 succès à -50% en version numérique sur les librairies en lignes.

Plus d’excuse pour ne pas découvrir cette maison d’édition diaboliquement originale et talentueuse ! Pour rappel, Feel Good, un de mes plus gros coup de cœur de l’an dernier fait partie du catalogue…

amour·nouveauté·psychologie·Roman

« L’émotion au bord des lèvres »

Bonjour à tous, j’espère que vous prenez le temps de lire pendant ce confinement. Aujourd’hui, je vous présente un roman qui parle d’amour et de haut potentiel. Ce livre est paru chez AlterPublishing.

La surprise du surdoué, Pascal-Henri Poiget

51ustf7fwul._sx326_bo1204203200_Le narrateur, la cinquantaine, tombe amoureux très souvent, éperdument. Pour un soir, une semaine, plusieurs mois ou années, l’intensité est la même jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien et qu’il passe à la conquête suivante. Pourtant, notre homme n’a rien d’un don Juan. Depuis son enfance, il agit de la sorte avec tout ce qui l’intéresse. Il se lance à corps perdu dans un centre d’intérêt – piano, escrime… – puis une fois le but fixé atteint, il passe à autre chose. Sans regret. Il en va donc de même avec ses compagnes avec lesquelles il conserve souvent de bons rapports une fois l’idylle terminée. Une histoire en particulier le marquera, celle qu’il entretiendra avec une chanteuse d’opéra dont il pense qu’elle est comme lui, surdouée. Parce qu’elle est là la grande particularité de ce protagoniste touche-à-tout, il est ce que l’on appelle un adulte à haut potentiel. Cela ne veut pas dire qu’il est meilleur que le commun des mortel, simplement différent, en décalage constant, à la fois trop rationnel et trop sensible. Alors quand deux êtres un peu trop en tout se rencontrent, le cocktail peut être explosif…

« […] mon cerveau fonctionne en permanence. Toujours. Tout le temps. Vite, très vite. Trop vite. J’ai longtemps voulu arrêter, ralentir, modérer cette machine infernale, ce maelstrom incessant. Ces pensées en ébullition, qui se cognent et s’entrecognent. Mais j’y ai renoncé. […] Comme si cela ne suffisait pas, non seulement le cerveau turbine à trois cents à l’heure, mais le plus difficile à gérer est l’hypersensibilité, cette émotion au bord des lèvres. Qui vous fait éclater en sanglots. Qui vous anéantit au quart de tour. Qui vous amène à tout faire basculer en une demi seconde. […] Trop forte, trop vive, trop envahissante. Trop, trop, trop. »

J’ai choisi de retranscrire ce passage parce que je trouve qu’il résume à la fois toute la question de la douance ainsi que celle des rapports amoureux du protagoniste. Tout va trop vite dans sa tête, et ses émotions sont trop intenses. Pas facile à vivre. Pour quiconque observerait la chose de l’extérieure, il se dirait que le narrateur est inconstant, incapable de se fixer voire dénoué de sentiment. Mais il n’en est rien. Il tombe réellement amoureux à chaque fois, avec fulgurance. Et ses sentiments peuvent s’interrompre avec la même fulgurance. Si ce roman ne m’a pas convaincu dans tous ses aspects – les chansons et poèmes m’ont semblé de trop (mais vous l’aurez compris, cela fait partie du personnage) -, je l’ai néanmoins apprécié car de nombreux éléments ont résonné en moi, notamment le fameux passage ci-dessus. On aurait pu craindre un texte lourd, trop sérieux mais il n’en est rien. Ce roman est léger au bon sens du terme. Il invite à profiter de la vie à fond, à saisir l’instant. Et il permet aussi d’expliquer de manière claire les mécanismes de pensée des personnes à haut potentiel.

Historique·nouveauté·Roman

Résurgence

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous présente un roman rédigé par une collègue passionnée par l’art et l’histoire. Il est paru en janvier aux éditions L’Harmattan et comme tous les titres de cet éditeur, il est disponible au format numérique, bien pratique en ce moment.

Le silence des guerres, Laurence Clémancet

9782343193021bViktoria était promise à un avenir brillant dans l’Allemagne du IIIème Reich. Belle, intelligente, sportive, tout lui réussissait et elle était la fierté de ses parents, contrairement à son frère aîné chétif. Au cours des JO de Berlin en 1936, recrutée pour s’occuper des sportifs au village olympique, la très jeune fille s’éprend d’un athlète américain répondant parfaitement aux « critères de la race aryenne germanique ». Leur histoire est courte mais intense. Quelques semaines après la fin des Jeux, Viktoria découvre qu’elle est enceinte. Son destin basculera totalement le jour de la naissance de son fils.

« Il se montrait bien plus ingénieux et efficace que les bourreaux de service qui se défoulaient de leurs frustrations sociales sur des êtres à leur merci. Il s’enfermait avec le détenu quelques instants. On n’entendait rien de l’autre côté des portes épaisses des cellules, sinon quelques pleurs ou supplications qui faisaient écho aux plus abominables chantages murmurés, et inaudibles de l’extérieur ».

La vie de Viktoria n’est pas la seule que nous suivons dans ce roman où les existences se croisent, où les secrets de famille s’entremêlent sur plusieurs décennies. Je me suis laissé entraîner de l’Allemagne au Sud des Etats-Unis en passant par la France, prenant plaisir à suivre les chemins de Viktoria, John, Camille, Nadine, Joe et les autres; toutes ces vies marquées, de près ou de loin, au fer rouge par les atrocités commises pendant la guerre. J’ai particulièrement aimé la réflexion sur les non-dits familiaux, sur le maintien des apparences pour ne pas perdre la face jusqu’au jour où, finalement, tout fini par éclater à force d’avoir pesé trop lourd. Le travail de recherche sur les faits historiques permettent à l’autrice de décrire la période de l’Allemagne nazie avec beaucoup de réalisme et les caractères des personnages sont finement peints. Moi qui ne suis pas une grande adepte des romans historiques, j’ai pris du plaisir à lire celui-ci, sans doute parce qu’il n’est pas linéaire mais nous permet de suivre l’histoire d’un nouveau personnage à chaque chapitre, les fils se tissant entre eux de façon fluide. Je remercie Laurence pour ce beau moment de lecture.

nouveauté·Nouvelles

A la recherche de la chanson perdue

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous présente une nouvelle parue dans la collection Poche des éditions Au Diable Vauvert que j’affectionne particulièrement.

Dark was the night, Grégoire Hervier

couv-poche-dark-was-the-night-pl1siteUn historien du blues à l’université du Missippi passe la plus grande partie de sa vie à la recherche de la trentième chanson de Robert Johnson, un bluesman mort à l’âge de vingt-sept ans et laissant derrière lui vingt-neuf titres répertoriés, d’une grande qualité. Notre narrateur nous raconte ses recherches, ses rencontres, ses espoirs, depuis le début de sa quête alors qu’il n’est encore que thésard en histoire contemporaine à l’université de Berckeley en 1966 jusqu’à sa retraite.

Mêlant polar et histoire de la musique, cette nouvelle nous emmène à la découverte du blues, un monde qui m’était totalement inconnu en dehors des chanteurs célèbres. L’historien se fait enquêteur et on se prend d’intérêt pour cette recherche hors du commun : parviendra-t-il, oui ou non, à trouver cette trentième chanson ? Existe-t-elle réellement ? Au-delà du texte, l’auteur présente l’histoire de douze titres de blues qu’il apprécie particulièrement ce qui permet de se familiariser avec des morceaux peu connus, tous antérieurs aux années 70. Pour celles et ceux que ça intéresse, la collection Poche du Diable est disponible au format numérique (voir lien dans l’introduction), ce qui est bien pratique en ce moment !

Anticipation·coup de cœur·Initiatique·nouveauté·Roman·science-fiction

Sur la route

Bonjour à tous ! Hé bien, la bonne nouvelle si l’on veut prendre le bon côté de cette situation peu commune, c’est que tout le monde ou presque va avoir davantage de temps pour lire ! Le livre que je vous présente devait normalement aujourd’hui aux éditions Mu. Apparemment, sa sortie sera repoussée. Je vous tiendrai au courant si j’ai des nouvelles.

Walter Kurtz était à pied, Emmanuel Brault

walter-kurtz-etait-a-piedDany et sa petite sœur Sarah vivent à bord du véhicule de leur père, une Peugeot 203. La petite famille n’a qu’un seul but en tête : parcourir le plus de k-plat chaque jour pour accumuler des points qui leur permettront de subvenir aux dépenses quotidiennes (alimentation, réparations du véhicule). Comme tous les Roues, leur unique univers est celui de l’asphalte et des stations services. Le soir, quand est venue l’heure de s’arrêter de rouler pour se détendre un peu, les jeunes gens se retrouvent dans des bars autour d’une bière. Des liens se tissent aussi rapidement qu’ils se dénouent à la reprise de la route le lendemain. Un peuple, considéré comme arriéré par les Roues, vit au ban de cette société motorisée. Les Pieds occupent de manière disparate les terres qui ne sont pas recouvertes par le bitume. Ils continuent à cultiver le sol, à vivre en communautés quasi silencieuses, hors des contraintes de la route. Les Pieds sont perçus comme des barbares par les Roues qui les craignent et les écrasent parfois sans se retourner. Un jour, Dany, Sarah et leur père sont victimes d’un accident…

« Nos vies brillaient puis s’éteignaient dans le sillage de nos routes. Nous étions libres, d’autres voies étaient possibles. Mais une fois la route prise, nous ne pouvions plus la quitter. La ligne blanche nous happait, l’horizon nous appelait, nous étions redevenus des nomades, incapables de dormir sous un vrai toit. Notre tente, c’était notre Peugeot. »

Au début, j’ai été quelque peu déroutée – sans mauvais jeu de mots – par cet univers étrange fait de bitume et de kilomètres parcourus, à une époque indéfinie (on ne sait pas si c’est un passé ou un futur proche, toutes les voitures citées sont vraiment d’anciens modèles). Un monde dans lequel l’homme ne fait plus qu’un avec son véhicule, dans lequel le seul but est d’avaler de la distance pour gagner des points et consommer, dans lequel toute conscience de soi finit par être annihilée avec une concentration portée uniquement sur le goudron. Ceux qui restent à pieds, ceux qui sont encore libres de leurs mouvements, de respirer autre chose que l’air confiné des habitacles surchauffés des automobiles sont considérés comme des rustres antisociaux. Mais peu à peu, je me suis laissée entraîner dans cette histoire familiale tragique et surtout par la réflexion sur notre civilisation, sur nos servitudes volontaires, sur le prix à payer pour être libre. En cette période étrange qui est la notre, beaucoup gagneraient à lire ce roman et à s’interroger sur leur mode de vie. Il me semble qu’on est beaucoup plus libre à faire un pas de côté, à s’arrêter plutôt que d’avancer toujours, à ne pas être sans cesse tête dans le guidon pour accumuler de l’argent et consommer des choses seulement utiles à combler un vide intérieur. Tant de choses sont plus importantes… Je vous laisse méditer là-dessus et vous invite à découvrir ce beau roman d’Emmanuel Brault, une saine occupation en ces temps de confinement.

 

Essai·psychologie

Vivre centenaire !

Le livre que je vous présente aujourd’hui m’a été conseillé par une patiente et il ne s’agit pas de littérature à proprement parler. Il est paru aux éditions Anne Carrière il y a plusieurs années.

Okinawa – Un programme global pour mieux vivre, Jean-Paul Curtay

51fe7bdrxtl._sx340_bo1204203200_Dans cet ouvrage, le docteur Jean-Paul Curtay nous présente d’abord les incroyables habitants d’Okinawa, une petite île du Japon qui recense la plus grande proportion de centenaires au monde. Outre le fait qu’ils vivent extrêmement vieux, ces okinawaïens restent en excellente santé la plus grande partie de leur vie. Le docteur fait le portrait de quelques-uns de ces centenaires qui, à plus de 110 ans, jardinent ou se rendent à leur bureau chaque jour ! L’auteur nous fait part des nombreuses études qui ont été menées sur cette île pour comprendre les raisons de cette longévité. Essentiellement, une alimentation très variée avec beaucoup de fruits et légumes, de produits de la mer, aucun produit laitier, très peu de viande et beaucoup de soja et de thé vert. S’ajoute à cette alimentation équilibrée un exercice physique quotidien, une façon positive de voir le monde et une richesse dans les interactions.

Le livre se compose en trois grandes parties. La première fait la description de ces centenaires d’Okinawa, la deuxième explique le « programme Okinawa » du docteur Curtay qui permet de modifier ses habitudes de manière à s’approcher de celles des habitants d’Okinawa pour améliorer ses qualités de vie de manière durable, et la troisième partie présente des idées de menus élaborés par un médecin nutritionniste.

J’ai trouvé ce livre très intéressant dans la mesure où il n’est pas seulement question de nutrition mais d’une méthode globale qui s’appuie sur des sources médicales fiables. Il m’a permis d’approfondir certaines connaissances que ce soit en matière de nutrition comme en matière de développement personnel. Seul bémol, la promotion de l’eau en bouteilles ! A part ça, pour celles et ceux qui s’intéressent à leur santé et qui veulent un accompagnement pour modifier leur mode de vie sur la durée, cet ouvrage est vraiment très complet.