Instant présent

22 Nov

Ce soir, je vous invite, par le biais d’un manga magnifique, à savourer l’instant présent, à prendre le temps de vous promener et d’ouvrir grand vos yeux afin de ressentir pleinement tout les bienfaits du monde qui vous entoure.

L’Homme qui marche, Jirô Taniguchi

lhomme-qui-marche-de-jiro-taniguchi-e1504419458406Un homme vient d’emménager avec sa femme dans un quartier résidentiel. Peu de temps après leur arrivée dans la maison, ils découvrent le chien de l’ancien propriétaire et l’adoptent aussitôt. De ce couple, nous ne sauront rien d’autre sinon que l’homme se plaît à se promener. En effet, au moment où tout le monde se presse au travail, il aime prendre le temps de marcher et d’observer toutes les petites choses du quotidien qui nous entourent, tout ce à quoi plus personne ne fait attention, trop accaparé par le rythme effréné de la vie citadine.

Voici un magnifique manga de Taniguchi, qui fut, à l’époque, son premier ouvrage à paraître en français. La beauté de ce livre ne réside pas seulement dans les dessins – d’une finesse et d’une qualité sans égale – mais aussi dans le message qu’il envoie. En effet, dans une société nippone du début des années 90 qui prône la valeur travail, Taniguchi se fait taiseux et invite ses lecteurs à prendre le temps. Très contemplatif, ce manga poétique – qui ne comporte quasiment aucun dialogue – est une ode à l’oisiveté, aux déambulations sans but, juste pour se faire plaisir. Un véritable petit bijou visuel et spirituel. Laissez-vous tenter et découvrez ici mes autres chroniques sur cet auteur.

 

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Contagion

19 Nov

Je poursuis ma découverte des nouvelles parutions de la très belle collection Rester Vivant des éditions Le Muscadier avec un roman d’anticipation.

Emma, Tess Corsac

9791090685161-753x1024Dans un futur pas si lointain, l’humanité a été ravagée par un virus hautement contagieux du nom d’Emma. La population mondiale s’est vu réduite à peau de chagrin et les survivants tentent par tous les moyens de se protéger des personnes infectées. Impossible, dans cet univers revenu à un mode de vie quasi moyenâgeux, de faire confiance à qui que ce soit. Difficile en effet de distinguer les êtres en bonne santé de ceux que l’on nomme les moissonnés. Seule une marque sur le front permet de les différencier mais on ne peut même pas toujours s’y fier… C’est dans ce monde chaotique, dans un village apparemment préservé de l’infection, qu’a grandi Azur. A 15 ans, elle doit, en compagnie de son ami de toujours, Basile, se faire tatouer sa première marque prouvant sa bonne santé. Mais le chemin vers le centre médical sera semé d’embûches et une bien mauvaise surprise attend les deux amis à leur arrivée…

Voilà un roman d’anticipation dystopique fort bien mené, qui livre des réflexions profondes sur la question de l’humanité, sur notre rapport à l’autre et nos peurs les plus profondes. La jeune auteur, Tess Corsac, n’a que 19 ans mais nous offre une approche allégorique très pertinente de la société. L’univers quasi post-apocalyptique dans lequel elle fait évoluer ses personnages est peint avec finesse et surtout les rapports humains sont analysés avec subtilité ce qui permet une critique constructive des travers de notre société. J’ai vraiment pris plaisir à ce qui est aussi un récit d’apprentissage riche en rebondissements et j’attends avec impatience la probable suite que laissent les dernières lignes pleines de suspens de cet ouvrage. Coup de cœur pour ce livre qui plaira aux ados à partir de 13-14 ans et à leurs parents.

 

Bonnie and Clyde

11 Nov

Par ce temps maussade, je vous invite à découvrir un polar bourré d’humour. Histoire d’illuminer votre week-end !

Demain c’est loin, Jacky Schwartzmann

137086_couverture_hres_0François Feldman porte le même nom que le chanteur. Il a grandi aux Buers, une cité difficile de Lyon. Depuis tout petit, on le prend, au choix, pour un Arabe à cause de sa tête ou pour un Juif à cause de son nom. Sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre. C’est juste un mec normal comme il aime à le dire. Dans la vie, il tient une boutique de tee-shirt sur lesquels sont inscrites de fausses citations d’hommes célèbres, censées être humoristiques. Le problème, c’est que ça ne fait rire que lui. Et ça ne plaît pas du tout à sa conseillère financière. Il faut dire que Juliane Bacardi est un peu coincée et en a surtout marre de concéder des prêts à son client. François est au point mort côté finances quand l’improbable se produit. Alors qu’il se rend aux Buers, il est témoin d’un accident de voiture. Au volant : Juliane. Elle vient d’écraser le cousin du plus gros caïd de la cité. Autant dire que sa tête est mise à prix et que François n’est pas mieux loti. Le couple le moins assorti du monde se retrouve en cavale fuyant forces de l’ordre et terreurs des quartiers. Pour s’en sortir, ils vont devoir avancer ensemble et laisser de côté leurs préjugés…

J’ai adoré ce livre au langage souvent imagé voire cru, très décalé mais profondément humain. L’auteur dresse avec un humour corrosif le tableau de notre société post-attentats en s’attachant particulièrement aux différences de classes sociales. L’intrigue est quant à elle menée tambour battant. Les chapitres s’enchaînent à vitesse grand V et le livre se dévore trop rapidement. Pour ne rien vous cacher, j’ai ri ou souri à quasiment chaque page ! Autant dire que c’est appréciable de pouvoir se divertir autant à la lecture d’un polar. Je recommande donc chaudement cette nouveauté parue au Seuil – que je remercie au passage pour l’envoi. Coup de cœur !

Accords et à cœurs

31 Oct

Un très grand merci aux éditions Le Muscadier qui viennent de me faire parvenir toutes les nouveautés de la collection Rester Vivant que j’affectionne tant. Apprêtez-vous donc à les découvrir avec moi au fil de l’hiver.

L’Aigle Noir, Hervé Mestron

9791090685987-754x1024C’est la rentrée de septembre au collège Saint Ambroise de Ouistreham. Hartman, ex-jazzman, débarque de Paris pour enseigner la musique. Pas simple pour lui de s’intégrer dans la petite commune normande où tous le voient comme un étranger. Toutefois, il prend plaisir à faire cours, surtout depuis qu’il a entendu chanter la jeune Billie. L’adolescente, totalement renfermée sur elle-même, ne semble s’ouvrir que lorsqu’elle se met à interpréter les textes de Barbara. Hartman, sous le charme de sa voix, tente d’approcher la jeune fille pour comprendre son mal-être et l’aider. Mais bien vite, des regards de plus en plus hostiles vont se tourner vers lui qui laisseront place à une rumeur malsaine…

Voilà un très beau texte, tout en sous-entendus et en nuances sur un sujet compliqué que nous livre Hervé Mestron. Sans dévoiler toute l’intrigue, ce roman nous donne à réfléchir sur différents sujets tels que les rapports enseignants-adolescents, la différence, les premiers émois et surtout les conséquences de la rumeur et l’importance pour les jeunes de se confier après un traumatisme. L’ouvrage, qui s’adresse aussi bien aux adolescents qu’à leurs parents, se lit rapidement. Les chapitres alternent les points de vue des deux personnages principaux mettant ainsi en relief la complexité de leurs émotions et permettant au lecteur de parcourir ce court roman avec plaisir.

Diluvio

28 Oct

Je tiens à remercier les éditions Philippe Rey  via l’agence Anne et Arnaud de me permettre de vous présenter cette belle nouveauté au rayon polar.

Mort à Florence, Marco Vichi

livre_moyen_362Florence. Automne 1966. Le petit Giacomo, 13 ans, est porté disparu depuis plusieurs jours. Personne ne l’a revu depuis sa sortie du collège par un jour de pluie. L’enquête piétine, aucune piste en vue. Le commissaire Bordelli se sent impuissant et ni les bons petits plats de son ami Toto ni les conversations avec Rosa, l’ancienne prostituée qui lui sert de confidente, n’améliorent son moral aussi sinistre que le ciel florentin. L’enfant finit néanmoins par être retrouvé mort, enterré sommairement dans les bois d’une colline proche de la ville après avoir été violé à plusieurs reprises. Malheureusement, aucun indice convaincant n’est retrouvé à proximité du corps. Bordelli doit essayer de tirer les fils d’une bien maigre piste qui vont le conduire chez un boucher fasciste nostalgique de Mussolini. Alors que notre commissaire patauge dans son enquête, une crue sans précédant ravage Florence, engouffrant ses minces espoirs d’obtenir des preuves plus concluantes…

Voilà un polar d’une richesse inouïe, tant sur le fond que sur la forme. L’auteur nous offre une oeuvre extrêmement bien documentée. Sans mauvais jeu de mots, nous sommes véritablement plongés dans le Florence inondé de novembre 66. Les descriptions sont d’un réalisme époustouflant. Les flots de boue qui se déversent sur la cité symbolisent parfaitement les relents nauséabonds que la bonne société florentine cherche à masquer. En outre, le portrait du commissaire est brossé avec beaucoup de finesse et laisse apparaître un personnage complexe et attachant, Dom Juan au cœur d’artichaut tombant amoureux à chaque coin de rue. Très sincèrement, ce roman est une vraie petite pépite, aussi bien pour les amateurs de polars que pour les amoureux de l’Italie. Mon seul petit reproche serait la lenteur du récit – hé oui, je ne suis pas une adepte des descriptions et des digressions historiques. Mais pour le reste, il s’agit vraiment d’un excellent roman, qui a d’ailleurs reçu le prix Scerbanenco en 2009, la plus haute récompense du polar italien.

Rock un jour…

11 Oct

Aujourd’hui, je vous présente le premier tome d’une trilogie que je voulais lire depuis un moment. Mon chéri m’a fait la surprise de m’offrir les deux premiers volumes parus en poche. Je n’ai lu que le premier pour l’instant mais je sais déjà que l’attente sera longue avant la sortie du troisième sous le même format !

Vernon Subutex – Tome 1, Virginie Despentes

vernon-subutex-tome-1-9782253087663_0Vernon a la cinquantaine. Pendant des années, il a été disquaire. Mais la crise est passée par là et la révolution numérique aussi. Du coup, Vernon a dû fermer boutique. Les deux premières années qui ont suivi la fermeture, il parvient à vivre tranquillement du RSA et de la vente sur le net des dernières pièces de son magasin. Il profite de son temps libre comme il l’entend. Mais peu à peu, les choses vont se compliquer financièrement. D’autant que l’homme n’est pas du genre à apprécier les formalités administratives. Il lui devient difficile de payer son loyer. Heureusement, un ami de jeunesse, Alex Bleach, chanteur à succès, lui vient en aide et règle la note pour lui. Mais quand Alex est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel, l’univers de Vernon s’effondre. Les loyers impayés s’accumulent et l’huissier ne tarde pas à débarquer et à l’éjecter. C’est la descente aux enfers pour notre amoureux du rock qui, de divans en canapés d’amis, va bientôt se retrouver à la rue.

Comme je l’ai écrit en introduction, j’ai hâte que le troisième opus sorte en poche avant même d’avoir lu le deuxième ! C’est dire à quel point j’ai aimé le premier tome ! J’ai vraiment été happée par cette odyssée moderne, cet homme qui se retrouve exilé de chez lui, mis au banc de la société et même de sa propre vie. Le style de Despentes, incisif, sert parfaitement cette chronique de la société moderne. Un kaléidoscope de personnages s’articule autour du personnage principal et donne à voir divers types sociaux très bien travaillés. Certains diront caricaturaux peut-être mais c’est assumé et on s’y croirait. Notre monde contemporain est décortiqué à merveille, la satire, mêlant humour et cynisme, est impeccable. Chacun des personnages secondaires qui gravite autour de Subutex fait progresser l’intrigue. Rien n’est laissé au hasard, tout est en lien. A tel point que de comédie humaine on finit par se croire dans un polar. L’auteur de Bye bye Blondie nous offre une véritable pépite. C’est bien la raison pour laquelle je suis si pressée de lire la suite ! Mais je vais me montrer un peu patiente avant d’entamer le deuxième tome pour ne pas avoir à attendre trop longtemps le dernier… Bon, en attendant, je vais me lancer dans un polar… Mais j’ai vraiment hâte de vous présenter la suite. Remarquez, ça vous laisse le temps de le lire !

A mots couverts

29 Sep

Afin de bien commencer le week-end, je tiens à vous présenter le deuxième roman d’une amie qui m’a fait l’honneur de me demander de rédiger sa quatrième de couverture. C’est donc celle-ci que je vous livre ce soir en guise de chronique. Je vous invite également à découvrir son premier roman, Par un jour de thé gris, que j’avais chroniqué.

Liz, Eugénia Jeltikova

recto-couverture-liz-v1-titre-grossiLa jeune Liz danse sa vie sur les praticables de gymnastique. Elle maîtrise à la perfection le lancer de ruban et se plaît à imaginer de nouveaux enchaînements virevoltants. Mais un jour, au cours d’une compétition de haut niveau, le jeune prodige, contre toute attente, trébuche. Un trop lourd secret qui entache ses songes l’a fait chuter.

Eglantine, professeur de Lettres en collège, ne sourit plus. Pas parce qu’elle n’apprécie pas son métier. Au contraire, elle aime par-dessus tout transmettre sa passion pour les mots à ses élèves. Mais un accident lui a ôté son sourire. C’est sa fille Zoé, amie de gymnastique de Liz, qui nous l’apprend. Eglantine aussi la pratiquait, cette gym-magie, et était douée, comme Liz, jusqu’à la chute.

Sous une plume délicatement poétique, Eugénia Jeltikova aborde le sujet encore trop tabou de l’inceste. Si tous les personnages sont très finement esquissés, ce sont ceux de Liz et d’Eglantine qui retiennent surtout l’attention, deux existences parallèles construites comme en accident mais qui seules parviennent à s’autoriser le verbe en échange. Avec les autres, Liz communique avec son corps qui danse, sublimé par le ruban qu’elle manie magnifiquement. Quant à Eglantine, si elle transmet sa passion pour les mots, son corps qui a par le passé chu se trouve désormais comme cristallisé, même si, derrière ce visage qui ne sourit plus, l’appel de la vie demeure bien présent. A qui d’autre Liz pourrait-elle donc bien confier l’indicible si ce n’est à cette douce professeur de Lettres qui ne sait plus trahir sa tristesse et qui a elle-même renoncé à ses chaussons de gymnastique dans sa jeunesse ?

Mais loin d’être un récit de souffrances, Liz, grâce à l’écriture acrobate de son auteur, est un hymne à la vie. Les mots semblent réaliser de savants entrechats et joliment s’entremêler sur les pages praticables. Dès les premières lignes, l’écrivain nous convie dans un univers onirique et poétique, joyeusement mélancolique. Dès lors, ne reste plus pour le lecteur qu’à se laisser guider et à doucement savourer la superbe alliance des mots qui tourbillonnent sous ses yeux.

Si vous le souhaitez, vous pouvez précommander le livre à ce lien

 

Anonyme

22 Sep

Je vous présente aujourd’hui un roman atypique paru récemment aux éditions L’esprit du temps.

Pseudocryme, Philipe Brenot

pseudocrymeLe narrateur, Philip Brontë, est le descendant de Brandwell, le frère des célèbres Charlotte et Emilie Brontë. Écrivain lui-même, l’homme était devenu fou suite aux succès de Jane Eyre et des Hauts de Hurlevent. Notre narrateur, Philip, s’est naturellement destiné à l’écriture. Malheureusement, il vient de s’apercevoir qu’un livre vient d’être publié sous son nom. Or, il n’est pas l’auteur de ce livre ! Quelqu’un s’est emparé de son identité. Le voilà donc dépossédé de son nom en pleine crise existentielle. Le seul moyen pour lui de renaître à lui-même : prendre un pseudonyme. Il en rêve depuis sa plus tendre enfance, supportant difficilement les quolibets liés à son véritable nom. En outre, il est bien résolu à se débarrasser de l’importun qui lui a subtilisé son identité…

Pseudocryme n’est pas un livre comme les autres. En effet, Philipe Brenot nous offre à la fois un thriller psychologique, une réflexion sur l’identité proche de la psychanalyse et un essai sur l’utilisation des pseudonymes dans la littérature. J’ai aimé le jeu de chat et de la souris entre le narrateur et l’autre personnage dont je ne veux pas trahir l’identité ici. Le texte est très intelligemment mené, un peu loufoque et surtout fort bien documenté. J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce court roman qui fait voyager autant dans les rues parisiennes que dans l’histoire de la littérature. Une jolie surprise.

 

Célibattante

18 Sep

Aujourd’hui, je vous présente un premier roman paru tout récemment aux éditions Mauconduit.

Comme une grande, Élisa Fourniret

fourniret-comme-une-grandeLa narratrice, originaire de Lorraine, fille d’ouvriers qui ont réussi à s’extraire de l’usine sidérurgique où ils travaillaient pour gravir les échelons et s’installer à Paris. Aujourd’hui, à 40 ans, elle mène sa vie de mère célibataire tambour battant. Mais pas simple tous les jours d’être une femme et une mère et de concilier vie amoureuse et quotidien familial et professionnel.

Avec une écriture incisive, Élisa Fourniret nous offre une vision personnelle de la féminité et de la parentalité. L’héroïne nous entraîne avec elle dans le dédale des rues parisiennes tout en nous livrant les souvenirs de son enfance près des hauts-fourneaux. L’auteure ne mâche pas ses mots et c’est très bien ainsi car on se sent proche de cette femme en quête de l’amour et finalement en quête d’elle-même au tournant de la quarantaine. On sourit lors des dialogues croustillants et tendres avec son fils. On ne s’ennuie pas une seule seconde en lisant ce roman au style moderne qui mêle savoureusement humour et instants de mélancolie.

Under Control

9 Sep

Quoi de mieux pour bien aborder cette rentrée qu’un bon roman jeunesse ? Et si je vous dis que c’est le dernier opus d’Yves Grevet paru chez Syros, il vous sera impossible d’y résister !

Le GRUPP, Yves Grevet

9782748524062Dans un futur pas si éloigné, l’espérance de vie s’est considérablement allongée grâce à l’implant Long Life. Cette multinationale, qui a mis au point un système très pointu de surveillance, protège la population à tous les niveaux. Cependant, une organisation secrète d’adolescents tente de contourner le système pour s’offrir quelques moments de totale liberté.

Stan et Scott sont frères. Leur vie paisible entouré de leurs parents va basculer le jour où Scott va être envoyé en prison. Stan apprend alors la vérité sur son frère : il était un des leader du Grupp. Aussi intrigué qu’en colère contre son aîné qui lui a caché cette partie de sa vie, il va chercher à en savoir plus sur la société clandestine à laquelle appartenait son frère. Ce qui, au début, est presque un jeu pour lui, va bien vite se révéler bien plus dangereux qu’il n’y paraît…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : ce roman jeunesse est vraiment génial. Il allie, en effet, savamment action et réflexions sociétale et philosophique. Dès le départ, on se prend d’affection pour les personnages principaux, auxquels les adolescents à qui est destiné le livre n’auront nulle difficulté à s’identifier. L’auteur parvient très bien à rendre compte des bouleversements internes (corporels, émotionnels) liés à cette période charnière de la vie, ainsi qu’à l’évolution progressive qui va s’opérer en eux, ce qui en fait un très bon roman de formation. Outre cet aspect, ce récit est un excellent roman d’espionnage qui sait parfaitement jouer sur le suspens. Jusqu’au bout, la tension est à son comble et le danger omniprésent pour les personnages. Enfin, et c’est l’aspect que j’ai le plus apprécié, la question de l’hypervigilance, de la surprotection de la population est abordée avec beaucoup d’intelligence. Les avancées technologiques sont-elles vraiment bénéfiques ? Le contrôle, sous prétexte de préserver la vie le plus longtemps possible, favorise-t-il le bonheur ou n’est-il pas un immense frein à nos libertés les plus élémentaires ? Accepter de prendre des risques n’est-il pas une façon de se sentir plus vivant ? Ce sont à ces interrogations que se verront confrontés les jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Vous aimez l’action, l’aventure mais aussi la réflexion, ce livre est fait pour vous ! Gros coup de cœur jeunesse pour cette rentrée littéraire.